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ZAZY - mon blogue de lecture

J. Heska - Un monde idéal où c'est la fin

26 Janvier 2014, 22:50pm

Publié par zazy

Un monde idéal où c’est la fin

J. Heska

Editions Seconde Chance

190 pages

2013

ISBN : 9781489504647

 

4ème de couverture :

Bienvenue dans un monde idéal ! Un monde idéal où la civilisation telle que nous la connaissons n’existe plus. Dérèglement du temps ? Avènement de la magie ? Crise climatique irréversible ? Épidémie mondiale de mort subite ? Extra-terrestres maladroits ? Invasion de poireaux découpeurs de cervelles ? Crise de déprime globale ? Robots hors de contrôle ? Zombies entreprenants ? Découvrez 100 histoires drôles, émouvantes, tragiques ou absurdes qui mènent à notre perte ! Mais c’est quoi Un monde idéal ? C’est une collection de livres reposant sur un concept tout simple qui a fait le succès du site Internet www.jheska.fr : des textes courts et percutants relatant des histoires basées sur des « et si » ?Un livre parfait pour un petit moment de détente égoïste, dans le bus, à la pause déjeuner, le soir avant de se coucher ou à la plage !

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J. Heska et les Editions Seconde Chance font voyager le livre. Je remercie Isabelle pour cet envoi et cette bizarrerie livresque. Maintenant, il part vers un ailleurs. J'avais eu le plaisir, par le même biais, de lire "On ne peut pas lutter contre le système" un thriller déjanté qui m'avais passionné.

 

Ici, tout commence normalement. Bon, OK, c’est de la Science Fiction, enfin pour ce qu’en j’en connais (qui est égal à zéro), mais rien d’alarmant. Attention à la note finale, une vraie chute de rochers sur la route qui écrase tout. Dans un monde idéal…

Cette antienne sera présente à chaque fin de chapitre, ou, si vous préférez, d’histoire. Car ce sont à chaque fois des histoires courtes, très courtes que nous offre J. Heska. La terre est plus qu’en danger, sabordée, détruite, envahie par nos voisins venus d’ailleurs (de très loin). L’humain est minoritaire ou n’existe plus remplacé par les robots, chats et autres êtres charmants. Si il y a des humains devenus très gentils avec leurs pyjamas roses, ils se font bouffer, détruire.

Chaque histoire a des raccords, volontaires ou pas, (j’opte pour la première alternative) avec notre actualité comme le chapitre « Un monde idéal où l’expérience de Milgram a servi à construire une meilleure humanité ». Il y est question d’euthanasie, mais elle est obligatoire, sinon… on vous étrangle. Là où cela devient cauchemardesque, c’est qu’il n’y a pas de remords…. Donc ils ne sont plus humains les humanoïdes de J. Heska.

Vous avez également « Un monde idéal où l’être humain est indestructible »…. Ça commence déjà ! Ailleurs, la mer arrive au Tibet. Un monde idéal où les objets inanimés se trouvent avoir une âme (plutôt violente !!)

La construction des historiettes (attention, ce n’est pas péjoratif sous mon clavier) commence normalement et bling ! à un moment, nous partons dans une autre dimension.

Il faut bien reconnaître que c’est de la faute de ces humains à la noix, égoïstes qui ont pourri puis détruit la terre où ils habitaient (mais non, ce n’est pas de nous dont il s’agit : nous sommes tous éco-responsables !) s’ils n’existent plus et si les autres ont envahi la terre.

Petit bémol, j’aurais aimé un fil rouge ; toujours ce besoin d’être rassurée, d’être tenue par quelque chose de tangible. Oh et puis, à bien y penser, ce n’est peut-être pas nécessaire. Par contre, il faut picorer par ci, picorer par là et ne pas lire le livre en une seule fois, pour garder un peu de fraîcheur ou de piquant.

Je ne saurais vous dire, si dans ces histoires, il y a des références au monde de la S.F. actuelle puisque je n’en lis pas. Les micro-histoires sont très bien structurées, le rythme est endiablé et, même si je connaissais le fin mot de l’histoire (Dans un monde idéal…),  je me suis laissée porter par l’écriture de J. Heska et, surtout, par son humour noir et destructeur.

Il est diabolique ce mec-là, m’étonnerait pas qu’il fasse partie de ces petits lutins rouges, ou alors c’est un robot, une amide, un gnome…. Enfin bref, il n’est plus dans notre dimension. Ce livre qui ne se prend pas au sérieux n’en n’est pas dénué et se joue de nos outrances.

JSK, j’ai passé de bons petits moments de lecture avec votre livre.

