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ZAZY - mon blogue de lecture

Vanessa Caffin - Souviens-toi de demain

30 Avril 2014, 13:40pm

Publié par zazy

 

Souviens-toi de demain

Vanessa CAFFIN

Editions Calmann-Lévy

250 pages

26 mars 2014

ISBN : 9782702153857

 

4ème de couverture :

Victime d’une agression, Charlie Longe se réveille à l’hôpital totalement amnésique. Non seulement elle a tout oublié de son passé, mais elle est incapable d’enregistrer de nouveaux souvenirs. Pour ne pas perdre le fil des événements, elle tient un journal. Sur la première page figurent quelques lignes pour le moins troublantes : « Je vais mourir. Retrouver mon mari, retrouver Adam », ainsi qu’un numéro de téléphone portable. Est-elle menacée ? Qu’est-il arrivé à Adam ? Pourquoi ne lui répond-on jamais lorsqu’elle appelle à ce numéro ? Déterminée à reconstruire le puzzle de sa vie, la jeune femme part en quête de la vérité, avec ses notes comme seule boussole ainsi que le badge d’une agence de publicité où elle semblait travailler avant son accident. Mais tout sonne faux et la voilà saisie d’une affolante paranoïa, d’autant plus que son entourage paraît s’acharner à brouiller les pistes. Charlie le sait, elle ne peut se fier à personne, ni même à sa mémoire...
Porté par une écriture efficace et des dialogues percutants, Souviens-toi de demain entraîne irrésistiblement le lecteur dans une descente aux enfers dont il ne ressortira pas indemne.
Un thriller psychologique palpitant, jusqu’au rebondissement final… machiavélique

L’auteur : Journaliste et scénariste, Vanessa Caffin a publié en 2008 aux éditions Anne Carrière un premier roman très remarqué, J’aime pas l’amour, ou trop peut-être, suivi en 2010 de Mémoire vive aux éditions Belfond. Rossmore Avenue, paru chez le même éditeur, a été sélectionné pour être présenté au Festival du film de Berlin 2011. Créatrice et animatrice de Pitch Elevator, l’émission culte de yahoo.fr, elle termine l’écriture de son premier long-métrage.

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Lisez la quatrième de couverture car je ne vous dévoilerai rien de plus sur le suspens ! Ce thriller est E F F I C A C E. L’écriture fluide et glaciale (Bonjour M. Gotlib).

Je l’ai commencé hier soir et… l’ai lu d’une seule traite, sans sauter une seule ligne, un seul mot. Pas de pages qui ne servent à rien comme certains romans américains (c’est leur grand défaut pour moi), pas un seul mot inutile. Passons cette nouvelle digression.

Chaque matin, Charlie doit se réapprendre, elle doit se réapproprier ses souvenirs en lisant les notes écrites. L’agression dont elle a été victime et que Vanessa Caffin nous détaille, a lavé sa mémoire de tout souvenir et, chose horrible, elle est incapable d’enregistrer les nouveaux. Comme la pub nous l’assurait il y a quelques années, sa mémoire est lavée plus blanche que blanche.

L’Homme a décidé de mettre ses mots, les souvenirs qu’il choisit sur les carnets de Charlie. La fin fait froid dans le dos.

Vanessa Caffin décrit très bien, les affres, les peurs, les angoisses de Charlie obligée, chaque matin, de lire et découvrir tout son passé très proche. Il y a de quoi virer à la paranoïa.

Ne pas reconnaître les personnes proches que vous avez revues la veille. Ne pas savoir qui vous veut du bien ou du mal. Ne tenir que par le carnet et ce qu’il y a d’écrit dessus. La folie vous guette. Mais il y a pire ! lorsque quelqu’un tire les ficelles et que cette personne est elle-même prise dans un engrenage de folie destructive et manipulatrice. Et puis, comment vivre sans mémoire, sans souvenirs, même si, certains jours, on aimerait bien effacer certaines traces ?

