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ZAZY - mon blogue de lecture

Laetitia Colombani - La tresse

27 Juin 2017, 22:04pm

Publié par zazy

La tresse

Laetitia Colombani

Editions Grasset

Mai 2017

224 Pages :

ISBN : 9782246813880

 

4ème de couverture :

Trois femmes, trois vies, trois continents. Une même soif de liberté.

 

Inde. Smita est une Intouchable. Elle rêve de voir sa fille échapper à sa condition misérable et entrer à l’école.

 

Sicile. Giulia travaille dans l’atelier de son père. Lorsqu’il est victime d’un accident, elle découvre que l’entreprise familiale est ruinée.

 

Canada. Sarah, avocate réputée, va être promue à la tête de son cabinet quand elle apprend qu’elle est gravement malade.

 

Liées sans le savoir par ce qu’elles ont de plus intime et de plus singulier, Smita, Giulia et Sarah refusent le sort qui leur est destiné et décident de se battre. Vibrantes d’humanité, leurs histoires tissent une tresse d’espoir et de solidarité.

 

L’auteur (site de l’éditeur) :

Laetitia Colombani est scénariste, réalisatrice et comédienne. Elle a écrit et réalisé deux longs métrages. A la folie pas du tout  et  Mes stars et moi. Elle écrit aussi pour le théâtre. La tresse  est son premier roman

 

 

Pour confectionner une tresse, il faut trois mèches de cheveux, trois fils. Dans son livre Laetitia Colombani tresse la vie de trois femmes, trois lieux, trois vies pour une histoire de chevelure pas tirée par les cheveux. Oui, il fallait que je la fasse, vous connaissez mon goût pour les jeux de mots douteux !

Ce qui les relies, c’est leur soif de liberté, leur désir de prendre leur destinée à bras le corps.

 

Smita vit en Inde, à Badlapur. Intouchable elle est, Intouchable elle reste. Son travail, son darma depuis l’âge de six ans ? « Elle ramasse la merde des autres à mains nues, toute la journée »

Elle a décidé que sa fille ne serait pas comme elle et qu’elle irait à l’école pour sortir de sa condition

Giulia vit en Sicile à Palerme et travaille avec son père où ils « récoltent » les cheveux chez des particuliers ou chez les coiffeurs. Giulia n’a pas son pareil pour débusquer le cheveu blanc. Son père, victime d’un accident de la route est dans un coma profond. Elle décide donc de prendre le manche de l’entreprise et découvre avec effroi que l’entreprise est en faillite et doit relever le défi de la pérennité.

Montréal, Canada, Sarah,  avocate réputée à la veille d’être associée  au cabinet qui l’emploie apprend qu’un cancer a fait son nid en son sein. Cette femme d’affaires douée, divorcée, mère de deux enfants a tout misé sur sa réussite professionnelle. KO debout à l’annonce de son cancer, elle décide de mettre son opiniâtreté à faire reculer le crabe et vivre.

Oui, ces trois femmes décident de ne pas accepter, de dire non à la fatalité, de se battre pour un avenir meilleur, ou autre.

Leurs histoires se tressent pour une fin que je ne dévoilerai pas.

Laetitia Colombani avec son  écriture directe, un brin idéaliste, plein d’humanité, d’espoir, a concocté un roman qui fait du bien, ceci dit sans ironie, agréable à lire.

Ce n’est pas un roman inoubliable, plutôt un livre à lire dans un train, en vacances pour passer un instant agréable et positiver.

Livre lu dans le cadre des 68 premières fois

 

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Cécile Balavoine - Maestro

27 Juin 2017, 08:29am

Publié par zazy

Maestro

Cécile Balavoine

Mercure de France

Avril 2017

224 pages

ISBN : 9782715245440

 

 

4ème de couverture :

C'est tant de joie, ces trois premiers accords qui font résonner toute ma chambre, les phrasés qui s'envolent, les triolets qui glissent et qui m'emportent avec eux au-delà du jardin, la partition bordée d'un liseré vert, baroque. Dessus, on lit le nom de Wolfgang Amadeus Mozart. Wolfgang Amadeus Mozart. Ce nom-là, je le répète dans ma tête, ça ne fait plus qu'un seul et très long mot, dur à dire, pareil qu'Azay-le-Rideau. Volfgangamadéoussemozare, Volfgangamadéoussemozare.

     À neuf ans, Cécile découvre la musique de Mozart, et c’est une révélation. Certains enfants s’inventent des amis imaginaires, d’autres vouent un culte à des personnages de fiction. Pour la petite Cécile, le plus grand des héros s’appelle Mozart ! Elle l’aime sans partage et comme un dieu.

     Devenue journaliste, la passion de Cécile demeure intacte. Elle a désormais une connaissance intime de l’œuvre de Mozart. Le jour où elle doit interviewer un chef d’orchestre de renom, elle ne sait pas que sa vie va basculer. Au bout du fil, la voix du maestro la trouble comme l’avait troublée et envoûtée la musique de Mozart des années auparavant… Mais tombe-t-on amoureuse d’une voix, fût-elle celle d’un grand maestro ?

     Maestro est le premier roman de Cécile Balavoine.

Cécile,

Dès les premiers mots, dès l’introitus, je suis happée, conquise. Vous débutez par  votre entretien téléphonique avec le Maestro

« Dans votre voix j’ai huit ans, Maestro…. Et je ne sais pas pourquoi. »

Aussitôt les souvenirs arrivent.

A neuf ans, sur le piano, que vos parents ont acheté pour combler le vide et votre ennui, vous « balbutiez une sonatine » et vous découvrez la joie, vous découvrez Volgangamadéoussemozare, vous entrez en Mozartie, novice en cet ordre musical.

