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ZAZY - mon blogue de lecture

Adriana Lisboa - Bleu corbeau

30 Novembre 2013, 22:19pm

Publié par zazy

 

Bleu corbeau

Adriana Lisboa

Traduit du brésilien par Béatrice de Chavagnac

Editions Métailié

19/09/2013

224 pages

ISBN 9782864249085

 

4ème de couverture :

Après la mort de sa mère, Evangelina décide de quitter Rio pour les États-Unis, où elle est née treize ans auparavant, et d’y retrouver son père. En compagnie de Fernando, l’ex-mari de sa mère, et d’un petit voisin salvadorien, Carlos, elle recueille les souvenirs des autres pour organiser sa propre histoire. Au cours de ce voyage à travers le Colorado et le Nouveau-Mexique, en écoutant les récits de Fernando, qui a fait partie d’une guérilla maoïste en Amazonie dans les années 70, elle prend conscience du passé du Brésil.
Dans un style sobre et élégant, Adriana Lisboa nous propose une réflexion sur l’appartenance et la construction de soi. Tous ses personnages sont en transit, ils habitent tous des lieux précaires, mouvants, parlent des langues qui ne sont pas les leurs, les mêlent. Elle raconte ces mémoires provisoires, faites de souffrance bien sûr mais aussi remplies d’amitiés sincères, et termine ce roman au moment où la vie de son héroïne commence vraiment, où elle occupe dans le monde un espace qui lui appartient.

L’auteur (source Editions Métailié) :

Adriana Lisboa est née en 1970 à Rio de Janeiro.

Après des études de musique et de littérature, elle devient enseignante puis auteur et traductrice. En 2001, elle publie Des roses rouge vif prix José Saramago en 2003.

En 2007, en commémoration de l'élection de l'UNESCO de Bogotá comme ville capitale mondiale du livre, le Bogotá 39 Project l'a choisie comme l'un des trente-neuf écrivains latino-américains âgés de moins de trente-neuf ans les plus importants.

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Quel tempérament cette Evangelista ! Sa mère vient de mourir, elle vit chez sa tante mais a décidé de prendre sa vie en main. Elle veut retrouver, grâce à son père putatif -qu’elle n’a jamais vu, ne connait pas du tout- son géniteur. Un échange s’engage avec Fernando et la voici partie pour le rejoindre dans le Colorado. Elle n’a que treize ans !! « Ce n’était pas une aventure. Ce n’était pas des vacances, ni une diversion, ni un passe-temps, ni un changement d’air, je partais aux Etats-Unis pour habiter chez Fernando avec un objectif bien particulier en tête : chercher mon père ».

Ces deux là vont apprendre à se connaître. Fernando se dévoilera à la jeune adolescente comme il ne s’est jamais confié. Il déposera son fardeau à ses pieds. Elle découvrira l’homme qui a aimé sa mère et, à travers lui, l’histoire du Brésil.

La gamine passe d’une ville bruyante, bruissante, arborée, luxuriante, humide, colorée à Denver chaude et sèche en été, froide et ventée en hiver, avec peu de verdure, vide, terne.

Ce n’est pas un récit linéaire, il va au fil des pensées d’Evangelista, des « confessions » de Fernando. Jeune homme, il fut activiste, il a combattu au nom d’un idéal gauchiste qui a fait de nombreux morts au Brésil et qui est passé sous silence. Des pages dures, certainement encore plus dures pour les oreilles d’Evangelista.

Evangelista nous parle de filiation, du choix du sol, de l’exil choisi ou subi. Au contact de Fernand, ce père qu’elle s’est choisie et qui la sauve d’une certaine solitude, elle suit le parcours de sa mère jusqu’à retrouver sa grand-mère et… trouver son propre chemin.

Bleu corbeau est plein de la vitalité d’Evangelista. Adriana Lisboa d’une écriture délicate et fine transmet les émotions sans avoir à nous faire sortir les mouchoirs, ce que j’apprécie énormément. Elle sublime le quotidien de Fernando, Evangelista, Carlos. Pas de super-héros dans ce livre, tout est juste, justement écrit. Les personnages sont humains, pas geignards, ils essaient de vivre le mieux possible.

Un très bon roman fin, séduisant, fort bien écrit, comme je les aime. Merci Jostein

Quelques extraits :

J’avais besoin d’un nid de quiétude, de non-évènements, d’un moment durable, long, d’un moment de la taille de nombreux moments, de tous les moments nécessaire pour être tranquille et ne pas devoir donner des noms aux choses auxquelles je ne voulais pas donner de noms.

Je regardais l’atlas. Le nom de Colorado me plut. C’était un état rectangulaire bordé par d’autres Etats rectangulaires.

Il se passe un phénomène curieux quand on reste trop longtemps loin de chez soi. L’idée qu’on a de ce chez-soi –d’une ville ou d’un pays- se décolore comme une image en couleur exposée tous les jours au soleil. Mais on n’acquiert pas tout de suite une autre image pour la remplacer.

