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ZAZY - mon blogue de lecture

Jean-Philippe Toussaint - Monsieur

26 Mars 2014, 12:15pm

Publié par zazy

Monsieur

Jean-Philippe Toussaint

Les Editions de Minuit

111 pages

1986

ISBN : 9782707310965

 

Résumé de l’éditeur :

 

Monsieur, qui ne voulait pas d'histoires, n'aimait pas tellement raconter ce qu'il faisait. Il faisait de son mieux, en général et, après réflexion, parvenait à trouver une solution, élégante parfois, souvent mathématique, pour chaque difficulté de la vie – héler un taxi, par exemple – qui se présentait à lui au jour le jour. La nuit, dans son esprit, tout paraissait plus simple encore.

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Le génie de Jean-Philippe Toussaint ? Arriver à faire un livre où il ne se passe rien, pardon, si à la fin il y a UN évènement ! Et que ce soit un grand bonheur que de le lire.

Monsieur, oui, le « héros » du livre n’est pas nommé autrement. Monsieur parle de lui à la 3ème personne, drôle de construction. Monsieur est bonhomme, monsieur est placide (non ce n’est pas son prénom), Monsieur fait l’éloge de la lenteur. En lisant ce livre, j’avais l’impression de voir se mouvoir un paresseux.

Donc Monsieur est nommé directeur commercial chez Fiat-France, prend possession de son bureau. Monsieur vit chez les parents de sa fiancée “ Monsieur, comme Paul Guth, le gendre idéal ” qui est devenue son ex, mais il ne sait pas comment “ Il avait assez mal suivi l'affaire, se souvenant seulement que le nombre de choses qui lui avaient été reprochées était considérable ”. Il déménage donc pour se retrouver empêtrer de son voisin qui lui saute dessus pour dactylographier sa thèse sur les minéraux… et c’est l’engrenage. Mais, il ne résiste pas. La force d’inertie et lui c’est la même chose. Il a bien une velléité de déménager, mais les inconvénients lui paraissent plus importants qu’auparavant et, il n’aime pas trop les changements brusques et revient dans son appartement. De temps à autre, il arrive à sortir de sa torpeur à « s’énerver » et ainsi, gagner une partie de ping-pong lors d’un week-end très ennuyeux.

Une digression amusante sur l’interprétation de Copenhague. Ne me demandez pas de quoi il s’agit, c’est de la mécanique quantique. Un vrai cantique pour Monsieur qui, au lieu d’être derrière Ludovic, se trouve en bas de l’immeuble à le regarder.

Monsieur est comme un roseau qui plie mais ne rompt pas, comme une feuille dans un cours d’eau qui suit les mouvements du courant jusqu’à l’arrêt salvateur d’un obstacle. « Monsieur, oui, en toutes choses, son mol acharnement ».

Monsieur, au cours d’une de ces soirées insipides et mortelles rencontrera une certaine Anna. La soirée au restaurant est superbe et le règlement de l’addition un petit bijou de l’Absurde.

Ainsi va la vie pour Monsieur qui est un jeu d’enfant.

J’ai retrouvé sur mes étagères (comme quoi le grand ménage de printemps après travaux sert !) Fuir du même Jean-Philippe Toussaint. Je me souviens d’une belle lecture. Je l’ai donc ressorti pour l’installer dans la pile à (re)lire.

Merci à YV qui, par ses commentaires élogieux, m’a fait me pencher sur cet auteur que je ne vais pas lâcher en si bon chemin. Je vous propose de faire comme moi. Cheminer en sa compagnie est une chose très agréable, divertissante, mais qui est prenante à force de placidité avec un humour discret. Jean-Philippe Toussaint me fait penser à Modiano dans sa façon d’installer une atmosphère.

 

Quelques extraits :

La fiancée de Monsieur, maintenant, depuis qu’elle fréquentait un certain Jean-Jacques, homme d’affaires d’âge mûr et marié, commençait à découcher de plus en plus souvent et, quand il lui arrivait encore de venir dîner à la maison, elle restait très froide avec Monsieur, presque distante.