 

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Roger Wallet - La blanche de Bruges

20 Janvier 2014, 09:39am

Publié par zazy

 

La blanche de Bruges

Roger Wallet

Editions G&g (2003)

ISBN : 290962546X

Réédité et disponible aux Editions du Petit Véhicule

ISBN : 9782842737009

105 pages

 

 

4ème de couverture :

1961. Sur fond de guerre d’Algérie, se tisse une amitié entre un adolescent et un soldat en permission. Balades à scooter, premières bières, première fille, premiers engagements politiques. Les évènements se chargent de donner à l’automne un goût de mort. Vingt ans plus tard, le décès de son père ravive en Brice les souvenirs…

Roger Wallet aime les cieux bas et gris de la Picardie où il situe son roman. Mots chuchotés, regards furtifs, paysages intérieurs, son écriture est une écriture de l’esquive. Il  a déjà publié chez G&g La Chanson de Carco, Petit dictionnaire des Futilités, La Mécanique du Cœur et, chez d’autres éditeurs, nouvelles et romans dont notamment, au Dilettante (et chez Folio), Portraits d’automne.

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J’ai eu un coup de cœur pour « ça ressemble à une vie », poésie elliptique, troublante, telle une ritournelle avec des blancs.

 « Brice, il faudrait que tu viennes. Ma mère a dit cela d’une voix presque froide détachée. Il faudrait que tu viennes, je crois. » C’est ainsi que débute le roman.

Son père est mort. Brice revient au village qui l’a vu naître et grandir. Le retour est propice aux retrouvailles et aux souvenirs. Tout se mêle, le présent et le passé et toujours Tanguy. « Tanguy ! C’est au bistrot que je l’ai vu pour la première fois. Septembre 61, peu après la rentrée. »

Ils sont tombés mutuellement en amitié. Tanguy, le bidasse en permission de la guerre d’Algérie et l’adolescent. Le temps de cette longue permission fut, pour le jeune garçon, le temps de la découverte de la bière, de la première cigarette, de la première fille. Tanguy décide de déserter cette guerre qui ne dit pas son nom, Mais, il fut dénoncer, on ne dit rien des raisons du pourquoi et le silence tomba. Ce sera la fin de l’enfance heureuse du jeune garçon qui décide de partir faire ses études loin, persuadé que l’auteur de la dénonciation est son père.

Son retour, 15 ans après, les retrouvailles avec les anciens copains, raniment les souvenirs, la vérité sera dite. Un séjour le long des canaux de Bruges, devant un piano bar et une Blanche de Bruges scellera des retrouvailles.

J’ai retrouvé, avec plaisir, la plume de Roger Wallet. Ici, c’est Brel qui s’impose pour ce roman. Si ce livre est moins elliptique que ses poèmes, il est tout aussi teinté d’amour de sa Picardie, d’amour des gens, d’amour des mots. Un bouquin où l’atmosphère des années 60 est fort bien décrite. Chose importante, ce livre n’est pas dénué d’humour, la scène de l’enterrement de son père est un petit morceau d’anthologie, j’ai réveillé mon mari qui dormait !

Merci Jérôme pour ce précieux cadeau.

 

 

 

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Michèle Lesbre - Un lac immense et blanc

19 Janvier 2014, 21:15pm

Publié par zazy

Un lac immense et blanc

Michèle Lesbre

Editions Sabine Wespieser

Avril 2011

92 pages

ISBN : 978-2-84805-096-6

 

 

4ème de couverture :

« Je réinvente ma vie dans le désordre en mélangeant les temps, les lieux, les êtres chers, mais c’est tout de même ma vraie vie. Peut-être que cette journée est un cadeau plutôt qu’un empêchement et un rendez-vous manqué. J’attendais l’Italien, c’est Antoine qui est venu, dans le silence de la ville qui est une autre ville, lointaine et familière à la fois. » M. L.

