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ZAZY - mon blogue de lecture

Lisa Lutz - La revanche des Spellman

27 Février 2014, 11:04am

Publié par zazy

La revanche des Spellman

Lisa Lutz

Traduction Françoise du Sorbier

Editions Albin Michel

442 pages

Mai 2010

ISBN : 9782226208569

 

4ème de couverture :

La plus parano, la plus névrosée, la plus alcoolisée des détectives privées, Izzy Spellman, est de retour : sur le divan du psy et sur le terrain, avec " L'Affaire de La Si Peu Soupçonneuse Epouse d'Ernie Black Qui Ne Le Trompe Probablement Pas ". Pendant ce temps, David, son frère psychorigide, est passé du costume Brook Brothers à la robe de chambre, Rae, sa petite sœur surdouée, se montre plus incontrôlable que jamais, et sa mère semble avoir en tête de tenir un bar. Ajoutez à cela deux femmes mystérieuses qui n'ont pas l'air dans leur assiette, un privé local qui veut se venger, et une voiture qui n'est jamais là où Izzy l'a garée, et vous découvrirez comment, avec la famille Spellman, un suspense peut toujours en cacher un autre !

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Besoin d’un changement complet, de déjante, alors je me suis faufilée à la suite d’Izzy Spellman et je suis très bonne détective car elle n’a jamais découvert ma présence.

 

Un bon moment : pas d’hémoglobine, ni truands, ni drogue, ni sexe…. Reposant. Pourtant c’est un polar, mais tout est mêlé ; la vie de famille (tous du même acabit). Cela me fait penser à certains feuilletons américains (ne me demandez pas de noms, je ne suis pas) où il doit y avoir un bon mot, un gag à la minute.

Izzy se pose une question essentielle : est-elle faite pour ce métier ? Mais bon, bon sang ne saurait mentir et dans la famille, on a ça dans le sang.

 

Ce livre tient le coup et se lit avec grand plaisir. Les personnages principaux ou secondaires sont bien léchés. Je n’ai pas commencé dans l’ordre et, je lirai les tomes précédents. . J’aime les dialogues sans queue ni tête (apparemment),  le rythme endiablé de cet auteur.

 

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Annie François - Bouquiner

20 Février 2014, 18:30pm

Publié par zazy

Bouquiner

Annie François

Editions du Seuil

05/11/2004

208 pages

ISBN : 9782020385855

 

 

4ème de couverture :

Il suffit de lire un bouquin par mois pour avoir des manies, des préférences. Tout est plaisir, tout fait problème. Préfère-t-on lire couché ou assis, dans un fauteuil ou sur une chaise ? User d’un marque-page ? Emprunter ? Prêter, sans espoir de retour ? Se fier aux critiques, n’écouter que ses amis ou son flair ? Engranger encore, toujours, au risque de devoir déménager ?

Le livre ne sollicite pas seulement l’intelligence, la vue, mais l’ouïe, l’odorat, le toucher. Les muscles, les nerfs. La mémoire et l’oubli. Le cœur, le temps et l’espace. Le livre peut envahir la vie domestique, amoureuse, familiale, amicale, professionnelle. Toute bibliothèque est une sorte d’autobiographie d’un couple, d’une tribu d’amis, d’une confrérie de lecteurs. Où chacun peut se retrouver.

Quelques mots sur Annie François :

Née en 1944, féministe avant la lettre, proche d'Olivier et Jean Rolin, cette éditrice du Seuil y avait également signé deux autres livres de sa main : «Scènes de ménage, au propre et au figuré» (2004), où elle évoquait «le couple, le propre, le sale, l'ordre, le désordre, le pur, l'impur... » ; et surtout «Bouquiner» (2000), une «autobiobibliographie» vouée à rendre contagieux le premier de ses vices, celui dont elle avait fait son métier : la lecture.

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Un tel bouquin ne pouvait pas ne pas passer par mes mains !!!

Bouquiner : s’accoupler avec un lièvre ou un livre. Si cela ne vous dérange pas, je préfère la seconde solution, question de sensibilité !

Annie François nous offre son autobibliographie (que j’aime ce néologisme !), décrit son rapport avec les livres ; un vrai transport amoureux. Un amour possessif, un amour empli de rituels.

Lire au lit, se positionner pour équilibrer le gros volume avec des coussins ; ne pas pouvoir dormir sans avoir dévoré quelques pages ou le livre entier ; lire au restaurant…..