Hugo jouait d’une manière très technique, souple et mobile, liftant, liftant, smashant –imparable. Furieux, Monsieur, un autre homme, le regard épouvantable, releva les jambes de son pantalon, puis enleva sa montre pour reprendre son souffle un instant. Quand, vers la fin de la partie, il parvient à endiguer certains de ses smashes pour finir par gagner quelques points d’affilée, Hugo lui concéda qu’il avait pu être assez bon au ping-pong dans ses plus belles années.

Peut-être que voyant Monsieur là, dans la ruelle, devant lui sur le trottoir, alors qu’il aurait dû être derrière lui, dans la chambre Ludovic, pris de vertige, se représenterait-il que Monsieur, qui ne pouvait évidemment s’accomplir qu’à l’état stationnaire, se déplaçait apparemment sans transition et que son énergie, comme celle de l'électron du reste, dans ces passes de bonneteau, hip hip, effectue des sauts discontinus à certains moments, sans qu'il soit possible de déterminer lesquels, car il n'y a pas de raison, selon l'interprétation de Copenhague, qu'il se produise à un moment donné plutôt qu'à un autre.

Finalement, proposant de couper la poire en deux, Monsieur, ne s'en sortant pas, suggéra de diviser l'addition en quatre et de payer lui-même trois parts (c'est le plus simple, dit-il, d'une assez grande élégance mathématique en tout cas)."

 

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Laure Naimski - En kit

23 Mars 2014, 17:19pm

Publié par zazy

En kit

Laure Naimski

Editions Belfond

Février 2014

176 pages

ISBN : 9782714456670

 

4ème de couverture :

Parce que Samuel l'a quittée, Hélène plante sa tente au milieu de son salon et s'y met à l'abri avec son chat d'Artagnan. Mais elle n'est pas au bout de ses peines : double toit ou pas, l'extérieur s'incruste...

Entre une mère hôtesse de l'air qui change d'amant comme de coiffeuse, un père juif rescapé de la Shoah, très pratiquant mais pas toujours moralement nickel, et les ouvriers sans papiers qui circulent devant ses fenêtres, Hélène n'a pas une seconde à elle.

Par touches cocasses ou graves, Laure Naimski dessine le monde un peu piqué d'une femme au bord de la crise de nerfs. Une fable tendue, caustique et désopilante sur la précarité et l'incohérence contemporaines.

Laure Naimski est née en région parisienne en 1971, En Kit est son premier roman.

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- OK Hélène… Oui, je sais, c’est votre vrai prénom que vous n’avez pas changé car vous n’avez pas peur des représailles. Vous venez de vous faire larguer par votre mec, votre mari.

Pensez-vous votre réaction normale ? Planter une tente (sardines enfoncées dans le parquet) au milieu de votre salon, enfin du salon de l’appartement généreusement prêté par votre mère, cela vous parait abouti ?

Ah bon, « Les marmottes plient bien le papier argent des tablettes de chocolat, alors pourquoi par une tente au beau milieu d’un salon. » Oui, dans ce cas là….

- Diriez-vous que cette tente représente une sorte de matrice maternelle ?

Oh, doucement, ne montez pas sur vos grands chevaux lorsque je parle de votre mère. Oui, elle est hôtesse de l’air et aime s’envoyer en l’air, quel jeu de mots Hélène, vous êtes en forme !

-Mais pourquoi vous taillader les veines, vous risquez gros, d’ailleurs, une fois cela a failli mal tourner.

Je comprends, les pompiers sont à vos petits soins, oui mais voilà, vous êtes sur la liste rouge maintenant. S’il vous arrive quelque chose, ils risquent de ne pas venir.

