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ZAZY - mon blogue de lecture

Nicolas de Crécy - La République du Catch

29 Novembre 2015, 14:37pm

Publié par zazy

La République du Catch

Nicolas de Crécy

Editions Casterman

Avril 2015

224 pages

ISBN : 9782203095588

 

4ème de couverture :

Chers membres de la République du catch ! L’avenir est aux jeux de hasard, à la congélation de cellules, aux technologies ludiques et aux expériences transhumanistes… Et ce futur qui s’ouvre à nous, mes amis, c’est bien à NOUS de l’écrire !

L’auteur (site de l’éditeur) :

Nicolas de Crécy est né en septembre 1966, à Lyon. Ses ouvrages de BD, d’illustration et de dessins lui ont permis d'imposer un style original et reconnu. Foligatto, paru en 1991, est une révélation, confirmée par la série Léon la Came, chez Casterman, qui lui vaut l’Alph’Art du meilleur album à Angoulême, en 1998. L’auteur ne cesse d’explorer de nouvelles pistes graphiques et narratives, ce qui débouche sur Période glaciaire, Journal d’un fantôme, ou encore Salvatore. Présenté en galeries et en salles de ventes, son travail a également fait l’objet de nombreuses expositions, notamment au Louvre. En 2015, il a sorti La République du catch, initialement créé pour le magazine japonais Ultra Jump.

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Sur la demande d’un éditeur japonais de mangas, la revue « Ultra-Jump », Nicolas de Crecy se lance, monte sur le ring et créé cette histoire. Je n’y connais pas grand chose, mais il ne me semble pas que ce livre corresponde aux critères du manga japonais et, pour moi, c’est beaucoup, beaucoup mieux.

Question personnages, madame est servie. Quelle famille ! Un petit homme binocleux, un bébé méchant et méchamment surdoué, c’est peu de le dire, des gangsters plus vrais que nature dirigeant un club de catch où les sportifs ont eu le cerveau lavé (tiens, ça me rappelle quelque chose de terrible) et sont prêts à tout, je dis bien tout pour leur mentor, des ectoplasmes ou quelque choses de ce genre… Bref, une belle galerie servie par un dessin tout en camaïeu de gris très efficace.

Mario, tout petit homme à grosses lunettes possède un magasin de pianos. Son grand ami est un manchot mélomane qui fait avancer le piano lorsqu’il en joue. Mario est follement amoureux de Bérénice, catcheuse dans le club de son frère et son neveu. Oui, mais voilà, elle n’aime pas les minus, il lui faut du costaud, de l’armoire à glace, même si derrière le tain, il n’y a que le vide sidéral. C’est ainsi, la vie est vraiment male faite !

Le neveu, Enzo de son prénom, veut récupérer le magasin pour le transformer… Lire la 4ème de couverture. C’est cette bataille du vice contre la vertu, du bien contre le mal, denla mafia contre la probité, de la musique contre le bruit que Nicolas de Crécy raconte et dessine.

Je me suis retrouvée dans une ville ressemblant à Paris-Manhattan, flirtant avec le surnaturel.

Dans ce livre d’images se côtoient une certaine poésie, beaucoup de choses étranges, une énigme qui se dévoile petit à petit (c’est beaucoup mieux ainsi) quelques personnages très émouvants comme le petit homme ou les ectoplasmes.

Le bien a gagné devant le mal ? pas certain car les derniers dessins appellent une suite à ce feuilleton. Oui, car cela tient du feuilleton à la Dumas tout comme j’ai pensé à L’Eternel de Joann Sfar. La mafia sicilienne peut être transposée en yakusas japonais, découverts dans « Les évaporés ».

Ce livre d’images de 224 pages, un manga à la française me direz-vous ? Que nenni ! (quoique je ne connaisse par le monde du manga) du dessin, du beau, du léché. C’est dynamique, c’est superbement maîtrisé, du travail d’orfèvre. Les dessins racontent l’histoire de ce polar à la limite (souvent franchies) du fantastique. C’est de la dynamite. Je n’ai pas aimé, j’ai adoré.

