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ZAZY - mon blogue de lecture

Saïd Sayrafiezadeh - Le jour où les skateboards seront gratuits

27 Décembre 2013, 14:56pm

Publié par zazy

Le jour où les skateboards seront gratuits

Saïd Sayrafiezadeh

Traduction Fabrice Pointeau

Editions Calmann-Lévy

320 pages

Parution : 25 septembre 2013

ISBN : 9782702144626

 

 

 

4ème de couverture :

Dans l’Amérique des années 70, l’histoire touchante et cocasse d’une enfance en marge. Alors que Saïd n’a que neuf mois, son père estime qu’il a mieux à faire que de s’occuper de sa famille : œuvrer pour que la révolution triomphe aux États-Unis. Mahmoud est né en Iran, il a fui le régime du Shah et s’est installé à New York où il devient un membre éminent du parti socialiste des travailleurs. Personnage haut en couleur sachant jouer de son charme, il épouse Martha Harris, juive américaine, elle aussi une fervente militante trotskiste, dépressive et à côté de la plaque.
Pour être fidèle à ses idéaux, elle choisit l’expérience du déclassement. Saïd sera ainsi brinquebalé d’appartements miteux en deux-pièces sordides, de Brooklyn à Pittsburgh, élevé au gré d’interdits absurdes qui l’excluent subtilement de la communauté des enfants : interdiction de manger du raisin à cause du boycott du syndicat des ouvriers agricoles, interdiction de posséder un skateboard tant qu’ils ne seront pas gratuits pour tous, etc.
Mère et fils passent vacances et week-ends à militer, distribuer des tracts, manifester ou à rendre visite à des prisonniers noirs évidemment victimes de ces salauds de capitalistes…

L'auteur :

Saïd Sayrafiezadeh est né à Brooklyn en 1968, il écrit régulièrement pour des revues littéraires comme Granta et The New Yorker. Le jour où les skateboards seront gratuits est son premier livre publié en français.

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Le récit autobiographique de Saïd Sayrafiezadeh est un monument d’humour pince sans rire, farfelu ; l’humour du désespoir à la Woody Allen, tout en étant une peinture du monde contestataire américain.

Nous sommes dans les années 70-80. Saïd Sayrafiezadeh a tout pour rater ou compliquer sa vie.  Un père iranien, une mère juive, l’ensemble est déjà explosif. Ajoutez qu’ils sont trotskistes purs et durs, membres du Parti Socialiste des Travailleurs et ce, aux U.S.A. berceau du capitalisme. Le père les abandonne  puis retourne en Iran où le Shah vient d’être renversé. Imaginez le père barbu, chevelu se présentant aux élections présidentielles au pays des futurs Ayatollahs!

L’enfance de l’auteur ne fut pas très, très, gaie, mais que peut-il faire face à l’Idéal, face à une mère abandonnée, dépressive, totalement à côté de la plaque, mais toujours militante. S’écouter dire par sa mère qu’il  ne pourra avoir un skateboard, le rêve pour un petit garçon, que lorsqu’ils seront gratuits ; Ou que vous ne pouvez manger du raisin pour cause de boycott du Syndicat des Ouvriers… ça vous forge un caractère ou vous flingue.

Martha seule continue de militer et distribuer le journal accompagnée de Saïd, et, pour vivre son apostolat socialiste, ils habitent des appartements miteux, des quartiers pauvres et sordides « La différence entre les autres familles pauvres du quartier et nous, c'était que notre pauvreté était volontaire. C'était une succession de choix, et non une réalité à laquelle on ne pouvait échapper. ». Avec son patronyme et les évènements iraniens, il ne colle plus dans le paysage scolaire. Il découvre le racisme, l’ostracisme et l’exclusion auprès de ses camarades de classe, même ceux qu’il prenait pour ses amis. Quoique le racisme, la ségrégation il les vit au quotidien puisque les blancs sont dans des classes « avancées », alors que les noirs se trouvent d’office dans les classes dites « normales ».

« La séparation était absolue. Même les rares fois où les élèves noirs et blancs se retrouvaient –au déjeuner, à la gym, pendant la formation professionnelle-, ils discutaient à peine entre eux. »

Ce livre est une véritable plongée dans le monde de l’opposition au modèle capitalisme. Une autre face de ce pays où il ne fait pas bon vivre lorsque l’on est noir, pauvre… ou syndicaliste de gauche. Saïd Sayrafiezadeh  met beaucoup d’amour, d’humour, de dérision  pour nous donner à lire un bon livre. Surtout ne comptez pas sur lui pour geindre sur l’enfant abandonné, délaissé sur l’autel de la lutte des classes qu’il fut.

 

Quelques extraits :

« Mon père est persuadé que les Etats-Unis seront un jour balayés pat une révolution socialiste.

Mais plus que tout mon père est membre –camarade- du Parti Socialiste des travailleurs. Il en est l’un des plus éminents camarades, à vrai dire, et l’a été pendant l’essentiel de ma vie.