Même si les Brésiliens se sont toujours très clairement positionnés dans cette histoire : halte-là, nous ne sommes pas des immigrants hispano-américains. D’ailleurs, vous n’avez qu’à regarder notre visage, nous sommes bien différents en terme de biotype et nous ne parlons pas espagnol, nous parlons portugais. POR. TU. GAIS. (A l’école, je devais remplir un papier en indiquant mon groupe ethnique. Les options étaient : CAUCASIEN. HISPANO-AMERICAIN. NATIF AMERICAIN. ASIATIQUE. AFRO-AMERICAIN. Et moi, j’étais où dans cette histoire ?)

En quarante ans, des gamines appelées Evangelina viennent au monde. Grandissent face à la mer de Copacabana. Ne se méfient de presque rien. N’ont jamais vu d’éclipse. N’ont jamais assisté à un raz-de-marée, ni à un tremblement de terre, ni à un ouragan. Elles ne rêvent jamais d’Amazonies humides où un jour des guérilleros communistes se sont retranchés, mouillés, salis, amourachés, ont tiré, ont été touchés par des tirs, ont été faits prisonniers, ont subi des tortures et, une fois morts, ont été enterrés là, quelque part.

A l’entrée été inscrite une phrase de Jorge Luis Borges : J’ai toujours imaginé le paradis comme une espèce de bibliothèque. Un endroit qualifié de paradisiaque ne devait pas avoir besoin d’agents de sécurité.

Mais la peur qu’on a éprouvé une fois est un vaccin à l’envers : elle prédispose à la maladie. Elle est là, aux aguets. Comme un sucuri prêt à dévorer sa proie, prêt à la saisir, prête à la traîner jusqu’au fleuve, ou alors, de manière plus scientifique, prêt à ola serrer un peu plus fort chaque fois qu’elle expire jusqu’à ce qu’elle ne puisse plus remplir ses poumons d’air. Le sucuri n’a pas de venin. Son arme, c’est l’oppression.

Est-ce que les maisons se purgent de leurs ex-habitants avec l’arrivée des nouveaux habitants ? Ou reste-il plusieurs couches de fantômes dans leur mémoire. Comme des papiers peints superposés ? Est-ce que les maisons ont de la mémoire ?

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bibliothèque de village

30 Novembre 2013, 21:25pm

Publié par zazy

bibliothèque de village

Dans le village voisin, gros de 600 âmes, le maire a fait rénover une salle pour en faire une bibliothèque ouverte à tous,approvisionnée par la bibliothèque départementale et son bibliobus.

La bibliothèque a son fond personnel issu de nombreuses donations. Il y a pas mal de bouquins.

Vous êtes reçu avec le thé et un grand sourire par les bénévoles. Que demander d'autre? qu'il y ait plus d'endroits comme celui-ci

bibliothèque de village
bibliothèque de village

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Jean-Marc Derouen Laure du Faÿ - Ze vais te manzer

27 Novembre 2013, 14:51pm

Publié par zazy

 

Ze vais te manger

Texte Jean-Marc Derouen

Illustrations Laure du Faÿ

Editions Frimousse

ISBN : 9782352411130

 

Imaginez, vous êtes un lapin et vous vous retrouvez face à un loup affamé. Vous avez peur, normal. Mais lorsque vous écoutez Sieur Loup vous crier : « Ze vais te manger, petit lapin blanc, ze vais te manger tout de zuite ! » Qu’est-ce que vous faites ??

  1. Zans écouter ze qu’il dit et en écoutant votre couraze, vous vous carapatez
  2. vous rigolez
  3. vous demandez au loup d’ouvrir grande za gueule pour voir le zeveu qu’il a zur la langue

 

Imaginez maintenant, c’est moment de la lecture du soir avant d’aller faire un gros dodo. Les 3 enfants, sages, sont assis autour de vous et vous commencez la lecture. Bien sûr, vous y mettez le ton et lorsque le lapin demande au loup de ne pas fermer la gueule, il vous faut vous articuler avec la bouche grande ouverte… Pas facile de parler dans ces conditions… et là, vous êtes la reine des lectrices, les enfants rigolent, rigolent, rigolent. Une fois le livre terminé et votre bouche revenue à une position normale, Noémie vous dit, encore mémé, encore !! et… c’est reparti avec toujours le même succès.

 

Je vous recommande ce livre, c’est le succès A S S U R E !!!

 

Quelques photos piqées sur le net

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Lionel-Edouard Martin - Nativité cinquante et quelques

26 Novembre 2013, 14:13pm

Publié par zazy

 

Nativité cinquante et quelques

Lionel-Edouard Martin

Editions Le Vampire Actif

Collection Les Séditions

15 novembre 2013

230 pages
ISBN : 9782917094105

 

4ème de couverture :

Un soir de Noël, dans les années cinquante : Maît’Louis, un vieux rebouteux usé par les maux de tous ceux qu’il a guéris, guette au crépuscule, au seuil de sa vieille demeure, d’importants visiteurs. Grâce à son éolienne, savamment installée par Jean Dieu, le boulanger, il enguirlande de lumière le grand marronnier, seul repère visible par les passagers de l’Ariane partis, bravant la tempête de neige, en quête d’un médecin pour soigner leur nourrisson et leur imposante tante matriarche. Happés par la nuit, ils s’égarent sur les routes de cette âpre campagne…

La langue de Lionel-Édouard Martin, toute de matières et de saveurs, sert à merveille un récit magnifique qui n’est pas sans évoquer un étonnant conte de Noël.