Si jeune et déjà emplie de LUI, même pas peur du Requiem,

« Le calme déchirant des toutes premières mesures ne m’effraie pas. Ni les cordes et les cors en longues plaintes traversées soudainement par la violence des trombones. Je n’ai pas peur en écoutant la fugue sévère du Kyrie eleison ou bien les voix implorantes, donnne-leur, donne-leur le repos éternel. Sans doute parce que, comme tout enfant, sortant à peine de ce néant qui s’éloigne en se rapprochant toujours plus, je sais d’instinct que c’est de là que nous venons. Que c’est vers là que nous tendons. »

Si jeune est déjà si pénétrée par ces choses là

« Dans cette musique, je reconnais que la mort sera belle, et qu’elle sera vivante. »

« Dans cette musique, je reconnais que la mort sera belle, et qu’elle sera vivante. »

Vos parents acceptent votre passion et la nourrisse de disques, de livres, de séjours à Salzbourg.

Pour rester dans votre passion, vous apprenez l’allemand à l’école et continuez vos études à Salzbourg, Sa ville tant honnie et aimée, où vous faites des pèlerinages. Partie aux Etats-Unis, vous rompez avec votre petit ami qui est plus jazz que Mozart.

Votre conversation téléphonique avec le grand chef d’orchestre va chambouler votre vie.  Là, oh surprise, une osmose se créé entre vos deux voix, la magie opère et vous voilà sous le charme de sa voix. Une histoire d’amour à distance, pas facile de vous retrouver, empreinte du même respect envers Mozart. Une passion qui vous rapproche de Mozart  « Désormais,

« Désormais, pour moi, c’était par vous qu’IL revivait. »

Je ne vous ai encore pas parlé de ce père que vous aimez et qui sait vous blesser. Souvenez-vous de l’arrivée de Lucie, votre petite sœur.

« Le souvenir qui me reste est que je rends papa malade. »

Ou cette phrase entendue

« Cécile c’est l’ombre, la cécité. Lucie, c’est la lumière »

« Il m’ouvre les yeux sur ma propre noirceur devant un homme que je ne connais même pas. Je suis l’obscurité. »

Pas facile, à quinze ans, d’écouter cela

Pas facile cette vie autour et pour Mozart. Pas facile de dire aux copines de classe que vous avez un poster de Mozart dans votre chambre. Pas facile tous ces rendez-vous manqués avec SA musique. Pas facile d’être habitée par LUI. Pas facile de sentir, comme une évidence, le fait de connaitre, de reconnaître des lieux où IL a vécu. Pas facile de vivre sa foi, car Mozart est Dieu pour vous qui le portez au Pinacle. Maestro ne serait-il pas sa réincarnation ? Hou, ma chère Colette, tu blasphèmes ! Disons le passeur, le trait d’union entre vous et LUI. Les  sentiments que vous vous portez au Maestro ont besoin de l’enveloppe charnelle, de la communion de vos deux corps, mais saurez-vous vous trouver ou vous retrouver dans cette évidente passion de « La juxtaposition du sensuel et du sacré » ?

« Vous prononcez des mots très beaux. Les mots ivresse, lumière et plénitude ».

Maestro a prononcé les mots qui peuvent dépeindre votre relation à Mozart.

 

Cécile Balavoine, merci pour ce livre très abouti et sensuel, à la fois limpide, fou, mystérieux, évident, amoureux, magique, doux, tumultueux qui aboutit à l’ivresse.

Un coup de cœur

Livre lu dans le cadre des 68 premières fois

 

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François Szabowski - L'amour est une maladie ordinaire

26 Juin 2017, 20:04pm

Publié par zazy

L’amour est une maladie ordinaire

François Szabowski

Editions le Tripode

août 2017

280 pages

ISBN : 9782370551238

 

4ème de couverture :

Qui, dans sa vie, n’a pas rêvé de disparaître subitement pour laisser un souvenir impérissable ? Dans L’Amour est une maladie ordinaire, un homme succombe à ce dangereux fantasme. Parce qu’il refuse que l’amour ne soit pas éternel, parce qu’il ne supporte plus les ruptures et les histoires qui partent en déroute, il se voit régulièrement obligé, la mort dans l’âme, d’organiser son décès auprès des femmes qu’il aime. Pour le meilleur et pour le pire…

 

 

Les Editions du Tripode me permettent de faire un nouvel essai avec François Szabowski. Je n’avais jamais pu entrer dans Il n’y a pas de sparadraps pour les blessures du cœur.

Ici, également, un mec trentenaire ( ?) se regarde le nombril et ne veut pas affronter la vie et surtout, l’amour.

François et marie forment un couple heureux et amoureux.

« Nous étions l’un des couples le plus extraordinaires du monde. Notre entente était parfaite. »

Pour ne pas que ce bonheur partagé, sans tâche, sans faille ne flétrisse et reste à son acmé, il voudrait disparaître, mourir.

Ce con va mettre son plan à exécution. Oui, mais voilà, la mort n’a pas voulu de lui et il se retrouve à l’hôpital où son « demi-frère » (lisez et vous saurez le pourquoi des guillemets, c’est croquignolet), Didier, veille sur lui. Explications, délires, catastrophes

« Si je mourrais maintenant, au plus fort de notre relation, notre amour avec Marie n’aurait pas à subir les épreuves du couple, et ne pourrait donc pas décroître. Qu’elle m’aimerait à jamais. Et que c’est pour ça que j’avais préféré mourir plutôt que de prendre le risque de perdre son amour. »

C’est vraiment un raisonnement vaseux de mec qui ne s’assume pas, qui n’assume pas son, leur, avenir. Peur de perdre, de ne pas être le plus beau, le plus fort, le plus aimant, le plus aimé….