La couverture amovible cache, sur sa totalité, une vignette en couleur, superbe. OK, je me répète, mais que voulez-vous, je fus enthousiasmée. J’ai ri, j’ai haussé les sourcils, j’ai vécu ce livre, moi la néophyte en ce domaine.

Vraiment merci Babelio de m’avoir permis cette découverte. La République du Catch fait partie de la sélection du prix SNCF du polar

 

        

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Marin Ledun - L'homme qui a vu l'homme

24 Novembre 2015, 23:25pm

Publié par zazy

 

L’homme qui a vu l’homme

Marin Ledun

Editions J’ai lu

Janvier 2015

508 pages

ISBN : 9782290078785

 

4ème de couverture :

Pays basque nord, Janvier 2009. La tempête Klaus vient de s’abattre sur la façade atlantique. Les rumeurs autour de la disparition d’un militant basque, Jokin Sasco, enflent. Iban Urtiz, reporter, comprend que cette affaire n’est pas un cas isolé. La jeune Eztia, sœur du disparu, lui ouvre les portes d’un monde de mensonges et de trahisons où enlèvements, tortures et séquestrations sont devenus les armes de l’ombre. Tandis que deux tueurs tentent d’étouffer la vérité, la vie d’Iban bascule dans une guerre sans pitié qui ne dit pas son nom.

L’auteur  (blogue Marin Ledun):

Né en 1975 en Ardèche, ingénieur de recherches en sciences humaines et sociales sur l’industrialisation des rapports sociaux, le contrôle social et les technologies de l’information et de la communication, Marin Ledun vit à Grenoble.
Citoyen engagé dans le mouvement social radical, déjà auteur de nombreux articles et ouvrages de recherche, marathonien, peintre et guitariste, Modus Operandi est son premier roman.

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Dès la première page, je suis dans le bain, plutôt dans la Mégane ou la Corsa. Le livre démarre sur les chapeaux de roues ; « les pneus qui crissent sur le bitume gelé. »

Tout au long de cette histoire, il ne faudra pas se fier à ce que l’on voit ou sait. Iban Urtiz, dont c’est le premier emploi, en est le parfait exemple. Son nom, basque, ne signifie rien puisque, élevé par sa mère en Savoie, il ne connait pas du tout la région et encore moins le parler basque. C’est un « erdaldun » pur jus. Le rédacteur en chef de « Lurrana » lui confie l’enquête sur la disparition d’un jeune basque Jokin Sasco. Pour ce faire, il doit faire équipe avec Marko Elizabe, autre journaliste du canard qui, lui, est un basque pur jus, un « abertzale ». Comme toutes les cohabitations, celle-ci sera ardue, d’autant que Marko travaille dans son coin sur cette disparition. Mais, est-il net ?

Nous voici au cœur de la guerre sale entre l’ETA, les polices espagnoles, françaises et…. quelques mercenaires, nom moins sympathiques à mes oreilles que barbouzes.

Je découvre un récit haletant, parfaitement ficelé, d’une écriture sans fioriture au pays où un kidnapping de membres vrais ou supposés de l’ETA, s’appelle « l’incommunication ». Drôle de mot pour ce que subissent ces personnes. Tortures en tout genre, viol, dépersonnalisation… c’est sûr qu’il y a de l’incommunication entre les tortionnaires et les séquestrés !

En plus d’être un thriller, c’est un livre politique où je fus déroutée, effrayée, scandalisée. Il y a de la matière, c’est dense. Marin Ledun me fait découvrir cette lutte basque où tous les coups sont permis, où Iban Urtiz doit toujours avoir en mémoire ces termes « A qui profite le crime » pour essayer d’avancer. Marin Ledun offre une belle photographie des luttes. Pourquoi tant de mois avant la reconnaissance de la mort ? Que font ces espagnols à traquer les membres de l’ETA sur le sol français ? Pourquoi l’on tourne toujours autour du pot, les autorités françaises ferment-elles les yeux sur tant d’exactions ? Pourquoi ces tortures en France pour des raisons politiques (enfin officiellement) ?

