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ZAZY - mon blogue de lecture

Philippe Grimbert - Nom de dieu !

25 Juillet 2014, 13:05pm

Publié par zazy

Nom de dieu !

Philippe Grimbert

Editions Grasset

Mai 2014

198 pages

ISBN : 9782246853671

 

 

4ème de couverture :

Nom de dieu ! est un roman décapant dans lequel la cruauté de notre société finit par avoir raison des élans les plus nobles de son héros, Baptiste. La foi de ce fervent croyant y est mise à l'épreuve par une avalanche de catastrophes qui le transformeront en prophète halluciné, réglant publiquement ses comptes avec le Créateur.
Emotion et humour sont les ressorts de ce roman qui se lit avec jubilation tout en proposant au lecteur, sous les dehors d'une comédie grinçante, une interrogation plus grave sur la condition de l'homme moderne.

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Dans le film « Un long fleuve tranquille » les Le Quesnoy forment une famille catholique pratiquante, tout en bondieuserie dévouée. Philippe Grimbert nous propose de suivre une famille confite en dévotions, une famille lisse, aimante et bla bla bla et bla bla bla. Oui, mais voilà, le voile se déchire. Madame s’emmerde, même pas joyeusement mais copieusement, tombe en pamoison devant son psy (elle ne se confesse plus auprès de Monsieur le curé). Monsieur, au nom de Dieu, a une œuvre de charité chaque soir de la semaine, ou presque. Les 2 filles pataugent dans tout ce magma. Plus rien ne passe ni ne se passe dans le couple et Madame, nom de dieu ! demande le divorce.

Une suite de catastrophes  et les rouages de la machine se grippent. La descente aux enfers ( ?) et voici nom de dieu ! Baptiste transformé en prophète clownesque (avec son nez rouge) halluciné.

Philippe Grimbert, d’habitude si attentionné avec ses personnages a eu, dans ce livre, la main lourde, très lourde, il a sorti la grosse artillerie. La farce est grinçante, mais le thème « Dieu si tu existes, pourquoi laisses-tu faire ça ! est un peu éculé ». Beaucoup trop de lieux communs. Les dialogues des responsables religieux (p 151 et 152) est affligeant.

Nom de dieu ! Monsieur Grimbert, rengainez vos bondieuseries, retirez vos gros sabots qui, pour moi, ne vous conviennent pas et revenez avec votre humour beaucoup plus subtil. Etait-ce pour aller avec le costume de clown de Gabriel ? Pour entrer dans ses chaussures trop grandes ?

Une lecture mitigée, voire décevante. Je m’attendais à quelque chose de plus subtil.

 

D’un même mouvement, le grand rabbin, le cardinal Vingt-Quatre et le bonze se retournèrent vers l’imam, lequel secoua énergiquement la tête, accompagnant sa protestation d’un geste de dénégation :
– Ce n’est pas moi, je vous le jure !"

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Monique Slodzian - Les enragés de la jeune littérature russe

23 Juillet 2014, 21:48pm

Publié par zazy

Les enragés de la jeune littérature russe

Monique Slodzian

Editions de la Différence

9 mai 2014

155 pages

ISBN : 9782729121020

 

4ème de couverture :

Un voyage turbulent dans la politique et la littérature russes actuelles, voici ce que propose le présent essai. Les acteurs en sont de jeunes écrivains qui dressent un bilan très négatif des vingt-cinq années qui ont suivi l’effondrement de l’URSS. Il s’agit d’une génération née dans les années quatre-vingt, mue par l’envie d’en découdre avec l’hydre à sept têtes du libéralisme. Elle se fait le porte-voix de la majorité du peuple russe, anéanti par les effets dévastateurs du capitalisme oligarchique. Ces écrivains revendiquent haut et fort le droit de penser autrement le passé soviétique, le droit de reconstituer leur patrimoine culturel, moral et politique sans égard pour les tabous idéologiques imposés par l’Occident. Se réclamant d’Edouard Limonov, l’un de leurs chefs de file, Zakhar Prilépine, a fait scandale en 2012 en publiant sa Lettre à Staline, pamphlet violemment anti-libéral. Ces écrivains (Guerman Sadoulaev, Roman Senchine, Sergueï Chargunov) se disent de gauche et se réclament du national-bolchevisme. Cela suffit à les discréditer a priori et, en tout cas, à les rendre quasiment inaudibles en Occident. Ennemis implacables du pouvoir poutinien, ils sont maltraités par les médias libéraux russes et largement ignorés des médias occidentaux, incapables, semble-t-il, de décrypter la signification d’un mouvement politico-culturel majeur. Savoir écouter ces voix parfois dissonantes à nos oreilles occidentales, c’est se donner une chance de voir autrement le monde russe.