Il monte un plan abracadabrantesque au lieu de disparaître tout bonnement. Il demande à Didier d’annoncer la triste nouvelle à Marie qui, bien sûr, ne verra jamais le corps, ni n’assistera à l’enterrement. Et oui, en plus, cet homme est lâche.

« Comment j’avais dérapé sur une flaque de vomi au bord du quai de la station Place des fêtes, et comment j’étais tombé sur les voies au moment du passage de la rame. Celle-ci m’avait totalement broyé. Mon corps était en morceaux. Il manquait même des bouts. Seule la tête, miraculeusement, avait été épargnée, et j’avais pu être identifié grâce à une ordonnance pour des anxiolytiques qu’on avait retrouvée au milieu de mes viscères, imbibe de bile. ».

pour des anxiolytiques qu’on avait retrouvée au milieu de mes viscères, imbibe de bile. ».

On dirait un miracle ! Saint François du Métro himself ! Bien sûr, Marie recevra l’urne funéraire, faut pas déconner, être crédible !!

Quant à François, il s’en va avec une nouvelle identité, un nouveau logement, une nouvelle vie… pleine d’espoir.

Bien sûr, ce qui devait arriver, arriva, il retombe amoureux et….Oui, vous avez compris, il recommence. Didier est encore chargé de la délicate mission, cette fois, elle s’appelle Roxane, puis ce fut le tour d’Anna. Tranquillisez-vous, les scénarios catastrophes de la mort de François n’étaient jamais les mêmes… Il a de la ressource et de l’imagination, le bougre.

Didier, le pauvre se fait avoir, pourtant il le sait

« Il n’y a rien de plus lâche, de plus misérable, de plus bas que de disparaître comme ça, du jour au lendemain. Que de faire sentir à l’autre qu’on n’existe plus. »

Il arrive que le serpent se morde la queue, que les montagnes se rencontrent, que tel est pris qui croyait prendre…

La suite, la chute ? A vous de les découvrir.

 

Au début du livre, je me suis dit, mince, encore un nombriliste… Y en a marre et puis, cette fois, la magie a opéré. Je me suis laissé prendre au jeu de l’écriture de François Szabowski, son humour grinçant, son ironie, sa tendresse pour son homonyme. J’ai beaucoup aimé la parabole de l’invisibilité. A tout refuser, on devient transparent. La scène du café, chapitre 13 est fort drôle.

Dans ce livre l’auteur a mis en scène le désir, le rêve, le fantasme de certains. Oui, dans un amour naissant il y a toujours la peur du désamour. Pourtant, il y a beaucoup de bonheur, de joie, à faire vivre une union. La folie du début disparait, mais il faut  avoir le courage de construire le nid, savoir accepter que l’autre n’est pas l’Icône que l’on voyait au début, accepter de se monter bêtement humain.

« On ne choisit pas de qui on tombe amoureux. Aussi horrible et toxique que puisse être l a personne, il y a au fond de nous ce cancer qui nous fait penser qu’on peut la changer. Qui nous donne envie de la soigner, d’essayer de la rendre heureuse. Même si on sait qu’elle pourra nous faire souffrir à tout moment. Parce qu’au fond, l’amour, c’est ça, malheureusement… »

Oh, François, as-tu compris la leçon ? Pas certaine… « Fuir le bonheur avant qu’il ne se sauve » telle pourrait être ta devise. Il faudrait comprendre que personne n’est parfait, une certaine comtesse ou duchesse l’a écrit avant moi, et, surtout prendre confiance en toi, t’accepter et ne pas fuir.

 

Ce titre du Grand trip fut un beau voyage en Absurdie et vous savez que j’adore.

 

 

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M.C. Beaton - Pour le meilleur et pour le pire

25 Juin 2017, 15:58pm

Publié par zazy

Pour le meilleur et pour le pire

M.C. Beaton

Editions Albin Michel

Juin 2017

288 pages

ISBN : 9782226329967

 

4ème de couverture

Incroyable mais vrai : James Lacey, le célibataire le plus convoité des Cotswolds, a cédé au charme de sa voisine, la pétillante quinqua Agatha Raisin ! 

Hélas, le conte de fées est de courte durée : au moment où les tourtereaux s’apprêtent à dire «  oui  », Jimmy, l’ex-mari d’Agatha, surgit en pleine cérémonie… Furieux de découvrir que sa future femme est déjà unie à un autre, James abandonne Agatha, désespérée, au pied de l’autel.

Le lendemain, Jimmy est retrouvé mort au fond d’un fossé. Suspect n°1, le couple Agatha-James se reforme le temps d’une enquête pour laver leur réputation et faire la lumière sur cette affaire

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Agatha Raison, pour une troisième fois est de retour entre mes mains.

Agatha Raisin va se marier avec le beau James Lacey ! Et elle a la peur au ventre car, mais oui, chers lecteurs, Agatha est TOUJOURS mariée à Jimmy Raisin. Quoi, notre anglaise va être bigame ? Ce n’est pas possible, elle est inconsciente ! Oui, elle l’est, surtout lorsqu’il s’agit du futur marié et qu’elle voulait penser fermement, qu’il était mort.