Lionel-Edouard Martin est né le 10 novembre 1956 à Montmorillon, en vieille terre de Poitou. Après des études de lettres, il fait carrière dans la diplomatie culturelle et l’enseignement supérieur. Il vit actuellement en Martinique.

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Nous sommes dans les années cinquante dans une campagne française à Villemort, aux confins de la Vienne pas loin de la Creuse, en plein hiver, un hiver avec son lot de neige. Après tout, n’est-ce pas normal puisque nous sommes bientôt à Noël ?

Il y a Jean Dieu, le boulanger. Etre boulanger et s’appeler Jean Dieu, n’est-pas biblique ? Dans le village, tout le monde l’appelle le Boulanger « On l’appelait Boulanger, et le tutoyait comme du bon pain ». Faire du pain est sa passion. La rue sentait le pain. Les hommes, mécréants devant Dieu, leurs épouses le savent très bien, elle qui vont à la messe tous les dimanches que Dieu fait –attention à ne pas se mélanger, il y a une très grande différence entre Dieu et Dieu !-, faisaient à chaque fois la même blague en demandant une hostie pas trop cuite et à la réponse négative de la jeune vendeuse continuait dans le même registre « ben, dans ce cas, mets-moi donc un corps du Christ ». Vous imaginez la tête des bigotes attendant d’être servies. Mais, bon c’était bon enfant (de chœur).

Nous faisons la connaissance de Maît’Louis. C’est ainsi que l’on appelait Louis, Désiré, Dieudonné Maître ; un enfant de vieux, chétif qui, un soir d’orage, reçut le don de guérir. Oui, cet enfant malingre, voué au bleu, à la Vierge Marie, Maît’Louis est rebouteux. Il prend le mal des autres, les guérit « … Guérisseur, un bien curieux, non pas métier, mais sacerdoce. Ça ne rapporte rien –sauf le peu qu’on vous donne- et ça demande une qualité rare. Il faut être bon et Maît’Louis est un homme bon ». Il est perclus des entorses, rhumatismes, déformations… qu’il a soignés. Mais, il ne le peut plus, ne le veut plus

Dans nos campagnes, les gens ont souvent un surnom. Ici, La Vache. Une femme grosse, très grosse même, voire énorme qui habite un appartement sous les toits avec un jeune couple « Elle n’y vivait pas seule. Elle avait son monde à domicile : ses vachers comme les appelait la mauvaiseté publique » Pour les différencier, il y a le Mon Filleul et la Ma Filleule ainsi que le Zan, leur enfant en bas âge. Zan a de la fièvre, beaucoup de fièvre. J’allais oublier Ariane qui s’avèrera très utile pour sortir de leur labyrinthe.

Par un beau mauvais jour le Boulanger ne peut plus sortir de son lit. Cloué sous son gros édredon qu’il est, tout ça à cause d’une sciatique qui l’empêche de se lever. Cinq jours sans pain ; à la fin les journées commencent à être longues et tristes…. comme des jours sans pain. Maît’Louis va à son secours, malgré ses « plus jamais ». Il lui prend son mal et voici Jean Dieu requinqué comme un jeune homme. Louis, Désiré, Dieudonné Maître repart « Chaque marche est un calvaire. Un serpent qui mue c’est une extrême fatigue, on dit, pour la bête. Maît’Louis est un serpent qui mue, le reptile travaillé par sa peau. »

Et toujours, au long des pages, cette antienne : ils vont venir, je les attends, je sais qu’ils vont arriver. « Cette certitude qu’ils vont venir. Pas qu’ils viendront : qu’ils vont venir. Ce soir même et pas un autre soir. Ce sont des choses qui s’éprouvent, personne ne pourrait les expliquer. » Mais QUI ? Pourquoi Maît’Louis fait-il installer ces guirlandes dans l’arbre dénudé, pourquoi attend-il sur le perron sous la neige, lui qui est si faible ? QUI oserait braver la tempête de neige ? Maît’Louis lui, sait. On ne lui a rien dit, mais il SAIT. Il sait qu’il aura des invités ce soir en cette période de Noël.

Comme le spoutnik soviétique dont parle le Boulanger. Jean Dieu, la Vache, le Mon Filleul, la Ma filleule sont les satellites qui gravitent autour de Maît’Louis jusqu’au dénouement final.

Le r’bouteux est quelqu’un d’estimé, de craint. Lionel-Edouard Martin les connait bien, lui qui a dédié ce roman à deux d’entre eux. Je les connais aussi pour avoir souffert de moult entorses, zonas, brûlures. Vous arrivez plié au carré, vous sortez droit comme « le bâton de la justice ». Oui, ils prennent le mal de ceux qu’ils soignent, c’est également ce que me dit mon copain r’bouteux.