- Et puis tous ces gens bizarres autour de vous. Ils ont tendance à mourir de mort violente. Etes-vous certaines qu’ils existent vraiment, j’en doute parfois. Ne seriez-vous pas un peu mythomane ? Je pourrais même rajouter parano puisque vous changez les noms de certaines personnes pour ne pas qu’ils aient d’ennuis avec la police ou je ne sais quoi !

Non, non, ne vous fâchez pas c’était juste une supposition.

- A 35 ans, ne pensez-vous pas que votre vie devrait prendre une autre orientation, d’écouter la conseillère de Pôle Emploi, votre mère et… de retravailler, vous n’êtes plus une enfant que diantre.

« Je n’ai jamais su m’occuper de quelqu’un d’autre que de moi-même. Et encore, j’ai parfois le sentiment tenace d’être cet enfant que je n’ai pas voulu avoir. »

En plus, vous faites du nombrilisme !!!

- Parlons un peu de votre mari. Samuel. Ce n’est vraiment pas l’homme parfait. Le jour où vous l’avez rencontré, il baignait dans sa soulographie et dans le caniveau, cela aurait dû vous mettre la puce à l’oreille. Mais non, vous avez foncé.

Oui, je sais, il avait fait disparaître votre peur.

- Allez chère Hélène, vous m’avez fait sourire et même rire avec vos histoires à dormir debout (non, je ne fais plus de camping, avec mes vieilles douleurs, dormir au ras du sol…). Vous êtes la reine des calembredaines, de l’ironie du désespoir.

Ce que je viens d’écrire fait penser à une femme immature, ce qui est vrai. Prenons cette lecture autrement, il s’agit d’une jeune femme en pleine dépression, une boule d’angoisse, une malade de solitude, une malade de la vie qui aimerait tant qu’on l’aime mais qui s’y prend mal. Elle aimerait tant, mais…. malgré quelques accès de lucidité, elle s’enfonce lentement dans sa détresse.

Je remercie Anny Poughon des éditions Belfond qui m’a gentiment proposé cette lecture amusante. Laure Naimski trempe sa plume dans une encre caustique, un peu décalée, un peu ou beaucoup déjantée, pour nous décrire les maux d’Hélène. Une jolie réussite pour ce premier roman

 

Quelques extraits :

- c’est un congé de séparation. Ne fait pas cette tête-là. Il existe un congé de maternité. Je ne vois pas pourquoi il n’existerait pas un congé de séparation.

- Quel est le rapport ? Et puis qu’est-ce que c’est que cette histoire de séparation ? Ne me dis pas qu’il t’a encore quittée.

- Si maman. Il est parti. Et cette fois je dois prendre le temps de faire mn deuil.

- Un deuil, quel deuil ? Samuel n’est pas mort au moins ! ?

- Je parle du deuil de mon amour, maman. Je dois mettre mon amour à mort si tu préfères.

J’aurais dû proposer à Samuel de mettre en place un système de garde féline alternée. Je n’ai jamais su m’occuper de quelqu’un d’autre que de moi-même. Et encore, j’ai parfois le sentiment tenace d’être cet enfant que je n’ai pas voulu avoir.

Je m’en grille une en observant le rocher du zoo de Vincennes et je m’interroge. Qu’est-ce qui a poussé Samuel à m’abandonner ? Au font, je préfère ne pas trop creuser. Je referme la fenêtre et retourne sous ma tente.

Quand je sens l’angoisse qui recommence à faire des trous d’air ou, pour dire mieux, des dos-d’âne dans ma poitrine. J’appelle les pompiers après m’être tailladé les veines avec le vieux Laguiole rouillé de Samuel.

 

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Hélène Grémillon - Le confident

18 Mars 2014, 23:28pm

Publié par zazy

 

Le confident

Hélène Grémillon

Editions Plon

Août 2010

300 pages

ISBN : 9782259212519

 

 

 

4ème de couverture :

Au milieu des mots de condoléances qu'elle reçoit à la mort de sa mère, Camille découvre une étrange lettre envoyée par un expéditeur inconnu. Elle croit à une erreur mais, les semaines suivantes, une nouvelle lettre arrive, tissant le roman de deux amours impossibles, de quatre destins brisés. Peu à peu, Camille comprend que cette correspondance recèle un terrible secret qui la concerne.