Marin Ledun flirte avec les frontières au propre comme au figuré. Elizabe, on ne sait pas trop de quel côté il se situe si ce n’est qu’à des lieues d’Urtiz, quoique… La police joue un double jeu, le procureur n’est pas net du tout, même les séparatistes éditent un communiqué pouvant laisser à penser. Bref, tout le monde sait quelque chose mais personne n’ose dire les mots par peur de... Je ne parle même pas des mercenaires à la solde du gouvernement espagnol qui n’ont plus aucune « justification » puisque le GAL est déjà dissout lors de « l’incommunication » de Jokin Sasco.

Elizabe et Urtiz ont cherché la vérité, s’en sont approchés, s’y sont brûlés. Pourquoi ? Pour rien.

Dernier paragraphe du livre : « Le jour de mon inhumation, alors que les vers et l’oubli achevaient de se partager mon cadavre, aucune des personnes présentes n’imaginait un instant que j’étais mort pour rien. Voilà pourtant la seule vérité qui vaille d’être inscrite sur ma tombe. » Dont acte. Cette fin amène, pour moi, la chanson de Brassens :

« O vous, les boutefeux, ô vous les bons apôtres
Mourez donc les premiers, nous vous cédons le pas
Mais de grâce, morbleu! laissez vivre les autres!
La vie est à peu près leur seul luxe ici bas
Car, enfin, la Camarde est assez vigilante
Elle n'a pas besoin qu'on lui tienne la faux
Plus de danse macabre autour des échafauds!
Mourrons pour des idées, d'accord, mais de mort lente
D'accord, mais de mort
lente »

Superbe bouquin que j’ai lu grâce à Babelio et qui fait partie de la sélection du Prix SNCF du Polar 2016

 

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Benoît Broyard & Ed - Papy Super Flash

15 Novembre 2015, 23:19pm

Publié par zazy

Papy Super Flash

Editions Benjaminsmedia

Benoît Broyard & Ed

48 pages

4 - 5 ans

Octobre 2015

ISBN : 9782912754684

 

4ème de couverture :

Papy Superflash, c’est mon papy ; hier en mission, mais aujourd’hui en chaussons. Pour qu’il redevienne un super héros, je lance, sans trop y croire, « quelqu’un, sur cette planète, a besoin de toi » et c’est alors qu’on sonne à la porte ; c’est Greenman, un super copain de papy. Il a besoin de lui : même avec son rétroflash intégré, il ne peut pas lutter contre Pyroman, qui veut mettre le feu à toute la ville. Spécialiste de la grande vitesse, Papy Superflash revêt son costume, sa cagoule, ouvre la fenêtre et s’élance dans les airs.

 

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A peine commandé, à peine reçu ! Merci de votre diligence Super Flash ! Arrivé juste le jour où les petits loulous débarquent à la maison pour 15 jours de vacances.

Papy Super Flash combat les méchants. Pas facile de sortir de son fauteuil douillet pour rendosser le costume ! Pourtant, sur l’insistance Benjamin, il va le faire.

J’ai aimé cette connivence entre le grand-père et l’enfant.

Les dessins naïfs leur ont plu, car je crois qu’ils pouvaient mieux s’identifier aux personnages.

« Nous, on n’a plus de papy, mais un Super Pépé ! Il est champion pour faire un grand feu dans le jardin, préparer les patates sous la cendre. On a fait un goûter comme les indiens », parole de Noémie. Il n’y avait aucune tristesse dans sa voix, au contraire. La vie est ainsi faite et cela coule de source pour eux. Leur Super Pépé avait veillé à ce que Pyroman ne vienne pas nous embêter !

Aurélien a adoré ce livre. En C.P., il l’a déchiffré avec son cousin de 9 ans. C’était mignon de voir le grand faire lire le petit. Pas certaine qu’il le fasse avec son propre frère !

Noémie adorait que sa grande cousine le lui lise et a aimé écouter le CD joint au livre. Pas question de parler, un chut énergique nous rappelait à l’ordre.