 

Monique Slodzian est professeur à l’Institut national des langues et civilisations orientales. Spécialiste de la Russie et de la littérature russe contemporaine, elle est l’auteur d’une dizaine de traductions, d’adaptations de romans et de pièces de théâtre d’écrivains russes et soviétiques. Parmi ceux-ci, Fiodor Abramov, Fazil Iskander, Zalyguin, Trifonov... Elle a également coordonné deux ouvrages sur l’URSS pour les éditions Larousse et les Temps Modernes.

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Perestroïka, un nom qui sonne, pour nous occidentaux comme Liberté. Dans son avant-propos légèrement ironique Monique Slodzian écrit : « L’URSS allait enfin se réformer et prendre un visage humain : c’est bien ce que l’opinion en général, et pour des raisons forts diverses, sembla entendre en 1989.. »

Avec Monique Slodzian, embarquons pour «un voyage dans les eaux mêlées de la politique et de la littérature russes actuelles» qui a le mérite de ne pas se voiler la face sur les dérives des différents mouvements. «Si l'on veut porter sur la Russie actuelle un regard débarrassé des préjugés tenaces, entretenus de longue main par l'anticommunisme, et qui ont connu leur point d'orgue pendant la perestroïka, il faut impérativement prendre la mesure du désastre que celle-ci a engendré.» Nous sommes prévenus.

C’est cette reconstruction que Monique Slodzian dissèque à travers les nouveaux écrivains russes. Elle nous donne des clés pour essayer de comprendre les différents courants littéraires et politiques ou, plutôt politico-littéraire. « Ils s’appellent Zakhar Prilépine, Sergueï Chargounov, Roman Sentchine, Guerman Sadoulaev, Mikhaïl Elizator, Andreï Roubanov et je ne les cite pas tous. Retenez bien ces noms. »

Le pamphlet de Zakhar Prilépine, « Lettre au camarade Staline », entièrement retranscrit dans cet essai, est un texte plein d’une rage noire, un brûlot, non pas pour un retour au stalinisme, mais contre la politique de Poutine, contre cette « classe créative », [c’est ainsi que l’intelligentsia se nomme (note de l’auteur)] et son idéologie ultralibérale « accompagné du dépeçage du pays en trafiquant l’histoire ».

Monique Slodzian parle de ce refus de l’héritage stalinien, du dégoût ressenti par Prilépine lors des commémorations de la victoire de la seconde guerre mondiale. Pour Prilépine, « Staline appartient de façon imprescriptible et définitive à l’histoire de la Russie, qu’il en est à la fois la part de chagrin et la part d’orgueil ». Il revendique l’héritage bolchévique, son histoire, les conquêtes spatiales, les avancées technologiques « Tu as fait une Russie telle qu’elle n’avais jamais été auparavant, le pays le plus fort de la planète. Aucun empire à aucune période de l’hstoire n’a été aussi fort que la Russie sous ton règne ». Il conclut ainsi : Nous te sommes tous redevables. Sois maudit. »

Les différents mouvements d’opposition ont un spectre large, ils vont de l’extrême droite à l’extrême gauche. Quelques rapprochements, des séparations. L’on sent que les idées fusent, les alliances se font et se défont avec sincérité et dans un grand bouillonnement. Ces enragés mouillent le maillot, prêts à mordre pour leurs idées.

Ce nouveau courant littéraire, né sous la Perestroïka, est aussi virulent dans ses textes que dans son opposition. Les « Natsbols » font le grand écart entre eux. Ils luttent contre le capitalisme éhonté qui sévit depuis la chute de l’URSS et qu’ils qualifient  « d’exploitation ouverte, éhontée, directe, aride ». Ils veulent un état russe fort et social.

La langue russe est leur patrie. « Aujourd’hui plus que jamais, la question de la langue russe revêt une dimension violemment politique : …. Comme russophone, au sens de citoyen de l’empire. ». Ils défendent tous les russophones qu’ils soient Ukrainiens, Tchétchènes… Ce qui donne un autre éclairage sur ce qui se passe en Ukraine.