Machination diabolique sur fond de Seconde Guerre mondiale, ce roman mêle récit historique et suspens psychologique dans un scénario implacable. Hélène Grémillon a 32 ans. Le Confident est son premier roman.

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J’ai lu tant de bonnes chroniques sur ce livre que, lorsqu’il fut disponible, je le pris. Bien m’en a pris car j’ai passé un excellent moment de lecture et… n’ai pas lâché le livre jusqu’au dénouement final.

Je n’en ferai pas le résumé, la 4ème de couverture y pourvoit fort bien et si je lève le voile ou plutôt, je décachète trop les enveloppes, il n’y aura plus de suspens.

Hélène Grémillon d’une écriture limpide, vivante et précise fait monter la sauce petit à petit, lettre après lettre, découvertes après découvertes. Pour nous faciliter la tâche, chaque interlocuteur a une police dédiée et, suprême habileté et agilité d’espris, un changement de style d’écriture.

Ses personnages, même les époux M., surtout, Madame M. ont un je ne sais quoi qui nous les rendent sympathiques. La G.P.A. existait déjà (mon dieu, j’en ai trop dit !!). Qu’est-ce être mère ? Mettre au monde un enfant ? L’élever ? Jusqu’où aller ou ne pas aller dans son désir d’enfant ? Hélène Grémillon nous offre une piste sans pour autant porter un jugement. Au fait une concierge peut être plus qu’une gardienne d’immeuble !

Ce récit est un entrelacs de mensonges, de naïveté ( ?), de calculs, d’amour, de générosité, de silences, de secrets, bref de vie. La vérité du début sera-t-elle la vérité finale ? Bref un bouquin que vous commencez gentiment le soir, bien calée dans vos oreillers et que vous finissez vers 4 heures du matin. Vous êtes avertis, mais, surtout, succombez à ce roman dont le dénouement final est inattendu.

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Doris Lessing - Un enfant de l'amour

18 Mars 2014, 23:23pm

Publié par zazy

Un enfant de l’amour

Doris Lessing

Traduction Isabelle D. Philippe

187 pages

3 septembre 2007

ISBN : 9782081201149

 

4ème de couverture :

Londres, été 1939, James Reid, jeune homme rêveur et qui ne vit que par les livres, embarque pour l’Inde avec son régiment. Un voyage infernal, entre solitude, ennui et maladies, commence. Pourtant, lors d’une escale au Cap, sa vie bascule : il croit trouver en Daphne, épouse de militaire qui l’héberge, la femme idéale, l’ange dont il rêvait, le grand amour dont la littérature lui a inspiré le désir quasi mystique. La réalité est tout autre.
Dans ce court roman, Doris Lessing met toute sa puissance de conteuse au service de ses thèmes de prédilection : les désillusions de l’amour, le fossé entre fantasme et réalité, et la démission des hommes, plus à l’aise dans le monde des idées que dans la vraie vie.

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Quand ça ne va pas, je prends un livre de Doris Lessing. J’aime retrouver sa plume.

Le titre du livre et le thème pourraient faire penser à un roman de B.C.. C’est sans compter sur la plume et les mots de Doris Lessing.

J’y retrouve certaines thématiques de l’auteur : l’idéalisation (et non l’idéalisme) confrontée à la réalité, la confrontation de milieux sociaux différents, la démission masculine.

James, issu d’un milieu modeste, taiseux, est pris en charge par Donald qui lui sert de pygmalion. Grâce à lui, il s’ouvre à la politique et à littérature et Kipling ne le lâchera plus.