Heureusement, elle a Roy, un « bon ami » qui enquête sur Jimmy et qui le retrouve clochard sous un pont à Londres où il lui annonce le futur mariage d’Aggie. Pensez donc, le premier débarque justement le jour de la noce et

« Votre mari est ici, Agatha. Jimmy Raisin est présent. »
Agatha promena autour d’elle un regard hébété. « Il est mort, Jimmy est mort. De quoi parle Fred ?
- C’est moi, Aggie, ton mari », dit Jimmy en lui brandissant son extrait d’acte de mariage sous le nez. »

devant toute l’assistance « Espèce de salaud, je vais te tuer. » Phrase on ne peut plus normale et malheureuse devant l’assistance  et de l’intrus.

Le problème, c’est que le lendemain, Jimmy est retrouvé mort, refroidi, dans un fossé où Agatha était venue se promener quelques heures auparavant et qu’elle l’a giflé et entaillé la lèvre en présence d’un agriculteur qui montait la côte sur son tracteur.

Hou la la ! ça va mal pour notre héroïne, elle est dans de sales draps car inculpée pour le meurtre de son mari. Oh pas longtemps car

« Je retire l’inculpation contre vous, Mrs Raisin, faute de preuves suffisantes, mais je dois vous demander de ne pas quitter le territoire national. »

Pour le reste, comme je ne veux pas divulgâcher (j’adore ce terme) vous n’en saurez pas plus venant de moi. Car oui, Agatha Raisin va enquêter

Ce n’est pas le suspens du siècle car je connais la trame des histoires de notre pétulante enquêtrice. Je sais qu’elle trouvera la clé. Ce que j’apprécie c’est cet humour so british, l’écriture pétillante, qui en font une lecture très plaisante. Alors, je ne boude pas mon plaisir et j’en redemande.

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Ramon Diaz - Negra Soledad

24 Juin 2017, 14:56pm

Publié par zazy

Negra soledad

Ramón Díaz

Traduction de l’espagnol (Chili)  Bertille Hausberg

Editions Métailié

Mai 2017

352pages

ISBN : 979-10-226-0648-6

 

 4ème de couverture :

Heredia, le détective privé des quartiers populaires de Santiago, vient de se décider à mettre fin à sa solitude de célibataire : il va enfin se marier – à reculons. C’est alors qu’Alfredo, son ami avocat, est retrouvé mort. Depuis peu, il avait été engagé par les habitants d’un village du nord du Chili, aux prises avec une exploitation minière polluante bien décidée à exproprier tout le monde.

Entouré de ses complices de toujours, Simenon, son chat et confident, Anselmo, le kiosquier turfiste, et la commissaire Doris qui aimerait tant trouver une place auprès de lui, Heredia découvre l’ampleur des problèmes environnementaux au Chili, et leurs dénouements souvent tragiques : soif de lucre des entreprises, contamination des sols, indulgence coupable des autorités, spoliation des paysans.

Heredia, c’est l’âme nostalgique d’un Santiago qui n’existe plus, les rêves brisés d’une génération sacrifiée, mais c’est aussi l’histoire chilienne revue et corrigée par un justicier mélancolique et intègre. Et toujours aussi allergique aux ordinateurs…

L’auteur :

Né à Punta Arenas en 1956, Ramon Díaz-Eterovic est l’un des leaders incontestés de la nouvelle génération d’écrivains -nés depuis 1948- qui symbolisent le mouvement artistique le plus attrayant de la scène culturelle du Chili des années 90. Parallèlement à son travail d’écriture, Díaz-Eterovic participe activement à la Société des Ecrivains du Chili, qu’il a présidé de 1991 à 1993.

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Heredia, pour moi, c’est le poète José-Maria de Heredia dont j’apprenais les poésies (récitations à mon époque) à l’école.

Celui-ci est un privé qui vit dans le Santiago populaire. Particularité de ce détective, il écoute du jazz, Mahler, lit, n’a pas de portable, converse avec son chat Simenon qui, bien sûr, lui répond. Comme beaucoup de privés, il aime taquiner la dive bouteille.

Un jour, la femme de son ami avocat lui demande d’enquêter sur la mort de son mari Alfredo Razetti.

Opportunément, le second de l’avocat vient proposer son aide, un peu trop zélé pour moi ce jeune homme !! Mais bon, il peut être une aide pour résoudre l’énigme de la mort d’Alfredo.

Heredia n’oublie de contacter son ami et policier Ruperto Chacón dont la chef est Doris.

Doris, le rayon de soleil dans la grisaille du livre et de la vie d’Heredia. Le projet d’une vie commune se concrétise petit-à-petit.

Mais, retour à l’enquête. Heredia se rend  à Cuenca où une exploitation manière de cuivre pollue le village. C’est sur cela qu’était l’avocat. Arrivée dans un village propret, bien bitumé mais silencieux. Et apeuré. Le consortium a le bras long et arrose bien les plantes de ce village (maire, curé…). Les draps sales de cette affaire ne flottent pas au vent de Cuenca et l’atmosphère est un brin spéciale.

Ne voulant pas divulgâcher la trame je n’en dirai pas plus, si ce n’est que Heredia va payer cher, très cher.

Sachez qu’il y a de l’écologie dans l’air, une exploitation minière, de gros intérêts financiers contrariés et les businessmen  n’aiment pas être contrariés

Ce que j’ai aimé dans ce polar ? Sa nonchalance apparente, l'atmosphère qui se dégage. J’ai aimé suivre Heredia dans les rues de Santiago, dans les coins reculés aussi bien du pays que de son âme.

Bien sûr, vous allez me rétorquer, alors, si c’est lent… Oui, mais, vous aimerez mettre vos pas dans ceux de Heredia.