Limonov est omniprésent dans cet essai. Monique Slodzian démontre qu’il n’est pas l’écrivain décadent, ivrogne… que Carrère a décrit dans son livre éponyme. « Et si sa greffe en France n’a pas réussi à cause du mur de préjugés érigé par des médias sournoisement anticommunistes, c’est un grand dommage pour nous. » C’est un être engagé pour son pays qui devient le chef de file des natsbols, de ces écrivains trentenaires épris de littérature, de liberté, de justice sociale, d’un état fort… D’ailleurs tous ont en commun d’avoir connu l’emprisonnement pour leurs idées, ou trafics…, les petits boulots, les conflits guerriers.

Sont-ils de doux rêveurs ? Sont-ils les tenants de « la petite flamme du communisme réel » ? Leur connaissance de la Russie semi-urbaine, de la vie quotidienne du peuple russe, est réelle. Ils portent un regard désespéré sur cette jeunesse russe, parlent de leur inappétence, de leur indifférence aux injustices.

Tout oppose les  intellectuels russes de la pérestroïka et les natsbols. Les premiers veulent, entre autre, oublier ce que le stalinisme a apporté, les seconds veulent sauvegarder l’héritage révolutionnaire.

L’auteur termine son livre par une galerie de portraits des auteurs cités dans son essai. J’ai retenu « le singe noir » de Zakhar Prilépine à la bibliothèque, seul livre trouvé.

Merci Yv pour ce prêt. Un petit livre, grand pour le décryptage clair et précis qui donne une autre idée de la Russie.

 

La tentative de confiscation par le camp pro-américain de la victoire historique de l’URSS sur le nazisme en 1945, au prétexte que Staline est aussi criminel qu’Hitler, comme l’assigne la théorie totalitarienne, n’échappe pas aux jeunes gens en colère des années 2010 ; ils exigent qu’on rende justice à leurs pères et aux vingt millions de victimes du nazisme, refusant d’interpréter unilatéralement le stalinisme comme une dérive tragique de l’histoire.

Non Staline n’appartient pas qu’au passé, assurent-ils en réclamant, par exemple, qu’on rende à Volgograd son nom de Stalingrad.

Aujourd’hui, plus que jamais, la question de la langue russe revêt une dimension violemment politique : elle est le point de coalescence de la revendication identitaire non plus comme russe, au sens ethnique, mais comme russophone, au sens de citoyen de l’empire. A elle seule, cette nuance suffit à expliquer pourquoi les natsbols répudient toute accusation de racisme ethnique.

La galaxie natsbol coudoie donc des idéologies souvent contradictoires, enracinées dans un passé plus ou moins lointain, plus ou moins fantasmé. L’imprécision des concepts qu’ils manient et leur indétermination historique peuvent laisser réticents. Leur parcours politique, souvent précoce, apparaîtra sinueux.

Il apparait clairement que les écrivains de la mouvance natsbol sont admirés pour leur courage, leur intégrité et leur morale de l’engagement. Ils se sont taillés une place enviée dans le paysage culturel russe par leur refus intransigeant des valeurs libérales qui ont contaminé la bourgeoisie urbaine. Ironie de l’histoire, c’est ce même Limonov que Soljenitsyne traite naguère « d’insecte pornographique », qui jouit aujourd’hui d’un prestige moral comparable au sien.

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Michel Quint - A l'encre rouge

23 Juillet 2014, 21:15pm

Publié par zazy

 

 

Michel Quint

A l’encre rouge

Editions Rivages/Noir

208 pages.

Mars 2002

ISBN : 9782743609252

 

4ème de couverture :

 

Adrien est éclusier à Roubaix. Un jour il reçoit une carte postale écrite à l'encre rouge. Elle a été envoyée par sa femme, Christine, qui l'a quitté cinq ans auparavant. Elle a été postée à Gréoux-les-Bains, une petite ville des Alpes de Haute-Provence. Adrien voit dans cette carte un appel et décide de se rendre à Gréoux. Mais il ne trouvera que les ruines d'un passé que tout le monde veut oublier et le souvenir d'un fantôme. Il comprendra alors la terrible signification de l'encre rouge.

Publié en 1985, A l'encre rouge était le quatrième roman de Michel Quint. Il contient tous les thèmes de son œuvre : le poids de la culpabilité et la douloureuse quête du passé.