Le Che est assassiné, Martin Luther King est assassiné, et Nixon est élu (elle a voté pour Fred Halstead –quarante-et-une mille vois). Après ça, un troisième enfant naît –moi- et pendant ce temps la guerre du Vietnam s’enlise, les manifestations se font  plus violentes, et les réunions plus fréquentes. Le mari et la femme continuent encore et encore, de plus en plus loin, de plus en plus vite, jusqu’au jour où survient une pause, brève, tandis que le mari se tient à la porte de leur appartement, la main sur la poignée, n’osant regarder ni sa femme ni ses trois enfants. Il a une expression penaude et un sac de voyage à la main. Puis, il ouvre la porte et sort doucement sur la pointe des pieds et s’enfonce à jamais dans la nuit.

Les membres du Parti pouvaient en apparence railler les idéaux chrétiens qui prônaient la pauvreté et la renonciation aux biens matériels, mais ils étaient au fond d’eux-mêmes persuadés qu’il n’y avait rien de plus ignominieux que de réussir dans une société aussi moralement corrompue que la nôtre.

C’étaient des connards de riches, après tout, et je leur en voulais de ce que je n’avais pas.

« JE SOUTIENS LE COMBAT DES TRAVAILLEURS ET DES PAYSANS IRANIENS CONTRE L’IMPERIALISME AMERICAIN. »

 

 

 

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Jean-Marie Blas de Roblès - La Montagne de minuit

22 Décembre 2013, 22:08pm

Publié par zazy

La Montagne de minuit

Jean-Marie Blas de Roblès

Editions Zulma

2010

ISBN : 2843045207

 

4ème de couverture :

Au cœur de ce roman, un personnage hors du commun : Bastien, gardien d'un lycée jésuite et secrètement passionné par tout ce qui concerne le Tibet et le lamaïsme. Tenu à l'écart de son voisinage pour d'obscurs motifs, le vieil homme vit plus solitaire qu'un moine bouddhiste.

L'aventure commence à Lyon, par la rencontre entre le vieux sage et Rose, nouvellement emménagée avec son petit Paul. Séduite par l'étrangeté du personnage, cette dernière s'attache à lui au point de lui permettre d'accomplir le voyage de sa vie...

 

Vérités et mensonges, fautes et rédemption s'enlacent et se provoquent dans ce roman qui interroge avec une désinvolture calculée les « machines à déraisonner » de l'Histoire contemporaine. Roman à thèse si l'on veut, sous les bonheurs du romanesque pur, la Montagne de minuit se lit comme une exploration intrépide des savoirs et des illusions.

 

 

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J’ai quelque peu peiné à faire cette chronique. Ce livre ne me lâche pas.

 

LUI : Bastien Lhermine gardien d’un lycée tenu par des jésuites se voit signifier sa mise à la retraite d’office avec perte de son logement de fonction. Bien sûr, il a dépassé l’âge de la retraite, mais ce traitement n’est pas digne, à mon avis, d’un homme d’une église qui prône le pardon et la bonté…

 

ELLE : Rose Sévère ; Son nom résonne comme un oxymore. Elle est historienne et mère célibataire.

 

ILS sont voisins et des liens d’amitié vont se tisser entre eux. Rose et Bastien partiront ensemble pour le Potala cher à Bastien.

 

Dans ce livre beaucoup de paires. Bastien et Rose, Rose et Paul son fils, Bastien et le collège, Bastien et Tom, Rose et Tom, Bastien et Rose, Tom et Bastien.

 

Bastien, arrivé sur le toit du Monde a un malaise et se retrouve, dans le coma, à l’hôpital du Peuple. Savait-il ? Qu’a-t-il dit au moine pour accéder à ce lieu fermé ? Le moinillon qui marmonne des prières accroupi aux pieds du vieil homme puis qui continue ses litanies une fois Bastien à terre me le font penser.

 

Toujours dans le coma, juste avant son rapatriement sanitaire, Rose osera lui dévoiler le terrible secret qui la ronge. Dans l’avion, Bastien lui révèlera avoir tout entendu et lui fera aussi ses confidences (fausses ou vraies, nous le saurons plus tard ?). Cette prise en charge du secret de l’autre agira comme une béquille pour Rose et sera le chant du cygne de Bastien. Le cercle infernal de la faute, de la culpabilité sera ainsi brisé.

 

Une autre lecture intervient car Paul, écrivain, raconte l’histoire et Rose confirme et ou commente.

 

Arrive la fin de cette jolie histoire avec ce paragraphe « Nouvelles pièces à verser au dossier des brigades. J’ai essayé d’être claire et didactique. J’espère que tu en feras bon usage ». Rose, suite aux révélations de Bastien a cherché les preuves de ces « brigades tibétaines » sur Internet, ce que j’ai fait aussi sans tout comprendre de ce « salmigondis » (mot de Rose) ce ramassis d’histoires à dormir debout. « Aujourd'hui, je suis presque sûre qu'il avait prévu les questions qui soulèveraient ces fichues brigades, qu'il m'a ainsi obligée au parcours de démystification dont je viens de te rendre compte ».