Les villageois ont les pieds sur terre, ici ce serait plutôt dans la neige. Ils n’élucubrent pas, ils se connaissent tous, savent les défauts, les fautes, les vérités, les bons, les bêtes, les méchants. L’entraide est un sport qu’ils connaissent parfaitement.

Vous, de la ville, ne savez pas que tout ceci existe encore ; que nous, qui vivons à la campagne, qui ne faisons pas qu’y habiter, avons la chance d’avoir le bon côté de la modernité (faut quand même pas exagérer, Internet, c’est bien) et le bon côté de la ruralité avec l’entraide, la vie simple…. et le r’bouteux !

Lionel-Edouard Martin a une écriture gourmande (les pages 45,46 font saliver), une prose bienheureuse, simple mais pas simpliste pour un sou, riche, colorée, sensible. Les racines le retiennent à ce pays. Il y a du Giono, du Fallet, du Chabrol dans cet homme. J’ai lu ce conte en dégustant chaque page, chaque mot jusqu’à une fin que je ne vous dévoilerai pas.

Un très, très bon moment de lecture. Je remercie Le Vampire Actif de m’avoir permis ce belle lecture pleine d’humanité dans le cadre de l’opération organisée par  .

D'autres avis sur le site de Libfly

 

Quelques extraits :

Les meubles ont bien deux siècles ; les éviers ressuent d’antiques eaux grasses. Et c’est bien comme ça. Pourquoi vouloir changer ? Le monde moderne pénètre les campagnes : mais posément –la coulée de miel. Il faut le temps de briser les inventions- comme on brise, le faisant à son pied, le soulier neuf et ça demande pas de graisse et d’enjambées.

L’étage, quand on peine à se mouvoir, demeure un couillon faignant.

Ça ne marchait pas à tous coups –la rebouterie, il faut y croire, et ça ne soigne que certaines choses. Les esprits forts repartaient avec leur lumbago, les bossus restaient bossus. Mais par exemple ceux qui souffraient d’arthrose ils allaient mieux ; ses paumes au Louis Maître buvaient aussi les entorses, les rhumatismes, les chauds refroidis, jusqu'aux déformations des petits drôles quand leurs os n’étaient pas encore trop durs.

… Tu sais comment on greffe ? Porte-greffe, greffon ? Maît’Louis, c’était le porte-greffe et la maladie c’était le greffon, mais au final ça donne une seule et même plante, celle qui s’agrippe à la terre avec toutes ses racines et c’est elle qui porte les branches, les feuilles, les bourgeons, les fruits, tout ce qui donne du travail à la sève et qui la fait souffrir.

La rue sentait le pain, le bon pain d’aube annonciateur du jour, un chant de coq d’odeur de pain.

Ça leur fait rejoindre un univers archaïque, cette mangeaille toute à symboles, et ils n’en sont pas dupes. Les plus instruits –comme du reste les plus instinctifs- saisissent pleinement la signification de leur gourmandise : manger oui, mais prendre dans sa bouche, sur sa langue, déstructuré par la salive, l’épars, l’erratique tohu-bohu de l’univers et tâcher d’en faire du sang, du muscle et du gras. Même chose pour le pain : ils ne sont pas de ces goulus qui vous l’avalent tout rond, sans y penser.

On ne dirait pas, comme ça : mais l’odeur du pain c’est comme l’odeur de l’herbe sèche ou de la vendange, rien qu’à la humer, concentrée comme une eau lourde, elle vous trouble la cervelle.

Dans cette terre il faut imaginer le blé qui se détend, s’étire comme un qui se réveille et se frotte les yeux

Il a pris le pain. C’est beau comme il a pris le pain des mains mêmes du créateur –Jean Dieu est créateur du pain. Pain, pin : ces mots pleins d’odeurs jusqu’au fort de l’hiver. C’est comme un enfant tiède qu’on échangerait contre un peu de monnaie.

On n’est jamais seul avec la pâte : elle vous raconte des histoires de taille-crayons, de grelets, de sauterelles. Elle gagne sur le monde. On y replonge les bras : mais rien à faire contre cette expansion, contre ce langage de fête –contre cette effervescence ; et on capitule devant la joie

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Philippe Fusaro - L'été si j'y suis

23 Novembre 2013, 15:28pm

Publié par zazy

 

L’Italie si j’y suis

Philippe Fusaro

Editions La fosse aux ours

19/08/2010

ISBN : 9782357070134

 

 

4ème de couverture :

 

On dit que les histoires d'amour finissent mal en général.

Sandro l'apprend à ses dépens le jour où il retrouve, au pied de son immeuble, sa collection de vinyles éparpillée au milieu de ses effets personnels. Sandro entreprend alors un voyage en Italie en compagnie de son fils Marino affublé, en plein été, d'une panoplie de Youri Gagarine, casque compris.

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Pourquoi prend-on tel livre dans la pile plutôt qu’un autre ? Je ne saurais le dire, mais le livre de Philippe Fusaro a certainement pâti de mes lectures précédentes (La lettre à Helga et Ormuz).