 

Michel Quint est né en 1949 dans le Nord-Pas-de-Calais. Il est titulaire d'une licence de Lettres classiques et d'une maîtrise d'études théâtrales. Professeur de Lettres Classiques, l'auteur commença par écrire du théâtre pour Théâtre Ouvert, puis pour France Culture, qui diffusa également ses feuilletons radiophoniques. Il obtient le Grand Prix de la littérature policière en 1989 pour Billard à l'étage. Son roman le plus connu du grand public Effroyables jardins, paru en septembre 2000 aux éditions Joëlle Losfeld, a été adapté au cinéma par Jean Becker et de nombreuses fois porté au théâtre.

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La femme d’Adrien est partie par un beau jour en ne laissant qu’un petit mot écrit à l’encre rouge. 5 Ans après, il reçoit une carte postale qu’il suppose être un appel au secours de la belle envolée. Il part sans aucun remord, laissant sa nouvelle compagne et leur enfant de quelques mois juste avant Noël pour Gréoux les Bains, lieu d’envoi de la carte postale.

Il rencontrera les relations, puis l’amant de Christine qui l’hébergera chez lui. Commence une quête de la belle, sous les regards farouches des habitants. Les cartes continuent à arriver, à Gréoux maintenant et, à chaque fois, la personne est tuée. Christine est-elle encore vivante, est-ce elle qui tire les ficelles ? Quelqu’un imite t-il l’écriture de l’envolée ? C’est tout ceci que doit démêler Adrien. Ce qu’il découvre à de quoi le navrer. Débauche, alcool, drogue, un tiercé perdant qui est à l’origine de la disparition de Christine. La fin réserve une belle surprise.

Certains chapitres s’ouvrent par la voix, les mots de Christine et donne un éclairage intéressant au livre.

Adrien traîne son nord, son passé et ses remords avec lui. Tout comme Arnaud, le dernier amant à Gréoux qui a précipité la chute de Christine. Ils étaient tombés bien bas. Christine s’est perdue en chemin en traînant sa grosse valise emplie de son passé. Personne n’est noir, personne n’est blanc, tous sont coupables envers Christine.

Comme les fois précédentes, Michel Quint m’a réservé un très bon moment de lecture.

 

Elle avait conservé l’habitude d’écrire à l’encre rouge. Comme si chacune de ses lettres avouait quelque faute et trahissait par sa couleur la honte qu’elle en ressentait.

Secrets de templiers, secrets d’éclusiers. Faut jamais ouvrir les deux sas en même temps.

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Salon des Dames

12 Juillet 2014, 17:51pm

Publié par zazy

Les 14 et 15 juin derniers s'est déroulé, à Nevers, le Salon des Dames. Un évènement culturel que j'essaie de ne pas louper.

Cette année, les grèves de la SNCF ont compliqué les choses. Certains auteurs, peu en vérité, ne sont pas venus. Les organisateurs de ce salon avaient affrété des voitures de location pour conduire les auteurs jusqu'à Nevers.

j'ai pu rencontrer Leïla Sebbar que je souhaitais tant connaître. Malheureusement, je n'ai rien pu lui sortir d'intelligent...

Leïla Sebbar a reçu le prix Madame de Staël qui récompense l’ensemble de son œuvre

La photo montre un entretien à trois ayant pour thème "quitter le pays" avec Laura Alcoba (le bleu des abeilles) et Berta Roth (je ne suis pas d'ici) qui aurait pu être intéressant. Il y était surtout question d'Argentine puisque, également Laura Alcoba et Berta Roth viennent de ce pays. Autant j'ai apprécié les interventions de Laura Alcoba, autant Berta Roth qui est une personne à fleur de peau, exubérante et psy de son métier, a accaparé le temps de parole. Leïla Sebbar qui avait émis quelques réserves quant à sa participation à ce trio s'est trouvée très en retrait. Dommage, j'aurais aimé qu'elle parle de sa collaboration à l'oeuvre collective "Pays natal" et de sa relation avec sa langue paternelle.

Salon des Dames
Salon des Dames

Pierre Duriot, que je ne connaissais pas du tout a parlé de son livre "La croisade des chiens de guerre". Cet auteur, également peintre et journaliste fut très intéressant. J'ai offert le livre à mon mari.