Un bouquin qui s’est imprimé dans ma propre mémoire. Je me répète ; une écriture efficace, nerveuse et claire, des chapitres courts, pas de délayage. Je ne suis pas adepte de ce genre de littérature, mais alors là, chapeau ; j’en redemande.

Je voudrais remercier les Editions Calmann-Lévy pour cet envoi-surprise. J’ai vraiment passé un super moment.

 

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Florence Seyvos - Le garçon incassable

28 Avril 2014, 14:26pm

Publié par zazy

Le garçon incassable

Florence Seyvos

Editions de l’Olivier

02 mai 2013

176 pages

ISBN : 9782879297859

 

4ème de couverture :

«Ce matin, elle a la chambre d'hôtel pour elle toute seule. Elle est à Los Angeles.»
Lorsqu'elle arrive à Hollywood pour y mener des recherches sur la vie de Buster Keaton, elle ne sait pas encore que son enquête va la conduire au plus près d'elle-même, réveillant le souvenir d'Henri, ce frère «différent» qui l'a accompagnée pendant toute sa jeunesse.
Henri et Buster ont en partage une enfance marquée par des expériences physiques très brutales, une solitude inguérissable, une capacité de résistance aux pires épreuves, une forme singulière d'insoumission. Et une passion pour les trains. À travers leur commune étrangeté au monde (ne passent-ils pas tous deux pour des idiots ?), et cette fragilité qui semble les rendre invulnérables, Henri et Buster sont peut-être détenteurs d'un secret bouleversant.
C'est ce mystère qu'éclaire Florence Seyvos dans ce roman dense et subtil.

Florence Seyvos est née en 1967 à Lyon. Elle a passé son enfance dans les Ardennes et vit à présent à Paris. Écrivain, scénariste, Florence Seyvos est notamment l'auteur de Les Apparitions (L'Olivier, 1995), qui lui a valu le Goncourt du premier roman et le prix France Télévisions.

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Un roman doux, subtil. La narratrice se dévoile plus qu’elle ne le pense à travers ses recherches sur Buster Keaton et, par esprit d’escalier, vers son demi-frère, plutôt, le fils du second mari de sa mère. Henri, tel est son prénom.

Portraits croisés de deux « amochés » ? non, de deux personnages hors du commun. Keaton, le petit garçon qui, suite à une chute mémorable, se voit surnommer Buster. Il fera de la chute son art et deviendra une grande star du muet. Henri, prognathe au développement mental interrompu, tenu d’une main très ferme par son père qui, chaque soir, dort dans un harnachement bizarre.

Ils ont plusieurs choses en commun. Un père omniprésent et aimant malgré ce qu’ils infligent à leurs enfants. Les deux se trouvent toujours sous le regard des autres. Leur fragilité qu’ils cachent mais qui est si présente et si visible, leur solitude au milieu des autres de par leurs différences. Leur propre normalité qui nous questionne sur nos normes. Ils ont également ce que Florence Seyvos appelle « petit noyau réfractaire » et qui s’appelle dignité, qui est leur beauté humaine.

Tandis que Buster ira de contrats en contrats, de films en films, ce que fera le mieux Henri, c’est attendre. C’est ce que lui dit tout le temps son père : attends. Puis, le destin de Buster déclinera tandis qu’Henri entrera dans un CAT et prendra son indépendance.

Florence Seyvos évoque ce frère qu’elle aime, qu’elle protège sans aucune sensiblerie mais avec beaucoup de sensibilité. Elle attire notre regard sur Buster Keaton qui, pour moi, n’était qu’un rigolo du muet, sans plus. Un beau roman profond et humain sur l’attention que nous portons aux autres, notre regard sur les différences, que j’ai aimé lire.