Pas facile d’être largué, de voir toute sa panoplie, jusqu’aux disques valdinguer par le balcon sous le regard des passants…. Pour oublier tout cela, Sandro part en Italie avec son fils Marino. Qui s’occupe de l’autre ? Sandro chaussures blanches, lunettes noires au volant de son Alfa Romeo Giulietta Spider noire ou Marino et son costume de cosmonaute version Youri Gagarine ?

Encore un tour d’Italie. Cette fois, j’ai droit à la traversée complète jusqu’au Stromboli ! Je vous parais un brin caustique ? Peut-être. Il faut dire que la détresse de ce trentenaire ( ?) immature m’a laissée de marbre. Son fils, conversant avec son modèle, Youri Gagarine, pour se consoler est beaucoup plus attachant.

Italie consolatrice des maux d’amour, si vous voulez. Cela dit, j’ai passé une bonne soirée à lire ce livre pas prise de tête du tout mais très bien écrit. Je ne me suis pas ennuyée. Je ne pense pas qu’il m’en restera grand-chose, mais c’est là le charme de ces bouquins.

Philippe Fusaro a écrit un livre d’amour plein de poésie sur l’Italie, mais dommage que Sandro ait un peu gâché le paysage.

L'avis de Kathel

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Jean Rolin - Ormuz

22 Novembre 2013, 13:48pm

Publié par zazy

 

Ormuz

Jean Rolin

Editions P.O.L.

224 pages

Septembre 2013
ISBN : 9782818014110

 

Quatrième de couverture :

 

Unissant le golfe Persique à la mer d'Arabie, le détroit d'Ormuz voit transiter une part importante du pétrole et du gaz irrigant l'économie mondiale. De temps à autre, l'Iran menace de le bloquer, cependant que les États-Unis y font défiler leurs navires de guerre. En gros, c'est ce que l'on désigne comme une zone de tensions, et comme un enjeu stratégique. Or Wax, un personnage aux contours indécis, a formé malgré tout le projet de le traverser à la nage. Y parviendra-t-il, avec l'aide du narrateur et en dépit de difficultés innombrables, ou bien va-t-il plutôt se noyer dans le détroit, pour finir ?

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Après les brumes islandaises, me voici avec les nuages de sable du détroit d’Ormuz.

Petite question. Savez-vous où si situe ce détroit ? Vaguement ? Comme moi ! Pour la bonne compréhension de ce nouveau Rolin, j’ai sorti la carte de géographie.

Je suis allée en Palestine avec Chrétiens . Je l’ai laissé cheminant sur les canaux de France avec Chemins d'eau ; dans ma pile, il est à Los Angeles, mais bon, je sentais une urgence à lire Ormuz.

J’ai pris une leçon de géopolitique. Je n’aurais jamais imaginé qu’il puisse y avoir autant de bateaux dans le Golfe Persique; un tiers du pétrole mondial passe par le détroit d’Ormuz. Le trafic est amplifié par la contrebande de produits divers et variés à destination de l’Iran. Quant aux riverains ce sont l’Irak, Iran, les Emirats et autres Sultanats.

Ici, le narrateur, sert de « nègre » à Wax, un aventurier, ornithologue (il sait distinguer des goélands de Hemprich des goélands à iris blanc), passionné de batailles navales « asymétriques », qui veut traverser le détroit. Il doit décrire précisément toutes les faces de sa prouesse, enfin, s’il y arrive, car dès les premières lignes du livre, Wax a disparu !

Le narrateur continuera son travail de précision en répertoriant tout ce qui se trouve le plus proche du détroit d’Ormuz, c’est noté dans le contrat que Wax lui a établi. Il doit donc noter « toutes les créatures et tous les objets, depuis les plus vastes, telles des installations portuaires ou une ligne de métro, jusqu'aux plus restreints, tels une cabine téléphonique ou ce crocodile australien, susceptibles d'être décrits, chacun dans sa catégorie, comme "le plus proche du détroit d'Ormuz". » Voici le cœur de ce roman et de l’écriture de Jean Rolin. Les descriptions précises sont toujours émaillées là d’une réplique cinglante, là d’un trait d’humour, là d’une précision historique... Les phrases, longues montrent son souci du détail. On sent un Jean Rolin à l’aise au bord du Golf Persique à nous parler de géopolitique, de commerce, de guerre, de contrebande, sans oublier les descriptions des animaux.

Ormuz n’est pas un livre qui se dévoile immédiatement avec ses parenthèses, ses tirets, de retours en arrière. Pourtant, c’est cela qui en fait le sel. Le regard humain, ironique, minutieux de Jean Rolin, son amour des paysages, sa minutie ; j’ai aimé me perdre dans les pages de ce livre. J’aime l’écriture de Jean Rolin.

Quelques extraits :

Autant dire qu’il contemple une étendue d’eau apparemment sans limite, dont la coloration varie depuis le blanc laiteux, à où la mer se brise, au pied de la falaise, jusqu’au vif argent là où elle disparait, à l’horizon, ou se fond, plutôt qu’elle ne disparaît, dans une brume scintillante due à l’évaporation, aux particules de sable dans l’air ou à Dieu saint quoi d’autre. Entre-temps, elle est passée par différents tons de bleu –dont le turquoise est le plus agréable à l’œil, et celui qu’elle revêt aussitôt dégagée du ressac et de son blanc laiteux-, au fur et à mesure qu’elle prenait de la profondeur, ce qu’elle fait rapidement, car le rivage, sur la côte sud de l’île d’Hengam, est accore.