Par un matin de neige, la narratrice attend dans une gare un homme qu’elle ne connaît pas : elle a envie de parler de Ferrare avec cet étranger qui, tous les mercredis matin, dans ce Café lunaire où ils ont leurs habitudes, évoque inlassablement sa ville d’origine. Elle a pris sa journée, mais l’homme n’arrive pas par le train habituel.
Dès lors le temps s’étire, en autant de fondus enchaînés que favorise la blancheur environnante : les grilles du Jardin des Plantes s’estompent, laissant place au « lac immense et blanc », noyé sous la neige de l’Aubrac, où Édith Arnaud vécut ses premières amours et ses premiers combats politiques. Elle n’a jamais revu Antoine, le jeune homme en colère qui, à l’aube des années soixante, voulait changer le monde. Sa silhouette traverse le récit et bientôt se superpose à celle de l’Italien du delta du Pô, dont les brumes hantent le paysage mental de cette femme rompue à l’usage du monde.
Le temps qui passe, la perte des illusions et les rendez-vous manqués ont pourtant éveillé en elle une joyeuse mélancolie. Témoin ses dialogues loufoques avec le corbeau freux du Jardin des Plantes… Dans le silence et la blancheur de cette journée particulière, la solitude a moins que jamais le goût des renoncements.
Entrelaçant fiction et expérience intime, Michèle Lesbre est, dans ce récit lumineux, au plus près d’elle-même.

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Parler du livre de Michèle Lesbre, c’est avant tout parler de l’atmosphère qui y règne.

Elle attend l’italien à la sortie du train. Pourquoi ? Une lubie, un besoin de toucher de près quelqu’un qui la rapprocherait de Ferrare ? Ce n’est même plus important.

Il lui reste donc à meubler cette journée de vacances, de vacance. Une journée entre parenthèses où La neige recouvre le parc. Sur l’écran blanc, elle imprime des souvenirs de neige en Aubrac lorsqu’elle était enfant. Puis arrive celui d’Antoine son amour d’adolescente, lui qui voulait changer le monde et qui a disparu du jour au lendemain. Le cheminement de la pensée l’amène sur les rives du Pô, à Ferrare, ville de sa reconstruction et donc à l’italien. Toute cette journée hors du temps sera propice à des retours dans le passé, mêlés de rêves et du présent.

Il n’y aucune nostalgie dans ce livre. L’atmosphère y est ouatée, douce comme le paysage qui l’entoure.

Ce récit n’a rien de nostalgique, l’atmosphère ressemble à celle que Modiano récréé dans ses livres.

Un livre très court, entre parenthèse, qui se lit avec grand plaisir où les parenthèses littéraires, et cinématographiques italiennes accompagnent sa promenade.

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Michel Tremblay - Bonbons assortis

15 Janvier 2014, 23:01pm

Publié par zazy

 

Bonbons assortis

Michel Tremblay

Editions Limeac - Actes Sud

Juin 2002

175 pages

ISBN : 9782742740291

 

4ème de couverture :

La petite enfance de Michel Tremblay contient en germe la sensibilité et l'émotivité si vives de l'œuvre à venir.
Quand il ouvre le tiroir de ce paradis perdu, les trésors qu'il y découvre sont plus vivants que jamais, plus savoureux parce que plus de cinquante ans ont passé, qui les ont affinés en vibrants récits. C'était l'époque où la magie du père Noël opérait encore et où les gentils mensonges des adultes tenaient lieu de vérités : ceux de son frère Jacques et de sa marraine Robertine, ceux de son oncle Josaphat et de sa grand-mère Tremblay, mais surtout ceux de sa mère Nana, qui mêle bonne et mauvaise foi avec un égal bonheur et dont le rire sonore fuse à travers tout l'univers de l'écrivain.

 

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Le livre tient ses promesses. C’est une véritable boîte de bonbons que nous offre Michel Tremblay.

 

J’ai aimé lire à haute voix dans ma tête (si fait, je confirme) les discussions entre Michel enfant, sa mère, sa grand-mère et toute la smala (12 personnes !) qui habite un grand appartement à Montréal.

 

En plusieurs nouvelles, Michel Tremblay raconte son enfance dans cette famille où 3 générations cohabitent, où les engueulades, les rires, la chaleur humaine, la tendresse règnent.

 

Ah ! ces expressions canadiennes pur jus, un vrai régal. J’en connais quelques unes grâce à mes amis blogueurs canadiens et j’en raffole.

 

Les bonbons de Monsieur Tremblay sont acidulés, croquants, tendres, emplis de miel ou de citron, collants comme du caramel…. Ils ont le goût des souvenirs d’enfance, un petit goût de « r’venez-y ». Un délicieux moment de lecture que je continuerai en lisant d’autres livres de cet auteur canadien.

 

 

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Gwenaëlle Aubry - Partages

15 Janvier 2014, 15:21pm

Publié par zazy

Partages

Gwenaëlle Aubry

Editions Mercure de France

185 pages

30/08/2012

ISBN : 9782715233072

 

 

4ème de couverture :

Posé contre un mur, devant une échoppe, il y avait un grand miroir, je me suis arrêtée pour me voir tout entière, de la tête aux pieds. Devant moi une fille, une touriste ou une juive, je ne sais pas, se regardait dans un miroir plus petit accroché à côté. Elle portait une robe qui dénudait ses jambes et ses bras mais soudain elle a sorti un foulard de son sac et l'a noué sur ses cheveux, j'ai trouvé ça bizarre, j'ai cherché son reflet. Et là, un instant, j'ai vu dans le cadre étroit deux visages si semblables que je n'ai plus su qui je regardais. Cela m'a fait peur, vite je suis partie, je me suis effacée.