Je comprends Annie François pour qui le livre est un objet sacré à qui l’on doit tous les égards. Surtout ne pas le jeter « jeter des livres, c’est aussi déchirant que de brûler des lettres d’amour ou un cahier d’école de sa grand-mère. ».

Sa relation au livre est telle que prêter lui est problème, mais le livre emprunté est sacré. Oh la joie d’offrir un livre aimé !!

Bref, chaque chapitre est l’occasion de parler de son amour du livre, de parler de ses auteurs chéris, des livres adorés.

Ranger ses livres quel dilemme avec sa bibliothèque écartelée aux quatre coins de la maison « A part le tas-du-lit, après lecture, les livres devant monter ou descendre encombrent les marches de l’escalier le plus proche. ».

Songez à la dangerosité physique de la lecture ; une maladie qu’elle dénomme « pathologie générale du lecteur ». Avoir plusieurs volumes dans sa besace car lequel ne pas lire ? « Non seulement lire n’est pas sans risque, mais c’est une passion invalidante. Elle rend dure de la feuille… Seuls les furieux sifflements de la cocotte-minute arrivent à tirer le lecteur de sa surdité sélective. »

Sa devise : « jamais sans mon livre, jamais sans mon clope. » (Tiens, je dis ma clope). Je pourrais paraphraser cette maxime « jamais sans mon livre, jamais sans mon appareil photos »

Je n’avais jamais pensé aux codes barres au dos des ouvrages qui ont tant gênés Annie François : « On m’objectera que c’est pareil pour le parfum ou les couche-culotte. Bien sûr que non. Le code-barres est bien là, mais sur l’emballage. Sur les livres, il est incrusté à vif. Tout cru. Bref, un amant tatoué de l’infamie."

Je pourrais vous parler de ce livre encore très longtemps. Je l’ai dévoré. J’ai aimé l’humour, le vocabulaire. Bien sûr que j’ai aimé la suivre dans ses digressions amoureuses et boulimiques. Je me suis reconnue dans beaucoup des rituels énumérés. Il ne pourrait en être autrement pour tout lecteur : « Il suffit de lire un bouquin par mois pour avoir des manies, des préférences. Tout est plaisir, tout fait problème »

Dans le mot livre, il y a ivre. C’est l’ivresse d’une lecture jubilatoire. C’est ivre de bonheur ou de douleur que, certaines fois, j’arrive au mot fin. Un nouveau livre, un nouvel auteur et l’ivresse de la découverte me rend joyeuse. Recevoir un livre, l’ivresse des cimes me prend.

J’ai emprunté ce livre à la bibliothèque après lecture de plusieurs chroniques sur la blogosphère livresque et…. je vais devoir le RENDRE !! Encore un bouquin que je vais acheter pour l’avoir à ma disposition… Sur mes nouvelles étagères qui seront installées dans le couloir (c’est bon les travaux !!! il y a toujours des surprises)

Je n’ai pas dévoré « Bouquiner », j’ai savouré chaque chapitre bien couchée, calée sur mes oreillers. Annie François, j'espère que vous avez apporté tous vos bouquins pour votre long séjour au paradis des écrivains et amoureux des livres.

A bientôt de vous lire de nouveau

Quelques extraits :

Je répugne au marque-page, mais mes livres sont fourrés d’articles, de vieilles lettres, de listes de courses. Saisis au hasard, ils exhalent leurs secrets oubliés.

Avant de jeter, on triche, on pactise, on négocie avec soi-même. On en écarte trente, on en reprend douze, on en remet deux.

 Comme le boulimique évite la devanture des pâtisseries, je me détourne de la vitrine des librairies pour éviter les fringales d'entraînement, les achats compulsifs qui ne feraient qu'augmenter l'immense pile d'attente qui vacille près du lit : sûr, les ouvrages se vengeraient en me dégringolant dessus pendant mon sommeil.

J’incite donc vivement les parents anxieux à se plonger dans Comme un roman de Pennac. Surtout à prohiber l’accès de leur bibliothèque à leurs lardons et à les houspiller de la manière la plus outrageante : « ça n’a pas encore de poil au zizi et ça voudrait lire hors programme ! » L’enfant qui ne se révoltera pas en se soûlant de livres est un authentique rebelle, un brave loubard ou un philosophe qu’il serait vain de persécuter

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Kim Thúy - Mãn

20 Février 2014, 16:20pm

Publié par zazy

 

Mãn

Kim Thúy

Editions Liana Levi

144 pages

ISBN : 9782867466793

 

 

4ème de couverture :

«Maman et moi, nous ne nous ressemblons pas. Elle est petite, et moi je suis grande. Elle a le teint foncé, et moi j’ai la peau des poupées françaises. Elle a un trou dans le mollet, et moi j’ai un trou dans le cœur.»