Outre que la maquette de ce SM39 –en fait une réplique exacte du missile, mais évidemment dépourvue de sa charge explosive, un peu comme ces enveloppes vides de CD que l’on trouve dans les rayonnages d’un disquaire-, outre que cette maquette était par elle-même très attrayante, avec ses surfaces merveilleusement douces au toucher et revêtues de couleurs chatoyantes (détails par lesquels le SM39 s’apparentait à la Porsche Panamera Turbo exposée dans les galeries du centre commercial Villagio).

Et la Burj Khalifa, la tour la plus haute du monde –et l’une de celles dont le chantier fut le plus coûteux en vies humaines-, est-ce qu’elle ne sort pas de l’ordinaire ? La Burj Khalifa ? Si, bien sûr, elle n’est pas non plus sans attraits… Surtout la nuit, quand au tournant de chaque heure elle ruisselle de lumières scintillantes, tandis que sa pointe effilée se perd dans les nuages, s’ils sont bas.

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Bergsveinn Birgisson - La lettre à Helga

18 Novembre 2013, 15:53pm

Publié par zazy

 

La lettre à Helga

Bergsveinn Birgisson

Traduction Catherine Eyjóflsson

Editions Zulma

22/08/13

144 pages
ISBN 9782843046469

 

4ème de couverture :

« Mon neveu Marteinn est venu me chercher à la maison de retraite. Je vais passer le plus clair de l’été dans une chambre avec vue plongeante sur la ferme que vous habitiez jadis, Hallgrímur et toi. » Ainsi commence la réponse – combien tardive – de Bjarni Gíslason de Kolkustadir à sa chère Helga, la seule femme qu’il aima, aussi brièvement qu’ardemment, d’un amour impossible.

Et c’est tout un monde qui se ravive : entre son élevage de moutons, les pêches solitaires, et sa charge de contrôleur du fourrage, on découvre l’âpre existence qui fut la sienne tout au long d’un monologue saisissant de vigueur. Car Bjarni Gíslason de Kolkustadir est un homme simple, taillé dans la lave, pétri de poésie et d'attention émerveillée à la nature sauvage.

Ce beau et puissant roman se lit d’une traite, tant on est troublé par l’étrange confession amoureuse d’un éleveur de brebis islandais, d’un homme qui s’est lui-même spolié de l’amour de sa vie.

L’auteur (tiré du site de l’éditeur) :

Bergsveinn Birgisson est né en 1971. Titulaire d’un doctorat en littérature médiévale scandinave, il porte la mémoire des histoires que lui racontait son grand-père, lui-même fermier et pêcheur dans le nord-ouest de l’Islande.

Immense succès dans les pays scandinaves ainsi qu’en Allemagne, la Lettre à Helga est enfin traduit en français.

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Cher Bjarni,

Quoi de plus indiscret que de lire une lettre qui ne vous est pas destinée, une lettre si intime, si pleine de votre amour pour Helga. Bergsveinn Birgisson a fait en sorte qu’elle soit publiée et j’ai pu me repaître de vos mots d’amour sans honte.

Ainsi vous voici de retour dans votre ferme avec vue sur l’ancienne ferme d’Helga et son mari. Je comprends que les souvenirs si doux, si forts, si torride ont refait surface et que vous n’ayez pu faire autrement que les écrire. Je m’en suis repue sans connaître la satiété.

Cher Bjarni, permettez cette familiarité, quel débordements d’amour ! Ce que vous avez dû l’aimer Votre Helga gironde et avenante ! Vous en avez pris du plaisir à, enfin, lui titiller les mamelons, après en avoir tant rêvé…Votre désir physique d’Helga est plus que palpable. Vous en parlez sans aucune fioriture, sans gêne mais sans vulgarité. Ah ! La palpation des brebis m’en a donné des palpitations !

J’ai eu grand plaisir à lire les descriptions de votre partie d’Islande, les courbes des mamelons d’Helga où vous aimiez vous allonger, les rudes batailles avec la mer et le froid. Vous étiez quelqu’un de connu et reconnu chez vous, je comprends les raisons de votre refus de devenir un anonyme à Reykjavik. Même l’amour ne remplit pas tous les vides. Tout comme Svava Jakobsdottir, vous n’appréciez pas trop la présence des américains sur vos terres, je l’ai bien senti.

Votre lettre a empli ma chambre d’embruns salés, d’odeurs de foin, d’ovins, de votre histoire, de vos tourments d’amour, de votre respect pour votre Chère Unnur, de vos croyances ancestrales, de votre amour pour Votre Islande rurale. J’aimerais tant trouver les mamelons d’Helga pour m’y allonger en plein été et regarder les nuages ou les mouettes voler. Qui sait, un nuage pourrait ressembler à une de vos brebis et je vous imaginerai la palpant de vos doigts attentifs.

