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ZAZY - mon blogue de lecture

Pascal Marmet - Tiré à quatre épingles

29 Octobre 2015, 21:48pm

Publié par zazy

Tiré à quatre épingles

Pascal Marmet

Editions Michalon

mai 2015

272 pages

ISBN : 9782841867882

 

 

4ème de couverture :

Parmi les milliers de voyageurs, Laurent erre seul dans le hall de la gare de Lyon, l'air paumé. Il vient de rater son CAP boulangerie et sa mère l'a mis dehors. Samy, escroc à la grande gueule, le repère rapidement. Il a bien l'intention de profiter de la naïveté de ce gamin aux chaussures vertes et l'entraîne dans un cambriolage. L'appartement dans lequel ils pénètrent est une sorte d'antichambre du musée des Arts premiers et regorge de trésors africains. Mais ils tombent nez à nez avec la propriétaire et collectionneuse. Comme elle s'est blessée en tombant dans les escaliers, ils lui viennent en aide avant de s'enfuir. Pourtant, quelques heures plus tard, elle est retrouvée morte, abattue de cinq balles tirées à bout portant. Le commandant Chanel, chargé de l'enquête, s'enfonce alors dans l'étrange passé de cette victime, épouse d'un ex-préfet assassiné quai de Conti peu de temps auparavant.

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Une page de l’histoire de la Police Judiciare va se tourner. Le 36 Quai des Orfèvres va déménager dans un ancien village olympique. Le 36 n’existera plyus. Une vraie révolution mais est-ce une évolution ? Certainement pour nos têtes pensantes. Mais laissons ceci de côté car ce n’est pas l’essentiel du livre, simplement le cadre et, un cadre Ô combien important pour tout lecteur de polars parisiens.

Pour l’instant, le commandant Chanel, as de la crim se retrouve avec un mort ou plutôt une morte en la personne de « la femme d’un ancien préfet sous la présidence de Jacques Chirac, tuée par balle dans son appartement » et… « Ne s’agirait-il pas de l’épouse du préfet retrouvé assassiné sous le pont Neuf il y a six mois ? »

Si fait, Commandant Chanel, donc, pas trop de vagues… Bref, la routine. La routine, oui, mais accompagnée de deux stagiaires, féminines de surcroît, ce qui n’est pas trop pour lui plaire. Non, qu’il ne soit misogyne, mais, c’est plus facile entre mecs.

Ne comptez toujours pas sur moi pour vous dévoiler le livre. Sachez qu’il est question d’un mec, prénommé Laurent (mais est-ce son vrai prénom ?) avec des chaussures vertes et un syndrome de Peter Pan, d’une gamine rencontrée dans le train que Chanel va recueillir dans son « superbe » immeuble.

Albane Saint-Germain de Ray (la trucidée) a été mariée 3 fois et, à chaque fois, ces chers époux sont morts dans des circonstances… Elle est à la fois vulgaire et distinguée, apparemment savante, mais aussi inculte, bref, une femme à deux visages (au minimum). Son appartement est plein de masques dignes d’une collection du musée des Arts Premiers ; collection appartenant au dernier mari tout juste refroidi. A part l’argent, le luxe, rien ne l’intéresse. Oh, pardon « Sur le tard elle s’est intéressée au droit. Des affaires évidemment.» histoire d’écouler au meilleur prix les « souvenirs » africains. Vous en conviendrez, une femme très, très intéressante, pardon, je devrais dire intéressée. La suite des évènements montera son véritable visage.

Notre cher commandant Chanel va explorer la piste de la collection, et, avec la collaboration très efficace des deux stagiaires, trouver une autre piste et encore une autre… Jusqu’à la résolution du crime.

Il est souvent dit lors de la recherche d’un meurtrier, chercher la femme. Est-ce le cas dans ce livre ?

Revenons au Commandant Chanel. Un policier, fin limier, faisant marcher sa cervelle, comme je les aime. Petit avantage sur d’autres « collègues littéraires» à lui, il ne boit pas, enfin normalement, ne fume plus depuis quinze ans bien qu’il ait, page 231, « ressorti un vieux paquet de cigarettes desséchées au fond d’un tiroir. ». La lubricité n’est pas son truc, vieux célibataire un brin misogyne, mais surtout vieille école. Il est très attachant et, ma fois, j’aimerais bien le retrouver dans un autre épisode.