Je suis conquise par la nonchalance apparente de l'enquêteur, son ironie, sa tristesse désabusée

 

 

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Sarah Barukh - Elle voulait juste marcher tout droit

20 Juin 2017, 14:50pm

Publié par zazy

Elle voulait juste marcher tout droit

Sarah Barukh

Editions Albin Michel

Février 2017

432 pages

ISBN : 9782226329769

 

4ème de couverture :

1946. La guerre est finie depuis quelques mois lorsqu’Alice, huit ans, rencontre pour la première fois sa mère. Après des années à vivre cachée dans une ferme auprès de sa nourrice, la petite fille doit tout quitter pour suivre cette femme dont elle ne sait rien et qui lui fait peur, avec son drôle de tatouage sur le bras.

C’est le début d’un long voyage : de Paris à New York, Alice va découvrir le secret de son passé, et quitter à jamais l’enfance.

Comment trouver son chemin dans un monde dévasté par la guerre ? Avec une sensibilité infinie,  Sarah Barukh exprime les sentiments et les émotions d’une enfant prise dans la tourmente de l’Histoire.

Un premier roman magistral.

L’auteur (site de l’éditeur) :

Depuis l’enfance, Sarah Barukh a toujours aimé les histoires, celles qu’on lui contait ou celles qu’elle s’inventait. Elle a longtemps travaillé dans la communication, la production audiovisuelle et éditoriale. Elle voulait juste marcher tout droit est son premier roman.

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Mai 1943. Je découvre Alice, petite fille de 6 ans, laissée par sa mère, en nourrice chez Jeanne dans un petit village pyrénéens où elle va traverser la guerre. Jeanne son seul point d’ancrage qui répond à toutes les questions de l’enfant pas « Parce que c’est la guerre ». D’autres questions affluent lorsque, en 1946, sa mère, aussi maigre qu’un fantôme la récupère pour l’emmener à Paris. Une seconde vie s’offre à elle, où elle voit survivre et souffrir sa mère. Troisième départ lorsque sa mère est hospitalisée, presque mourante. Cette fois, direction les Etats-Unis chez son supposé père… Et d’autres péripéties.

Une lecture  émouvante, voire lacrymale. J’aurais préféré que l’auteure s’arrête plus profondément sur les personnages de Jeanne et de la mère revenue des camps et que le livre se termine là. Les péripéties américaines sont trop invraisemblables et la fin  un peu trop téléguidée.

Sarah Barukh sait très bien raconter de belles histoires car, à peine commencé, j’ai su que je ne fermerai pas la lumière tant que je n’aurai lu le denier mot. Pourtant c’est une lecture en demi-teinte. J’attends le second livre !

 

 

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Anne Schmauch - Katherine Ferrier - Mémé Dusa

20 Juin 2017, 14:09pm

Publié par zazy

Mémé Dusa

Texte Anne Schmauch

Illustration  Katherine Ferrier

Editions Sarbacane

Collection: Pépix

Dès 8 ans

192 pages

novembre 2015

ISBN: 9782848658162

 

4ème de couverture :

Hélène se doutait bien que ses parents lui cachaient quelque chose à propos de ses origines grecques. Mais quand son idiot de grand frère et elle se retrouvent parachutés en Grèce antique – il y a 5 000 ans, au milieu des monstres et des dieux !! –, ça lui fait tout drôle. Enfin… « Drôle », façon de parler, parce que leur grand-mère, Mémé Dusa alias la VRAIE Médusa, habite là-bas aussi, et qu’elle a la mauvaise habitude d’assassiner comme elle respire… Autant dire que ça va swinguer !

Bienvenue dans une aventure mêlant enquête policière, voyage temporel et combats de monstres au pays d’Ulysse, Zeus et les autres !

Les auteurs (site de l’éditeur)

Anne Schmauch est née en 1978 à Metz, où elle a vécu quelques années avant de déménager à Nantes puis à Rennes. Ses études d’histoire de l’art et de lettres l’ont menée à Paris, où elle vit actuellement.

Elle a écrit une quinzaine d’histoires, pour la presse et pour l’édition.

Diplômée de l’atelier de Bande dessinée de l’EESI, Katherine Ferrier s’est imposée en BD jeunesse avec sa série Hôtel Étrange, qu’elle dessine et co-écrit avec Florian Ferrier.

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Papy est boiteux, alors Papy ne pourra venir garder les enfants chez eux. Hélène et Hector doivent descendre dans le sud retrouver leur grand-mère et Papy. C’est ce qu’a entendu Hélène, surprenant la conversation entre ses parents. Mais qui est donc cette Mémé Dusa qu’ils n’ont jamais vue, dont on ne parle jamais, qui ne vient jamais les voir, surtout dont leur mère ne parle jamais parce que totalement infréquentable ?

Dès leur arrivée, Mémé Dusa médusa ses petits-enfants. L’auteur a conçu le titre pour le jeu de mots, alors, je ne vais pas me prier. Pourtant, il faut remonter à la racine du mot méduser ! Je vous laisse imaginer l'accueil (voir l'image), tout y est, la chevelure ondulante, la toge, les personnages pétrifiés, plus le reste  

Oui, ce livre assez drôle et ludique parle de personnages de la Grèce antique, Méduse l’une des trois Gorgones dont la chevelure est faite de serpents, comme Mémé Dusa. Hélène et Hector, deux prénoms chargés d’histoire mythologique, Ulysse et ses marins plus couards que la légende….

Beaucoup de péripéties sur un rythme enlevé, j’oserais presqu’écrire échevelé si je n’avais peur des serpents de mémé Dusa ! Si la narratrice principale est Hélène, Hector aime bien y mettre son grain de sel et, cela peut être piquant.