Arrive la mobilisation et le voici parti en Inde sur un bateau de croisière réarmé pour une traversée qui n’aura rien d’idyllique.  Doris Lessing ne nous épargne aucun détail sanitaire pour nous faire ressentir l’état mental et physique de ces hommes à leur arrivée au Cap où ils font escales. Accueillis par les « bonnes familles » qui les reçoivent chez eux pour les remettre sur pied, James Reid tombe foudroyé d’amour pour une jeune anglaise mariée. Une brève idylle nait entre eux puis c’est le départ pour L’inde où il mourra d’ennui coincé derrière un bureau au lieu de guerroyer tel un chevalier des temps modernes.

Là aussi, la plume de Doris Lessing dépeint avec une grande habilité l’ennui, la chaleur, les anglaises couperosées, les colons tous puissants.

L’ennui étant source de tous les vices, James s’enferme dans une douce rêverie et écrit des lettres à sa dulcinée, lettres restées sans réponse directe.

Et cet « enfant de l’amour » qu’en est-il ? Et bien oui, il existe. Une semaine d’un tête-à-tête amoureux et torride a laissé un fruit : un petit garçon que James idéalise.

Tout ceci fera que le jeune homme ne vivra jamais sa vraie vie. Bien sûr, il se mariera, mais restera toujours prisonnier des filets qu’il s’est tressé dans la mémoire et le cœur. Il sera incapable de rebondir. Toujours à attendre à rêver sa vie plutôt que de la vivre ; il en résulte une vie d’ennui et de frustration.

Oui, j’ai aimé ce livre de Doris Lessing qui fouille l’âme humaine dans ses lâchetés et ses compromis.

 

 

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Astrid Eliard - Nuits de noces

6 Mars 2014, 22:36pm

Publié par zazy

 

Nuits de noce

Astrid Eliard

Editions Mercure de France

Février 2010

152 pages

ISBN : 9782715229358

 

 

4ème de couverture :

Sur la place de la mairie, on se bouscule, les mains brandissent des appareils photo pour intercepter nos sourires, à Jean-Paul et moi. Je tâche de cacher mes dents derrière mes lèvres qui restent scellées, et lève le menton bien haut, pour affiner la ligne de mon cou. Je voudrais avoir l'air d'une grande amoureuse, et m'agrippe au bras de Jean-Paul, comme si on était sur un radeau et qu'il y avait du roulis, genre «vous voyez, son amour me donne le vertige». Souriez-moi, car je n'en aurai jamais assez.
Pour la mariée, le jour du mariage est souvent l'aboutissement d'un rêve de petite fille : un instant elle peut se prendre pour une princesse de conte de fées ou pour une actrice de cinéma. C'est le temps de la fête, des rires et des chansons, qui précède la nuit de noces. Dans la chambre nuptiale, loin des flashes des photographes, les couples sont confrontés à leur vérité. Les uns s'aiment sincèrement, les autres font semblant. Seule certitude : ils ont franchi le pas, reculer leur est désormais impossible...
Astrid Éliard met en scène six couples, six mariages et six nuits de noces. Et six façons bien différentes de vivre cette étape décisive : des nouvelles tour à tour tendres, mélancoliques ou gentiment ironiques, comme autant de paraboles douces-amères.

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La nuit de noces… On en rêve ou on en a rêvé… Astrid Eliard en 6 nouvelles nous offrent des lunes de miel au réveil cruel ou réaliste, avec, toujours, une chute brutale.

6 nuits de noces croquées avec humour noir ou gris, dérision et certaines avec crudité. La réalité a désilé les yeux de Chimène qui découvre son Rodrigue le caleçon en bas des pieds, la tête dans la cuvette des toilettes, je vous passe les détails !!! Amis de la poésie, bonsoir.