Je ne savais pas que le 36 devait déménager aussi rapidement. Après recherches, ce sera en 2016. Un roman policier d’anticipation, donc !

Pascal Marmet a écrit un polar qui se tient, sauf ci-dessus. Le suspens est comme un escalier où chaque palier est le départ d’une nouvelle piste. Les explications, bien documentées sur les figurines à épingles et les arts premiers ne sont pas redondantes. La promenade au musée du Quai Branly donne envie d’aller y faire une petite visite.

Tous les ingrédients sont réunis pour passer un très bon moment de lecture. La fin est totalement inattendue. Un livre que j’ai lu d’une seule traite et donc une nuit très écourtée.

Merci Pascal Marmet de m’avoir proposé votre livre. Je vous ai retrouvé avec autant de plaisir que lorsque vous étiez dans un monde très parfumé.

 

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Veronika Mabardi et Alexandra Duprez - Les Cerfs

26 Octobre 2015, 14:44pm

Publié par zazy

Les cerfs

Veronika Mabardi

Dessins d’Alexandra Duprez

Esperluète éditions

Septembre 2014

184 pages

ISBN : 9782359840513

 

4ème de couverture :

Blanche ne parle pas, c’est ce qu’ils disent. Ils ont tout essayé.

C’est arrivé peu après la mort de la mère. Blanche n’a plus parlé. En dernier recours, le père l’a confiée à Annie, qui vit dans une petite maison, loin de la ville. Un robinet qui fuit, l’odeur du pain qui cuit, un renard aux aguets sous le saule, un cheval dans l’enclos, les cerfs cachés entre les arbres, un amoureux inquiet dans la menuiserie, les silences compliqués et ceux qui sont simples comme l’air… Là-bas, entre la prairie et la forêt, entre Annie et son homme, Blanche retrouvera peu à peu le chemin des mots.

L’auteur (site de l'éditeur):

Veronika Mabardi explore dans son premier roman les thèmes qui lui sont chers : la parole qui guérit, l’enfance et la nature, les filiations qui nous construisent… Alexandra Duprez l’accompagne de ses dessins. Leurs univers se croisent à merveille et une véritable connivence formelle se construit, entre elles deux, au fil des livres et du temps.

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Son père et son frère le disent : « Elle a cessé de répondre, c’est tout ». Quelque chose est parti avec la mort de sa mère. « Les paroles c’est pour s’arranger avec la vérité quand ça coince. » et maman n’est plus là pour consoler, alors, tout reste à l’intérieur de Blanche, plus rien ne sort.

Blanche a mal, elle est douleur. Plus personne ne prendra soin d’elle comme sa mère. Son père et son frère emmurés dans leurs propres chagrins ne le peuvent pas. Alors, ils la confient à Annie pour qu’elle essaie de guérir Blanche.

Anne essaie d’apprivoiser Blanche. Blanche a sa place devant la fenêtre et regarde le chemin. Elle sait qu’elle ira dans le bois plus tard.

Annie parle pour deux et attend « Monamour ». « Monamour » ! Entre eux, le regard est éloquent. Monamour est jaloux de la place qu’a prise Blanche dans la vie, la maison d’Annie. Il ne s’y retrouve plus et puis, il y a l’enfant, là sans être présent mais qui prend une place énorme entre eux. Lorsque Monamour devient Ian, tout devient possible avec Blanche. Ces deux-là s’apprivoisent petit à petit. Blanche lui apprend l’attachement, lui, lui apprend la mort, la vie. Pourtant, au début, ce n’était pas gagné.

Annie l’enlace, l’entrave de ses bras, de ses mots. Ian la libère. Ils forment un drôle de trio, une drôle de famille. Ça les fait rire lorsque le restaurateur leur trouve des ressemblances, ça ressemble au bonheur ? C’est un petit bonheur.

Un jour Ian est parti, Annie se vautre dans son chagrin. Blanche attend, apprivoise la forêt, et se ré-apprivoise par la même occasion. Là, elle peut jeter les mots qui sont en elle, apprivoiser la sauvagine qui est en elle, accepter la mort de sa mère.