En 2002, c'est la seconde Intifada. Sarah, Juive d'origine polonaise, née et élevée à New York, est revenue vivre en Israël avec sa mère après les attentats du 11-Septembre. Leïla a grandi dans un camp de réfugiés en Cisjordanie. Toutes deux ont dix-sept ans. Leurs voix alternent dans un passage incessant des frontières et des mondes, puis se mêlent au rythme d'une marche qui, à travers les rues de Jérusalem, les conduit l'une vers l'autre.
Partages est un roman sur la communauté et sur la séparation, sur ce qui unit et divise à la fois. Sœurs ennemies, Leïla et Sarah sont deux Antigone dont le corps est la terre où border et ensevelir leurs morts.

Gwenaëlle Aubry, philosophe et écrivain, est l'auteur d'essais et de cinq romans dont Personne (prix Femina 2009).

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Leïla et Sarah, Sarah et Leïla ; deux héroïnes des deux côtés du miroir, des deux côtés de la frontière, des deux côtés de la haine et de la mort… une de Shaar HaArayot, l’autre de Bab al-Asbat. Elles habitent la même terre, la même ville, Jérusalem, mais tout les sépare, elles prient leurs Morts, mais ils sont ennemis.

Pourtant, elles se ressemblent. Elles étouffent pareillement dans leur carcan respectif de tradition, de haine.  Elles s’en nourrissent de cette haine, que ce soit pour la vomir ou pour l’adopter, la dompter ou l’exploser.

La mise en page de Gwenaëlle Aubry est très intéressante ; le livre alterne les monologues des deux jeunes filles. A la fin, les deux récits s’embrouillent pour nous amener au point de chauffe ultime, au point de rupture. Pour une meilleure mise en scène, à l’une les pages paires, à l’autre les pages impaires, l’une est vraiment le miroir de l’autre.

Le miroir. Le livre est construit en miroir ; c’est également devant cet objet que Leïla et Sarah vont s’entrapercevoir. Elles sont le reflet l’une de l’autre. Leurs amies servent de contrepoint. C’est aussi le miroir brisé de toutes ces vies perdues.

Ce conflit est une vraie tragédie, ancré non seulement dans l’Histoire récente de la seconde guerre mondiale, mais également dans l’Histoire ancienne des religions.  Lorsque Gwenaëlle Aubry recopie les extraits des manuels d’histoire des deux parties, ou lorsque les enfants jouent à l’intifada, ou « au Martyr et au Juif » il y a de quoi être pessimiste.

C’est un livre fait de la chair, du sang et des tripes des vivants et des morts, un livre qui vous prend et ne vous lâche plus. A aucun moment l’auteur ne prend partie pour l’un ou l’autre camp. Elle donne chair à Leïla et Sarah, elle donne les mots pour les peurs, la mémoire, ce que l’on ne peut oublier. Toutes ces choses qui font que les deux jeunes filles, à l’instar de leurs pays sont inconciliables (pour l’instant j’aimerais l'espèrer).

D'autres avis : Mimi - Aifelle - Alex - Jostein

Quelques extraits :

Quand j’étais petite, avec les autres filles, on jouait à l’Intifada. On ramassait des petits cailloux dans les rues et on se les lançait pendant la récréation. On en avait toujours plein les poches de nos blouses. Puis nous avons grandi et nos frères nous ont autorisées à jouer pour de vrai.

Tous ici, Israéliens et Palestiniens, Arabes et Juifs, comme tu voudras, nous partageons la même folie, c’est elle qui, comme la terre, nous divise et nous réunit. Nous partageons une même hantise, tous, nous sommes habités par des cohortes de morts.