Je ne pensais pas que le livre déclencherait un tel engouement de la part des deux plus petits.

Je remercie vraiment Benjamin Media (Cerise sur le gâteau, Benjamin est le prénom de mon fils et, donc, du père de Noémie) pour ce cadeau.

Super chouette initiative, ce livre-CD existe en version braille, comme toute la collection des éditions Benjaminsmedia.

Les enfants on pu lire ce livre grâce à l’opération "La voie des Indés en Languedoc-Roussillon"

 

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Sans parole

15 Novembre 2015, 22:35pm

Publié par zazy

Le jeune dessinateur Bidu écrit sur Facebook : "Je voudrais vous faire un dessin pouvant un instant vous faire oublier ce drame mais comme vous, l'incompréhension, la douleur et les larmes m'en empêchent. Je ne peux pas. Vraiment."
Le jeune dessinateur Bidu écrit sur Facebook : "Je voudrais vous faire un dessin pouvant un instant vous faire oublier ce drame mais comme vous, l'incompréhension, la douleur et les larmes m'en empêchent. Je ne peux pas. Vraiment."

Dessins trouvés sur la toile

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Ménis Koumandaréas - Le fils du concierge

13 Novembre 2015, 14:34pm

Publié par zazy

Le fils du concierge

Ménis Koumandaréas

Dessins de Michel Barzin

Traduit du grec par Nicole Le Bris

Editions Esperluète

Septembre 2015

42 pages

ISBN : 9782359840582

 

4ème de couverture :

Il s’appelait Zissis ; c'était le fils d’un concierge du voisinage. Un grand gars pataud avec les cheveux huileux, et moi je devais faire de cet escogriffe une créature ornée d’une brosse de porc-épic. Naguère, je me souviens, c’était un enfant réservé, poli, toujours premier à l’école ; de ce temps-là il m’appelait Monsieur. Maintenant c’était Evri tout court. Dans ses yeux s’était allumée une lueur curieuse ; il voulait, paraît-il, être un homme – comme si quelqu’un y avait fait obstruction.

La nouvelle de Ménis Koumandaréas s’organise autour d’incidents survenus dans le salon de coiffure d’Evripidis (Euripide) et des histoires qu’il raconte à ses clients. La mort plane autour du jeune Zissis, le fils d’un concierge des environs. Mais est-il bien celui qu’il prétend être?

Et qui est ce vieil homme qui apparait et qui affirme être son père alors que son propre fils s’est tué dans un accident de moto? De quel drame le concierge est-il le témoin?...

Toute la tension du récit est là, dans ce huis clos absurde. Cette fable sur la vieillesse, le temps, la mort, nous renvoie à la vanité́ des choses d’ici-bas. Les dessins de Michel Barzin,

avec leur fausse légèreté, accentuent ce tragique et entrent en résonance avec le destin du Concierge, de Ménis Koumandaréas (assassiné fin 2014 pour quelques billets de banque) et de la Grèce actuelle.

L’auteur (site de l’éditeur) :

Ménis Koumandaréas est né à Athènes en 1931 et est tristement décèdé en décembre 2014.

Philosophe de formation, cet auteur grec a écrit de nombreux romans, recueils de nouvelles et essais depuis les années 1960. Son œuvre est doublement récompensée par le prix d’Etat pour le roman.

Homme de convictions, fortement engagé à gauche, son écriture se veut le reflet d’une soucie té grecque parfois bancale mais toujours en mouvement.

Il a notamment écrit La Femme du métro (2010) et Le Beau Capitaine (2011) parus en français aux éditions Quidam.

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Petite digression : S’appeler Euripide, c’est peut-être normal pour un grec, mais pour moi, cela a un petit parfum…. Grec !

« Il s’appelait Zissis ; c’était le fils d’un concierge du voisinage. Un grand gars pataud avec les cheveux huileux, et moi je devais faire de cet escogriffe une créature ornée d’une brosse de porc-épic. Naguère, je me souviens, c’était un enfant réservé, poli, toujours premier à l’école ; de ce temps-là il m’appelait Monsieur. Maintenant c’était Evri tout court. Dans ses yeux s’était allumée une lueur curieuse ; il voulait, paraît-il, être un homme – comme si quelqu’un y avait fait obstruction...»