Ian a tout deviné, pas besoin de paroles entre eux « Quand on parle, ça abîme des choses ». Ian, l’éternel fugueur sera le point d’ancrage de Blanche. Il le lui a dit « je te donnerai mon numéro de téléphone. Si tu m’appelles, je répondrai. N’importe quand, même dans dix ans. Même quand tu seras vieille. Si je suis vivant, je répondrai. Même si je ne sais pas quoi dire ».

C’est une histoire d’amour entre eux, un amour pur, filial. Ils se sont choisis, ils n’oublieront jamais.

Lorsque je suis arrivée à la fin, une grande émotion m’a fait dire « C’est beau ». C’est aussi bête que ça. Oui, c’est beau. L’écriture de Veronika Mabardi est belle, poétique, j’y ai senti des absences, des hésitations, des approches beaucoup d’amour.

Les dessins d’Alexandra Duprez, noirs et blancs, faits de traits, tirets, comme ces cartes postales brodées, soulignent et interprètent les phrases, comme celle de leurs ressemblances.

Un livre tout en délicatesse. Un coup de cœur.

Livre lu dans le cadre de l’opération "La voie des indés" menée par Libfly et les éditeurs indépendants. Merci aux Editions Esperluète de leur participation.

L’esperluète est un mot chantant, orthographe lorraine, qui, avant de désigner le & était le moyen mnémotechnique donné aux enfants pour réciter l’alphabet où, après le Z, figuraient les mots latins et, per se, et. Si j’extrapole, je dirai que les Editions Esperluète éditent des livres qui vont au-delà de Z. Les Cerfs en est l’illustration parfaite.

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Mikaël Hirsch - Libertalia

21 Octobre 2015, 21:41pm

Publié par zazy

Libertalia

Mikaël Hirsch

Editions Intervalles

Août 2015

144 pages

ISBN : 9782369560203

 

4ème de couverture :

Après l’effondrement du Second Empire et l’écrasement de la Commune de Paris, deux jeunes hommes quittent l’Alsace afin de rester français et se rencontrent sur la route de l’espoir. Voulant s’affranchir des conventions de leur temps, ils revendiquent l’héritage de certains pirates et rêvent d’une terre promise, Libertalia, tout en devant composer avec la réalité parfois amère de la IIIe République.

De l’atelier de Bartholdi aux Batignolles, où s’édifie la statue de la Liberté, jusqu’à l’exposition universelle de 1889 en passant par le canal de Panama et la Tunisie coloniale, l’un et l’autre participent aux aventures qui font vibrer la presse à grand tirage, et grimpent les échelons de la société parisienne.

Trajectoire géographique, historique autant qu’humaine, Libertalia explore une époque où prend fin la Révolution et où naît la France d’aujourd’hui.

L’auteur

Mikaël Hirsch est un écrivain français né à Paris en 1973. Deux de ses romans, Le Réprouvé et Avec les hommes ont figuré dans les sélections du Prix Femina. Après Notre-Dame des Vents, paru en 2014, Libertalia est le troisième roman de Mikaël Hirsch publié aux éditions Intervalles.

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Découverte d’un moment d’histoire que je ne connaissais pas. Suite à l’annexion de l’Alsace par l’Allemagne, les alsaciens peuvent choisir de rester en Alsace et de devenir allemand ou partir en France pour rester français. C’est l’option prise par Baruch, juif alsacien de parents très orthodoxes, et Alphonse, fils d’industriel qui se rencontre sur la route. Ils cheminent vers la capitale se faisant matelot pour payer leur voyage. Nous sommes en 1872 et l’impression de lire le début du « Tour de France de deux enfants ». Dans ce livre, aucune revanche sur l’ennemi, le Teuton, l’envahisseur, non, juste une envie de réussir son rêve dans le bouillonnement de l’époque. Le rêve de Fons s’appelle Libertalia. Il l’explique à Baruch « Il y a deux siècles environ, Olivier Misson, capitaine de la Victoire, et son second, un prêtre défroqué nommé Carracioli, fondaient à Madagascar, au nord de Diégo Suarez, une colonie qu’ils baptisèrent Libertalia. Pour emblème, ils choisirent le drapeau blanc et pour but, la défense de la liberté à laquelle les lois naturelles leur donnaient droit contre les ambitieux qui la leur avaient ravie. » Comment ne pas souscrire à cette idéal que Baruch fit sien de suite, lui qui n’avait rien lu d’autre que le Talmud !