Merci Pasdel pour ce livre-voyageur. D'autres billets : Clara - Libfly - Kathel -

Quelques extraits :

"Le père d’Henri dit : « les enfants, il faut les casser ». Il pense sincèrement qu’on ne peut élever un enfant sans le casser, qu’il n’y a pas d’autre solution. Pas simplement plier, casser. Il faut entendre le craquement de la tige de bois que l’on ferme sur elle-même, à deux mains, d’ un coup sec."

"Henri s’est cassé tout seul, quelques heures après sa naissance. C’était un beau bébé dodu de plus de trois kilos. Et tout à coup, un vaisseau s’est rompu dans sa tête. Le sang lui pissait par les yeux et les oreilles, et son avenir, en une fraction de seconde, venait de changer totalement de route."

"Il bascule, la tête en avant, et puis il roule, bong, bong, bong, jusqu’en bas. Cet escalier est interminable."

"Dans le monde du spectacle, a buster, c’est une chute, une chute spectaculaire. Joseph ne le sait pas encore, mais il vient de changer de nom. A partir de ce jour d’avril 1896, plus personne ne l’appellera jamais Joseph, ni ses parents, ni ses futurs compagnons de travail, ses amis, ses compagnes. Désormais, il s’appellera Buster."

"Mais le chagrin, Henri, où le mets-tu ? Tes yeux ne pleurent jamais. La tristesse semble ricocher sur toi. Je sais qu’en entre pourtant, filtrée par ta vision du monde. Alors, dans quel recoin de toi-même l’enfermes-tu ?"

"La main qui tient la poignée dans son dos est si puissante, et lui-même semble si frêle qu’on le voit déjà fracassé. Et pourtant, au cœur de sa nature de projectile, se tien son étrange détermination, son petit noyau réfractaire, et plus il ressemble à un objet, plus il devient humain"

"Nous n’en revenons toujours pas de la simplicité avec laquelle nous sommes passés de l’empathie terrifiée à notre nouveau rôle de caporal-chef"

 

"Il y a des gens qui traversent la vie en se faisant des amis partout… tandis que d’autres ne font que traverser la vie."

 

 

 

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Arnaldur Indridason - Etranges rivages

23 Avril 2014, 21:36pm

Publié par zazy

Etranges rivages

Arnaldur Indridason

Traduction Eric Boury

Editions Métailié noir

Février 2013

300 pages

ISBN : 9782864249016

 

4ème de couverture :

 

Erlendur revient !
Parti en vacances sur les terres de son enfance dans les régions sauvages des fjords de l’Est, le commissaire est hanté par le passé. Le sien et celui des affaires restées sans réponses. Dans cette région, bien des années auparavant, se sont déroulés des événements sinistres. Un groupe de soldats anglais s’est perdu dans ces montagnes pendant une tempête. Certains ont réussi à regagner la ville, d’autres pas. Cette même nuit, une jeune femme a disparu dans la même région et n’a jamais été retrouvée. Cette histoire excite la curiosité d’Erlendur, qui va fouiller le passé pour trouver coûte que coûte ce qui est arrivé… C’est un commissaire au mieux de sa forme que nous retrouvons ici !

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Me voici de retour en Islande dans le froid et la neige de cet automne où Erlendur retourne dans la ferme de son enfance, pleine d’un souvenir horrible. Islande, pays fascinant, sauvage où les tempêtes hivernales sur terre et sur mer sont redoutables et redoutées. On dit que des personnes y disparaissent à tout jamais.

Ce cher commissaire Erlendur, que je retrouve avec plaisir, a grandi là dans cette ferme isolée où il campe actuellement. Les souvenirs reviennent….

Il aime cette région, il aime les vieilles histoires de personnes disparues dans la tempête. Pourtant, il y a perdu son petit frère. C’est ainsi qu’il mènera à terme, de façon officieuse, une enquête sur la disparition d’une femme lors d’un soir de grande tempête.

Arnaldur Indridason sait faire parler le vent, sait nous faire écouter cette terre islandaise, les silences, ce que l’on ne dit pas.

