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ZAZY - mon blogue de lecture

Editions Elyzad

24 Septembre 2013, 21:50pm

Publié par zazy

Editions Elyzad

 

C’est une première pour moi. J'ai envie de vous parler d’une maison d’éditions très chère à mon cœur : les éditions Elyzad.

Je recopie ici leur politique éditoriale :

Les éditions Elyzad sont nées en 2005 à Tunis. Depuis ce pays de la Méditerranée, riche de nombreux métissages, nous avons choisi de faire partager une littérature vivante, moderne, qui s’inscrit dans la diversité. Des romans et nouvelles qui correspondent à nos engagements : faire entendre, au Sud comme au Nord, des voix singulières, d’ici et d’ailleurs, lire le monde dans sa pluralité.

Notre ligne éditoriale, qui se veut exigeante, s’est élaborée au fil de rencontres heureuses avec des auteurs confirmés qui nous ont fait confiance et d’autres que nous avons découverts et avons le bonheur de faire lire.

Olympia Alberti, Théo Ananissoh, Ali Bécheur, Hélé Béji, Sophie Bessis, Tahar Bekri, Emna Belhaj Yahia, Djilali Bencheikh, Rajae Benchemsi, Noura Bensaad, Maïssa Bey, Sonia ChamkhiColette Fellous, Azza Filali, Hélène Gaudy, Wahiba Khiari, Kaouther Khlifi, Alain Nadaud, Cécile Oumhani, Claude Rizzo, Marie-Christine Sato, Leïla Sebbar, Frank Secka, Anne-Christine Tinel...

Regards posés sur la société arabe, textes nomades imprégnés des mers du nord et du souffle du sud, des Balkans et du Japon ; recueils tissés autour d'un mot… Il s’agit avant tout d’écritures multiples et unies par une langue commune qui sont autant de passerelles reliant la Méditerranée et plus largement l’ensemble de l’espace francophone

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La qualité des auteurs, le soin apporté aux livres, à leur présentation, que ce soit en livres brochés ou poche, en font des ouvrages que l’on aime lire, relire, regarder, toucher, prêter.

J’ai eu le plaisir de lire ces quelques livres :

D’autres titres me tentent comme Tes yeux bleus occupent mon esprit, l’heure du cru, Hammam et Beaujolais…. Je ferais mieux de dire que presque tout leur catalogue me tente.

Je ne suis pas rémunérée pour écrire tout cela, ce n’est pas mon rôle. Je ne fais pas de la « lèche ».  Je veux seulement donner un bon coup de chapeau à cette maison d’édition tunisienne qui me donne tant de bons moments de lecture. Allez sur leur site !

J’ai découvert cette maison d’éditions grâce aux opérations menées par Libfly, qu’ils en soient remerciés.

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Théo Ananissoh - L'invitation

24 Septembre 2013, 21:26pm

Publié par zazy

 

L’invitation

Théo Ananissoh

Editions Elyzad

Paru le 04/04/2013
146 pages
ISBN : 9789973580535

 

4ème de couverture :

En France, au nord de la Loire. Un écrivain togolais est accueilli en résidence d'écriture pour quatre mois à Moisant, village de mille habitants. On l'installe dans un ancien presbytère, on l'invite à déjeuner, on lui présente les uns et les autres. Des plaines dénudées, un unique café, une place du village à peine animée en cet automne ensoleillé, une église déserte. Ces endroits sans aspérités, ces gens plus ou moins retirés de la vie active, prennent peu à peu du relief. Les habitants se muent en personnages de roman. Car les meurtrissures ne sont pas rares, mine de rien ; la haine et la générosité non plus.

Théo Ananissoh nous convie à le suivre dans une observation fine des joies et des peines de "villageois" français. Venu d'ailleurs, il évite cependant tout exotisme. Par-delà, son regard attentionné et sensible fait de Moisant le tranquille théâtre d'un questionnement sur la condition humaine.

L’auteur :

Théo Ananissoh est né en 1962 en Centrafrique. À l'âge de 12 ans, fuyant Bokassa, il rejoint le Togo. En 1986, il se rend à Paris pour y suivre des études de lettres. Il obtient une Maîtrise de Lettres Modernes et un doctorat en Littérature Générale et Comparée à l'université Paris III - Sorbonne Nouvelle. Maintenant, il vit près de Düsseldorf. Il est l'auteur de trois romans : Ténèbres à midi ; Un reptile par habitant ; Lisahohé. À l'occasion d'une résidence d'écriture en Tunisie, il a aussi écrit un récit, publié dans un ouvrage collectif : Vingt ans pour plus tard,

 

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J’ai eu la chance de lire ce livre dans le cadre de l'opération organisée  par  et les éditions concernées, ici Elyzad  dont je ne dirai jamais assez de bien.