 

 

 

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Claude Pujade-Renaud - Belle mère

11 Janvier 2014, 23:06pm

Publié par zazy

Belle mère

Claude Pujade-Renaud

Editions Actes Sud

1994

165 pages

ISBN : 9782742701599

 

4ème de couverture :

 

Par une petite annonce du Chasseur français, Eudoxie, quarante-sept ans, rencontre et bientôt, épouse Armand, sexagénaire, veuf comme elle, flanqué de Lucien, son fils –trente ans passés, taciturne, sauvage, peut-être même à moitié fou. Et voici qu’elle s’installe dans le modeste pavillon de Meudon Val-Fleury où habitent les deux hommes…. Deux ? Pas pour longtemps. La guerre qui survient est fatale à Armand : il laisse à Eudoxie la charge de l’encombrant beau-fils dont elle n’a que faire –avec lequel, cependant, elle va tentera de vivre…

Histoire d’une mariée condamnée bien malgré elle à être belle-mère, roman d’un « arrangement » insolite entre deux individus qui ne se sont pas choisis, variation douce-amère sur le troisième âge, ce livre est comme un adieu, à travers le siècle, à une génération de gens simples, discrets, respectueux de leur destin. Dans une écriture complice et toujours vigilante, Claude Pujade-Renaud y met surtout en lumière un magnifique portrait de femme, aux plus beaux jours de la petite France des banlieues.

 

L’auteur

Née en 1932, Claude Pujade-Renaud a étudié la danse contemporaine à Paris, Londres et New York (école de Martha Graham). Danseuse, chorégraphe et enseignante, elle a contribué à la diffusion de la danse moderne américaine en France. À l’âge de quarante ans, elle se tourne vers l’écriture, avec le soutien de son compagnon et écrivain Daniel Zimmermann. Elle publie son premier roman La Ventriloque aux éditions des Femmes en 1978. Belle-mère a obtenu le prix Goncourt des Lycéens en 1994.

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Tiens, le titre a un autre sens puisqu’il ne s’écrit pas belle-mère mais belle mère. Cela traduit la relation d’Eudoxie et Lucien le fils de son second mari décédé peu après leur mariage.

Eudoxie apprivoisera Lucien paranoïaque, comme on fait avec un petit chat sauvage, Elle m’a fait penser au Petit Prince de Saint Exupéry. Elle ira même plus loin et fera un véritable travail de thérapie pour lui éviter un internement psychiatrique. Lucien, grâce à la patience de sa belle-mère arrivera à se comporter peu ou prou comme un adulte.

Ce livre, sur le respect de l’autre, est une bien belle histoire. Le temps passe et laisse des traces. La vieillesse arrive sans se montrer et puis il faut se rendre à l’évidence, elle est là. Eudoxie à 94 ans ne peut plus s’occuper de Lucien. Elle entre en maison de retraite pour y finir ses jours (théoriquement). La séparation est dure des deux côtés. Il la rejoindra (peut-être) lorsqu’une chambre pour couple se libérera.

Ce magnifique roman parle  des relations de confiance qui peuvent s’établir entre deux personnes que tout sépare. Ainsi, pour Lucien, Eudoxie, de belle-mère, devient belle mère

Claude Pujade-Renaud a su trouver les mots simples du quotidien, des phrases emplies de tendresse, d’émotions avec, en prime, une promenade dans une banlieue en pleine modernisation. Un vrai petit bonheur de lecture avec une fin insoupçonnée mais logique.

 

Ce roman a été couronné par le Goncourt des lycéens en 1994.

 

 

 

 

 

 

 

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Gary Victor - La piste des sortilèges

10 Janvier 2014, 23:31pm

Publié par zazy

 

La piste des sortilèges

Gary Victor

Editions Vents d’ailleurs

(édition poche)

590 pages

2013

ISBN :9782364130333

 

 

4ème de couverture :

Persée Persifal, tué par un député corrompu, quitte le monde des vivants. Son ami Sonson Pipirit échappe aux nasses de la Sirène, convainc Bawon Samedi, gardien des cimetières, que Persifal est un juste, joue aux dominos avec Vlen, chef des sociétés secrètes de l’île, est menacé d’émasculation, vendu comme esclave et attaqué par un lézard grand comme un cheval, part à la chasse au mandrill, console le frère de la maîtresse de Papa Simbi, dieu vaudou, refuse de servir de repas aux porcs, tue plus que de raison et succombe maintes fois aux charmes torrides de femmes plus belles les unes que les autres pendant cette nuit sur la Piste.
Une seule nuit pour quitter le monde des vivants, partir sur la Piste et revenir, parcourir la campagne d’Haïti, traverser deux siècles pour chercher un ami, un juste.

On ne résume pas La Piste des sortilèges, c’est un livre tourbillon, rythmé et porté par un imaginaire nourri au monde fantastique, merveilleux et absurde, foisonnant de références multiples. Sur plus de cinq cents pages, récits, péripéties et rencontres s’enchevêtrent. Les épreuves subies et surmontées, les expériences accumulées de Pipirit servent de repères philosophiques et de guides dans ce monde aux références équivoques.
Entraîné dans une épopée fantastique, une aventure à vous couper le souffle, une quête initiatique mêlant d’une main de maître la vie, la mort, le tragique, le rire, Dieu, le diable, et la critique sociale… vous n’en sortirez pas indemne.