 

La, le livre prend une tout autre dimension et n’arrête de me tarauder. Qu’il y a-t-il de vrai dans ces pages en fin du livre ? Vérité ou mystification ? Pourquoi ?

 

C’est un livre très maîtrisé, à plusieurs lectures entrelacées comme une tresse. Au début, j’étais avec un bon livre sur l’amitié, le secret ; un livre fort bien écrit et original (on peut en rester à ce stade sans problème)…. Puis me voici avec un sujet de réflexion sur la vérité ou la fiction, sur les secrets et leurs révélations, sur Hitler, le 3ème Reich et ses accointances vraies ou supposées avec le Dalaï-lama… Les pièces jointes font peur… Je pense qu’il faudra que je le relise.

 

Maintenant, je vais dénicher « Là où les tigres sont chez eux », j’espère venir à bout de ce gros pavé.

 

Quelques extraits :

 

Depuis que les hommes ne croient plus en Dieu, ce n’est pas qu’ils ne croient plus en rien, c’est qu’ils sont prêts à croire en tout…

 

S’il y a quelque chose de pire que la religion, c’est le mythe ; la littérature est bien incapable de changer le monde, mais dis-toi qu’elle a encore les moyens d’entretenir ce qui le désagrège.

 

Un enfant attend tout d'un conte, sauf la réalité. Des histoires d'ogres, de sorcières, de petites filles dévorées par les loups, peu importe pourvu qu'on le détourne de ses propres angoisses. Une mère qui cherche à apaiser son enfant ne se préoccupe pas du degré de vérité de ce qu'elle invente ; elle met en scène les seuls éléments qui permettent de croire son histoire, de se laisser emporter.

 

Regarde Dan Brown et son Da Vinci Code. Je me fiche que ce type écrive mal ou raconte des conneries, la seule chose que je lui reproche c’est de commencer son livre en disant : « attention, tout ce que vous allez lire est la stricte vérité, je n’ai rien inventé », alors qu’ensuite il te raconte le Petit Chaperon rouge.

-Alors, j’écris « ceci est un conte », et je fais ce que je veux ?

-Juste une question de conscience personnelle. Quoi que tu dises, de toute façon, cela n’empêchera pas les gens de croire dur comme fer à leurs fantômes préférés. Y compris à l’existence des Brigades tibétaines…

 

Un vrai pour un faux, ça donne toujours du vraisemblable

 

Mener à bien une résolution, ne serait-ce qu'une seule, c'est se rapprocher de l'état de grâce.

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Michel Quint - Les amants de Francfort

20 Décembre 2013, 23:28pm

Publié par zazy

 

Les amants de Francfort

Michel Quint

Editions Héloïse d’Ormesson

240 pages

Paru le 18 août 2011

ISBN : 9782350871738

 

 

4ème de couverture :

« La nuit où Lena et Florent devinrent amants, un double meurtre fut commis dans leur hôtel de Francfort. »

De l’Allemagne qui lui a pris son père, Florent Vallin ne veut pas entendre parler. Mais après un passage obligé à Francfort où une brune incendiaire se trouve sur son chemin, le jeune éditeur à succès décide d’exhumer un passé familial douloureux. Sur les deux rives du Rhin, de Paris à Berlin, entre jeux de masque et secrets de cœur, il s’engouffre dans une époque sanglante où la bande à Baader et les anciens nazis avaient pignon sur rue. Quand l’Histoire rejoint l’histoire, Florent ne peut plus esquiver sa quête de la vérité – à la vie, à la mort.

Un thriller hypnotique en hommage aux ombres du passé.

===============

« Baiser dans un hôtel de Francfort au moment de la Foire du livre, s’y faire assassiner, c’est encore de la littérature, ne t’en déplaise… »

Voilà, nous sommes au cœur du sujet ! La Grand’messe, la Buchnesse de Francfort. Mais est-ce de la littérature ou du commerce, de l’authentique ou du m’as-tu vu ?

Florent, jeune éditeur français indépendant y vient pour la première fois. Pour des raisons familiales il n’est jamais allé en Allemagne où sont père s’est fait tuer dans des circonstances apparemment politiques (nous sommes en pleine période de la Bande à Bader). Il aimerait que ce passage à Francfort lui donne la clé de sa mort. Il loge dans l’hôtel où il faut être vu, rencontre les personnes qu’il faut. Sa rencontre fortuite ? (im)prévue avec Lena une belle brune émoustillante, peu farouche, directrice de la branche littérature étrangère d’une grande maison d’édition va tout chambouler.

Des personnages semblent le diriger comme ce Fitz, grand ordonnateur, voulant se donner un rôle à la Méphisto, Sandor, mythomane ?