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Pour assurer son avenir, Mãn, jeune vietnamienne, est mariée à un Vietnamien restaurateur qu’elle suit au Canada. Petit à petit ses talents culinaires lui assurent une sécurité financière ; elle vit une vie de labeur, de petites joies. Elle, dont le prénom signifie «Parfaitement comblée » ou « A qui il ne reste plus rien à désirer », ne cherche pas plus loin. Son amitié avec Julie, le succès de son livre de cuisine « La palanche » la mettra sous les projecteurs des télévisions. C’est au cours d’un déplacement promotionnel en France qu’elle découvrira l’Amour et l’éveil des sens.

C’est enfoncer une porte ouverte que de dire que les mentalités vietnamienne et, ici, canadiennes sont fortement différentes. Mãn en fait la découverte avec les difficultés inhérentes à toute transplantation. Elle se doit d’être « docile » avec son mari, travailleuse… mais regardons de notre côté et, la différence peut être infime quelque fois.

Mãn nous parle de tout cela, de sa vie au Canada, de sa découverte de la vie occidentale et son ouverture à la magie de la cuisine et de l’Amour.

Ceci expliqué, c’est un livre, lu d’une seule traite, très agréable à lire, je n’ai pas boudé mon plaisir, mais il ne laissera pas une très grande trace dans ma mémoire.

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François Beaume - La lune dans le puits

17 Février 2014, 21:52pm

Publié par zazy

La lune dans le puits

François Beaume

Editions Verticale

Parution : 26-09-2013

512 pages

ISBN : 9782070142309

 

4ème de couverture

«Ceux qui parlent dans ce livre sont moi. J'ai digéré toutes leurs histoires, je les écoute, les réécoute, je me parcours et je retrouve dans l'écho du miroir mes histoires miennes.»

Entre décembre 2011 et avril 2013, François Beaune est parti collecter des histoires vraies autour du bassin méditerranéen. Il a choisi d'en retranscrire environ deux cents, dont les siennes, et d'en ordonner la matière au fil des âges de l’existence – depuis l’enfance jusqu'à la mort –, telle l’autobiographie imaginaire d’un seul et même individu-collectif.
La lune dans le puits dessine ainsi l’odyssée insolite, populaire et iconoclaste de celles et ceux qui portent les légendes contemporaines du berceau de l’humanité.

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Mare nostrum, berceau de notre civilisation. "La méditerranée est une bouche gercée dont la lèvre supérieur s'exprime en latin, et la lèvre inférieur en arabe." écrit François Beaume dans son prologue. Une bien belle formule et si vraie. Il explique comment il a retranscrit les textes que tout un chacun a déposé ici quelqu’en soit le sujet. Il les a remis « au propre » comme disait les vieux pour mon plus grand plaisir.

Le titre de ce recueil vient d’une phrase de Leonardo Sciascia : « la vérité est au fond du puits. Vous regardez dans un puits : vous y voyez le soleil ou la lune, mais si vous vous jetez dans le puits il n’y a plus ni soleil ni lune ; il y a la vérité.

François Beaume nous explique ce qu’il a cherché avec ce livre : « ce livre est le livre de ce nouvel individu collectif, né au combat sur les vases grecs, le livre de l’avocat-supporter-architecte-de-cirque-en-sable-aubergiste-au-chômage-sirène-de-call-center-gymnaste-et artisane-de-médina-délocalisée, le livre du plombier-peintre-poète-à-la-retraite-joueur-de-oud-de-tavla-fumeur-de-chicha-cireur-droguiste-conteur-cremière ».

Par l’entremise de ce livre, nous entrons dans la vie des gens. Ce sont des histoires plus ou moins courtes, souvent très courtes qui racontent la vie. Elles peuvent être tristes, émouvantes, gaies, poétiques, cruelles… comme la vie. François Beaume les a classées par tranches d’âge, de la naissance à la mort, je vous le dis, comme la vie. Chaque histoire est importante, chaque histoire surprend ou non.

