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ZAZY - mon blogue de lecture

Je n'aurais pas dû

24 Avril 2017, 22:21pm

Publié par zazy

La sonate oubliée

Christina Moreau

Editions Préludes

Janvier 2017

256 pages

ISBN : 9782253107811

 

4ème de couverture :

À 17 ans, Lionella, d’origine italienne, ne vit que pour le violoncelle, ce qui la distingue des autres adolescents de Seraing, la ville où elle habite en Belgique. Elle peine toutefois à trouver le morceau qui la démarquerait au prochain grand concours Arpèges. Jusqu’au jour où son meilleur ami lui apporte un coffret en métal, déniché dans une brocante. Lionella y découvre un journal intime, une médaille coupée et... une partition pour violoncelle qui ressemble étrangement à une sonate de Vivaldi. Elle plonge alors dans le destin d’Ada, jeune orpheline du XVIIIe siècle, pensionnaire de l’Ospedale della Pietà, à Venise, dans lequel "le prêtre roux", Antonio Vivaldi, enseignait la musique à des âmes dévouées.

Entremêlant les époques avec brio, ce premier roman vibrant nous fait voyager à travers la Sérénissime, rencontrer l’un des plus grands compositeurs de musique baroque, et rend un hommage poignant à ces orphelines musiciennes, virtuoses et très réputées au XVIIIe siècle, enfermées pour toujours dans l’anonymat.

L’auteur (site de l’éditeur) :

Christiana Moreau est une artiste autodidacte belge, peintre et sculptrice. Elle vit à Seraing, dans la province de Liège. La Sonate oubliée est son premier roman.

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L’argumentaire du livre me plaisait Lionella, jeune violoncelliste belge, d’origine italienne, très douée est confrontée à une œuvre inconnue peut-être attribuée à Vivaldi. C’est son grand ami qui a déniché ce trésor dans une brocante. Dans la boîte, il y avait également le journal d’une jeune fille, Ada. La mise en regard de deux périodes, de deux jeunes femmes unies par le même amour du violoncelle est intéressante.… Las, j’y ai trouvé une histoire convenue cousue de fil blanc, que la découverte d’une partie de la vie de Vivaldi n’a pas suffi à me faire vibrer.

Livre lu dans le cadre des 68 premières fois

 

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Alejandro Palomas - Une mère

14 Avril 2017, 17:41pm

Publié par zazy

Une mère

Alejandro Palomas
Traduit de l’espagnol par Vanessa Capieu

Editions du Cherche Midi

Mars 2017

310 pages

ISBN : 9782749153018

 

4ème de couverture :
Barcelone, 31 décembre. Amalia et son fils Fernando s’affairent en attendant leurs invités. En ce dîner de la Saint-Sylvestre, Amalia, 65 ans, va enfin réunir ceux qu’elle aime. Ses deux filles, Silvia et Emma ; Olga, la compagne d’Emma, et l’oncle Eduardo, tous seront là cette année. Un septième couvert est dressé, celui des absents.

Chacun semble arriver avec beaucoup à dire, ou, au contraire, tout à cacher. Parviendront-ils à passer un dîner sans remous ?
Entre excitation, tendresse et frictions, rien ne se passera comme prévu.

Alejandro Palomas brosse avec humour le portrait d’une famille dont les travers font inévitablement écho à nos propres expériences, et celui d’une mère loufoque, optimiste, et infiniment attachante. Une mère profondément humaine, à qui il reste encore quelques leçons à transmettre à ses grands enfants : au cours de cette longue nuit, secrets, mensonges, non-dits et autres révélations familiales vont éclater.

Prenez place à table. Vous allez être servi !

L’auteur (site de l’éditeur) :

D’abord traducteur des ouvrages de Gertrude Stein, Katherine Mansfield, Willa Cather ou encore Jack London, Alejandro Palomas devient ensuite journaliste et scénariste ‒ il a été finaliste de nombreux prix littéraires en Espagne. Énorme succès dans ce pays, traduit dans une dizaine de langues, Une mère est son premier roman publié en France.

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Les repas de famille sont souvent le prétexte à des joutes oratoires ou pas entre les membres de la famille présents autour de la table.