Il ne faudrait tout de même pas oublier qu’un crime a été commis dans cet hôtel ! Pourtant, ce n’est pas le principal du bouquin. Michel Quint décrit avec brio, cynisme cette diaspora « littéraire », l’atmosphère de cette grand’messe du livre. Dès le début, il nous donne, dans le désordre, les pièces du puzzle qu’elles soient nauséabondes, sulfureuses, politiques, historiques. Petit à petit, tout s’imbrique et la fin, qui ne se laisse deviner que dans les dernières pages est surprenante.

Un livre qui allie folie sensuelle, bribes d’une histoire pas si lointaine où il est question de S.T.O., d’anciens nazis, de la bande à Bader. Un roman tortueux, sur fond de recherche paternelle, sur fond historique tourmenté, qui parle d’un monde de l’édition plus bling-bling que littéraire. Un bon Michel Quint avec son humour, son second degré. Oui je sais et je le répète, je suis totalement partiale et j’assume !

Un bon point pour la couverture avec le couple et leurs tranches de cake de livre

 

Quelques extraits :

-J’ai envie de parler français, ce soir… C’est la langue des plaisirs… Et je ne parlerai de rien d’autre… sinon peut-être de la cruauté qui est parfois aussi une jouissance. Les comment dites-vous ? Les pisse-vinaigre ne sont pas obligés de rester et de vider des bouteilles avec nous !

Tous deux n’étaient pas de froids lapins, ça se dit froids lapins ? Non tous les lapins sont chauds

Mais j’édite tout le contraire : des romans certes intimes, peuplés de gens ordinaires, mais traversés par l’Histoire ! Le tragique n’y est pas sentimental, même si l’amour est un composant du récit, il y est politique, économique, historique, social…Tiens : Le liseur de Schlink, l’amour entre une ancienne tortionnaire de camp analphabète et un gamin future juge, si seulement j’avais pu le publier !

 

 

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Sisterhood of the world bloggers award

17 Décembre 2013, 14:23pm

Publié par zazy

OUI, JE SAIS !!! j'avais dit plus jamais, mais, J'ai promis à Phil de répondre à ce Sisterhood of the world bloggers award , ne serait-ce que par simple solidarité féminine. Je ne peux faire autrement, c'est dans le titre !!! De plus, Phil est à l'origine d'un grand coup de coeur livresque.

 

Voici les règles de cet award :

1. Fournir un lien et remercier le blogueur qui vous a nominé pour ce prix.

2. Nommer à votre tour 10 blogs que vous choisirez.

3. Faites un lien vers ces blogs tout en laissant un message aux nominées afin qu’elle sachent qu'elles ont été choisies.

4. Répondez aux 10 questions suggérées.

5. Afficher le logo du prix sur votre blog.

Maintenant, voici mon choix

Mimi - Jostein - Aifelle - sylire - Pasdel - Bea - Kathel - Lystig - Chrisdu26 - Missbouquinaix

A elles, si elles le veulent de continuer le jeu.

1- Votre couleur préférée ?
Je crois que je n’en n’ai pas

2- Votre animal de compagnie préféré ?
Ma chienne

3- Votre boisson préférée ?
Le thé surtout pas parfumé ! il peut être vert, fumé, darjeeling de printemps… et puis le champagne

4- Lequel préférez-vous, Facebook ou Twitter ?
Je ne suis abonné à aucun et pas envie d’en faire partie

5- Votre modèle préféré ?
Est-ce grave docteur si je dis que je n’ai pas de modèle ?

6- Vous préférez recevoir ou donner des cadeaux ?
J’adore choisir des cadeaux pour les offrir. C'est déjà un plaisir, mais quelle joie d’en recevoir

7- Votre chiffre préféré ?
Il me semble que c’est le …. Mince, j’ai oublié

8- Votre jour préféré :
Maintenant que je suis à la retraite, tous les jours

9- Votre fleur préférée :
le chrysanthème pour la forme et les couleurs, le magnolia pour la texture et le parfum et les autres, toutes les autres

10- Quelle est votre passion ?
Je conjugue le mot passion au pluriel : La vie, ma vie, la lecture, la photo

 

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Roger Wallet - ça ressemble à une vie

16 Décembre 2013, 14:14pm

Publié par zazy

Roger Wallet - ça ressemble à une vie

Ça ressemble à une vie

Roger Wallet

Editions des Vanneaux

36 pages

2005

Pas de quatrième de couverture. C’est par ces mots que j’entre dans le vif du sujet.

La guerre loin l’absent

cramé odeurs de chairs

bruits terrifiants

après coup silence

papier bleu tampons un beau jour

un moment l’envie de…

[elle dit]

vertiges nausée ça remue ça cogne… en hiver

sûrement ver la noël…

après que bien proprets réparés recousus alignés

sous les drapeaux en rang d’oignons – là où plus

rien ne bouge.

le treize ce fut donc. qu’il bougea. le tiot, le fils.

en décembre sur la fin de la guerre.

Pas de majuscule, pas de ponctuation hormis les points. Dans les phrases non terminées, dans les mots décousus se cachent la vie de Monsieur Even, de sa naissance à sa mort..