Le soir, j’aime prendre quelques tranches de vie, je voyage autour de la Méditerranée, de Beyrouth à Tel-Aviv, d’Athènes à Marseille, via Tunis, Ramallah et autres régions. Beaucoup d’histoires d’honneur, d’amour, de jalousies, de vengeances, de religions, de guerre. L’une d’entre elles me rappelle le livre de Gwenaëlle Aubry « Partages » ou « Palestine » d’Hubert Haddad. J’ai souri jaune à la lecture des histoires de vaches palestiniennes et de l’armée israélienne. Les deux frères menteurs me font penser à une blague belge. Il y a même une histoire d’arracheur de dents…. Si, si c’est vrai. Le racisme est présent avec l’affaire de Mamadou, les histoires d’amour, comme celle de Joseph et Blandine, ne sont pas oubliées.

François Beaume insère sa propre histoire toujours dans le même esprit : de petites tranches de vie.

Ces chroniques mises bout à bout ne sont pas redondantes. L’oralité se sent, même si François Beaume a retravaillé les textes pour les rendre homogènes et apporte la vie à ce qui ne pourrait être qu’une litanie. Ce n’est jamais ennuyeux, l’humour y est très présent.

En relisant mon texte, je m’aperçois que le mot vie est apparait très souvent et je ne change rien car c’est bien un matériau vivant que nous offrent François Beaume.

« Ceux qui parlent dans ce livre sont moi. J’ai digéré toutes leurs histoires, je les écoute, les réécoute, je me parcours et je retrouve dans l’écho du miroir mes histoires miennes ». C’est ce qui fait de lui le véritable auteur de ce livre puisqu’il a choisi parmi un grand nombre d’histoires, les a classées, « réécrites ». Il a fait prendre la mayonnaise avec ses propres textes écrits en italique, sorte de biographie indomptée, de digression sur la vie…

Lisez ce livre. Vous n’y ferez pas les mêmes rencontres que moi, mais ces tranches de vie anonymes sont des instants de vérité, des instantanés, toujours intéressantes. Oui, lisez ce recueil d’histoires collectées comme le font certains anthropologues ou ethnologues avant que ne disparaisse une civilisation orale.

Je remercie et les qui, dans le cadre du festival Hors limites m’ont permis de faire cette belle lecture. Je ne résiste pas au plaisir de vous remontrer les affiches de ce festival que je trouve si charmantes.

 

« Ce qui m’intéresse, ce n’est pas la vérité nue mais le soleil ou la lune qui se reflète sur l’eau éteinte au fond du puits. Il s’agit d’abord de raconter l’histoire, d’écouter. Leonardo a raison : la vérité est au fond d’un puits. Faisons bien attention à la laisser où elle est, tout au fond, pour son bien.

Car la belle invisible, dans le fond, nage libre. Elle sort du puits quand elle veut, brandissant un miroir, pour nous aveugler ou nous rendre lucides. Le reste du temps elle se fait oublier. Quand le monde en surface devient irrespirable, on se jette pour mourir et renaître auprès d’elle. »

 

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Hallgrimur Helgason - La femme à 1000°

16 Février 2014, 23:02pm

Publié par zazy

La femme à 1000°

Hallgrimur Helgason

Traduction Jean-Claude Salaün

Editions Presses de la cité

Août 2013
640 pages

 

4ème de couverture :

Condamnée à vivre dans un garage avec pour seule compagnie son ordinateur portable, une provision de cigarettes et une grenade datant de la fin de la Seconde Guerre mondiale, une octogénaire islandaise atteinte d'un cancer en phase terminale revient sur sa vie en attendant la mort. Car Herra, comme on l'appelle, a beaucoup de choses à raconter. Petite-fille du premier président d'Islande, fille d'une paysanne et du seul nazi islandais avéré, elle a, au fil de son existence mouvementée, vécu la guerre et l'exil, connu beaucoup d'hommes, parfois célèbres, et vu la mort, de bien trop près. Avant de s'envoyer en l'air pour de bon, elle passe en revue son passé et celui de son pays, l'occasion pour elle de régler au passage quelques comptes.
Dans ce roman inclassable et truculent qui, à la manière d'un collage, alterne humour, cynisme, tendresse, absurde, poésie et noirceur, Hallgrimur Helgason fait preuve d'une inventivité linguistique époustouflante. La Femme à 1000° navigue entre légèreté et profondeur au gré du récité de l'irrévérencieuse Herra, dont l'histoire est à l'image de celle de l'Islande, sa patrie, et de celle de l'Europe: mouvementée, sanglante et tragique.

 

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Le titre m’attirait, Sandrine l’a fait voyager jusqu’à mes yeux et, je l’ai lu.