Arrivés à Paris, ils devinent que c’est un voyage sans retour « Tendus qu’ils étaient vers l’avenir et ses promesses, ils sentaient confusément que quelque chose d’innommable avait pris fin, mais sans savoir encore qu’il s’agissait de leur jeunesse. »

Baruch, devenu Bernard travaille sur la statue de la Liberté de Bartholdi. L’œuvre de sa vie, ce qui lui permet de se sentir vivant car, pour le reste, Bernard s’est marié, embourgeoisé, s’ennuie. Fons, devenu géographe, s’est essayé à une nouvelle « religion » où il pensait pouvoir trouver les idéaux de Libertalia : la franc-maçonnerie. Las, lors de son baptême, il a compris. Il utilisera donc les membres de la Confrérie pour essayer de trouver un lieu pour fonder cette nouvelle humanité.

La seconde partie de ce livre est la vie, la vraie au milieu du contexte historique et industriel florissant de cette époque. L’âge adulte est arrivé, les deux amis ont perdu beaucoup de leurs rêves, ils s’ennuient dans cette vie qui ressemble trop à celles de leurs parents. Cette question, ils se la posent alors qu’ils visitent l’Exposition Universelle de 1889 « -Est-ce qu’on a tout raté ? lui demande soudain Bernard. –Je ne sais pas, répondit Fons. Je ne sais vraiment pas. »

Ce très court roman parle de l’héritage parental, (à force de vouloir ne pas leur ressembler, ne les imite-t-on pas), du départ, de la quête d’un rêve, d’une inaccessible étoile déjà évoqués dans Notre-Dame des vents.

Le talent de Mikaël Hirsch ? Réussir en si peu de pages à créer une atmosphère, à nous brosser paysages, sites, personnages avec une grande précision. Je me suis promenée sur les boulevards de l’histoire de la fin du 19ème. De la fabrication de la statue de la Liberté en passant par le Canal de Suez, Panama... sans oublier l’Exposition universelle et donc, la tour Eiffel.

Un coup de cœur.

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Miguel Bonnefoy - Le voyage d'Octavio

18 Octobre 2015, 21:23pm

Publié par zazy

 

Le voyage d’Octavio

Miguel Bonnefoy

Editions Rivages

janvier 2015

128 pages

ISBN: 9782743629410

 

 

4ème de couverture :

Le voyage d'Octavio est celui d'un analphabète vénézuélien qui, à travers d'épiques tribulations, va se réapproprier son passé et celui de son pays. Le destin voudra qu'il tombe amoureux de Venezuela, une comédienne de Maracaibo, qui lui apprend l'écriture. Mais la bande de brigands « chevaleresques », menée par Rutilio Alberto Guerra, pour laquelle il travaille, organisera un cambriolage précisément au domicile de sa bien-aimée. Avant que ne débute un grand voyage dans le pays qui porte son nom. Octavio va alors mettre ses pas dans ceux de saint Christophe, dans ceux d'un hôte mystérieux, dans ceux d'un peuple qu'il ignore. Car cette rencontre déchirante entre un homme et un pays, racontée ici dans la langue simple des premiers récits, est d'abord une initiation allégorique et amoureuse, dont l'univers luxuriant n'est pas sans faire songer à ceux de Gabriel García Márquez ou d'Alejo Carpentier.

L’auteur:

Miguel Bonnefoy, de nationalité vénézuélienne est né en 1988 à Paris, est le fils d'un romancier chilien et d'une diplomate vénézuélienne.

Professeur de français et écrivain vénézuélien, "Le voyage d'Octavio" aux éditions Rivages est son premier roman.

Il a remporté le prix du Jeune Ecrivain, en 2013, grâce à une nouvelle intitulée "Icare".

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Au début, il y eut la peste qui, par l’entremise d’un bateau et de ses marins, fut transmise aux habitants du port de La Guaira et d’un citronnier qui sauva lesdits habitants. Bien sûr en ces temps de religiosité, une chapelle fut érigée puis abandonnée plus tard pour servir de repaire à des voleurs.

Don Octavio, analphabète connaît les joies de l’amour et de la lecture grâce à Venezuela, comédienne. Las ! Acoquiné à la bande de malfaiteurs de la chapelle susnommée, il se retrouve obligé de cambrioler le domicile, normalement vide, de sa dulcinée qui n’était pas partie et l’a reconnu.