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Un livre fleuve, un roman épique, une quête initiatique, un joyeux capharnaüm de l’Odyssée, des douze travaux d’Hercule (non pas ceux d’Astérix !) de Don quichotte, de Gargantua….

La quatrième de couverture essaie de résumer ce livre dense. Sonson Pipirit est parti rechercher son ami Persée Persifal, tué, qui erre dans un monde alternatif, genre purgatoire. Pour ce faire, il doit suivre la Piste, surmonter différentes étapes où la mort côtoie la danse, où un guide (une bonne âme ?) l’aide s’il suit le bon chemin. A chaque nouvelle épreuve, il doit écouter l’histoire de celui qui reste bloqué sur cette Piste. Ces histoires racontent l’Histoire d’Haïti, je pense sans parti pris, sans à priori. Tout le monde grands et petits, corrompus et non corrompus en prennent pour leurs grades.

J’avoue m’être arrêtée plusieurs fois, mais j’ai toujours repris avec grand plaisir, tourné les pages avec curiosité jamais angoissée. C’est un livre de rencontres, d’amoures échevelées, de sortilèges, de personnages fantasmagoriques. Un vocabulaire aussi bien truculent, cru (le sexe y est très présent) que poétique.

Un conseil : ne pas chercher de chronologie, le temps n’a plus la même notion ; ne pas chercher à se raccrocher à quelque chose de tangible, non, il faut se laisser porter par une histoire totalement échevelée pourtant parfaitement maîtrisée.

Oui, vraiment, un livre inclassable, mais riche et joyeux. Une belle découverte que je dois à Yv (lisez sa chronique) qui me l’a gentiment prêté (il y a longtemps !).

 

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De retour de la bibliothèque

9 Janvier 2014, 21:50pm

Publié par zazy

J'inaugure une nouvelle série : De retour de la bibliothèque.

Je suis allée rendre 3 livres et je suis revenue avec 5 !!

Cela ne va pas faire descendre ma PAL. J'ai vraiment raison de refuser tout challenge visant à diminuer cette chose.

Voici les livres ramenés

  • Minela Agus : Battement d'ailes
  • Michèle Lesbre : Un lac immense et blanc
  • Gaëlle Bantegnie : Voyage à Bayonne
  • Gwenaëlle Aubry : Partages
  • Kéthévane Davrichewy : Les séparées

C'est grâce à vous amis blogueurs que ma PAL augmente et je vous en remercie. En effet, une de vos chroniques me plaît, hop, je vais sur le site de la Bibliothèque et s'i est référence, je retiens le livre.

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Marie Vindy - Une femme seule

6 Janvier 2014, 23:19pm

Publié par zazy

Une femme seule

Marie Vindy

Editions Fayard noir

Mars 2012

ISBN : 2213661588

400 pages

 

4ème de couverture :

 

Un petit matin de janvier, au lieu-dit de L’Ermitage, Marianne Gil est réveillée par une pluie de coups frappés à sa porte. Son ami Joe, affolé, a découvert le corps sans vie d’une jeune fille derrière les granges, au fond de la propriété. Ils préviennent les autorités.

Le capitaine Francis Humbert, de la brigade de recherches de Chaumont, prend la tête des opérations. Les premières constatations révèlent que la victime a été étranglée, mais rien ne permet d’établir son identité. Qui est-elle ? Et que faisait-elle seule, dans les bois, en plein hiver ?

Mystérieuse Marianne, qui vit cachée et porte un secret que ni le silence ni la solitude n’ont su consoler. Écrivain de renom, cette femme seule à la beauté sauvage dégage une fragilité à laquelle Humbert sent confusément qu’il ne peut résister.

Divorcé, englué dans une vie de caserne qui ne lui convient plus, cet enquêteur acharné va tout risquer pour la protéger de son passé...

Fascinée par les grands paysages, Marie Vindy révèle un territoire traversé d’ombres, animés de personnages partagés entre désir d’ordre et tentation des limites.

Avec Une femme seule, elle inaugure une série au cœur de la gendarmerie française qui l’impose comme une des nouvelles voix du polar aujourd’hui.

 

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La 4ème de couverture devra vous suffire quant à l’intrigue !