J’ai fait plusieurs lectures de ce livre. La première fut pour le rythme des phrases. Un rythme saccadé, des phrases elliptiques, des mots qui sonnent, qui trébuchent, qui touchent. De la poésie, mais pas au sens strict du terme, des phrases comme la respiration d’une vie.

33 tableaux pour résumer la vie d’un homme, 33 pages pour chanter Monsieur Even, menuisier de son état.

Roger Wallet est avare de paroles, économise les mots, les verbes (surtout), mais ces tableaux de vie sont très parlants. A chaque relecture, quelque chose de nouveau apparait. Les phrases arrivent comme les vagues ou le clapotis de l’eau. Quelque fois un mot fait autant de ronds dans l’eau qu’un caillou jeté à l’eau.

L’écriture de Roger Wallet ne se donne pas facilement. Il faut prendre les mots dans sa bouche, les rouler, les tourner, faire des phrases avec les mots absents. De temps à autre, il y a de l’urgence, le rythme saccadé donne de la musicalité aux mots. Un

J’ai pensé à la chanson chantée par Piaf et les Compagnons de la Chansons, « les trois cloches » qui suit également le temps d’une vie d’homme.

Philisine, merci d’avoir fait voyager ce livre jusqu’à ma table de chevet. Il va me manquer. Monsieur Roger Wallet, ça ressemble à de l’amour, ça ressemble à un bijou, ça ressemble à un coup de cœur.

D'autres avis : Philisine - Evalire - Cristie - Piplo

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Edna O’Brien - Fille de la campagne

13 Décembre 2013, 22:51pm

Publié par zazy

 

Fille de la campagne

Edna O’Brien

Traduction Pierre-Emmanuel Dauzat

Editions Sabine Wespieser

07/03/2013

ISBN: 9782848051369

 

4ème de couverture :

 

La lucidité et la hardiesse d'Edna O'Brien sont tout entières dans ses éblouissants mémoires. Quand cette «fille de la campagne», née en 1930 au fin fond de l'Irlande rurale, devenue l'auteur d'une œuvre majeure, entreprend de raconter sa vie, se dessine en creux le portrait d'une femme libre et d'une créatrice farouchement attachée à son indépendance.
Arrivée à Dublin après une enfance solitaire et des années de couvent, l'étudiante en pharmacie découvre avec passion la littérature et le monde des lettres. Elle décide, contre l'avis de ses parents, d'épouser l'écrivain Ernest Gébler, avec qui elle part s'installer à Londres dès 1958.
Lors de la parution de son premier roman, Les Filles de la campagne (1960), le scandale est énorme et le livre interdit en Irlande. Le couple ne résiste pas au succès de la jeune femme. Elle se bat pour obtenir la garde de ses deux fils, et décide alors qu'elle sera avant tout mère et écrivain, que rien jamais ne l'éloignera de sa table de travail.
Edna O'Brien évoque avec le plus grand naturel sa vie dans le «Swinging London» des années soixante. Sur Robert Mitchum, Paul McCartney, Marlon Brandon ou Richard Burton, qui furent des amants ou des frères - les deux seules catégories d'hommes selon elle -, elle livre des souvenirs drôles et tendres. Jamais d'amertume dans ces mémoires, même quand passent les ombres qui hantent sa vie et nourrissent son œuvre, celles de ses parents et celle de son mari destructeur et jaloux.
Sur le Nord, sur New York, sur ses réussites et ses échecs, ses joies et ses chagrins, les pages s'enchaînent avec l'apparente fluidité que donne à la grande styliste qu'elle n'a jamais cessé d'être l'obsession du mot juste.

 

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Devant les commentaires élogieux que j’ai pu lire sur Libfly, j’ai pris ce livre. L’écriture d’Edna O’Brien est exigeante quoique parfois, pour moi, un peu lourde. Le regret ? C’est que ce livre ne laisse passer aucune émotion.

J’ai  apprécié la première partie où elle nous raconte sa jeunesse dans une Irlande catholique, réactionnaire, fermée à tout modernisme (pour la femme). Son « incarcération » dans un pensionnat régi par un couvent est édifiante. « De retour au couvent, je passai mon temps à étudier, ne voulant pas rater mon examen final, ce qui eût signifié une année d’incarcération supplémentaire. Le monde avec ses pêchés, ses ruses et ses blandices m’appelait.»

Edna O’Brien au début de sa gloire a vu ses livres interdits, voire brûlés en Irlande. Ses parents, surtout sa mère, n’ont pas accepté (c’est un doux euphémisme) le fait qu’elle rejoigne son amoureux, l’écrivain Ernest Gébler, sans être mariée alors que, comble d’horreur, il est déjà marié. Les forces de police débarqueront chez eux sur l’île de Man. Le poids de la tradition, fera que sa propre mère ne lui pardonnera jamais ses frasques, son divorce alors qu’elle, telle la mater dolorosa, endure tout de son mari. Le couple maudit finira par convoler en justes noces, mais… oui il y a souvent un mais, Gébler se révèle jaloux aussi bien de la femme que de l’écrivain.