Cher Bjarni, j’espère qu’Helga et vous êtes de nouveau réunis au paradis des amoureux, vous l’avez bien mérité. Surtout, profitez-en. En bas, sur terre, en cas de nuages orageux, je relirai votre lettre afin que le souffle de vos mots chasse les nuages et fasse revenir le soleil.

 

Quelques extraits :

Je compris que je ne réussirais jamais à me libérer de ton emprise - j'aurais soif de toi jusqu'à mon dernier souffle.

Voilà que j’ai perdu le fil, ma Belle. Mais il y a une bonne raison à cela. C’est que ça me fait mal de me remémorer ce passé.

 

Le vent du nord soufflait ; dans le grésil et les nuages sombres pendouillaient comme de langues des lambeaux de soleil.

J’enfonçais les doigts dans la toison aux longs poils, tâtai le gras de la poitrine et, sans trouver le moindre creux, le long des côtes. Je m’attaquai ensuite au dos et palpai l’échine pour voir si les vertèbres faisaient saillie. Puis, suivant des doigts le cartilage costal, je remontai l’épine dorsale pour redescendre en frôlant les protubérances transverses. Sans me quitter des yeux, tu frottais le bout de tes seins –ces beaux cônes de pin sylvestre- contre la barre de la mangeoire. Empoignant les cuisses fournies et musclées, je les palpai jusqu’au jarret afin de m’assurer que les bêtes étaient grasses et bien nourries, écartant ainsi le moindre doute qu’elles ne puissent passer l’hiver. A ce moment, penchée en avant de telle sorte qu’on voyait juste un de tes seins, tu as dit tout tranquillement que j’étais un expert palpeur. Tu m’as demandé si je savais m’y prendre avec autant de douceur avec les femmes.

J’eus le cœur serré cette nuit-là ; je reconnaissais assurément avoir trompé ma chère Unnur et c’était moche –mon corps le savait. Mais j’avais pu glisser un œil par l’embrasure du paradis.

On discuta de l’occupation militaire américaine –si ce n’était pas un sacré coup pour la nation – ça tu peux le dire ! Vous allez voir qu’on va tous redevenir les vassaux, non pas des seigneurs ou des évêques, mais des grandes puissances étrangères. Oui comme au Moyen-âge.

Les gens vont à l’étranger apprendre une connerie quelconque qui ne s’applique pas à notre île, et ils font tout ce qu’ils peuvent, au nom de la nouvelle mode, pour saboter et éradiquer les particularités qui ont pu se développer ici.

Si la vie est quelque part ce doit être dans les fentes

 

D'autres avis : Pierre - Cathulu - Philisine - Mimi -

Pour faire court : Libfly - Babelio - Entréelivre

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Guy Delisle - Chroniques birmanes

16 Novembre 2013, 21:55pm

Publié par zazy

Chroniques birmanes

Guy Delisle

Editions Delcourt

Collection Shampoing 

2007

ISBN : 9782756009339

 

Guy Delisle suit sa femme, administratrice de Médecins sans frontières en Birmanie. Pendant que Madame se débat pour des papiers, pour pouvoir faire son job, Guy Delisle s’occupe du bébé tout en exerçant son métier de dessinateur de BD.

Il nous dessine la vie quotidienne dans ce pays soumis à une dictature pure et dure. Ainsi, les birmans sont fous du bébé mais, lorsqu’il est seul, personne ne lui dit bonjour

Les anecdotes feraient sourires si le sujet n’était si grave ; Lorsque Môssieur le Président décide de créer une nouvelle capitale du jour au lendemain, les ravages du SIDA, les écoutes, la pauvreté, les contrôles, la peur….

Les anecdotes feraient sourires si le sujet n’était si grave ; Lorsque Môssieur le Président décide de créer une nouvelle capitale du jour au lendemain, les ravages du SIDA, les écoutes, la pauvreté, les contrôles, la peur….

Au détour d’une page, sujet sur les investissements de Total et ses accommodements avec le pouvoir en place. Puis Delisle revient au quotidien comme les fêtes dans les ambassades… Il promène beaucoup Bébé et va même essayer de passer devant la maison d’Aung San Suu Kyi, retenue prisonnière chez elle (c’était avant 2010). Nous passons aux tours et détours des dirigeants concernant MSF et les centres médicaux en zone non prioritaire.

 

Le must ironique, le détail qui tue : les poches des chemises des militaires ne sont pas au même endroit que vous soyez gradé ou pas, il y a de la barrette dans l’air.

L’air de rien avec son bébé, sa poussette, ses crayons, Guy Delisle établit un état des lieux qui, je l’espère, est moins pire maintenant. C’est ce décalage entre la vie familiale et tranquille d’expatrié de l'auteur, entre ses petits bobos et le mal qui ronge ce pays qui font le sel de ce livre. Un livre que j’ai beaucoup apprécié et où j’ai détaillé chaque page.

 

Pas facile pour une non-initiée en BD adulte de lire et regarder les planches. Je confirme ce que dit Guy Delisle aux membres féminins du Baby-Group : Faire de la BD, ce n’est pas juste une occupation, c’est vraiment un métier.