 

Quatre mois à Moisant, petit village tourangeau, invité par la Maison des écritures de Moisant où tout commence par un pique-nique ; voilà l’invitation et la base de départ de ce livre-récit de Théo Ananissoh.

Pendant ces quelques mois, il habitera un presbytère un peu décrépi et prendra ses repas à l’auberge du village, le Bon Accueil - lieu hautement recommandé pour découvrir les us et habitudes des autochtones de quelque village français que ce soit- ou sera reçu par des personnes que je qualifierai, sans ironie aucune, d’intellos. « Et oui ! Bien que vivant dans ces lieux, on n’est pas tous des ruraux, cher ami » répond Yvonne a une question précise de l’auteur.

Par petites touches, Théo Ananissoh dessine le portrait des invités du pique-nique. Comme un photographe, nous passons du plan général au gros plan et même à la macro.

Le style narratif, tel un recueil de souvenirs, m’a un peu gêné au début, puis la musique s’est installée et j’ai pu imaginer les panoramas que Théo Ananissoh nous décrivait.

Il y a un fantôme dans ce livre : Louis Ribassin « Celui qui a vécu en Afrique ? Yvonne agite ses cheveux gris. Oui. L’homme qui a si longtemps et si bien conseillé des tyrans africains. »

C’est un des fils conducteurs de ce livre et je ne vous dévoilerai pas la teneur de leur rencontre, à vous de la découvrir.

Théo Ananissoh parle du handicap, de la maladie, de la mort et de sa gêne devant tous ces chiens et chats vivant dans les maisons. Pour en venir à quelque chose de beaucoup plus joyeux et rabelaisien (cela va si bien à cette Touraine qui l’a vu naître) on voit son attrait pour la gent féminine et Gérard, un des invitants, l’a très bien compris « Un homme qui aime les seins sait apprécier également le vin »

Je suis en même temps témoin de la création de ce livre et lectrice du même livre terminé « je me récite des phrases que j'ai écrites dans la journée; je me suis mis à table et j'ai écrit fiévreusement pendant des heures » « j'ai trouvé un point de départ ». La fin est un joli pied-de-nez à Ribassin. « Tu écris quoi ? » « Disons que j’essaye de rendre mon séjour au jour le jour »

Ce livre est d’une écriture simple, comme un carnet de voyage ou de peintre. Le carnet de voyage est celui d’un africain sur un village français, alors que nous avons été habitués à l’inverse. Sa galerie de portraits est intimiste et très humaine. Un livre qui ne se dévoile pas de suite comme le rideau d’un théâtre que l’on ouvre doucement pour découvrir le décor et les comédiens.

Ce bouquin me fait penser à un film de Claude Sautet, tout en simplicité apparente, mais…

 

Quelques extraits :

Sur ces voies et chemins de campagne déserts, je me parle à haute voix, me récite des phrases que j’ai écrites dans la journée, discute avec moi-même de politique, de littérature, me donne des interviews imaginaires où, tout à tour interviewé et interviewé, j’interroge, conteste et réfute. Je donne libre cours à mon irritation et à mon mépris pour ceux-ci ou ceux-là. J’ai hérité de ma mère cette manie.

Comment dire ? Isabelle n’est pas d’emblée une femme belle. Mais elle est singulièrement attirante. Son visage est un peu charnu. Les cheveux chatains sont coupés presque court. A-t-elle étudié ce qu’elle porte ce dimanche ? Pour recouvrir ses rondeurs et ses courbes - les hanches pleines, la poitrine en saillie -, les vêtements sont juste suffisants si je puis dire.La regarder par derrière quand elle s’éloigne me fait un tel effet que j’arrête de manger pendant quelques instants.

Elle est petite, ronde et n’a aucun attrait particulier en dehors d’une belle et longue chevelure dont la blondeur résiste admirablement à l’âge. Ces cheveux rehaussent son visage, et atténuent la négligence de ses vêtements. C’est un atout qu’elle n’a sans doute jamais su mettre à profit.

Nous accueille à l’entrée de la clôture une femme d’une quarantaine d’années, de taille moyenne et vêtue près du corps. Le jean serre des fesses expressives et le haut noir épouse le galbe des seins.

Je suis reparti de Moisant avec un insigne cadeau : deux tomes du Tableau de la littérature française édité par Gallimard et préfacés par Jean Giono et l’autre par André Gide.