Arnaldur Indridason nous parle des deuils rendus impossibles par l’absence des corps, parce qu’il n’y a pas de réponses, ou pas encore, parce que tout est enfoui au fond des êtres humains. Avec une écriture simple, il nous montre la poésie de son Islande, la beauté des décors, l’âpreté de la vie, la fausse tranquillité de ces êtres.

C’est le second livre de cet auteur que je lis (l’autre étant La rivière noire) et j’ai vraiment aimé sa recherche, ses quêtes et, je l’espère, son apaisement. Je crois que je croiserai encore la route de ce commissaire et de son Islande.

 

 

 

 

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Nouvelle bibliothèque

18 Avril 2014, 14:18pm

Publié par zazy

Ce matin, le menuisier est venu installer les étagères que nous lui avions commandées. Des étagères en chêne bien solides pour.... et oui, mettre des livres.

Et voilà, 3 heures après...

Je suis quand même sympa, j'ai réservé une étagère pour que mon mari puisse mettre ses propres livres. Je n'en reviens pas de ma grande, voire immense, mansuétude !!!

Nouvelle bibliothèque

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W. Wilkie Collins - L'Hôtel hanté

17 Avril 2014, 21:02pm

Publié par zazy

 

L’hôtel hanté

Un mystère de la Venise moderne

W. Wilkie Collins

Traduction Henry Dallemagne

Editions Grand Caractère

2006

330 pages

ISBN 9782744406645

 

4ème de couverture :

Fiancée humiliée, veuve manipulatrice et soumise évoluant dans une famille en apparence respectueuse des usages de la haute société victorienne... Qui est vraiment la comtesse Narona ? Une intrigante prête à tout pour toucher une prime d'assurance sur la vie de son époux, ou bien la victime de craintes superstitieuses sur laquelle le destin semble s'acharner ?

Entre Londres et Venise, Collins campe des personnages aux facettes multiples et complexes qui seront, consciemment ou non, les complices d'une mort naturelle qui ne tardera pas à se révéler suspecte.

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J’ai retenu ce livre à la bibliothèque où il n’existe qu’en gros caractères. Pratique pour les personnes qui ont un problème de vue, mais un peu gênant au début.

Un polar que je n’ai pas lâché jusqu’au mot fin. L’écriture classique me convient parfaitement, mais moderne à la fois car ce n’est qu’à la fin que j’ai remarqué qu’il avait été écrit au 19ème siècle ! Est-ce un vrai polar ? Certainement, puisqu’il y a mort d’homme. Un soupçon de revenants, juste pour pimenter, comme il sied au 19ème siècle, une bonne étude de la société bourgeoise, où la disparition d’un domestique ne vaut pas la peine de s’y attacher, et vous avez les ingrédients d’un bouquin, agréable à lire.

Ce livre a rempli son contrat : me faire passer un bon moment, même si je ne suis pas certaine de le garder en mémoire. Qu’importe puisque le plaisir fut présent le temps de la lecture.

 

 

 

 

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Vladimir Makanine - Assan

9 Avril 2014, 18:54pm

Publié par zazy

Assan

Vladimir Makanine

Traduction Christine Zeytounian-Beloüs

Editions Gallimard

07-03-2013

480 pages

ISBN : 9782070128570

 

4ème de couverture :