 

J’attends que Chroniques de Jérusalem soit disponibles à la bibliothèque pour continuer mon immersion.

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Rémy Simard et Pierre Pratt - Gustave

15 Novembre 2013, 18:54pm

Publié par zazy

 

Gustave

Texte : Rémy Simard

Illustration : Pierre Pratt

Editions La Pastèque

ISBN : 9782923841274

 

4ème de couverture :

Gustave ne jouera plus. Il a disparu.

J’ai pleuré toute la journée. Je ne peux par rentrer à la maison

Pas sans Gustave.

Comment le dire à maman ?

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Gustave a été mangé par le chat. Tout ça parce que le petit souriceau et lui se sont trop éloignés de leur maison, jusque vers le domaine du Chat et… ce qui devait arriver arriva.

Un livre sur l’acceptation de la disparition, sur la consolation. Un livre où il faut bien disséquer les images pour comprendre la fin de l’histoire. En effet, Gustave n’est pas un souriceau ordinaire, c’est un doudou. Heureusement maman est là pour consoler et réparer.

Les illustrations de Pierre Pratt sont sombres, tristes, dessinées à grands traits. Les contours noir accentuent la tragédie, puis les contours s’appaisent, les couleurs s’éclaircissent, et deviennent lumineuses à la fin, merci maman.

 

Le texte de Rémy Simard semble sibyllin mais tout est dit. Il y a une grande interaction entre les mots et les images, dont la perspective qui augmente la solitude du souriceau.

 

Ces deux auteurs canadiens très connus dans leur pays feront la conquête des petits français, surtout que le livre des éditions Pastèque est de belle qualité.

 

Je lirai ce livre à mes petits-enfants lors de leur venue à Noël. J’espère que l’histoire leur plaira. Il faudra que je mette l’accent sur les dessins des deux souriceaux, puis nous parlerons des doudous que, quelque fois, nous cherchons longtemps, cachés sous un tas de coussins, ou ailleurs, qu’ils sont.

 

J’ai lu ce livre dans le cadre organisé par et les éditeurs indépendants dont l'édition . Merci pour cette découverte.

 

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Marianne Rubinstein - Les arbres ne montent pas jusqu’au ciel

14 Novembre 2013, 12:33pm

Publié par zazy

 

Les arbres ne montent pas jusqu’au ciel

Marianne Rubinstein

Editions Albin Michel

22/08/2012

ISBN : 9782226242983

 

4ème de couverture :

 

«C'est quoi, pour toi, la quarantaine ?» demande-t-elle obstinément à ses amies. Elle pour qui le «milieu du chemin de la vie» a commencé par une rupture et la garde alternée de son petit garçon. Après l'effondrement, vient pourtant le temps de la reconstruction, des amitiés fondatrices, des amours éphémères, et d'une certaine douceur de vivre.

Dans Les arbres ne montent pas jusqu'au ciel, Marianne Rubinstein évoque tout en subtilité cet ébranlement intime de la quarantaine. D'un ton juste et lumineux, l'auteur de Tout le monde n'a pas la chance d'être orphelin et du Journal de Yaël Koppman, analyse les découvertes, les effrois, les bonheurs et la liberté qui peut en résulter.

 

L’auteur (site Albin Michel) :

Maître de conférences en économie à Paris VII, Marianne Rubinstein poursuit parallèlement une carrière littéraire prometteuse, entamée avec la publication de son essai-enquête sur les enfants des orphelins juifs de la Shoah, Tout le monde n'a pas la chance d'être orphelin.Son œuvre romanesque met en scène un double littéraire Yaël Koppman que l'on retrouve dans Les arbres ne montent pas jusqu'au ciel.

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« Mon Dieu, gardez-moi de mes amis. Quant à mes ennemis, je m'en charge ! » Cette phrase de Voltaire, Yaël en fait l’amère expérience lorsque son mari la quitte pour une de ses copines.

 

Dans son journal intime, la jeune femme ne nous épargne pas sa dépression post-largage (ça se comprend) obnibulée qu’elle est par le passage de la quarantaine. Nous passons des atermoiements des trentenaires à ceux des quarantenaires, pas de problème. Je suis peut être un peu vache. Ici, on retrouve les poncifs du genre ; les copines qui veulent recaser l’esseulée, la voisine paumée, la « mauvaise mère », le mari qui voudrait bien revenir… Quelques pages à disséquer Virginia Wolf, Sénèque, à parler d’économie (Yaël est prof d’économie).

Mais… Certains passages montrent qu’elle n’est pas dupe de ce qu’elle écrit. Quelques traits d’humour acide, dont celui des fourmis (à méditer), quelques phrases où elle se lâche en font une lecture agréable.

Ce livre se lit très vite. Cela sent le vécu, mais cela ne me laissera pas beaucoup de traces. Si les arbres ne montent pas jusqu’au ciel, Marianne Rubinstein ne m’aura pas fait grimper aux branches de ses arbres.

D'autres avis : Mimi - Pierre - George - Kathel - Jostein - et sur Libfly

 

 

 

 

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