Non, même si vous me chatouillez la plante des pieds je ne dirai rien, et pas besoin de faire appel à Cerbère, je vous laisse le soin de découvrir cette histoire.

Ah oui, j’allais oublier ! Jeunes gens, vous avez un test sur le "Relou Number One". Mesdemoiselles, je suis certaine que vous y trouverez vos grands frères et lycée de Versailles.

Je ne terminerai pas cette chronique sans parler des dessins déjantés de Katherine Ferrier qui campe une mémé Dosa fumante.

Je remercie les éditions Sarbacane qui participent à l’opération Voie des indés mensuelle de Liblfy, pour cette lecture divertissante, mais pas que.

Mémé Dusa va attendre gentiment (enfin je l’espère) l’arrivée de mes petits-enfants cet été.

 

 

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Aure Atika - Mon ciel et ma terre

14 Juin 2017, 11:56am

Publié par zazy

 

Mon ciel et ma terre Aude Atika

Editions Fayard

Février 2017

208pages

ISBN : 9782213688756

 

4ème de couverture :

« J’ai aimé ma mère, follement. Je l’ai cajolée, protégée. Je lui chantais des comptines de couleur, bleue, ou rose selon l’humeur, pour la rassurer. Je l’épaulais lors de ses chagrins d’amour, j’assistais, déboussolée, à ses crises de manque. J’étais parfois la mère de ma mère… Pourtant, je l’admirais plus que quiconque, je ne l’aurais à aucun moment échangé contre une autre. Maman, elle n’avait pas peur de se bagarrer avec ses pieds et ses mains, ni de claquer la porte aux nez de ses amants. Maman, elle partait en pleine nuit faire la fête, elle m’emmenait dans des dîners de grands en plein Saint-Germain des Prés, à la Coupole ou au Flore, alors que nous vivions dans de petits appartements faits de bric et de broc. Ma mère était bohème. Elle était mon ciel et ma terre. Elle était mon Ode. Tout un poème. »

 

Aure Atika est comédienne, scénariste et réalisatrice. Elle oscille entre films d’auteur (Jacques Audiard, Abdellatif Kechiche, ou Stéphane Brizé) et productions grand public (La Vérité si je mens, ou OSS 117). Mon ciel et ma terre est son premier roman.

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Je ne vais pas au cinéma, ne regarde que peu la télé, alors Aure Atika, je ne connais pas.

Aure raconte son enfance avec une mère célibataire, Odette Atika, dite Ode, qui l’aimait, c’est certain, mais très bohème attirée par l’extérieur comme un papillon par la lumière,  femme des années soixante-dix, années de drogue, liberté, communautés, indouisme… D’ailleurs, la gamine n’aime pas que l’on qualifie sa mère de junkie

« Je ne veux pas réduire ma mère à quelques traits, à quelques mots ni adjectifs. Elle était mieux que tout ça ».

Ode (tout un poème !) est une mère fantasque. Elle peut laisser sa fille toute la nuit seule à la maison et, lorsqu’elle revient, au petit matin ne comprend pas les angoisses de sa fille

« Mais qu’est-ce qui t’arrive ? J’étais juste allée chercher des bonbons, tiens regarde ! »

Mouais, Aure voit bien que sa mère

« est encore dans sa nuit, dans une autre énergie, avec d’autres ou un autre. Elle ne veut pas revenir à moi. Pour un peu elle balaierait mes pleurs d’un geste. Pour un peu, je l’agacerais à gâcher son flottement bienheureux. »

Alors, elle prend ce qu’elle a à lui offrir, c’est à la fois peu et beaucoup.

Aure n’a pas eu une vie de petite fille « normale ». Les rôles sont inversés, elle est la mère de sa mère

« Ce n’est pas elle, qui se levait rarement avant midi, qui se débattait dans ses projets qui ne restaient qu’à l’état d’ébauche, ce n’est pas elle qui pouvait me guider vers l’âge adulte. »

Pourtant, elles s’aiment, il y a beaucoup d’amour entre elles deux… Quand elle est présente, physiquement et mentalement.

Ce livre est une ode à sa mère

"Ode était mon ciel et ma terre. Elle était mon ode. Tout un poème."

Que rajouter après une telle déclaration !

Aure Atika a eu une enfance bohème, le mot est faible, sans repères ou avec des repères plus élastiques. Grâce à leur amour, elle a pu se construire pour devenir l’adulte qu’elle est. Comme quoi, l’amour permet à un enfant de se construire (pensez à Folcoche !)

L’écriture est plaisante, mais je suis souvent restée à l’extérieur.

 

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David Bosc - Relever les déluges

13 Juin 2017, 13:25pm

Publié par zazy

Relever les déluges

David Bosc

Editions Verdier

96 pages

Mars 2017

ISBN : 978-2-86432-919-0

 

 

4ème de couverture :

Enfants de rois, de paysans ou de bourgeois, les personnages de ces quatre récits ont ouvert sur le monde des yeux de premier homme : l’ordre des choses, ils entendent l’éprouver, en restant sourds aux « vérités éternelles »Ce sont alors des assauts et des ruses, des solidarités intempestives et de soudains dégagements. Liberté, égalité, fraternité : les vieilles lunes sont décrochées avec tout le décor, et les voici qui se rallument, fragiles, toutes neuves, à hauteur de regard, sur le visage de n’importe qui.

L’auteur (site de l’éditeur)

David Bosc est né à Carcassonne le 7 avril 1973.

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Quatre histoires, quatre époques, quatre hommes pour illustrer ce qui est écrit au fronton de nos mairies : Liberté – Egalité – Fraternité.