« Je vis ici, seule dans un garage, avec pour unique compagnie un ordinateur portable et une vieille grenade. Un vrai petit nid douillet. Mon lit est un lit d’hôpital ; je n’ai guère besoin d’autre mobilier, en dehors de toilettes, qu’il m’est toujours pénible de devoir utiliser »

Comment ça, une personne âgée vivant dans un garage ? Quel scandale !!! Et pourtant, elle y est beaucoup mieux qu’à l’hospice où ces « chers » enfants l’avaient enfermées.

Pendant plus de 600 pages, Herra va raconter sa vie et quelle vie !!!

La période de la seconde guerre mondiale se prête à ce genre d’expériences, mais j’avoue que l’imagination de l’auteur est débordante…. Notre petite française dans « La bicyclette bleue » est une sainte et une vierge à côté.

La femme à 1000° ? ce n’est pas de l’humour au 1000°, mais la température de crémation des corps humains, puisque cette chère Herra pousse la plaisanterie jusqu’à commander sa propre crémation…. elle aurait pu s’appeler la femme à 1000 volts, pour parodier Gilbert Bécaud (100 000 volts pour lui) tant sa vie est plus que trépidante. Herjbörj Maria Björnsson a eu mille vies, mille histoires d’amour, mille emmerdements…. Oui cette femme pourrait jouer au jeu des mille euros, surtout avec une grenade entre les jambes (Oui, je sais, humour de mauvaise qualité !)

Le style, proche de l’oral convient très bien à cette vieille peau cynique qui nous raconte un pan de l’histoire vu côté islandais. Il faut lui reconnaître sa franchise.

Mais, oui il y a un mais ! Le style drolatique d’ Hallgrimur Helgason supporte une distance moyenne. Au mitan de ce gros bouquin, je n’en pouvais mais d’Herra, de sa vie, comme s’il fallait absolument qu’elle nous esbaudisse à chaque page.

En conclusion, une lecture mitigée. Ce récit aurait mérité d’être plus condensé pour gagner en force.

 

 

 

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Salon du roman historique de Levallois

12 Février 2014, 23:11pm

Publié par zazy

 

Pour sa 3ème édition, le salon du roman historique de Levallois fait la part belle aux livres jeunesse. Cette année la présidente en est Irène Frain.

Plus de 200 auteurs vous attendent le dimanche 9 mars pour des dédicaces, des rencontres, des lectures...

Il y aura du "beau linge" :  Metin Arditi, Liliane Beauquel, Sorj Chalandon, Jacques Chancel, Béatrice Fontanel, Lola Lafon, Serge Moati... et en bande dessinée : Laurent-Frédéric Bollée, Jérôme Cousin, Nicolas Galy, Rémi Guérin, Caroline Guillot, Marie Jaffredo, Fred Neidhardt et Olivier Speltens.

L'an passé, La Vie rêvée d'Ernesto G de Jean-Michel Guenassia, a reçu le prix du roman historique de Levallois

Libfly était, tout comme cette année, partenaire de ce salon et notre classement était conforme à l'officiel :

1- La Vie rêvée d'Ernesto G de Jean-Michel Guenassia,
1 BIS- Alger sans Mozart de Michel Canesi,
2- La Déesse des petites victoires de Yannick Grannec,


 

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Pascal Marmet - Le roman du café

11 Février 2014, 17:23pm

Publié par zazy

 

Le roman du café

Pascal Marmet

Editions du Rocher

Collection

Le Roman des lieux et destins magiques

23 Janvier 2014

240 pages

ISBN : 9782268075815

 

4ème de couverture :

Café, qui es-tu ? Drogue, business, médicament, plaisir, carburant, poison ou un ami qui nous veut du bien ?

Dans les coulisses des légendes illustrant le grain sombre, au cœur d'un colossal commerce voué à l'écologie pour durer, ce récit romanesque se déguste à travers l'amitié d'un jeune aveugle passionné de cafés et de son extravagante amie d'enfance.

Du Brésil au Costa Rica, du Vietnam à la Cote d'Ivoire, rien n'échappe aux regards croisés d'un torréfacteur éco-responsable et d'une pimpante journaliste.

L'essor de cet or brun est une véritable épopée gorgée de rebondissements, de faits d'armes parfois, plus souvent de passions partagées pour le divin breuvage, une histoire liée à l'esclavage, et tout simplement, à l'humanité.

Après la lecture de ces pages qui n'épargnent ni les consommateurs, ni les industriels, vous serez peut être enclin à changer radicalement vos habitudes de café.