Elle divorcera pour mener une vie de femme libre et d’écrivain à succès. Cette partie où elle nous narre ses rencontres avec des personnalités des arts et de la littérature m’a agacée. J’eus aimé un peu moins de déballage. Oui j’ai vraiment eu l’impression d’ouvrir le Who’s who de l’époque. Est-ce pour faire moderne ou est-ce parce qu’elle ne s’est jamais départie de sa « candeur » paysanne ? J’espère le second. J’avais déjà trouvé ce catalogue de personnalités dans « Danseur » de Colum Mac Cann.

Le livre n’est pas facile à lire, touffu avec une écriture, de temps à autre, peu fluide. Des coquilles et des traductions approximatives m’ont gênée. D’accord je n’aime pas trop les autobiographies, mais je m’attendais à autre chose. Ceci dit, ma curiosité est piquée et j’ai retenu, à la bibliothèque, le pluriel de ce livre : les filles de la campagne.

Pourtant, j’ai aimé son courage pour fuir, suivre un homme marié, divorcer, élever seule ses enfants, être un écrivain « maudit » dans son propre pays….

 

 

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Challenge "2014 Année Doris Lessing"

13 Décembre 2013, 19:42pm

Publié par zazy

 

Jostein participe à ce challenge et j'ai eu envie de la copier car j'aime les livres de Doris Lessing et il me reste beaucoup à découvrir. Mon premier fut "Le carnet d'or", bien avant la création de ce blogue.

L'origine de ce challenge ?  Maeve . Doris Lessing  nous a quittés cette année et Maeve a souhaité lui rendre un hommage auquel je suis ravie de me joindre. Le challenge court du 1er janvier au 31 décembre 2014 avec pour objectif de lire au moins un livre dans l'année..... Il y a plus dur dans la vie.

Livres déjà lus et chroniqués :

Le cinquième enfant et Victoria et les Staveney

 

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François Morel - Hyacinthe et Rose

11 Décembre 2013, 13:57pm

Publié par zazy

Hyacinthe et Rose

Texte François Morel

Peintures Martin Jarrie

Editions Thierry Magnier

février 2013

ISBN : 9782364742062

 

4ème de couverture :

Martin Jarrie a peint quarante-huit somptueux portraits de fleurs. François Morel a écrit, en écho, le portrait de Hyacinthe et Rose, à travers les yeux de leur petit-fils devenu adulte. Presque tout oppose ces deux tempéraments, Hyacinthe le communiste bouffeur de curés et Rose la fière bigote. Mais ils partagent une même passion : les fleurs.
Raconter le jardin de ces deux-là, c'est raconter leur vie, faite de petits bonheurs et de grandes luttes, de sérieux et de fantaisie.

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C’est un régal d’écouter, chaque vendredi matin François Morel sur France-Inter, le lire en fut un autre.

Comment lier l’eau et le feu, comment des personnages aussi dissemblables ont pu faire 12 enfants qui leur donnèrent 9 petits-enfants, donc peut-être s’aimer ?

« C’est bien simple : Rose et Hyacinthe, mariés depuis quarante-cinq ans, ensemble depuis toujours, ne s’entendaient sur rien. Hyacinthe était coco, Rose était catho. Hyacinthe aimait boire, Rose aimait manger. Hyacinthe préférait la bicyclette, la pêche à la ligne, le vin rouge, la belote et les chants révolutionnaires. Rose préférait les mots croisés, le tricot, l’eau de mélisse, les dominos et les cantiques. » Et la litanie n’est pas terminée !! Bref, leur seule passion commune, ce sont les fleurs de leur jardin.

Chaque année, le petit Parisien, un des 9 petits-enfants, vient se refaire une santé à la campagne.

 

François Morel, est peut-être ce petit Parisien. En tout cas, dans ce grand livre, il brosse un portrait empli d’amour pour Rose et Hyacinthe et leurs fleurs. Avec leurs prénoms floraux, ses deux-là ne pouvaient se retrouver que devant des fleurs. François Morel par ses textes et Martin Jarrie avec ses peintures ont créé un petit monde ou Hyacinthe et Rose sont soignés comme des roses précieuses, avec leur parfum suave mais aussi, leurs épines.  Martin Jarrie nous propose, entre autre, des tulipes, des fritillaires de toute beauté avec un soin du détail surprenant.

Un vrai beau livre qu’il faudra que je rende à la bibliothèque. Un vrai moment de poésie comme François Morel sait si bien les créer, un réel condensé d’humour, d’amour, d’émotions. Merci Monsieur Morel pour le partage de vos souvenirs heureux. Merci Monsieur

 

Un gros coup de cœur. Un livre à offrir ou à s’offrir. Pourquoi est-il classé dans les livres jeunesse ? N’y croyez pas et…. Ecrivez vite au Père Noël !!