Pur Don Octavio, c’est le départ d’une « croisière terrestre », sorte de voyage initiatique où il rencontre diverses apparitions, je n’ose dire personnes qui le mènent plus loin vers la connaissance de lui-même.

Comment imaginer qu’en si peu de pages, Miguel Bonnefoy ait pu écrire un conte, un récit si dense. Mettre mes pas dans les pas de Don Octavio pour une grande balade dans l’imaginaire, le fantasmagorique fut pour moi un très grand plaisir. J’ai plusieurs fois pensé à Luis Sepulveda.

La littérature sud-américaine est chaude, vivante, allégorique, comme j’aime.

Miguel Bonnefoy a fait le choix de l’écriture directe en français. Même s’il a fait des études poussées à la Sorbonne (deux masters sur Louis Aragon et Romain Gary), j’aimerais beaucoup que certains écrivains français aient une aussi belle écriture que lui.

Cette fable poétique, initiatique, picaresque, « don quichotesque » m’a séduite. Lorsque j’ai fermé le livre après le point final, je fus étonnée de voir que le livre ait si peu de pages. Oui, vraiment, un livre dense ou chaque mot a son importance. Nul bavardage inutile mais des phrases riches de poésie, de chaleur, d’humanité. Bref un coup de cœur.

J’attends avec impatience le second livre. Oui, cher ami, cette perle est un premier roman.

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Mikaël Hirsch - Notre-Dame des vents

15 Octobre 2015, 13:43pm

Publié par zazy

Notre-Dame des vents

Mikaël Hirsch

Editions Intervalles

Août 2014

192 pages

ISBN : 9782369560036

 

4ème de couverture :

Durant les grandes grèves de 1995, une biologiste se rend aux îles Kerguelen pour y étudier l’impact du réchauffement climatique. En plus de l’isolement géographique, renforcé par l’ampleur du mouvement social en métropole, elle y découvre un espace façonné par la littérature et fait la rencontre d’un technicien, maillon de la chaîne du renseignement.

Au même moment, la mise au point d’un satellite espion, ainsi que la soudaine reprise des essais nucléaires français dans le Pacifique seraient-ils de simples coïncidences, ou bien les éléments épars d’un secret plus vaste, véritable chambre d’échos pour les fantômes de la guerre froide ?

Mêlant tout à la fois réalité scientifique, récit d’exploration et conte fantastique, Mikaël Hirsch renoue ici avec le roman d’aventures maritimes, dont les maîtres incontestés furent Edgar Allan Poe et Jules Verne.

L'auteur (site de l'éditeur) :

Mikaël Hirsch est un écrivain français né à Paris en 1973. Deux de ses romans, Le Réprouvé et Avec les hommes ont figuré dans les sélections du Prix Femina. Après Notre-Dame des Vents, paru en 2014, Libertalia est le troisième roman de Mikaël Hirsch publié aux éditions Intervalles.

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Les îles Kerguelen ont pour moi, le goût du mystère ; ne me demandez pas pourquoi, mais le seul mot de Kerguelen….Peut-être gamine le mot océan indien signifiait chaleur, tropiques… et ce sont des îles battues par le vent, le froid, la neige. Un livre qui en parle, je ne pouvais pas ne pas le lire.

Une histoire d’amour telle une aurore boréale voit le jour pour s’éteindre rapidement par le départ de la jeune femme. Une histoire forcément dans la parenthèse du temps puisque les missions sont limitées en durée.

Ce n’est pas si simple que cela. D’abord, il y a les éléments, le vent, la neige, le froid. Puis viennent la vie en huis clos, l’île devient une cage entre deux arrivées du Marion Dufresne. La promiscuité, la difficulté de la vie communautaire, les jalousies, les secrets d’Etats -puisque russes, américains, français, entre autres, se côtoient-, les surveillances, les essais nucléaires qui reprennent… Tout est là dans l’actualité du livre avec, pour décor, la beauté sauvage des Kerguelen. Cela aurait pu être suffisant pour donner un livre très agréable à lire grâce à l’écriture savante de Mikaël Hirsch. Mais non, l’auteur nous emmène dans d’autres voyages. Un voyage dans le temps, avec un carnet retrouvé que va dévorer Alexis, et dans la folie qui va être la sienne, dans sa recherche du trou de Symmes.