«Faire la paix avec les Tchétchènes, ils ne seraient pas contre non plus. Une très longue paix... Les Tchétchènes sont des gens comme les autres. Les soldats pourraient aller à la pêche. Il paraît qu'il y a beaucoup de poisson dans les rivières de montagne, du bon poisson, pas bien gros, il est vrai. Malgré tout, l'opinion générale penche du côté de la guerre.» Alexandre Jiline est commandant de l'armée russe en Tchétchénie, chargé de l'approvisionnement des troupes en essence. Un poste stratégique, qui lui permet de se livrer à un trafic de barils avec l'ennemi tchétchène. Mais Jiline a aussi bon cœur, et les villageois l'apprécient pour cela. En signe de respect, ils transforment alors son prénom en Assan : dans le folklore tchétchène, Assan est une idole de la période préislamique du Caucase qui incarne la vengeance. Mais son histoire personnelle prend un tournant décisif quand il décide de prendre sous son aile deux jeunes soldats devenus inaptes au service en les planquant dans un de ses dépôts de carburants... Assan évoque avec brio la sale guerre de la Russie en Tchétchénie, mais ce cadre contemporain, très précis, contient aussi un roman universel qui dépeint avec force les contradictions de tout être humain dans des situations extrêmes.

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Nous appelons cela de la corruption, du détournement. Le commandant Jiline préfère parler d’organisation. Mais comment éviter le chaos ? Quelle solution pour sauver sa peau dans ce bourbier où se trouve le commandant lâché par ses supérieurs ?

Quelle est cette guerre ? Les ennemis peuvent devenir les « amis », les alliés, tomber dans le camp adverse. Où est l’armée russe, où est le commandement suprême ?

Les premières pages sont édifiantes, cocasses avec ce convoi de troufions ivres qu’aucun officier n’accompagne ni ne réceptionne. Les voici montant dans les camions, s’interpellant, au premier barrage, montrant leurs culs !!! et c’est tout l’équilibre précaire des marchés et autres arrangements qui risque de tomber, surtout qu’un tchéchène est tué.

Jiline, commandant de l’armée russe, est chargé de l’approvisionnement, sur son secteur, les troupes russes en essence. Il gère ce stock d’une façon drastique et équilibrée. Dans ce pays en guerre, le commandant Alexandre Jiline, encore appelé Sacha, Sachik, Assan Sergueitch, ou Assan tout court, selon ses interlocuteurs se fait respecter. Ses interlocuteurs, plutôt ses « clients » tiennent leurs paroles, enfin presque. Il détourne un baril sur dix qu’il revend aux Tchétchènes. Cette monnaie d’échange permet à ses convois de passer sans trop de perte. Il en vend également de temps à autres, aux paysans pour les travaux agricoles.

Oui Assan est un homme d’honneur. Ils ne violent pas les femmes. (Certaines pages concernant des mères parties à la recherche de leur fils prisonniers des Tchètes sont édifiantes), ne fait par de marchés avec les armes. Lorsque des soldats russes ont échappé par miracle à une embuscade où tous ont été tués, il les prend avec lui. Bien sûr, ils doivent travailler pour lui quelques temps, mais, respectant sa parole, il recherche leurs régiments. C’est ainsi qu’il s’est pris d’une certaine amitié pour deux jeunes gars traumatisés suite à un guet-apens.

Dans ce livre, Vladimir Makanine dénonce cette guerre où les jeunes appelés servent de chair à canons pendant que le commandement fait des affaires loin des fronts. Ces chefs peuvent même vendre un des leurs (un général inoffensif en l'occurrence) pour soulager la vindicte de Tchéchènes sans aucun remords. Là-bas, l’autorité ne respecte pas les lois, elle les arrange à sa sauce. Une guerre où les lois commerciales ne sont aucunement entravée par la guerre, où l’on tue et commerce sans aucun problème des deux côtés.

Vladimir Makanine nous offre un livre fort et dense, où l’humour est présent. Beaucoup phrases non terminées, ponctuées par des points de suspension donnent du nerf à l’écriture. C’est une lecture exigeante. L’auteur a un style direct, sans fioriture, très fort. Bref, il ne tourne pas autour du pot et cela m’a beaucoup plu. Je pense que la traduction de Christine Zeytounian-Beloüs y est pour beaucoup. Une lecture qui restera longtemps entre mes deux oreilles.