Voir un gamin que l’on coiffe depuis longtemps se transformer en un jeune homme qui, de surcroît, demande une coiffure à l’iroquoise chiffonne Euripide. Il en est là de ses pensées lorsqu’un vieil homme entre dans son salon. Un homme bizarre et qui regarde Iziss d’un drôle d’air. A partir de cet instant, un dialogue s’établit entre le vieil homme et Iziss.

Tout l’art de Ménis Koumandaréas est de figer le temps, de faire de quelque chose de réaliste un conte, ou d’une rencontre simple, une rencontre ambigüe. Le vieil homme est-il frappé de sénilité, est-ce une apparition… ? Iziss répond au vieillard comme s’ils se connaissaient et avaient une conversation normale, ils se voient pour la première fois. Cette nouvelle est bien ancrée dans la réalité quotidienne alors qu’elle pourrait être hors temps et c’est là toute l’ambigüité de la nouvelle.

Ménis Koumandaréas, que je découvre, a une écriture très classique, simple, très agréable à lire, musicale. En peu de pages, il réussit à rendre visible l’échoppe d’Euripide, rendre réaliste la scène. Nous sommes les témoins attentifs d’une pièce de théâtre qui se joue à trois.

Cette nouvelle est tirée d’un recueil de Ménis Koumandaréas « Leur parfum me fait pleurer »

Très curieuse de découvrir, plus avant, l’univers de cet auteur, j’ai retenu à la bibliothèque « la femme du métro ».

J’ai aimé les dessins de Michel Barzin. Les gros cubes bleus grec ou Klein semblent écraser où expulser les silhouettes noires toutes en légèreté, malgré les traits noirs épais est étonnant et collent au texte de façon pertinente.

Merci Alice de l’avoir fait voyager vers moi

Une nouvelle fois, les Editions Esperluète font preuve de qualité dans leur ligne éditoriale

 

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Dominique de Saint Pern - Baronne Blixen

5 Novembre 2015, 23:03pm

Publié par zazy

 

Baronne Blixen

Dominique de Saint Pern

Editions Stock

Janvier 2015

432 pages

ISBN : 9782234076365

 

4ème de couverture :

Karen Blixen, roman. La baronne a eu en effet la vie la plus romanesque qui puisse être. On serait tenté de dire : les vies. Chasseresse africaine au Kenya, hôtesse mondaine dans sa demeure maritime de Rungstedlund au Danemark, conteuse au profil acéré d’oiseau de proie, amoureuse et amante, de Denys Finch Hatton à sa dernière passion nordique, Thorkild BjØrnvig, un poète de trente ans son cadet ! Écrivain et démiurge, mondialement célébrée et lue.
Comment chanter sa singularité, sa liberté, son souverain mépris des codes et des convenances ? Dans ce roman vrai, de l’Afrique au Danemark, de New York à Londres, c’est toute une folle époque qui revit ici en couleurs et en cinémascope : Dominique de Saint Pern ressuscite la femme courageuse et la diablesse, mais aussi l’âme de cet âge d’or où l’on savait aimer, écrire et mourir en beauté.

L’auteur (site de l’éditeur) :

Dominique de Saint Pern est journaliste et collabore à M Le magazine du Monde. Elle est l’auteur de L’Extravagante Dorothy Parker (1994), Les Amants du soleil noir (2005) et Pour l’amour d’un guerrier (2007).

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Un livre foisonnant, très agréable à lire sur la vie de celle qui fut immortalisée par Meryl Streep dans « Out of Africa », la baronne Karen Blixen.

L’écriture est amoureuse de cette femme qui ensorcelait par son charme tout son entourage, voire le vampiriser.

Un roman fort bien documenté, vif et très agréable à lire. Dominique de Saint Pern a un réel talent de conteuse.