Cette année et, depuis très longtemps, depuis son divorce, Amalia reçoit tous ses enfants et son frère Eduardo, "l’embobelineur". Fernando, le fidèle, Sylvia, célibataire et bosseuse ainsi que Emma qui vient avec sa compagne Olga.

Une belle tablée qui met Amalia en joie, la rend fébrile et inquiète.

« Maman est sur les charbons ardents. Elle est dans cet état depuis quelques semaines, depuis qu’elle sait avec certitude que nous serons tous là ce soir. »

Amalia, du fait de son handicap visuel, de sa nervosité casse beaucoup, ce qui a le don d’énerver Sylvia. D’ailleurs beaucoup de choses la font réagir. La nervosité gagne Fernando, dit Fer.

« Sur l’écran de mon radar personnel, une nouvelle lumière rouge se met à clignoter en plus de celle qui tremblote depuis quelques jours déjà. Danger. Danger en vue. »

Le couvert est mis, avec une chaise supplémentaire, pour l’absent. J’apprendrai au cours de ma lecture qui est l’absent.

 Les invités arrivent, les sous-entendus aussi. La mère est merveilleuse dans son innocence feinte, sa maladresse, ses bévues, dans son désir que ce réveillon ne soit pas un ratage.

Chacun va s’exprimer, des aveux seront faits, des vérités dites. Certains masques vont tomber.

La mère, si infantile que Silvia se doit d’être la mère de sa mère, avec son handicap, ses bévues, cette mère « pleine de faiblesses » se révèle être la colonne vertébrale de la famille. Elle a été et est capable de sauver la vie de ses  enfants partis à la dérive par sa ténacité.

S’esquisse une famille touchante dans ses fêlures, ses secrets, ses espérances, ses naufrages… Bref, une famille « normale »

Alejandro Palomas est, entre autre, scénariste et cela se sent dans l’écriture très visuelle de ce roman qui m’a fait passer des rires aux larmes. Les personnages sont finement travaillés et pas aussi caricaturaux que je l’ai craint au début.

Un bon  moment de lecture.

De belles phrases d’amour maternel :

« Et si je dois t’arracher des eaux pur que tu vives, je le ferai, quoi qu’il en coûte. Parce que je n’ai rien de mieux à faire dans la vie, ma fille chérie…Non il n’y a rien de mieux à faire dans la vie. Pas pour une mère. »

« Quand je ne serai plus là, tu auras cette couverture. Tu pourras te couvrir avec en hiver pendant ta sieste et moi, je serai heureuse parce que ce sera comme si je te faisais tous ces câlins dont tu as besoin et que tu ne me laisses jamais te faire. »

Livre lu dans le cadre d’une opération Masse Critique concoctée par Babelio.

 

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Maryam Madjidi - Marx et la poupée

5 Avril 2017, 19:52pm

Publié par zazy

Marx et la poupée Maryam Madjidi

Le Nouvel Attila

208 pages

Janvier 2017

ISBN : 9782371000438

 

Résumé de l’éditeur :

Depuis le ventre de sa mère, Maryam vit de front les premières heures de la révolution iranienne. Six ans plus tard, elle rejoint avec sa mère son père en exil à Paris.
À travers les souvenirs de ses premières années, Maryam raconte l’abandon du pays, l’éloignement de sa famille, la perte de ses jouets – donnés aux enfants de Téhéran sous l’injonction de ses parents communistes -, l’effacement progressif du persan au profit du français qu’elle va tour à tour rejeter, puis adopter frénétiquement, au point de laisser enterrée de longues années sa langue natale.

Dans ce récit qui peut être lu comme une fable autant que comme un journal, Maryam Madjidi raconte avec humour et tendresse les racines comme fardeau, rempart, moyen de socialisation, et même arme de séduction massive.

L’auteur (site de l’éditeur)

Maryam Madjidi est née en 1980 à Téhéran, et quitte l’Iran à l’âge de 6 ans pour vivre à Paris puis à Drancy. Aujourd’hui, elle enseigne le français à des mineurs étrangers isolés, après l’avoir enseigné à des collégiens et lycéens de banlieue puis des beaux quartiers, des handicapés moteur et psychiques, des étudiants chinois et turcs, et des détenus. Elle a vécu quatre ans à Pékin et deux ans à Istanbul.