Quelques extraits :

Sur les rails désertés… En ce lieu désormais vacant, ils sont seuls, en foule, les jeunes soldats. Personne d’autre… Ils se virent soudain eux-mêmes, tels qu’ils sont. Voyez comme nous sommes ! Nombreux !... Quant au train (deux wagons seulement) qui les a transportés, ce modeste petit convoi est aussitôt reparti à grand bruit on ne sait où. C’est la guerre !

 

Réduit en bouillie.

Et Dieu me reproche cette bouillie et m’arrête. Ne te bats pas… Dieu me souffle une troisième voie.

Assez de sang, commandant Jiline… Tu n’es pas un guerrier ni un vengeur. Tu es une une honnête petite merde. Et bien que tu ne sois rien ni personne, tu ne crèveras pas tout de suite dans ce bordel sanglant et imprévisible qui a déjà commencé… Négocie… Le commerce, c’est ta seule chance de survie.

Propose… et vends… C’est la seule façon de s’y prendre avec ceux qui s’agitent… Ta mission sur cette terre !

 

Comment un bibliophile aussi inutile qu’inoffensif a-t-il pu périr si tragiquement. ?... C’est le grand Rous qui apporte la réponse : on l’a vendu.

Incroyable. Selon le code militaire, livrer un des siens est considéré comme un acte particulièrement odieux. Il peut arriver qu’un fédéral indique aux Tchétchènes un convoi en formation. Ou le circuit emprunté par de jeunes soldats… Mais on ne trahit jamais une personne précise…

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Romain Puértolas - L’extravagant voyage du Fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea

7 Avril 2014, 20:53pm

Publié par zazy

L’extravagant voyage du Fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea

Romain Puértolas

Editions le Dilettante

21/08/2013

253 pages

ISBN : 9782842637767

 

 

4ème de couverture :

Un voyage low-cost … dans une armoire Ikea ! Une aventure humaine incroyable aux quatre coins de l’Europe et dans la Libye post-Kadhafiste. Une histoire d’amour plus pétillante que le Coca-Cola, un éclat de rire à chaque page mais aussi le reflet d’une terrible réalité, le combat que mènent chaque jour les clandestins, ultimes aventuriers de notre siècle, sur le chemin des pays libres.


L’auteur :

Romain Puértolas est né à Montpellier en 1975. Ballotté entre la France, l'Espagne et l'Angleterre, il devient DJ turntablist, compositeur-interprète, professeur de langues, traducteur-interprète, steward, magicien, avant de tenter sa chance comme découpeur de femmes dans un cirque autrichien. Évincé à cause de ses mains moites, il s'adonne alors à l'écriture compulsive. Auteur de 450 romans en un an, soit 1,2328767123 roman par jour, il peut enfin ranger ses propres livres sur les étagères de sa bibliothèque Ikea et en cacher ainsi les affreuses fixations en plastique.

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Une nouvelle couverture jaune et un livre tout aussi déjanté que « La dame à la camionnette » d’Alan Bennett, mais dans un autre genre, quoi que l’on y parle également des laissés pour compte.

Au premier degré, c’est un livre d’aventures, hautement improbables. Ajatashatru Lavash Patel «prononcez J’arrache ta charrue, la vache ». Quant à son prénom, vous pouvez dire « achète un chat roux», quoique vous pouvez prononcez également « J’ai un tas de short à trous ». Avouez que c’est plus pratique pour nous, enfin pour moi, sauf que parmi toutes les prononciations possibles, j’ai dû lire à deux fois avant d’être certaine.

Revenons-en à nos moutons à notre fakir. Oui, parce que IL est fakir dans son pays l’Inde. Tous ses amis se sont cotisés pour lui offrir ce voyage dans le SEUL but avoué, de s’acheter une lit à clous vendu chez Ikea. Le commander et se le faire livrer eussent été plus simple. Oui mais voilà, il n’y aurait pas eu de bouquin.