Salon des Dames

Déborah Levy-Bertherat a reçu le Prix Nouveau Talent, pour son livre Les voyages de Daniel Ascher (Rivages). Un auteur très sympathique

Salon des Dames

Marie Causse me parlait des étiquettes sur le site de Babelio, entre autre "dépression" ! je puis vous assurer qu'elle n'a rien d'une dépressive !!

Je suis repartie avec "l'odeur de la ville mouillée"

Salon des Dames

Olivia Profizi (Les exigences) et Laurence Tardieu (L'écriture et la vie) ont discuté de leurs bouquins respectifs avec passion.

J'avais beaucoup aimé lire "Le jugement de Léa"

Cet intermèdes sont toujours très intéressants car les auteurs, passionnés et passionnants nous font aimer leurs livres.

Je suis repartie avec

  • L'odeur de la ville mouillée de Marie Causse
  • Les voyages de Daniel Ascher de Déborah Lévy-Bertherat
  • L'arabe comme un chant secret de Leïla Sebbar
  • Manèges de Laura Alcoba
  • La croisade des chiens de guerre de Pierre Duriot

Bien entendu tout ceci gentiment dédicacé par leurs auteurs.

Pour des raisons extérieures, je n'ai pas pu y aller les deux jours et j'en suis frustrée car j'ai manqué certains auteurs qui n'étaient présents que le samedi.

Rendez-vous en 2015

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Emmelene Landon - Portrait(s) de George

6 Juillet 2014, 22:12pm

Publié par zazy

 

Portrait(s) de George

Emmelene Landon

Editions Actes Sud

Février 2014

176 pages

ISBN : 9782330027704

 

4ème de couverture :

Dans un catalogue consacré aux œuvres d'Emmelene Landon, on chercherait en vain les portraits qu'elle attribue à l'artiste nommée "George". En effet c'est au roman, et donc aux mots, qu'il appartient d'imaginer et de décrire les visiteurs et les tableaux qui sous nos yeux se succèdent et s'accomplissent. Peindre, c'est d'abord écouter, dévisager, envisager et transcrire ce qu'au gré des saisons viennent raconter d'eux-mêmes de singuliers personnages. Et s'il est également question de botanique, de cartographie, de voyages, d'urbanisme, de psycho-géographie, c'est que George interroge et pratique son art sans jamais l'isoler de tout un écosystème de réflexions sur l'espace, la nature, ou encore l'empreinte de l'homme sur le paysage. L'atelier n'est pas un cloître. Dans ces pages il s'ouvre au monde, même s'il demeure un lieu propice au "temps long", à la patience et à la méditation. D'où la dimension poétique et même spirituelle de ce roman qui fait de la création un mode de vie, et qui propose une inimitable célébration du bonheur de peindre...

Peintre, écrivain, réalisatrice de vidéos et de créations radiophoniques, Emmelene Landon est née en Australie et vit à Paris. Elle est notamment l'auteur du Tour du monde en porte-conteneurs (Gallimard, 2003), de Susanne (Léo Scheer, 2006), du Voyage à Vladivostok (Léo Scheer, 2007) et de La Tache aveugle (Actes Sud, 2010).

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George-Emmelene (?) est peintre. George habite un immeuble de l’est-parisien dans ce fabuleux quartier des Pyrénées, ouvert à tous. George est une éponge qui reçoit les émotions de ses modèles pour les interpréter sur toile. Dans ce livre, Emmelene Landon les retranscrit directement par des mots.

A l’heure où presque tout le monde à un GPS, George peint des cartes pour se perdre. A l’heure où tout va vite, George vit au rythme de ses peintures. Poser ne semble pas fastidieux pour ses modèles, souvent des familiers, et permet à George d’en creuser l’âme, à l’instar d’Ailante cette gamine passionnée par les arbres –d’ailleurs, son prénom et le nom d’un arbre–.

Ces rencontres enrichissent la penture de George. J’ai aimé sa façon, sa démarche. Emmelene Landon a réussi à allier l’intellect des mots et la sensibilité de la peinture. Alors qu’il est plus simple de regarder un tableau que d’en parler, elle s’exprime avec le langage peinture sans que ce soit ennuyeux ou redondant. Elle convie à sa palette tous les grands peintres qui l’ont façonnée ; Holbein, Lucian Freud, Dürer, Caravage, Hockney, Frenhofer… tout comme elle nous raconte les couleurs.