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Comment devenir française et comment rester iranienne. Un dilemme qui court tout au long de la vie de Maryam Madjidi. Avant que de naître, elle a failli périr. Sa mère, enceinte, pour ne pas tomber dans les griffes de gardiens de la révolution, saute par une fenêtre du second étage. Les deux seront sauves.

« Ma mère porte ma vie mais la Mort danse autour d’elle en ricanant ».

Cela n’arrête pas le couple versé côté communisme, de continuer à publier et distribuer des tracts, jusqu’à les cacher dans les couches-culottes de Maryam. Elle servait de boîte à lettres.

Un jour, pourtant, il a bien fallu partir, s’exiler. Avant, ses parents enjoignent Maryam à donner ses jouets, dont une fameuse poupée, à ses voisins, d’où le titre Marx et  la poupée.

- Pourquoi je dois donner mes jouets ?
- Parce qu’on ne peut pas les emporter avec nous là-bas.
- Mais je veux pas.
- Ecoute, c’est beau de donner, tu comprends ?
- Non, je suis obligée de donner, c’est pas la même chose. Je veux pas !

Pas facile d’expliquer le communisme, le partage à une fillette qui ne veut pas se séparer de son petit monde. Elle les enterre comme ses parents enterrent les livres interdits (Marx, Makarebki, Che Guevara)

L’exil l’amène en France retrouver son père. La séance à l’aéroport est  aux petits oignons.

La chute dans ce pays inconnu est rude, les croissants n’ont pas le goût du lavâsh, le camembert sent les chaussettes. La petite fille est complètement perdue lors de sa première journée de classe. Personne ne lui explique. L’angoisse la pousse à se sauver, sortir de l’école. Elle ne parle toujours pas, s’abreuve de français, écoute, digère… ne dit rien jusqu’au jour où elle accouche de la langue française et déserte le farsi.

Soudain c’est sorti : j’ai enfanté mon français. Je me suis mise à parler en français sans m’arrêter avec un enthousiasme et une vitesse fulgurants.

Adulte, elle séduira les hommes en jouant l’orientale, leur récitant des poèmes persans. Ils tomberont dans ses bras.

« Je module ma voix, je mets mon costume de femme persane, je secoue mes voiles et, sous les feux de ses yeux déjà conquis : je lui récite Omar Khayyâm. Je commence toujours en persan et je donne ensuite la traduction française. »

A la faveur de sa thèse, elle réapprend le persan, se réapproprie  la langue qui l’a vue naître. Ce sera sa troisième naissance et son premier retour en Iran.

« C’était le premier voyage, le premier retour à la terre-mère, la première descente vers l’origine. Une descente ou une chute, je ne sais pas. J’ai failli perdre la tête, j’ai glissé sur mon identité et je suis tombée. »

Sa vie sera faite de ces allers-retours avec son passeport français.

« Il y eu aussi le soulagement d’un autre retour : le retour en France et le sentiment de m’y sentir un peu chez moi malgré tout. L’Iran, dépouillé de mes fantasmes et de mes idéalisations, était de plus en plus difficile à supporter. Je n’ai jamais idéalisé la France. »

"Mais toujours l’Iran m’appelle, voix en sourdine, présence derrière mon dos, il me tapote l’épaule pour me rappeler à lui. Par devoir, par culpabilité, par peur de ne plus revoir les vieux, par rituel, par amour peut-être aussi, je me sens poussée à y retourner régulièrement."

Souvenirs éparpillés restitués dans cette autofiction éclatée, où elle raconte une vie, une famille dispersée par l’exil, mais toujours avec deux soutiens, le persan et sa grand-mère.

Un très bon premier livre à la fois tendre, triste, drôle, original d’une très belle plume, qui se lit d’une seule traite : un petit bonheur de lecture.

 Livre lu dans le cadre des 68 Premières fois

 

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Simon Beckett - Les témoins de pierre

2 Avril 2017, 21:15pm

Publié par zazy

Les témoins de pierre

Simon Beckett

Traduction Isabelle Maillet

Editions Piranha

Traduit de par Isabelle Maillet

octobre 2016

ISBN : 2371190519

4ème de couverture :

Un homme blessé et en fuite est recueilli dans une ferme. Il croit être enfin à l'abri mais ses habitants semblent cacher bien des secrets...