 

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Paula Jacques - Au moins il ne pleut pas

5 Novembre 2015, 17:49pm

Publié par zazy

 

Au moins il ne pleut pas

Paula Jacques

Editions Stock

Février 2015

356 pages

ISBN : 9782234075603

 

4ème de couverture :

Hiver, 1959. Nous sommes au port de Haïfa. Deux adolescents, Solly et Lola Sasson, débarquent sous une pluie glacée. Deux orphelins venus d'Égypte, perdus, apeurés, qui ne savent rien du monde sur lequel ils viennent d'atterrir. Solly, le petit frère, c'est de la graine de voyou, séducteur, résolu à se tailler une place au soleil. Lola, son aînée de treize mois, rêveuse et timorée, estime que la vie dans les livres est plus intéressante que la réalité. Où aller ? Où les portera cette nouvelle vie de déracinés ? À Wadi Salib, sur les hauteurs de Haïfa, chez deux femmes étranges, Ruthie la silencieuse et Magda la bavarde, qui vivent comme des sœurs, liées par un pacte de la mémoire : ce sont deux rescapées des camps.

Du moins, c'est ce que le lecteur va croire au début de ce roman foisonnant, humain, émouvant et provocateur à la fois. Les déportées le furent-elles vraiment ? Quel est le prix à payer pour survivre ? Et dans l'Israël des pionniers et de la coexistence difficile entre les communautés sépharade et ashkénaze, comment s'adapter, que choisir et qui être ?

L’auteur (site de l’auteur) :

Née au Caire, française de culture et de passion, Paula Jacques est productrice sur France Inter du magazine culturel Cosmopolitaine depuis 1999. Romancière, elle est l’auteure, entre autres, de Deborah et les anges dissipés (Prix Femina 1991), Gilda Stambouli souffre et se plaint… (2002) et Rachel-Rose et l’officier arabe (2006).

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Nous sommes en 1959, orphelins et rejetés par les oncles et tantes et de l’Egypte, Solly et Lola, deux adolescents, sont mis sur un bateau en partance pour Israël, la Terre Promise. Pour ne pas être séparés, ils acceptent la proposition de Georgie, une petite crapule et débarquent chez Magda, tante de Georgie, et Ruthie. La grande maison du quartier populaire et populeux de Wadi Salib sera le théâtre de leur nouvelle vie.

Pourquoi ces deux femmes que tout semble séparer qui passent leur temps à se quereller vivent sous le même toit ? Question qui taraude Lola. En dehors de ces cours d’hébreux, elle cherche à découvrir ce que cache l’énigmatique et froide Ruthie. Pendant ce temps, Georgie et Solly se livrent à des trafics lucratifs.

A travers les habitants de cette maison, j’ai suivi l’installation, l’acclimatation de Lolla et Solly Sasson. Paula Jacques parle de sujets quasiment pas abordé en littérature : les débuts de l’Etat d’Israël, l’ostracisme qui règne entre les juifs européens et les juifs orientaux qu’ils soient marocains, égyptiens…Lire leur mépris face à ces famille nombreuses en enfants, n’ayant pas du tout la même culture, pas aussi « évolués » qu’eux a été, pour moi, un grand étonnement. Tout comme la façon dont a été réglé le problème de la révolte des humbles par la destruction du quartier populaire de Wadi Salib où ils habitaient. Pas contents ? Hop, on vous éparpille aux quatre coins du pays et on rase le quartier ! C’est que ce qui arrivera aux habitants de la grande maison.

Il est déjà question, au début des années 60, de racisme envers les arabes. Un palestinien s’en prend à Georgie parce qu’il lui avait fourgué une fausse montre qui ne marchait pas. C’est le pauvre homme qui se retrouve les mains menottées et tabassé devant tout le monde. « Un sabra, un natif, le sel de la Terre, avait toujours raison contre un sale Arabe »

« Quand il se laissa emmener, les mains liées dans le dos, la tête rentrée dans les épaules, le nez sanguinolent, sa figure exprimait la grande souffrance de l’homme humilié dans ses droits et sa dignité ».