 

Quelques extraits :

L’univers, les mystères de la création, l’espace, l’infini… Hyacinthe et Rose n’étaient pas des spécialistes. Le ciel, le mouvement des galaxies, ça leur passait au-dessus de la tête. Mais il ne regardait jamais une fleur de cosmos ans une sorte de penchant philosophique, l’étonnement d’être au monde.

 

Les fleurs étaient partout chez Hyacinthe et Rose. Même sur les lèvres de Hyacinthe quand sur son vélo il chantait à tue-tête « le myosotis ou bien la rose, ce sont des fleurs qui disent quelque chose mais pour aimer les coquelicots et n’aimer que ça faut être idiot… »

Rose, elle, savait une poésie. Pas deux. Une.

Elle la récitait parfois à ses petits-enfants quand elle craignait pour eux les mauvaises influences.

« La renoncule un jour dans un bouquet

Avec l’œillet se troua réunie :

Elle eut le lendemain le parfum de l’œillet

On ne peut que gagner en bonne compagnie »

 

Et même sur les robes de Rose on trouvait des fleurs. Des fleurs pas très identifiables mais des fleurs quand même.

 

Près du puits se trouvaient des désespoirs du peintre. Des petites fleurs minuscules, si légères qu’elles étaient toujours frissonnantes. Pour essayer de contredire leur nom, je tentais de les peindre mais c’est effectivement désespérant
 

 

 

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Janet Skeslien Charles - Les fiancées d'Odessa

10 Décembre 2013, 21:50pm

Publié par zazy

 

Les fiancées d’Odessa

&

Traduction Adélaïde Pralon

Editions Liana Levy

02-02-2012

ISBN : 978-2-86746-590-1

 

 

4ème de couverture :

Odessa? La plus jolie ville du monde, pour ses habitants. Avec ses prestigieux théâtres, son mythique Opéra, son célèbre escalier Potemkine… et une mer qui n’a de noir que le nom. Mais il y a aussi le revers de la médaille : chômage, salaires de misère, logements étriqués, mafia omniprésente. Tandis que les jolies Ukrainiennes écument soirées et sites de rencontres pour décrocher un « visa-fiancée » et quitter le pays, Daria sert d’interprète. Et cette inconditionnelle de l’effervescence odessite, malgré un travail enviable, va peu à peu se laisser gagner par leur rêve d’évasion et de sécurité matérielle. D’autant que de l’autre côté de l’Atlantique, tout semble possible : confort, réussite, bonheur. C’est du moins ce que l’on voit au cinéma…

L’auteur :

Originaire du Montana, Janet Skeslien Charles habite à Paris depuis 1999 et travaille à la Bibliothèque américaine. Elle a vécu deux ans à Odessa où elle a enseigné l'anglais dans le cadre d'un programme de la fondation Soros. Cette expérience lui a inspiré ce premier roman mordant, déjà publié dans une douzaine de langues.

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Après avoir lu plusieurs commentaires élogieux sur ce livre, Je suis entrée sans effraction dans la vie de Daria.

« Bien sûr, coucher avec moi reste l’aspect le plus agréable du travail ». Daria entend cette phrase alors qu’ils venaient de trinquer, son futur patron et elle, « à notre fructueuse collaboration ». Une phrase comme celle là vous remet les pieds sur terre !

A Odessa, pas facile de trouver un job bien payé. Daria, ingénieur de 25 ans, accepte pourtant ce poste d’assistance commerciale bilingue. Pour éviter le chômage si elle perd cet emploi, elle travaille également dans une agence de rencontre « Import-Export » de fiancés et fiancées. Commerce très lucratif que celui de chercher une fiancée ukrainienne à des occidentaux en mal de femelles domestiques. Oui, je n’ai pas trouvé d’autres mots pour définir ce que ces hommes viennent chercher, « lassés » qu’ils sont de leurs prétendantes ou ex américaines refusant de repasser leurs chemises ! Un véritable marché de la viande fraîche !

Daria va succomber aux sirènes américaines, poussée par sa grand-mère, elle va retrouver son fiancé, un enseignant de San Francisco. Pourtant, elle est intelligente Daria, elle ne se fera pas avoir, non, non, non…. Si fait, son enseignant citadin se révèle n’être qu’un homme de ménage habitant la cambrouse, un goujat, ergotant sur tout…. Que veux-tu chère Daria, il t’a achetée et en veut pour son argent !!

J’ai aimé la première partie de ce roman qui décrit la vie à Odessa. Une vie faite de privations, de mâles alcooliques, d’espoirs de partir ailleurs, c’est-à-dire à l’Ouest, pour une vie meilleure ou plus dorée. La mafia gouverne le pays et les dessous de table sont inévitables et quotidiens, les salaires sont misérables...

La seconde partie résumant sa vie américaine est un peu terne et prévisible.

Un livre que j’ai lu d’une seule traite. Un livre agréable à lire, sur les désillusions des fiancées, les réveils américains moins roses que promis, mais un livre qui ne me laissera pas un souvenir impérissable, il me manque un petit quelque chose.