Portrait d’une femme vivant sa vie de peintre entourée de la famille qu’elle s’est composée au fil de ses amitiés. A travers les portraits qu’elle peint, on découvre celui de George. Elle aime cueillir les visages, les expressions avec gourmandise, tout comme elle déteste se défaire rapidement des œuvres. Son plaisir lorsqu’elle est seule le soir : regarder ses tableaux, s’en imprégner.

J'ai aimé la couverture de ce livre, une peinture de Emmelene Landon avec la liane de vigne vierge qui rappelle celle qui entre dans l'atelier de George. Je trouve dans ce tableau la même ouverture sur l'extérieur.

Un livre bijou, un livre tout en douceur et sensualité que j’ai aimé lire en prenant mon temps. Merci pour ce livre-voyageur Anna.

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Gilles Legardinier - Demain j'arrête !

1 Juillet 2014, 18:35pm

Publié par zazy

Photo issue du blogue de l'auteur

Demain j’arrête !

Gilles Legardinier

Editions Fleure Noir

Novembre 2011

ISBN : 978226509430

 

4ème de couverture :

 

Comme tout le monde, Julie a fait beaucoup de trucs stupides.

Elle pourrait raconter la fois où elle a enfilé un pull en dévalant des escaliers, celle où elle a tenté de réparer une prise électrique en tenant les fils entre ses dents, ou encore son obsession pour le nouveau voisin qu'elle n'a pourtant jamais vu, obsession qui lui a valu de se coincer la main dans sa boîte aux lettres en espionnant un mystérieux courrier. Mais tout cela n'est rien, absolument rien, à côté des choses insensées qu'elle va tenter pour approcher cet homme dont elle veut désormais percer le secret.
Poussée par une inventivité débridée, à la fois intriguée et attirée par cet inconnu à côté duquel elle vit mais dont elle ignore tout, Julie va prendre des risques toujours plus délirants, jusqu'à pouvoir enfin trouver la réponse à cette question qui révèle tellement : pour qui avons- nous fait le truc le plus idiot de notre vie ?

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Lorsque que Kevin pose cette question : « Dis-moi, Julie, c’est quoi le truc le plus idiot que tu aies fait dans ta vie ? » c’est une vraie plongée dans la catastrophe qu’est la vie de Julie.

Un curieux mélange de Bridget je-ne-sais-plus-comment et d’Amélie Poulain. Etre prise la main dans le sac, pardon, coincée dans la boîte aux lettres de Monsieur Patatras -Mais si, je vous dis que c’est son vrai nom-, par ce nouveau venu, avouez qu’il y a mieux pour débuter une relation normale entre voisins. La curiosité est un vilain défaut à ce qu’il parait. Julie s’en contrefout car Ricardo –c’est son prénom- est beau comme un dieu. Patatras, oui je sais, c’est trop facile, elle va en tomber raide dingue amoureuse alors que lui, même s’il semble attiré, garde une certaines distance. Pourquoi ? Oui, pourquoi courre-t-il avec un sac à dos ? Pourquoi cette distance entre eux ? Pourquoi ne parle-t-il pas de lui, détourne t-il toujours la conversation quand le sujet arrive sur la table ? C’est plus qu’il n’en faut pour activer l’imagination débridée de Julie.

Nous la suivons dans cette vie de presque trentenaire toujours célibataire avec ses copines guère mieux loties et ses copains. Ah, ces fameux dîners entre copines esseulées…

J’avais lu quelques pages de ce livre et j’ai tout arrêté : Encore ces trentenaires et leurs tribulations sentimentales ; ras le bol, non plutôt le nombril !! A force de lire tant de bonnes chroniques sur ce livre, hier soir, j’ai persisté et… que j’ai bien fait !!

J’ai souri à toutes ces aventures insensées. Oui, vraiment invraisemblable, mais c’est ce qui fait le charme de ce bouquin, à condition de tout lâcher pour suivre les tribulations de Julie.

Un vrai bon moment de comédie réjouissante et bien troussée. En allant sur le site de Gilles Legardinier j’ai vu qu’il y avait d’autres chats à fouetter –il y a un chat sur toutes les couvertures–. S’ils sont à la bibliothèque, je ferai une petite razzia.

D'autres l'ont lu : Lydia - Gwordia - Syrire - Livrogne - Melo -

 

 

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