Sean est en fuite. Malgré la chaleur qui écrase la campagne française, il préfère abandonner sa voiture accidentée et couper à travers champs pour éviter la police. Mais sa cavale se termine brutalement lorsque les mâchoires implacables d’un piège se referment sur sa jambe. Retrouvé quasiment inconscient par les deux filles du propriétaire d’une ferme voisine, il est recueilli et soigné. À peine capable de tenir debout, Sean se croit enfin à l’abri et est loin de se douter des dangers qui le menacent.

L’auteur (site de l’éditeur) :

Né en 1960, Simon Beckett a longtemps été journaliste pour de grands quotidiens anglais. Il est l’auteur d’une série de quatre best-sellers internationaux ayant pour héros l’anthropologue judiciaire David Hunter. Les Témoins de pierre est son dernier roman, indépendant de la série qui a rendu son auteur célèbre. Il vit à Sheffield.

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Sean a fui l’Angleterre pour des raisons peut-être très graves que je ne connaîtrai qu’à la fin du livre. Faisant du stop en France, il saute dans un bosquet car il a aperçu un gyrophare de police. Que n’a-t-il fait là !!

« Je sais que je réagis de manière excessive : la police française ne s‘intéresse certainement pas à moi. Je suis néanmoins trop à cran pour couvrir le moindre risque. Et surtout pas celui que les flics fouillent mon sac. »

Peut-être aurait-il mieux valu !!  En repartant, il a mis le pied dans un piège à mâchoires. Imaginez les dégâts. Pour son bonheur ( ??) il sera secouru par deux femmes qui le cachent dans le fenil de leur ferme.

Le voici embringué dans une histoire familiale bizarre. Outre Mathilde et Gretchen qui l’ont sauvé et le soigne, il y a le père, Arnaud, toujours armé, peut-être dangereux, hargneux et Michel un très jeune enfant dont, on le saura rapidement par les déductions de Sean, Mathilde est la mère, mais on ne connait pas le père.

Sean, peu désireux d’errer sur les routes par peur de la maréchaussée, accepte la proposition de la famille, faire le maçon, bien sûr, pas payé, mais nourri et logé (dans le fenil)

La vie familiale à la ferme est étrange, lourde de secrets. Même si les femmes lui ont sauvé la vie, il ne saurait préjuger de leurs actes. Tout est louche. Pourquoi personne ne vient jamais à la ferme, pourquoi tout est bouclé, pourquoi ce fusil, pourquoi les pièges, pourquoi les statues ? Pourquoi,  même si on sent la haine entre eux, la famille fait front ensemble, un bloc soudé par la haine, la peur ?

Beaucoup de violence avouée et cachée dans cette famille. L’atmosphère pèse des tonnes, même la chaleur de plomb elle aussi en rajoute. Le désir, l’angoisse, la peur sont palpables.

Le roman, à ce moment, s’enlise dans la chaleur torride de l’été, ralentit sa marche. Et toujours Gretchen tourne autour de Sean,  dans sa danse du désir, épie chacun de ses gestes, attitudes, lorsqu’il est avec Mathilde.

Le temps semble suspendu, lourd, comme avant que l’orage ne s’abatte. L’impression que chacun se jauge, tourne autour de l’autre, se mesure, se défie, se rencontre, comme dans un cirque romain.

Heureusement, la pluie arrive, les feuilles jaunissent et, tout s’active. Mais, quelle suite ? Que va-t-il arriver à Sean pris en étau entre les deux sœurs, le père, l’extérieur… ?

Ami lecteur, amie lectrice, tu le sauras en lisant ce livre qui m’a passionné, intrigué jusqu’au bout. Tu seras comme chauffé à blanc sous le soleil de plomb,

Simon Beckett fait alterner le présent et le passé, ce qui s’est passé en Angleterre et ce qui se passe en France. Pourquoi Sean s’est enfui et pourquoi il reste. La progression de deux situations est parallèle, jusqu’à l’acmé.

Un polar, sans flaque de sang, sans mort, enfin presque. Simon Beckett nous enserre dans une atmosphère à couper au couteau. Les personnages sont tous des énigmes. Résultat : une nuit blanche.

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