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Commençons pas les choses qui « fâchent ». Je n’aime pas le café, je n’en bois jamais. Pour parodier ma grand-mère, « c’est quand même fort de café » de lire un ouvrage qui ne parle que ce breuvage soi-disant divin !

Mais, vous me connaissez, je n’en suis pas à un  grain de contradiction près !

Le début fut un peu dur, je ne croyais pas à l’anéantissement de Julien, foutu à la porte par son propre grand-père torréfacteur de renom à l’ancienne…

Ces deux-là, ont une relation des plus équivoques. Tout est tronqué dès le départ. Sa fille adorée meurt en mettant au monde Julien. Voici donc le grand-père seul pour élever cet enfant qui lui rappelle l’Autre qui devient, comble de misère, aveugle. Je n’en dis pas plus, vous le saurez en lisant ce livre.

Julien s’installe chez sa grande amie Johanna, celle qui l’a toujours défendu à l’école contre les autres enfants, qui l’a toujours soutenu lorsqu’il est devenu complètement aveugle.

Pourquoi n’ai-je pas cru au tragique de la situation ? Simplement parce que cette histoire n’est qu’un prétexte pour nous amener en voyage au cœur du grain de café. Un périple historique et géographique, une belle « leçon de chose » sur le café. Alors là, Julien est crédible, lyrique, intarissable

"Je me contentais d'un café toutes les deux heures, et pour atteindre l'Everest en moins de d'un battement de cœur, je suçotais des grains de café fraîchement torréfiés. J'adore rassasier ma langue sur sa petite fente râpeuse. Lorsque je l'éclate sous mes molaires, le craquement amer de la fève me met à l'extase. L'arôme délicieux qui s'ensuit en bouche me rend dingo." Ces mots que Pascal Marmet met dans la bouche de Jérôme sont ceux d’un amoureux ; cette phrase est tout simplement un monument de sensualité voire de sexualité.

J’ai appris beaucoup de choses sur le café. J’ignorais qu’il y avait autant de crus comme pour le vin, ou le thé, ainsi que plusieurs façons de le préparer. J’ai découvert la passion, avec pour revers, la fraude pour surfer sur cette vague de café de crus, l’enrichissement frauduleux. A contrario, il y a également cette volonté de regroupement des petits producteurs de grains.

J’aime lorsqu’il parle de la torréfaction, cela me rappelle un souvenir olfactif toujours présent au fond de mes narines ; l’odeur du café que l’on torréfie. Il y avait, dans ma ville, lorsque j’étais très, très, jeune, un épicier qui préparait son café dehors sur le trottoir et, qu’est-ce que j’aimais cette odeur, tout comme celle du café que l’on moulait dans le Peugeot à manivelle !!

Quant à « what else ? » il me semblait, d’après une émission écoutée à la radio, que ce n’était pas du si bon café que cela et que, du point de vue écologique, c’était une totale hérésie avec les capsules à jeter après usage.

Oui, Pascal Marmet est un amoureux de ce breuvage. Il l’écrit : j’aime le café. Il a réussi le tour de force, moi qui n’aime pas le café (je le répète et le confirme) à aimer son livre au point de ne pouvoir le lâcher avant la dernière page.

J’avais beaucoup apprécié le précédent livre de Pascal Marmet : le roman du parfum. Je le remercie, ainsi que les Editions du Rocher de m’avoir gentiment fait parvenir celui-ci. Lisez-le, vous irez de découvertes en découvertes sur un rythme alerte.

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Stefan Zweig - Derniers messages

4 Février 2014, 21:39pm

Publié par zazy

 

Derniers messages

Stefan Zweig

Editions Bartillat

Collection Omnia poche

250 pages

Janvier 2014

ISBN : 9782841005499

 

 

4ème de couverture :

 

Composée de tant d'éléments différents, Vienne était le terrain idéal d'une culture commune. (…). Cette ville, ce peuple, peuvent comme tous les autres avoir commis des fautes, mais Vienne a eu cet avantage qu'elle n'était pas arrogante, qu'elle ne voulait pas imposer aux autres ses mœurs, sa façon de penser.
La culture viennoise n'était pas une culture conquérante, et c'est pourquoi chaque nouvel hôte se laissait si facilement gagner par elle. Mélanger les éléments différents et créer de cette harmonisation constante un nouvel élément de culture européenne fut le véritable génie de cette ville".