Donc, le voici débarquant à Roissy pris en charge par un taxi inénarrable. L’aventure commence. Attachez vos ceintures, éteignez vos cigarettes, bien que je crois que l’on ne puisse plus fumer dans les avions, le décollage est imminent.

Pour des raisons tout à fait évidentes, « J’arrache ta charrue, la vache » va devoir se cacher dans une armoire Ikea, of course. Vous pensez à un Vaudeville et attendez le mari ? Vous n’y êtes pas du tout. Tout ce que je peux vous dire c’est que « achète un chat roux» va visiter l’Europe et même plus, car il y a affinité, en choisissant des moyens de transports très originaux.

J’oubliais, nous sommes dans un scénario à la Bollywood et il y a une histoire d’amour pétillante qui finira bien et un livre dans le livre.

Entre temps, « J’ai un tas de short à trous » rencontrera la misère des sans-papiers, de ceux qui veulent absolument aller en Angleterre et qui ne veulent retourner chez eux sans avoir réussi.

Un roman où plus c’est gros, plus ça marche où le loufoque côtoie l’amour, la misère, la filouterie… bref, un moment d’humour qui fait un bien fou. Un premier roman où l’on traite mieux les armoires que les hommes, qui n’est pas passé inaperçu.

Merci Phil de l’avoir fait voyager jusque chez moi. Je tiens à préciser que le livre a été acheminé normalement par les services postaux français sans passer par la case Ikea, mais dans la camionnette JAUNE de ma factrice !!

D’autres avis sur Libfly

 

 

 

 

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Alan Bennet - La dame à la camionnette

4 Avril 2014, 18:51pm

Publié par zazy

 

La dame à la camionnette

Alan Bennett

Traduction : Pierre Ménard

Editions Buchet Chastel

06/02/2014

ISBN : 9782283027332

 

4ème de couverture :

Miss Shepherd, vieille dame excentrique, vit dans une camionnette aux abords de la résidence londonienne d’Alan Bennett. Victime de l’embourgeoisement du quartier et de quelques vauriens, elle finit par installer son véhicule dans la propriété de l’auteur.
Commence alors une incroyable cohabitation entre la marginale et la célébrité, qui durera près de vingt ans.
Entre disputes, extravagances et situations drolatiques, la dame à la camionnette n’épargne rien à son hôte ni au lecteur. Bennett, en excellent conteur, saisit leur duo et livre, au-delà des anecdotes, un tableau très juste du Londres des années 1970 et 1980, de sa bourgeoisie progressiste et de ses exclus.
Un récit d’une grande humanité qui croque avec humour les travers de la société britannique contemporaine.

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Ce matin, un livre mystère est arrivé chez moi. Je me suis conformée en tout point aux « directives » de Jérôme. J’ai décidé de satisfaire ma curiosité et la véranda ensoleillée nous a accueillis, le livre, un transat et moi.

Non ? Monsieur Bennett, vous l’avez vraiment fait ? Vous avez vraiment installé la Bergère chez vous ? OK, la morale est sauve, précisons, vous avez installé le camion de Miss Shepherd dans votre jardin… Début d’une odorante cohabitation d’une dizaine d’années. Je pensais que le sentiment de culpabilité était l’essence même d’une éducation judéo-chrétienne alors que, vous le dites vous-même "Je n'aurais jamais pu être catholique, je suis bien trop snob pour ça.". Or, vous n’avez pas été snob du tout pour accomplir cet acte héroïque vu l’état de la dame et de sa camionnette.

Il faut dire que ce véhicule, délabré, repeint en jaune fait tâche dans ce quartier en pleine mutation. Comprenez en plein embourgeoisement. Je ne vous parle même pas de sa propriétaire d’une saleté repoussante.