Mikaël Hirsch fait de l’atmosphère qui règne sur l’île, le huis clos, un personnage central. La méfiance, voire la parnoïa règne entre les scientifiques. Il restitue admirblement l’ennui, la solitude des iliens avec en arrière-plan le décor de l’île.

Mikaël Hirsch restitue le réalisme des activités scientifiques, d’une façon agréable pour une handicapée scientifique comme moi. Il y a du lyrisme dans la fuite en folie d’Alexis

« Mêlant tout à la fois réalité scientifique, récit d’exploration et conte fantastique, Mikaël Hirsch renoue ici avec le roman d’aventures maritimes, dont les maîtres incontestés furent Edgar Allan Poe et Jules Verne. » dit la 4ème de couverture et c’est tout-à-fait cela.

Une belle découverte

 

 

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Shmuel T. Meyer - La bouche ouverte

13 Octobre 2015, 14:14pm

Publié par zazy

La bouche ouverte

Shmuel T. Meyer

Editions Serge Safran

octobre 2015

184 pages

ISBN : 9791090175396

 

4ème de couverture :

Théo aime Caroline, Gabriel aime tante Ingrid, Ingrid aime l’amour et Fanny la vie.

Un siècle, deux générations, trois familles aux destins mêlés ; l’une juive, les deux autres pas. La ville de Genève, son lac, sa nostalgie, et la gourmandise, beaucoup de gourmandise entre les pages.

À chaque chapitre, un aliment typique évocateur de souvenirs ou d’aspirations : tapioca, longeole, gratin de cardons…

Récit émouvant et drôle de plusieurs femmes et quelques hommes attachants, parfois désarmés devant la providence et la puissance d’une histoire qui leur échappe.

Amours, suicide assisté, gastronomie, coffre-fort et secrets de famille… Une sacrée et savoureuse cuisine !

L’auteur (site de l’éditeur) :

Shmuel T. Meyer est né à Paris en 1957. Après une jeunesse nomade en Suisse, Grande-Bretagne et Italie, il s’installe en Israël puis en Europe. Cet exilé de Jérusalem, amant de Genève, à la fois kibboutznik, journaliste et traducteur, a publié quatre ouvrages chez Gallimard et un aux éditions Metropolis de Genève.

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Dès le premier plat, me voici plongée dans mes souvenirs d’enfance. Le gros édredon, le poêle unique, le linoléum, les fleurs de givre sur la fenêtre, le lit en fer et le tapioca (pour moi, c’était de la semoule au lait)… Je trempe ma madeleine, non dans le tapioca, mais dans mes odeurs et sensations enfantines. Nos souvenirs, les bons comme les mauvais, sont souvent liés aux papilles.

Chaque chapitre porte le nom d’un plat et le livre se termine par du champagne ; Normal pour une belle fin. Les souvenirs sont faits de la vie quotidienne avec ses joies, ses peines, ses trahisons, ses deuils…

Les personnages sont attachants ; plusieurs se détachent de leurs liens familiaux (j’aime jouer avec les mots) suite à des attachements hors nature pour leurs milieux sociaux.

Toute la vie est dans ce livre, les amours adultères, la relation amoureuse tante-neveu, la religiosité, le conformisme de certains, l’ennui, l’amour, la gourmandise, le suicide assisté… Beaucoup d’émotions, de poésie, de vie dans les souvenirs de trois familles suisses, liées entre elles où je passe de la bigote à la femme adultère, du parvenu au « vrai bourgeois » (ici j’ai pensé à Brel et Brassens), des portraits de famille, des situations familiales d’où émergent la beauté d’âme d’Anna, Fanny qui en vieillissant a renoncé aux amants mais pas à la séduction.  Et Genève ! Surtout ne pas oublier Genève. Anne dit « Genève c’est comme un ventre ». Odile Ferrard, veuve Reymond « considérait Genève comme son berceau ». Tous y vivent ou y reviennent, berceau de la famille oblige. Genève comme une matrice où ils aiment se lover mais d’où certains s’expulsent.

De la nostalgie teintée d’ironie, c’est certain, de la tristesse, non.