Derniers messages offre dans sa diversité le meilleur de la pensée de Stefan Zweig. Les textes ici rassemblés traitent aussi bien de littérature (Byron, Nietzsche ou Tolstoï) que de l'histoire européenne et du destin de la civilisation. Le traumatisme de la Première Guerre mondiale, le démembrement de l'Empire austro-hongrois, la montée des périls demeurent omniprésents. Ces pages ont des accents qui évoquent Le Monde d'hier, la grande autobiographie de Zweig.

 

 

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Ce livre nous offre quelques textes de Stephan Zweig dont l’écriture précise est simplement belle avec une excellente traduction. Je remercie Libfly et les Editions Bartillat Ce partenariat m'a permis de découvrir un superbe joyau.

 

Ces textes ne sont aucunement surannés. Ils brillent par leur justesse et leur actualité. La préface de Jacques le Rider remet les textes dans leurs contextes.

« L’histoire de demain », si juste, me ramène au livre de  Gwenaëlle Aubry « Partages », les livres d’histoire israéliens et  cisjordaniens. Sa conclusion est d’une simplicité, pourtant si compliquée à mettre en œuvre : « Si celle-ci doit avoir un sens, ce sera de reconnaître nos erreurs et de les vaincre. L’histoire d’hier décrivait notre rechute éternelle, celle de demain décrira notre montée éternelle, ce sera l’histoire de la civilisation humaine. »

Sa démonstration sur « l’histoire, cette poétesse » m’a subjuguée.

Stefan Zweig, européen convaincu, remonte à la Rome antique pour parler de l’Europe : « Si cet édifice avait duré deux ou trois siècles de plus, les racines des peuples se seraient alors mélangées, l’unité de l’Europe, qui est encore aujourd’hui un rêve, serait depuis longtemps une réalité… ». Cette unité européenne que d’aucuns attendent, que d’autres pourfendent, Stefan Zweig en parle comme d’une tour de Babel, jamais inachevée, avec ses flux et reflux et, surtout, d’un moyen efficace de lutter contre les guerres « dans une époque de déchirement national, je veux juste souligner l’élément d’unité, l’Eros mystérieux qui pousse l’humanité depuis toujours par-dessus les différences de langue, de culture, d’idées, vers une unit supérieure. »

On sent son amour pour sa ville de Vienne. Pour lui, cette capitale est un continent à elle toute seule où tout convergeait. Sous sa plume, Vienne est encore plus belle.

Stefan Zweig évoque Tolstoï, Béatrice Cenci, Hugo Von Hofmannsthal et Roger Martin du Gard (Saga des Thibault que j’ai dû lire il y a longtemps et dont je n’ai plus aucun souvenir. Il est dans la bibliothèque maternelle).

Dans le chapitre « 1914 et maintenant » au sujet des risques à venir, nous sommes en 1936, l’auteur démontre que le personnel l’a emporté sur le collectif (ce dont parle également Jean-Claude Guillebaud dans son livre « une autre vie est possible »).

Chaque chapitre est un condensé de profondeur. Un grand auteur, un grand livre que j’ai lu, que je relis avec chaque fois une nouvelle approche. Chaque page est source de réflexion. Derrière les lignes de ce livre, l’ombre d’Hitler, de la seconde guerre mondiale sont omniprésentes.

Je ne peux que parler maladroitement de ce livre, tant est grande ma soif de connaître, de découvertes, tant je me sens petite et futile en lisant ces pages qui ne m’écrasent pas mais m’élèvent.

Je ne veux pas tout dévoiler ( quelque part cela m'arrange !) et vous laisser le plaisir de la lecture de ce très bon livre.

 

Quelques extraits :

« L’histoire telle qu’elle nous a été apprise, telle qu’elle l’est encore aujourd’hui aux jeunes gens de tous les pays est en somme un cours de mauvais instincts et son enseignement a eu des effets désastreux. »

« Notre devoir n’est-il pas au contraire, précisément parce que nous connaissons le caractère dangereux de ce penchant pour le sensationnel, de montrer, au lieu de l’héroïsme guerrier, cet autre héroïsme que nous considérons comme supérieur, la vie grandiose des savants qui se sacrifient dans leurs laboratoires, isolés, pauvres et inconnus ? »

L’histoire d’hier décrivait notre rechute éternelle, celle de demain décrira notre montée éternelle, ce sera l’histoire de la civilisation humaine. »

Déjà dans le plus vieux livre du monde, au commencement de la Bible, là où elle parle des premiers hommes, nous trouvons en un magnifique symbole la première histoire de ce désir d’unité créatrice de l‘humanité. C’est la profonde légende de la tour de Babel et c’est ce mythe admirable que je veux rappeler et expliquer. A cette époque, à peine sortis de l’inconnu, les hommes –donc l’humanité- s’étaient rassemblés en vue d’une œuvre commune. Ils voyaient un ciel au-dessus d’eux, et, comme ils étaient des hommes, ils éprouvaient déjà le désir du surhumain et de l’inaccessible et ils se dirent : « Bâtissons une ville et une tour, dont le sommet atteindra le ciel, afin que nous nous fassions un nom pour l’éternité. » Et ils pétrirent de l’argile, firent cuire des briques et se mirent à édifier leur formidable ouvrage.