Farid Imperator, alias Frédéric II, empereur des Romains  à qui l’on a fait le cadeau empoisonné, suite à la mort de ses parents, de la liberté.

« Comme Frédéric, pupille du pape, est intouchable, il prend le parti de le délaisser. Il lui fait l’infamant cadeau de la liberté (car personne n’en veut, à cette heure, et le mot lui-même ne fait rêver que les fous. ».

Il vit  en Sicile, à Palerme ville arabo-normande

« On y aimait tant les différences qu’on en inventait quand, faute de vent, il en venait moins ».

« Frédéric choisit ses maîtres parmi les Arabes et les Gréco-Syriens ; son appétit de connaissance les enchante, sa vivacité les émerveille ».

Il n’a que huit ans. Sa vie fut un long combat contre la papauté. Il a su

« conquérir la moitié du monde sans jamais tirer l’épée ».

Avec son armée et sa bande, il fonde, devant Palerme, au lieu d’un camp, une ville qu’il baptise « Victoria »

Frédéric, parti à la chasse, Victoria est détruite par les Parmesans. Basta ! « L’empire s’effondrera bientôt.

« Quelle importance ? Il n’était fait que d’un jeu d’écritures. »

Saut dans le dix-huitième Siècle.  Honoré Mirabel,  est un homme heureux, mais il ne s'appartient pas.

« Quand les branches des cerisiers sont lourdes de cerises, quand je vais boire mon pot de vin sur la Veaune, après la cueillette des azeroles, je suis heureux. »,

« Tout me plait en ce monde et il ne me va pas Je voudrais que tout change sans que rien ne se perde. »

valet de ferme, issu de serfs, il annonce qu’il a trouvé un trésor et… Que la fête commence. Il fera bombance sans débourser un liard, embobinera le bourgeois, pour finir aux galères.

« Au vrai, je n’ai pas volé grand-chose, mais je crois que j’ai fait pire à leurs yeux : j’ai blasphémé l’argent. »

Son comparse, Auquier sortira de prison, mais la leçon de Mirabel n’est pas perdue.

Pour la troisième nouvelle, je rencontre Miguel Samper, jeune espagnol qui va s’enrôler dans l’armée populaire combattre Franco, pour l’égalité (il y croyait) pour ne pas rester chez lui et risquer  de faire des saloperies comme

« Les vainqueurs se livraient aux saloperies. Et même les pauvres diables, pour peu qu’on leur ait donné un fragment de pouvoir. Alors, pour faire face au salaud que l’on porte en soi, pour étouffer le porc tout au fond de son ventre, mieux valait retourner au front, fusil contre fusil, ou la pelle à la main. Du moins, c’était encore ce que je croyais ».

Il subit, des républicains, les mêmes vilénies qu’il dénonce chez les phalangistes. Il trouve toujours le moyen de s’évader, de retrouver une certaine liberté. En fin de compte, il se retrouve dans un camp à Argelès alors qu’il voulait lutter 

« pour les copains, pour le matin du monde, pour l’égalité »

Désolé Miguel, mais cela n’a pas beaucoup changé, peut-être même un peu empiré.

« L’égalité est à la fois le passé et l’avenir de notre histoire. Il finira le temps des caciques, de ceux qui possèdent davantage que leur regard ne peut embrasser, même s’ils montent sur le toit. Il finira le temps de ceux qui font le tour en auto de terres dont ils ne sauront rien, sinon le rendement l’hectare. »

Denis, l’onagre du quatrième récit, fabrique et colle des stickers à hauteur du cœur

« Il dit que s’il imprime petit, c’est, en quelque sorte, afin de choisir les lecteurs ; si une personne s’arrête, se penche, sort ses lunettes, c’est qu’elle a encore de la curiosité, et aussi l’espérance que quelque chose d’important peut lui être donné par un semblable, sans puissance ni relais ni porte-voix ».

C’est un anar, qui prend d’assaut, avec d’autres comparses, un bateau-restaurant amarré dans le port de Marseille, offre un feu d’artifice aux prisonniers des Baumettes. Il est à part, il a toujours été à part, dans la meute, dans le groupe. Jamais il ne renonce à sa liberté, son indépendance… qu’il battrait bien en brèche pour Mathilde, s’il arrive à la sortir du groupe.

Le point commun à ses quatre hommes est leur besoin d’indépendance, de liberté. Faire plutôt qu’attendre.

Ils décident de leur vie, du bon ou mauvais côté, veulent vivre leurs aventures intensément. Ce sont des rêveurs, mais pas de doux rêveurs car ils ont en eux un jusqu’auboutisme  qui les poussent à aller, à ferrailler, à titiller jusqu’à ce que la pirouette les transportent ailleurs

Lorsque je lis un livre de David Bosc, je vois un tableau se confectionner avec ses mots, sous mon regard. Son écriture  est lourde du sens qu’il donne aux mots. Elle me fait penser à ses vignobles caillouteux qui donnent un vin qui tient en bouche et qui, une fois dans la gorge exprime sa vitalité, sa rondeur et dont on se souvient.

Je me dis qu’en ces périodes électorales où nous dépassons les cinquante pour cent d’abstention, ce serait une bonne chose que de faire circuler ce livre. A bon entendeur….

Les éditions Verdier m’ont permis de redécouvrir David Bosc. Je les remercie de leur politique éditoriale exigeante. Grâce à eux, j'ai fait de belles lectures qui me donnent l’impression d’être moins sotte.

Livre lu dans le cadre d’une opération Masse Critique de Babelio. Merci à eux pour cette lecture.