Dans ce livre, Marie Vindy, joue beaucoup avec les stéréotypes. Le flic, ici un gendarme, pas mal fait de sa personne, bourru, bourreau de travail, lâché par sa femme (par contre, celui-ci ne boit pas comme un trou, il y a du progrès !). Nous avons l’héroïne belle comme un cœur, mystérieuse et solitaire, traînant un lourd secret. Là, je dois avouer qu’il y en a plusieurs couches ! Les « accompagnants » ou seconds couteaux (très bon ça pour un polar !!) sont nettement moins affriolants (de peur qu’on les confonde avec les Héros ??). L’adjoint d’Humbert, Ladro, répond également à l’archétype du second. Je pense qu’il doit y avoir ces codes à respecter dans l’écriture des polars.

Ceci étant établi, j’ai passé une super nuit à lire ce livre très bien ficelé. J’aime ces polars où cela ne défouraille pas à chaque page.

Humbert, le capitaine est un type sérieux (quoique…) qui suit son enquête pas à pas, il n’a aucune fulgurance (que ça fait du bien !), il ouvre toutes les pistes, suit les moindres indices jusqu’à se trouver très, très près de Marianne, l’héroïne. L’enquête nous ait bien expliquée, on suit les progrès des enquêteurs jusqu’au dénouement final, sans exaltation, mais avec beaucoup d’intérêt. Impossible de lâcher le livre et je n’ai pas sauté de pages pour arriver plus vite au dénouement, j’ai aimé suivre le capitaine dans ses détours. Le livre à de la chair, de la tripe, ce n’est pas qu’une enquête froide et méthodique, nous entrons dans la vie privée des « héros », ce sont des êtres vivant dans un milieu géographique bien décrit.

Il faisait froid à Chaumont et dans sa région. J’ai bien retrouvé cette sensation de boue, pluie, neige, vent que je connais lorsque je vais dans la région nord-est. Que j’étais bien sous ma couette bien au chaud à lire leurs aventures.

J’aimerais bien que Marie Vindy revienne avec une nouvelle enquête du capitaine Humbert dans sa nouvelle région de Bourgogne.

D'autres avis : Lettresexpres - Yv - Sylire - ainsi que sur les sites Libfly - Babelio

Le site de Marie Vindy

 

 

 

 

 

 

 

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Alain Berbenboom - Monsieur OPTIMISTE

5 Janvier 2014, 21:14pm

Publié par zazy

Monsieur Optimiste

Alain Berenboom

Editions Genèse

Octobre 2013

248 pages

ISBN : 9782930585161

 

 

4ème de couverture :

À la mort de ses parents, le narrateur décide de ranger, non sans réticence, les archives familiales empilées depuis des lustres dans une armoire. Il redoute ce travail fastidieux, tant il est persuadé que son père, un petit pharmacien de quartier, a eu une vie « sans histoires ». Or, au fil des découvertes, se dessine le portrait d’un Don Quichotte original et aventureux qui, sous couvert de patronymes différents, a vécu plusieurs vies avec l’indéfectible optimisme des vrais héros. Ayant quitté son shtetl de Pologne, il est venu en Belgique à la fin des années vingt étudier la pharmacie à Liège. Comme il ne parle pas français, il trouve le job idéal auprès d’un prestidigitateur à la recherche d’un « étranger » prêt à monter sur scène à chaque représentation pour confirmer au public que la femme à couper en deux est bien dans son écrin. C’est ainsi que commence une vraie de magicien qui va lui permettre de surmonter les épreuves qui se succèdent, l’entrée en guerre, le voyage de noces avec sa jeune épouse, la belle Rebecca, à Boulogne-sur-Mer sous les bombardements, une amitié imprudente avec un Allemand qui se révèle espion du IIIe Reich. Il lui faut déployer beaucoup d’imagination pour éviter l’arrestation par les nazis mais aussi par la Sûreté de l’État, à l’affût de ses amitiés communistes. Mauvais juif mais lecteur assidu de la Bible, mauvais Polonais qui résiste aux appels au retour de sa mère dont les lettres lui racontent mois après mois une vision idyllique de son village, tenté d’immigrer en Israël, défenseur forcené de son pays d’accueil : voilà quelques-unes des facettes contradictoires de Monsieur Optimiste. À travers ce récit, tantôt burlesque, tantôt poignant et nostalgique, inspiré de la vie du père de l’auteur, c’est l’histoire du XXe siècle qui se dessine en filigranes mais c'est surtout pour l'auteur une façon de tendre la main à ses origines et de cerner sa propre identité. Comment deux immigrés de l’Est ont fabriqué un « Belge de souche »…

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Ranger les archives fut, pour l’auteur, une révélation totale, lui qui pensait que la vie de ses parents fut un long fleuve tranquille.