 

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Hubert Haddad - Palestine

15 Septembre 2013, 19:57pm

Publié par zazy

Palestine

Hubert Haddad

Editions Zulma

160 pages
23/08/07

ISBN 978-2-84304-421-2

 

4ème de couverture :

Quelque part en Cisjordanie, entre la Ligne verte et la « ceinture de sécurité », une patrouille israélienne est assaillie par un commando palestinien. Un soldat tombe sous le feu, un autre est enlevé par le commando bientôt en pleine déroute… Blessé, sous le choc, l’otage perd tout repère, en oublie son nom. C’est, pour lui, la traversée du miroir.
Seul survivant, sans papiers, en vêtements civils et keffieh, le jeune homme est recueilli, soigné puis adopté par deux Palestiniennes. Il sera désormais Nessim, frère de Falastìn, étudiante anorexique, et fils d’Asmahane, veuve aveugle d’un responsable politique abattu dans une embuscade.
C’est ainsi que Nessim découvre et subit les souffrances et tensions d’une Cisjordanie occupée...

Dans ce bouleversant roman, Hubert Haddad transfigure avec Falastìn — moderne Antigone — toute l’horreur du conflit en une tragédie emblématique d’une grande beauté.

==========

 

Qu’est-ce qui différencie Cham le soldat israélien et Nessim le palestinien ? A priori tout les oppose. Hubert Haddad, nous offre, par un jeu de miroir saisissant l’antagonisme des deux parties.

Cham, soldat israélien, victime d’un rapt est devenu amnésique. Un vieux ferrailleur palestinien, le prenant pour l’un des siens, le conduit mourant dans la maison d’une veuve aveugle Asmahane et de sa fille Falastin. Sans papier sur lui, il devient Nessim, le frère disparu. Cham-Nessim sans mémoire antérieure, va vivre de l’intérieur l’occupation israélienne et tomber amoureux de Falastin (d’où le rapport avec Antigone). Il entrera dans un réseau terroriste pour terminer en bombe humaine en Israël sous la nouvelle identité de Cham auquel il ressemble étrangement (tiens donc !!) Haddad nous décrit un des chemins menant vers le terrorisme, vers la bombe humaine par trop de souffrance devant la mort d’un amour, la mort d’une famille, la mort inutile et lâche.

Ces deux populations sont si proches morphologiquement que l’un prend l’identité de l’autre sans aucun problème. Cham parle l’arabe en plus de l’hébreu, physiquement très proche de Nessim, cela facilite les choses.

Sans trancher, Hubert Haddad nous promène de part et autre de la frontière, du côté des assaillants comme du côté des assaillis ou l’inverse. Les salauds, les va-t-en-guerre, les pacifistes, la misère, la peur, la haine, l’amour sont dans les deux camps. Hélas, ce sont les extrémistes qui gagnent. Sans souvenirs de sa réelle identité, Cham-Nessim rompt le pain donné par un jeune palestiniens infirme suite à sévices (p91) n’est-ce pas une belle image ?

Palestine est un livre puissant, ce jeu de miroir est fascinant. La pression augmente doucement mais sûrement vers un choix draconien, L’engagement y est toujours présent. Le style d’Hubert Haddad, que j’avais découvert dans le peintre d’éventail, très poétique et réaliste en fait roman prenant, un régal de lecture.

En conclusion, la religion fanatisée ne mène qu’à la désolation. Israéliens et palestiniens devraient penser plus souvent au tombeau des Patriarches où se trouvent une mosquée et une synagogue.

Ils ont également lu ce livre : yv - Mimi - Sylire -

Quelques extraits :

 

Dans l’incertitude de l’aurore, un soudain vacarme la tira des abysses. Falastin courut jusqu’aux volets qu’elle repoussa des deux bras. Les toits et les terrasses reflétaient un ciel de marbre veiné de mauve à l’horizon. Des chocs violents, suivis d’une sourde déflagration, ébranlèrent l’immeuble. Elle eut juste le temps d’apercevoir les jeeps blindées des services spéciaux et de la police des douanes.

 

Le major Mazeltof ralentit à proximité du Tombeau des Patriarches. Des soldats en arme patrouillaient le long des murailles.

C’est amusant, dit-il avec un entrain joué. Vous, les musulmans et nous, juifs, nous ne parvenons à être d’accord que sur les fables. Voilà bien le seul endroit au monde où on trouve une synagogue et une mosquée sous le même toit. Vous croyez vraiment qu’Adam et Eve, Abraham et les autres soient inhumés là-dedans ?

 

Aimer, aimer ? balbutia-telle au sortir d’une rêverie amère. Aimer n’est-ce pas mourir ?