 

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Jacky Durand - Marguerite

6 Juin 2017, 15:39pm

Publié par zazy

Marguerite

Jacky Durand

Editions Carnets nord

janvier 2017

240 pages

ISBN : 9782355362330

 

4ème de couverture :

Août 1939. Qui peut se douter de ce qui va se déchaîner, dévaster tant de vies? Marguerite est à son bonheur, son mariage avec Pierre, son amour de jeunesse. Un mois de lune de miel dans leur petite maison de l’est de la France. Puis Pierre est mobilisé. La France est occupée. Marguerite va devoir affronter la solitude, la dureté d’un monde de plus en plus hostile, mais aussi découvrir sa propre force, l’amitié, les émotions qui l’agitent. Au contact de Raymonde, la postière libérée des contraintes sociales, d’André, le jeune Gitan qu’elle protège, ou encore de Franz, un soldat allemand plein d’humanité, elle devient peu à peu maîtresse de sa vie, de son corps et de ses sentiments.

Un roman d’une grande sensibilité sur la révélation à soi d’une femme seule pendant la guerre, sur l’affirmation de sa liberté aux heures les plus sombres de son siècle.

Le premier roman de Jacky Durand.

L’auteur (site de l’éditeur) :

Jacky Durand est journaliste et chroniqueur gourmand à Libération. Il aime le bleu de Gex, la marche en ville et en forêt, Simenon et Maxime Gorki. Quand il ne travaille pas, il écoute les conversations de bistrot. Il est l’auteur de Cuisiner, un sentiment (2010).

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« Pensez donc, elle a couché avec les Allemands, Marguerite. C’est écrit en gros sur son front et ses joues : trois croix gammées peintes avec le trait épais et gras du goudron encore tout frais».

mâles ont chopé deux femmes, dont Marguerite, accusées d’avoir couché avec l’occupant. Ces hommes qui la tondent se prétendent de la résistance, mais certainement juste après le départ des allemands ! Mais là n’est pas l’argumentaire du livre de Jacky Durand.

Après cet épisode, nous remontons le temps. Août 1939, Marguerite est heureuse, elle vient de se marier avec son homme, Pierre. Un bonheur qui ne durera qu’un mois.

« La guerre va frapper à leur porte, Marguerite le sait, Pierre sait qu'elle sait mais ils n'en parlent pas. Le silence est la plus supportable des complicités. »

Pierre part au front, enfin là où on l’envoie dans cette drôle de guerre. Commence le mal de l’absence du corps de Pierre, l’ennui, la lente descente dans la solitude.

« C’est le vide et le silence qui se sont engouffrés entre les murs. Tout est devenu froid, inanimé. »

Une petite éclaircie avec une permission volée et des retrouvailles teintées de gris un soir de Noël, puis plus rien, il est prisonnier quelque part.

Heureusement quelques figures bienveillantes mettent un peu de bleu dans son ciel gris. Raymonde la receveuse des Postes, entrée en résistance, lui propose des heures de ménage. Ce sera sa première décision prise sans en référé à son homme. Germaine sa vieille voisine, tant détestée aux heures heureuses, la soutient.

André, un jeune gitan va lui permettre de redonner un peu de sens à la grisaille de sa vie.  Juste avant Noël,

« Un gamin rougeaud apparaît, il a les bras chargés de paniers en osier de toutes les ailles dont les anses strient sa pauvre veste rapiécée ». Après l’avoir refoulé, elle remarque que le gamin à la place de godasses « a les pieds enroulés de lambeaux de tissus crasseux maintenus par de la ficelle ».

Prise de pitié, elle lui achète un panier, lui offre un bon café chaud et une tartine beurrée, quelques provision et… la peau du lapin qu’elle vient d’écorcher. C’est leur première rencontre, mais pas la dernière. Un rituel se met en place ; chaque dimanche, il vient manger avec elle et repart avec nourriture et vêtements pour lui et sa famille qui vit dans une roulotte délabrée.

Un jour, elle découvre André chantant la Marseillaise à un soldat allemand ! Imaginez la scène ! C’est ainsi qu’elle fait la connaissance de Franz officier allemand, occupant...  Les clichés sur le boche en prennent un coup avec cet allemand qui prend André, un gitan, sous son aile, prenant le risque de se faire fusiller

«Plus courageux que la plupart de ses voisins. Elle veut savoir pourquoi il agit ainsi, à prendre des risques qui pourraient le mener au peloton d’exécution. ».

Petit à petit Marguerite découvre la liberté, s’enhardit, est capable de tenir tête au contremaître de l’usine où elle travaille comme un homme, accepte de déplaire aux autres, à ne pas être un mouton. Je la vois prendre de l’assurance au fil des pages. Le manque de Pierre se dissipe pour laisser place à un espace de liberté et une crainte du retour, quelque chose d’indéfinissable, même si elle pense que son Pierre n’est pas comme les autres 

« Mais Marguerite, elle, redoute qu’avec les hommes revienne la soumission »,

.Marguerite découvre la liberté de soi. Forte tête, elle a trouvé un certain équilibre dans la solitude, s’abrutissant des besognes autrefois accomplies par Pierre, elle y trouve beaucoup de fierté.

André satisfait son besoin de tendresse, de prendre soin de quelqu’un d’autre.  C’est osé, à cette époque, d’aider des gitans, alors voués aux camps d’internement.

Marguerite ne veut pas que je m’apitoie sur son sort et l’écriture de Jacky Durand par une certaine distanciation permet cela. Pourtant, à certains moments,  le voile se déchire et l’émotion arrive.

Une femme digne.

Livre lu dans le cadre des 68 premières fois

 

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