Certaines sont insolites où le cauchemar rejoint la réalité, même et surtout si vous êtes dans une cabane perchée au fait d’un arbre, avec une invitée surprise. Au cours de cette fameuse nuit, vous pouvez beaucoup marcher, faire des rencontres étonnantes ou détonantes et finir par dormir sous la grande voûte étoilée…. La jeune mariée peut être la remplaçante, comme dans une équipe de rugby (je n’aime pas le foot). Dans ce cas, le décor est planté à la manière d’un Maupassant.

Bon, il faut convenir que ce sont des nuits de noces peu ou prou ratées. Rien ne se passe comme prévu. Les hommes, même s’ils sont dans leurs plus beaux atours, ne sont pas croqués à leur avantage.

Ces nouvelles sont de valeurs inégales mais j’ai aimé le ton d’Astrid Eliard dont c’est le premier livre. Nuits de noce a reçu le Grand Prix SGDL de la Nouvelle 2010 et le Prix Ozoir'Elles 2010

Chères amies lectrices, si vous convolez bientôt, je vous espère une nuit de noces radicalement opposées à celles-ci !

 

 

 

 

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Au secours, ma PAL augmente

5 Mars 2014, 20:03pm

Publié par zazy

Une amie désirait un certain livre.... J'ai donc cherché et.... trouvé.

Bien entendu, des livres m'ont sautés aux yeux puis dans mon cabas. Pensez donc ma brav'dame, je n'allais surtout pas me priver, manquerait plus ça !!!

Donc voici mes dernières acquisitions :

Nina Bouraoui : Mes mauvaises pensées

Edna O'Brien : La maison du splendide isolement

Brigitte Aubert : Reflets de sang

Mercedes Deambrosis : Suite et fin au grand condé

Thomas B. Reverdy : L'envers du monde

Patrick Grainville : Lumière du rat

Joyce Carol Oates : Mère disparue

Audur Ava Olafsdottir : L'embellie

Camilla Lackberg : L'oiseau de mauvais augure

Jonathan Littell : Les bienveillantes

Résultat, malgré mes bonnes résolutions, ma PAL augmente !

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Alan Benett - Jeux de paumes

4 Mars 2014, 23:26pm

Publié par zazy

Jeux de paumes

Alan Benett

Traduction Pierre Ménard

Editions Denoël et d’ailleurs

Octobre2001

137 pages

ISBN : 9782207252659

 

 

4ème de couverture :

Un masseur, c'est le genre de personne dont on se repasse le numéro de téléphone. Aussi quand celui-ci vient à mourir, c'est une clientèle éplorée qui se rend à son enterrement. Mais le jour de l'office commémoratif, le père Jolliffe et l'archidiacre Treacher ont de quoi s'interroger. Cette assemblée de célébrités - philosophe en vue, vedette de sitcom, évêque suffragant, baryton de Covent Garden - n'est-elle composée que de patients reconnaissants ? Le deuil d'un thérapeute aux mains aussi habiles et aux " spécialités " aussi éclectiques peut-il expliquer un tel émoi ? Quel terrible secret cet expert en manipulation emporte-t-il dans la tombe ? Entre la chair et la mort, Jeux de paumes exprime la quintessence de l'humour anglais. Parodie d'éloge funèbre, à la fois loufoque et cruel, ce nouveau Bennett cousine avec Quatre mariages et un enterrement, les frissons macabres en plus.

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Déjà lu de cet auteur « La reine des lectrices » que j’avais beaucoup apprécié. C’est donc avec un certain plaisir que je commence ma lecture.

Que vient faire Treacher dans cette galère église, assis au fond un peu à l’écart ? Il détonne complètement parmi une assistance showbise (oui, je sais, j’ai fait une faute, exprès !) ou people. Pire qu’une entrée des artistes un soir de gala. A l’extérieur, les chasseurs d’autographes sont présents entre les tombes (chocking). « Ma pauv’dame, ça respecte plus rien »

Pourquoi tant de monde ? Simplement pour assister, non pas à des funérailles, il est déjà enterré, mais à un office commémoratif « Selon l’usage actuel, l’office commémoratif avait été annoncé comme une « célébration » à mi-chemin entre la fête et le discours d’adieu, ce qui présentait plusieurs avantages ».