 

S’en découlent des situations ubuesques, difficiles à comprendre pour les autres, si bien qu’à la fin, vous n’expliquez plus rien du tout. La fée du logis l’a oubliée dans sa distribution, elle ne fleure pas le parfum suave du 5 de Chanel, c’est le bordel dans son sweet home. La cohabitation n’a rien de glamour, mais, cahin-caha…

Vous nous racontez les épisodes marquants de cette cohabitation avec une Miss Shepherd de plus en plus crasseuse, mais toujours aussi vindicative. C’est qu’elle a du caractère la Bergère ! « Il était rare qu’on lui rende le moindre service sans avoir en même temps envie de l’étrangler »

Ces rendez-vous avec votre carnet sont drôles, très pince-sans-rire, foldingues, mais emprunts d’amour, même si vous vous en défendez. Le remords vous tenaille lorsque vous voyez ces personnes du service social entrer dans la camionnette de Miss S. sans problème, alors que vous ne pouvez le faire.

Après sa mort, vous vous êtes décidé à entreprendre les travaux d’archéologie à l’intérieur du sweet home. J’ai aimé que vous ayez nettoyé la camionnette avant que le récupérateur ne vienne l’enlever. Une sorte de toilette mortuaire, un adieu définitif. Fidèle à elle-même, la Bergère vous a légué un bel héritage… des mites. Allez, j’y vais de mon mauvais jeu de mots : des mites laissées par un mythe.

Merci Monsieur Bennett pour ce délicieux moment de lecture. Vous n’avez pas la pareille pour vous moquer gentiment de vos concitoyens. Pourtant votre Bergère ressemble comme deux gouttes d’eau, la camionnette en moins à une voisine décédée il y a une dizaine d’années.

J’ai rapidement su de quel livre il s’agissait pour en avoir lu une chronique tentante de Clara. Merci Alex pour ce délicieux livre mystère. J’ai aimé cette couverture jaune, comme LA camionnette. L’illustration de la couverture est en accord avec le livre.

Vous êtes tentés par l’expérience, alors cliquez ici et inscrivez-vous.

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Livre mystère

2 Avril 2014, 17:51pm

Publié par zazy

Au courrier de ce matin, un paquet. A sa forme, je savais qu'il s'agissait d'un livre. Comme je ne sais plus très bien où j'en suis des L.V., je n'ai pas été étonnée.

J'ouvre et en premier une enveloppe avec écrit dessus : "A n'ouvrir qu'en fin de lecture..."

Je viens donc de recevoir MON livre mystère. Le papier couvrant ce livre ne m'est pas inconnu, mais...

Petit rappel. Jérôme du blogue : d'une berge à l'autre, est l'instigateur de cette lecture à l'aveugle.

Nous devons lire le livre sans déchirer le papier occultant pour voir LA couverture, (Certains découpent les pages du titre, d'autres les incluent dans le "protège-livre"), sans essayer d'en connaître le titre.

La curiosité m'ordonne de me dépêcher de lire ce livre. Donc, je vais lui obéir.

Messieurs Vladimir Makanine et Romain Puértolas, je vous remercie de faire une petite place sur ma table de chevet pour cette L.E.A..

Ainsi commence le livre :

- J'ai croisé un serpent cet après-midi, me dit Miss Shepherd. Il remontait Parkway. Un serpent gris, très long -un boa constrictor selon toute vraisemblance... Il avait l'air venimeux.

Pour en savoir plus, il vous faudra attendre la fin de cette lecture. NA !!

Livre mystère

Un bon prétexte : une bronchite qui n'en finit pas, une série de piqûres d'antibiotique, une fatigue.... et hop, lecture dans la véranda ensoleillée !!!

J'ai terminé ma lecture. J'ai su rapidement de quel livre il s'agissait car je l'avais noté suite à un commentaire enthousiasmant chez Clara. Bravo Alex pour ta perspicacité.

Merci pour cet amusant après-midi de lecture. Une chronique suivra bientôt

OK, je bavasse, mais alors.... c'est quoi ce livre ?????????

Trente secondes, le voici :

Livre mystère

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