Ce ne fut pas la boîte de Pandore, mais une porte ouverte sur le passé de ses parents et par la-même, sur son ascendance. De ses boîtes sortent des lettres écrites en polonais et ou Yiddish. Comme ses parents n’ont jamais voulu lui apprendre ses deux langues, il a recours à des traducteurs pour pouvoir avancer à l’envers de la vie de ses parents. Son père a tout fait pour « belgiser » son fils. Après avoir survécu à la seconde guerre mondiale, il flamandise son propre nom qui de Berenbaum devient Berenboom.

Avant d’être ce pharmacien sans histoire qu’il a connu, Chaïm Berenbaum a parcouru un chemin semé de surprises, d’embuches depuis shtetl polonais natal. Cet homme surnommé Monsieur Optimiste l’est vraiment. Ses aventures furent rocambolesques, émouvantes. Il fut à ses débuts belges, aide d’un magicien coupeur de femme en deux !

Alain Berenboom nous offre un livre optimiste, empli de pudeurs, d’amour pour ses parents, plein de notre histoire européenne et plus particulièrement de l’histoire belge.  Son écriture dense, est parsemée de traits d’humour  et d’autodérision qui lui permettent de cacher l’émotion que l’on ressent à la lecture certaines phrases.

Oui, vraiment, un très bon livre ;  je comprends qu’il ait obtenu le prix Rossel, souvent qualifié de "Goncourt belge".  Une lecture vivifiante et un coup de cœur tant pour l’écriture que la profondeur du sujet, bien qu’affaibli par les dernières pages inutiles à mon sens, mais ce n’est que le mien.

Merci Diane pour ce beau cadeau de Noël

 

Quelques extraits :

Qui se soucie de la vie de ses parents ? Qui a eu la curiosité, la force ou simplement l’idée de percer leurs secrets, de violer leur jardin personnel ? Pour un enfant, les parents n’ont pas d’âge, pas d’histoire, pas de passé et surtout pas de mystère. A l’adolescence, on ne s’intéresse qu’à soi. Plus tard, après avoir quitté le nid, on ne les voit plus qu’un dimanche de temps en temps, puis aux fêtes d’anniversaire, à la nouvelle année. Et que reste-t-il de nos parents quand la tentation nous prend enfin d’ouvrir la boîte de Pandore ? Des morceaux d’histoires qui leur ont échappé et qu’on a miraculeusement retenus, on ne sait pourquoi : le nom d’un ancien ami –ou d’un ennemi- à qui ils n’ont jamais pardonné, des rancœurs familiales à l’origine obscure.

Toute personne de race juive doit s’inscrire dans sa commune de résidence, décrète l’ordonnance d’octobre 1940. Si les Allemands avaient obligé, disons tous les myopes, les goitreux, les unijambistes, les bègues ou les maladroits à s’inscrire dans un registre, imagine-t-on qu’ils auraient obtempéré ? Et si une ordonnance avait décrété qu’il fallait dresser un inventaire des maisons envahies par les mouches, quel propriétaire aurait été assez candide pour tomber dans le panneau ? Faudrait avoir eu une araignée dans le plafond ! ! Alors, pourquoi diable mon père s’est-il empressé de se déclarer juif et d’inscrire son nom et celui de ma mère dans ce foutu registre ? Voulait-il prouver que lui aussi respectait la loi comme tous ses chers voisins ? Qu’il était aussi bon juif Belge qu’eux ?

Pour expliquer son travail  pour la Résistance, les risques qu’il prît, mon père n’a jamais évoqué le sort de ses coreligionnaires. Il en avait juste assez de voir les allemands tenir le haut du pavé, dicter leur loi, l’obliger à vivre dans la clandestinité, lui qui voulait tout simplement retrouver sa pharmacie, ses clients et rouler entre ses doigts habiles les petits pilules qui lui donnaient la réputation méritée de meilleur magicien de l’Est (de Bruxelles).

Pendant que les nazis effacent la famille Berenbaum à l’est de l’Europe, que deviennent Chaïm et Esther à l’Ouest ? Raconter leurs relations n’est pas une promenade de santé. Si on a la curiosité de plonger en dessous des nuages, on tombe sur des failles redoutables. A ceux qui souffrent de vertige, la faculté déconseille formellement l’alpinisme. C’est mon cas. Dès que je me suis lancé dans l’exploration de la face cachée de mon père, j’ai découvert le glacier de ses relations avec sa sœur Esther. Alors, accrochez-vous au risque de glisser !

 

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