Tous les présents ont connu le défunt, se connaissent entre eux, mais semblent surpris que son voisin de chaise ait pu fréquenter le mort. Mais pour qui cette commémoration ? Clive de son prénom « il était probablement de ceux « qui ont des relations » ».

Mais de quoi ce Clive est-il mort ? Peut-être vaut-il mieux laisser la chose en suspens…

Toutes ces questions ont réponse dans ce livre au ton très ironique.

Je révèle un truc : Clive Dunlop (ça ne s’invente pas) est masseur et assure en pagne…..

Un bon livre à l’humour très britannique ; très agréable à lire dans sa férocité bien emballée dans un humour caustique.

J’ai adoré le moment où les « invités » prennent la parole pour parler du défunt… un vrai bijou de cocasserie. Rappelons-nous que nous sommes dans une église !!! « Sans entrer dans les détails, évidemment… Simplement pour vous dire qu’il était doué ? Qu’il prenait son temps ? Et que sans être, comment dire… mécanique, il savait se montrer inventif ? Je voudrais, ajouta-t-il, vous emmener en promenade…. Le long du corps de Clive ? »

Bref, j’ai beaucoup aimé.

 

Quelques extraits :

« Assise sur le banc voisin, une romancière récemment anoblie aperçut les cigarettes et réagit aussitôt.

-Tu peux fumer, murmura-t-elle.

Son compagnon hocha la tête.

-Je ne crois pas, dit-il

-Je n’ai pas vu de panneau qui l’interdisait. A moins que ceci n’en soit un…

Cherchant ses lunettes à tâtons, elle scruta du regard une plaque fixée sur l’un des piliers.

-Je crois qu’il s’agit d’une station du chemin de crois, répondit son ami.

- Je crois qu’il s’agit d’un chemin de croix, répondit son ami.

-Vraiment ? En tout cas, je suis certaine d’avoir aperçu un cendrier en entrant.

- Ce devait être le bénitier »

 

Tôt ou tard, murmura le ministre, il faudra que vous vous décidiez à m’expliquer la différence entre le monoxyde et le dioxyde de carbone. Belle brochette de stars, hier, par vrai ?

 

Le père Geoffrey Jolliffe, le prêtre qui avait la charge de St Andrews, songeait lui aussi que les cérémonies de ce genre tendaient à devenir « très anglaises », le père Jolliffe était anglican, mais avec un penchant marqué pour le catholicisme romain, ce qui le rendait moins doctrinaire que cérémonieux, notamment sur le plan vestimentaire.

 

 

 

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Milena Agus - Battement d'ailes

4 Mars 2014, 20:06pm

Publié par zazy

Battement d’ailes

Milena Agus

Editions Liana Levi

Traduction : Dominique Vittoz

2008

155 pages

ISBN : 9782867464676

 

 

4ème de couverture :

Un lieu enchanteur en Sardaigne. Sur la colline qui domine la mer, au milieu des terres arrachées au maquis, se tient la maison de Madame, dernier bastion de résistance aux barres à touristes. Seule, décalées dans ses robes bizarres cousues main et dans son naïf refus de l’argent, Madame n’est pas conforme. Quand la nervosité la gagne, que malgré les rites magiques le grand amour se dérobe, elle dévale les deux cents mètres du chemin escarpé jusqu’à la plage et nage vers le large. Madame dérange, mais pas sa jeune et fantasque amie de quatorze ans, pas le grand-père moqueur, ni le fils ainé des voisins, trompettiste incompris des siens. Eux savent...

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La Sardaigne et ses marchands de béton, Madame les déteste et ne veut pas leur vendre son terrain surplombant la baie. Il faut dire que Madame est bizarre avec ses robes cousues par elle dans de vieux tissus, des couvertures, des rideaux….