Etonnant aussi la chape de silence sur les juifs rescapés des camps nazis, presque soupçonnés de vilénies envers ceux qui y sont morts. Pourquoi eux et pas les autres ?

Le procès Eichmann va ouvrir les vannes. Magda, reconnue par une ancienne compagne de misère, sera dénoncée parce que kapo dans les camps. La construction de cette partie du livre est très intéressante. Paula Jacques a écrit les évènements sous forme de procès-verbaux. Magda, en réponse aux questions, raconte sa vérité qui se trouve être la vérité.

A la question « Vous reconnaissez avoir collaboré avec les nazis ? », voici la réponse de Magda : « Non, je ne reconnais pas avoir « collaboré ». C’est une grave erreur d’employer le mot « collaboration », monsieur le juge. On ne collaborait pas avec le Allemands. Les Juifs étaient au monde pour qu’on les tue et, tôt ou tard, nous allions toutes y passer. »

« Oui j’ai bien été nommée blokva du block 9 à Ravensbrück. Non, je ne pouvais pas refuser. Oui, si j’avais refusé, j’aurais signé ma propre condamnation à mort. A ma place, Monsieur le Juge vous auriez refusé ? »

La première partie du livre, mine de rien, à travers la vie des deux adolescents, est une chronique de l’état d’Israël en pleine construction, très pragmatique et froid pour aller jusqu’à séparer une fratrie orpheline à leur arrivée en Israël.

Un livre qui se lit facilement, mais qui ne s’oublie pas facilement. Un bon livre qui parle de faits que l’on tait facilement.

J’ai découvert Paul Jacques, qu’il m’arrive d’écouter sur France Inter le dimanche après-midi, en tant qu’écrivain et j’ai aimé son écriture limpide. Une belle découverte.

 

 

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Bérangère Cournut - Donation Mary - Schasslamitt

2 Novembre 2015, 18:17pm

Publié par zazy

 

 

Schasslamitt

Et autres contes palpitants

Textes de Bérengère Cournut

Pochoirs de Donatien Mary

Editions Attila

Mai 2012

85 pages

ISBN : 9782917084465

 

4ème de couverture :

Albertine, Léocadie, Ciboulette, Uriana, Schasslamitt et compagnie... Inspirée par l'amour des noms étranges et des êtres chers, Bérengère Cournut trace des miniatures, des portraits, de petites vies, où l’exceptionnel vient se nicher dans l’anodin. Il ne sert à rien de résumer ces histoires. Juste dire qu’elles sont frappées au coin de l’étrange et du quotidien. Lisez-les à haute voix, elles vous transformeront en oie.

L’auteur :

Correctrice dans la presse et dans l’édition, un temps secrétaire du traducteur Pierre Leyris (sans parler trois mot d’anglais), lectrice de Michaux et d’Artaud, Bérengère Cournut a jusqu’ici publié des textes courts en revues ; Nanoushkaïa, à l’Oie de cravan ; L’écorcobaliseur, et une adaptation d’un roman portugnol, Palabres, aux éditions Attila.

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Un titre à première vue énigmatique, mais dit à voix haute (et je ne me suis pas transformée en oie !) donne « chasse la mite ». L’explication arrive page 57, ou l’art de mettre fin à des années de vacances ennuyeuses en Dordogne ! Jubilatoirement sanguinolent.

Gasper Opakochka m’a ravie par son surréalisme, le Sergent-Major par son outrecuidante morgue…

Ces 17 histoires très courtes ont un ton décalé, une écriture alerte et vive, voire sauvage. Le naturel et l’alambiqué, le bizarre et le normal, les jeux de mots, les associations de mots… Tout ceci au service de personnages bizarrement normaux ou normalement bizarres, d’instants courts ou de longues tranches de vie.

Les pochoirs de Donatien Mary donnent une assise aux mots libres de Bérangère Cournut.

Un excellent recueil d’histoires courtes qui ne tient pas beaucoup de place dans la besace, qu’il est bon d’ouvrir de temps à autre pour piocher quelques instants d’autre part.

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