De tous les secrets du monde, celui de la création a été, de tout temps, le plus mystérieux. C’est pourquoi les peuples et les religions ont, unanimement, lié le phénomène de la création à l’idée du divin.

Efforçons- nous donc de nous approcher du secret de la création artistique, ce moment unique où les limites imposées par notre nature périssable disparaissent et où l’éternité commence.

L’histoire était pour nous un juge impitoyable qui, le visage immobile, sans haine et sans amour, sans porter de jugement, gravait au fur et à mesure les évènements ; qui, méthodique, à l’aide de chiffres et de groupes, nous faisait voir comme quelque chose d’ordonné cet immense chaos

L’histoire, répétons-le, n’est pas un livre complètement terminé et imprimé qu’on peut lire d’un bout à l’autre, mais un immense palimpseste, une compilation, un manuscrit dont les neuf dixièmes sont altérés, des centaines de pages en sont indéchiffrables, des milliers d’autres ont disparu et ne peuvent être remplacées dans le contexte qu’avec des combinaisons et l’aide de l’imagination.

 

 

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Thierry Guenez - Je ne suis jamais redescendu de cette montagne

2 Février 2014, 21:21pm

Publié par zazy

 

Je ne suis jamais redescendu de cette montagne

Thierry Guenez

Editions les 2 encres

460 pages

Juillet 2013

ISBN : 9782351658747

 

 

4ème de couverture :

A l'heure où le voyage est devenu une industrie comme les autres, l'auteur livre ici un récit personnel, insolite et percutant. De l'exubérante Sydney aux confins des espaces arides de l'outback, des hauteurs néo-zélandaises à la fournaise des tropiques, Thierry Guenez va au gré du vent d'un lieu à l'autre, dans la lignée des Backpackers, ces voyageurs au sac à dos, qui, chaque année, essaiment leur bohème sur le continent.
Parti avec quelques dollars en poche, il ne vous offrira pas dans ces pages l'Australie des guides touristiques. Entre vos mains, vous détenez plutôt le quotidien des habitants, celui des petits fermiers, celui des grandes âmes du pays, et les interprétations nuancées de tous ces voyageurs venus pour l'évasion. Et la Tasmanie dans tout cela ? Elle était censée n'être qu'une étape comme les autres, mais le voyage n'en fait qu'à sa tête.
Quand Thierry se retrouve nu-pieds dans les champs de myrtilliers, devant cette ferme en bois et en tôles sur laquelle des enceintes chantent les chansons de tout un siècle, il va comprendre ce qu'est cette île par rapport à l'Australie, à savoir son secret le mieux gardé.

Né à Toulouse il y a trente ans, Thierry a passé son temps de ville en ville, de métier en métier. Il a fait ses expériences de l’Australie à la Pologne, de l’Espagne à la Hongrie. Musicien et lecteur, refusant le principe même de  « carrière », il préfère les rencontres, espérant toujours débusquer ce qu’il y a d’intime chez ceux qu’il croise.

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Clara a gentiment fait voyager ce gros bouquin vers mes mains curieuses.

J’ai aimé l’écriture, j’ai aimé découvrir un hémisphère hors des sentiers battus où l’exploitation des touristes-travailleurs est monnaie courante. Mais bon, la petite bande a rapidement compris et accepte les conditions. J’ai aimé leurs débrouilles vaseuses, leurs rencontres, leurs embrouilles, leurs disputes, leurs découvertes, les descriptions…

Mais, ce que je n’ai pas aimé du tout et qui a tout gâché, c’est la défonce à tout va…. Là, je dis ça suffit. Peut-être suis-je trop mûre pour apprécier l’herbe, les galettes et tout le reste.

Dommage car j’aurais aimé continuer le voyage avec eux, mais je n’ai pu passer dessus ça.

Merci Clara de l'avoir fait voyagé jusqu'à mes yeux. Toi, tu as aimé et tu m'a donné envie de le lire

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