 


 

 

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Lucia Puenzo - Wacolda

9 Décembre 2013, 13:02pm

Publié par zazy

 

Wacolda

Lucia Puenzo

Traduction Anne Plantagenet

Editions Stock

Collection La Cosmopolite

15/05/2013

ISBN : 9782234071834

 

4ème de couverture :

 

1959. Une route désolée en Patagonie. Un médecin allemand pas comme les autres croise une famille argentine ordinaire. Ce médecin n'est autre que Josef Mengele. Très vite, il est fasciné par une des enfants, Lilith, bien trop petite pour son âge. La fascination semble réciproque. Alors, quand il s'installe dans la pension de sa famille d'accueil, tout s'accélère.

Wakolda, quatrième roman de Lucia Puenzo, nous entraîne au cœur d'une société argentine infiltrée par l'émigration nazie. En immergeant la figure énigmatique de Mengele dans la vie quotidienne, elle s'appuie sur les détails les moins visibles de sa personnalité pour révéler avec une grande subtilité l'horreur de sa pensée profonde. Un roman captivant qui entraîne le lecteur sur les routes de la mémoire.

Lucia Puenzo est née à Buenos Aires en 1976. Elle est écrivain et réalisatrice. Elle a écrit L'enfant poisson, son premier roman, lorsqu'elle avait 23 ans. Son premier long métrage, XXY, a remporté le grand prix de la Semaine Internationale de la Critique à Cannes en 2007, ainsi qu'un Goya du meilleur film étranger, parmi d'autres récompenses. En 2009, elle adapte L'enfant poisson au cinéma, puis Wakolda en 2013.

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« L’ange de la mort », alias Josef Mengele, médecin SS connu pour ses expérimentations sur les humains enfermés dans les camps de concentration s’est enfui en Amérique du Sud. Lucia Puenzo a utilisé cette base historique pour ce livre parfaitement maîtrisé.

Josef rencontre fortuitement Lilith. Sa chevelure blonde, ses tresses, son grand retard de croissance, sa poupée très « aryenne » l’attirent… Toujours en quête d’expérience ou de travaux pratiques, il suivra sa famille jusqu’à destination. Lilith est, elle aussi, captivée par cet homme. Elle laissera Josef faire ses expériences sur elle jusqu’au moment où….

Josef est un monstre, on le sait, mais Lilith n’en savait rien bien qu’elle trouve de la noirceur dans le personnage. Petit à petit, se tisse entre eux un lien très fort qui hésite entre les bienfaits de la science et l’attraction amoureuse, entre le bourreau et sa victime, entre fascination et peur.

Josef est obsédé par la pureté de la race, par la perfection, par la gémellité (la mère de Lilith attend des jumeaux). Pour lui, chaque humain rencontré entre dans une case, étiqueté, comme les rats de laboratoire ou comme les cobayes humains des camps de la mort. Là, il se trouve être déstabilisé et attiré par cette gamine. Chacun tire une ficelle et Lucia Puenzo joue de cela.

Pourquoi faire confiance ? Comment un être machiavélique parvient à attirer une famille entière dans ses rets en se rendant, petit à petit, indispensable ? Lucia Puenzo le démontre avec le cheminement de Josef et son art de la manipulation poussée à son paroxysme. La création de l’usine de poupées en est un exemple fort. Pourquoi cette fascination qu’exerce encore et toujours de tels hommes et un tel régime ? Josef Mengele est accepté, voire adulé par des argentins ou d’anciens nazis, il a même une plaque à son nom et peut exercer, officiellement, son ancien métier de vétérinaire qui lui sert de couverture. Pourquoi ces personnes acceptent-elles sa folie, pourquoi les parents de Lilith, et Lilith elle-même, acceptent-ils ces piqûres ?

Ce livre, fort bien écrit et traduit, est un condensé de trouble, d’attirances ; Un livre qui a eu les mêmes effets sur moi. Ce pas de deux entre une gamine innocente et un monstre nazi aurait pu tomber dans la morbidité. Lucia Puenzo a évité cet écueil pour nous offre un livre dense.

Un coup de cœur. Lisez le très bon commentaire de Philisine. Je te remercie de l’avoir fait voyager jusqu’à moi.

Plus sur le site de Libfly

Quelques extraits :

A cet instant, il aurait tout donné pour connaître leurs parents et leurs grands-parents, pmour fouiller dans leur arbre généalogique afin de comp^rendre )à quel niveau se situait le coupable de la dégradation de la race.

Cette bouche, pensait-il.

C’était le trait le plus disproportionné de sa personne : des lèvres deux fois trop grandes, des dents de lapin. Depuis des années, c’était la première fois que quelque chose d’aussi éloigné de l’ascétisme l’excitait.

La crainte de ne pas revoir les blonds le maintint éveillé. Il saisit un de ses cahiers pour consigner leurs mensurations. Il s’en souvenait par cœur, sans le moindre doute. Il pouvait imaginer leurs structures osseuses, le volume de leurs organes, leurs mâchoires et la composition de leur flux sanguin.

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