Un livre gourmandise. J’ai aimé me promener dans Genève avec eux, revisiter leurs vies. La musique des mots de Shmuel T. Meyer me fait penser au cinéma de Lelouch.

Je vous l’ai dit, dès le début. Ce livre fut comme une madeleine que j’ai grignotée la bouche fermée pour ne pas mettre mes miettes de gâteau dans la vie des personnages de Shmuel Meyer.

Pour finir, cette belle phrase : « Lorsque je les serre dans mes bras, je sais exactement ce que vivre peut vouloir signifier. Ça semble idiot, mais c’est un sentiment électrique et multicolore si puissant qui traverse alors ma peau, ma chair, mes viscères, mes os, jusqu'aux nerfs de mes yeux qu'il me force à ouvrir la bouche pour ne pas le laisser tout consumer en moi.» Et si c’était ça la vie et si c’était ça le livre de Shmuel T. Meyer.

Toujours cette couverture orange si douce au toucher. Merci Monsieur Meyer pour votre gentille dédicace.

J’ai lu ce livre grâce à l’opération de Babelio que je remercie pour cette lecture au goût, pour moi, de semoule au lait.

Avant qu’elle ne parte je l’avais implorée de ma petite voix de tête, de me préparer un bol de tapioca salé au beurre jaune. Je m’y brûlais le palais, ce qui pouvait expliquer les larmes qui submergeaient mes yeux et la morve qui me coulait du nez.

Amos et Sarah étaient assis sur le lit, lorsqu’Anne absorba les cachets que l’infirmière avait préparés. Ils lui tenaient les mains lorsqu’elle ferma les yeux en se forçant à sourire la bouche ouverte.

L’herbe coupée ne fait pas dans la séduction mais dans l’agression. Elle saoule, elle n’enivre pas, ignore le chuchotement, elle affirme. Elle n’est pas une effluve, elle est odeur. Elle est la même partout, elle ne connait pas les nuances

Notre Dieu n’est pas particulièrement sympathique sans vouloir tomber dans un anthropomorphisme que vous allez me reprocher dans les prochaines minutes. Il a changé le règles du jeu en définissant très clairement, trop clairement je dirais, le bien e le mal, l’autorisé et l’interdit. L’humanité n’avait pas besoin de connaître les dix commandements, sans parler des centaines d’autres qui en découlent selon vous et vos collègues.

La tragédie de l’humanité ce n’est pas la mort, c’est tout ce charabia éthique qui nous prend la main de la naissance au tombeau.

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Edward Marston - La tête de la reine

5 Octobre 2015, 17:00pm

Publié par zazy

 

La tête de la reine

Edward Marston

Traduction Corine Derblum

Editions 10/18

Mars 2000

240 pages

ISBN : 2264028122

 

4ème de couverture :

Nul n'était mieux placé qu’Edward Marston, auteur de nombreuses pièces de théâtre, pour évoquer la vie d'une compagnie théâtrale au temps de la reine Élisabeth Ire.

Le premier titre de cette série historico-policière dont le héros, Nicholas Bracewell, est le régisseur de la troupe « Les Hommes de Westfield », a paru voici dix ans. Il a été suivi d'une dizaine d'autres romans, tous acclamés par la critique et le public d'Outre-manche.

Les aficionados de l'univers du grand William Shakespeare ont trouvé dans ce cocktail, où l'histoire et le suspense font bon ménage, leur comptant de réalisme et de... coups de théâtre !

L’auteur :

Edward Marston – de son vrai nom Keith Miles – est un auteur prolixe. Tout à la fois auteur d'une quarantaine de pièces inédites pour la radio, la télévision, le théâtre ou le cinéma, d'une soixantaine d'ouvrages – romans, pièces, biographies, livres sur le sport, romans pour la jeunesse –. La Tête de la reine, premier titre d'une série policière élisabéthaine mettant en scène Nicholas Bracewell, riche aujourd'hui de seize titres. Puis, toujours sous le nom d'Edward Marston, il lance plusieurs autres séries historiques : The Domesday Books (Les Livres du cadastre), dont l'action se déroule au Moyen Âge, une série qui se passe sous la Restauration, ainsi que les enquêtes de l'inspecteur Robert Colbeck à l'époque victorienne.