Elle n’est pas seule dans ce combat. Il y a deux autres familles. Celle du grand-père, de la récitante et celle de Pietrino, enfant bizarre mais si attachant. Je comprends qu’ils restent attachés à ce petit paradis.

Ce livre est un cri sur l’absence du mari, l’absence du père, l’absence de l’homme dans la force de l’âge, le silence sur l’absence, l’absence d’amour, l’impossibilité d’un amour « normal ». Toutes ces choses dansent une sardane autour de Madame et de ses impossibles amoures, de son incapacité d’endosser et d’accepter l’amour au quotidien, ses tenues extravagantes, sa sexualité débridée, sous le regard d’une adolescente de 14 ans, la narratrice.

La nature sarde est omniprésente et nous envoûte sous sa chaleur écrasante ; les descriptions de Milena Agus sont somptueuses.

.Un livre surprenant par son mélange de sensualité exacerbée et d’innocence. Oui, les battements d’ailes de Milena Agus ont fait battre mon cœur (je sais, c’est facile). J’ai retenu « Mal de pierres » à la bibliothèque, pour continuer un bout de chemin avec cet auteur.

 

Quelques extraits :

Madame a un amant en ville, avec qui elle ne sort pas qui ne vient pas ici, qui n’accepte pas ses attentions et qui ne cuisine par pour elle.

Niki Niki accueille à coups de bec tous ceux qui osent l’approcher. C’est un coq maintenant. Mais avant, c’était un poussin orphelin, ses petits frères étaient morts et nos voisins ne voulaient pas nous le donner parce qu’un poussin meurt sans sa mère ni ses frères. C’était son cri, le pauvre : Nii ! Kii ! Nii ! Kii ! Moi, j’ai cru en lui. J’ai espéré qu’il vive. Il dormait dans ma main, je lui avais fabriqué une couche en laine pour ses crottes et dans sa boîte, j’avais mis un miroir, comme ça il croyait qu’il avait des frères, une famille, la maman-main et le miroir-frères, tandis qu’on était toujours nous deux seulement, moi qui faisais un peu de magie et lui qui marchait.

Madame n’a pas eu d’enfants, ni de mariages, ni d’hommes de fait, seulement un grand nombre d’amants qui ensuite ce sont casés avec d’autres femmes et vivent avec elles ce qu’ils n’ont jamais voulu vivre avec Madame. Mais elle ne leur en veut pas. Au contraire.

La grand-mère des voisins, elle, a une explication : Madame est manna e tonta et tous ces amants pira cotta pira crua d’ognuno a dommu sua…

Depuis que papa est parti, maman ne sait pas qu’il est mort et qu’il m’est apparu avec des ailes.

Tant que le Seigneur nous garde en ce monde, cela signifie qu’il y a une raison. Et puis, nous ne sommes pas sur cette terre pour être heureux, mais pour une raison connue de Dieu seul. Il faut vivre, c’est tout, et prendre ce qui vient. Se braquer sur le bonheur est signe d’orgueil et d’ingratitude.

Avant de partir, le blessé a pris congé de Madame avec un petit discours. Il a compris pourquoi, malgré la beauté de Madame et son sex-appeal, les hommes ne tombent jamais amoureux d’elle. Elle est trop bonne et trop douce, mais d’une bonté tellement décalée qu’elle en devient pénible et ; le blessé ne pense pas, contrairement à grand-père que cette bonté et cette douceur soient les conditions nécessaires pour que l’homme continue à exister dans l’avenir.

La grand-mère des voisins dit que Madame se donnait trop vite aux autres hommes, qu’elle ne les laissait pas languir, alors qu’il faut ça aux hommes et que pour se faire épouser, on doit résister jusqu’au dernier jour. Madame dit qu’elle est convaincue que cette histoire de règles est vraiment psychorigide parce qu’elle ne les a plus mais que l’envie de faire l’amour avec son homme est toujours là, très forte.

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