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Non, l’auteur ne se moque pas de la tête de la reine. Il s’agit d’un cabaret où « Les hommes de Westfield » montent et jouent leurs pièces de théâtre. Nicholas Bracewell en est le régisseur. Celui sur lequel tout le monde compte, celui qui materne les auteurs, les acteurs, les jeunes arpètes et, il a beaucoup de travail. L’œil sur tout et sur tous ! Témoin de la mort de son ami et acteur Will Fowler, il mène l’enquête pour trouver le coupable.

Cette enquête est le motif qui permet à Edward Marston de parler de cette époque foisonnante où Francis Drake bat les espagnols. L’Histoire dans l’histoire. Et des histoires, cela ne manque pas. Tout d’abord, la jalousie entre compagnies théâtrales pour avoir le privilège de jouer une pièce devant la reine Elisabeth première du nom. Les rivalités à l’intérieur de la troupe… Surtout, n’allez pas croire que tout est rose au pays d’Elisabeth première du nom. Que nenni ! Lutte interne, lutte externe, pousse-toi de là que je m’y mette en quelque sorte.

Edward Marston offre une reconstitution historique foisonnante qui parait très réelle. Une bonne lecture

 

 

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Franck Perrussel, Llatie Amor Sarkissian - Sonate arménienne

2 Octobre 2015, 16:53pm

Publié par zazy

 

Sonate arménienne

Franck Perrussel

Llatie Amor Sarkissian

Arcadia éditions

Mars 2015

320 pages

ISBN / 9782913019898

 

4ème de couverture :

Arax a 100 ans, elle est aveugle et avant de mourir raconte sa vie à sa petite fille, transmettant la mémoire d’une Arménienne de Constantinople née au 19e siècle, dont la vie, après une enfance très heureuse, a été bouleversée par l’Histoire. La Guerre Mondiale et le génocide de 1915 la poussent à fuir vers l’est de la Turquie, à Van, puis en exode à Erevan, en passant par Batoum, Tbilissi et Moscou aux prémices de la Révolution russe.

Après un bref retour à Constantinople, elle doit à nouveau s’exiler à Paris où elle vit jusqu’après la deuxième Guerre mondiale, travaillant dans les ateliers de couture. Le génocide, dont elle est une des survivantes, et les aléas qui en découlent vont lui faire perdre la trace de sa fille de 4 ans, pour la retrouver 25 ans plus tard sur les quais du port de Tanger.

Arax raconte l’Histoire, entremêlée à son histoire, marquée par la quête incessante pour retrouver son enfant. Elle nous entraîne aussi dans ses histoires d’amour et évoque les personnages pittoresques qu’elle a côtoyés (on y croise entre autres l’enfant Charles Aznavour, le joaillier Jean Vendôme…).

Par la voix d’Arax, l’auteur nous fait vivre une fresque historique et intime, nous livrant un récit poignant, où l’amour de la vie, l’humour et le fantasque côtoient la tragédie et l’horreur. Soutenu par des faits et des rebondissements qui semblent parfois sortir de l’imagination alors qu’ils furent le fil de la vie d’Arax, son livre souhaite témoigner d’une histoire terrible et en parallèle transmettre la force de vie de certains de ces survivants, nous laissant un magnifique roman.

L’auteur nous offre une correspondance à sa grand-mère, mêlée de portraits de personnages. De Casablanca à Istanbul, en passant par Paris, Tanger, Cannes, Le Caire, Madrid, comme en écho au récit d’Arax, elle questionne par une écriture d’une grande tendresse la mémoire de ses origines arméniennes, s’adressant à celle qui fut son seul lien avec un passé bouleversant, grand-mère sublime et aveugle dont elle tint la plume dès son enfance. Cette correspondance réinventée est aussi un acte de reconnaissance à une personne qui lui donna malgré le tragique un immense goût de la vie et la force de pouvoir la réussir.

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La 4ème de couverture dévoile suffisamment le livre pour que je n’en rajoute pas.

Une grosse déception à la lecture de ce livre qui aurait pu être splendide. Un tel destin, en y mettant le ton, en y mettant de la vie aurait été génial.

Las ! J’ai eu l’impression de lire les retranscriptions d’une bande magnétique sans aucune réécriture. Beaucoup de lourdeur pour une femme, Arax, qui semblait si vivante. Des coquilles, fautes d’orthographe parachèvent cette fresque.

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