 

L’idée, c’est de se faire éclater dans un bus ou dans un marché, poursuivit Omar. Je sais où trouver les ceintures d’explosifs. Il ne faut pas regretter cette vie d’opprimé. Plus tu fais de morts chez les sionistes, plus tu montes vite au paradis : c’est comme un carburant/

Le Shadid se purifie dans le sang de ses ennemis…

 

A quoi bon ? poursuivit Nessim d’une voix blanche. Nous sommes bannis de chez nous, délogés, dépossédés, tous captifs. Partout des murs dressés, des barrages, des routes de détournement. Est-ce qu’on peut vivre comme ça, parqués dans les enclos et les cages d’une ménagerie ? Veut-on nous pousser au suicide, à la dévastation ? Je hais notre sort, je les déteste tous à en perdre l’esprit…

 

La haine est une autre chaîne, sais-tu ? Leurs rabbins ont une phrase très forte à ce sujet : « sois plutôt le maudit que celui qui maudit »

 

- Un jour la paix viendra et nous pourrons tous nous aimer, répondit-elle sur le ton languide qui précède l’endormissement. Oui, c’est seulement par la paix que nous pourrons vaincre…

- La paix ? C’est le droit du plus fort ! Ces gens-là nous infligent leur paix d’envahisseur avec des barbelés et des tanks, en détruisant les villages et les oliveraies.

- C’est que les vieux aux commandes crèvent de peur et ne jurent que par la force. La plupart ont débarqué d’Europe ou d’ailleurs avec de méchants oups bruns à leurs trousses. Ils règlent leurs comptes à travers nous. Nous sommes un peu leur miroir…

 

 

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Colum McCann - Danseur

14 Septembre 2013, 14:23pm

Publié par zazy

Danseur

Colum Mac Cann

Traduction Jean-Luc Piningre

Collection 10/18

Janvier 2005

410 pages

ISBN : 9782264040671

 

4ème de couverture :

Avec Danseur, Colum Mc Cann réinvente la figure de Rudolf Noureïev, celui dont le nom fut synonyme de génie, de sexe et d’excès. Des horreurs de la bataille de Stalingrad à la permissivité sauvage du New York des années soixante-dix, entouré d’une impressionnante cohorte de personnages, réels ou imaginaires, se tient l’artiste : volontaire, lascif, ambitieux, mû par le besoin d‘une perfection à jamais hors d’atteinte.

 

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Rudolf Noureïev fut quelqu’un de très entouré, en bien ou en mal et c’st cet entourage qui raconte sa vie. Une vie faite pour et par la danse, je devrais écrire Danse tant Noureïev incarne ce mot.

Il incarne également la résistance à un mode de culture, à un monde politique que lui, petit paysan tatare fou de liberté, de Sa liberté, niant toute autorité autre que celle de la danse a payé au prix cher : l’exil volontaire.

 

"Post coitum omne animal triste est " (j’étale mon ignorance) lui convient comme un gant, plutôt comme un collant. Que de fornications, foutrages, alcool, drogues et autres douceurs dignes des années 70 dans ce livre et pourtant, Rudolf Noureïev, avec sa grosse tête, n’est pas heureux.

 

La fuite en avant de cet homme a quelque chose de troublant. L’âme russe dans toute sa splendeur, enfin selon les on-dit, capable de grosses colères comme de la plus grande générosité, incapable de se restreindre dans l’effort comme ailleurs.

 

Autant le livre est brillant, lyrique enthousiasmant autant le personnage côté coulisse et vie privée est pathétique. J’ai aimé l’écriture de Colum Mac Cann. Ne me demandez pas de démêler le vrai du roman, la réalité de la fiction, j’en suis totalement incapable, c’est avant tout le privilège d’un bon roman, d’autant que j’ignore tout de la biographie du danseur.

 

Le livre est brillant. Rudy dans ses orgies seventies ne m’a pas trop enthousiasmée et je l’ai laissé un peu de côté pour me consacrer à Rudolph que j’ai suivi avec un grand intérêt. Noureïev a le goût et le besoin d’un travail forcené, la passion qui l’habite transcende ses douleurs, depuis qu’enfant, il dansait pour les blessés de l’hôpital et qu’il rêvait en écoutant Tchaïkovski à la radio. Rudik n’est que blessures jamais refermées, cette famille trop tôt quittée, cet exil volontaire mais très surveillé. Il n’a jamais supporté de ne plus voir sa mère et ce ne sont pas les coups de fil épiés qui changèrent les choses. Il a essayé d’oublier le petit garçon en ne restant jamais plus d’une semaine au même endroit, en multipliant les représentations avec sa grande amie Margot Fonteyn, en brûlant la chandelle par les deux bouts.

 

Un vrai coup de cœur pour le chaussonnier anglais qui vit pour son art, qui est capable de créer des chaussons selon le pied du danseur. « Mais ce qu’il fait est magnifique ! Il a consacré des heures de travail à ces chaussons, à vérifier le moindre détail. J’ai senti comme une énergie nouvelle rien qu’en les essayant. »

 

Quelques extraits :

Onze heures de répétition, une d’exercices lents à la barre. Impossible de trouver le bon phrasé. A envier la patience des tailleurs de pierres. Cisèle, burine, jusqu’à ce que tout fonctionne. Après sieste dans la loge, une heure encore de travail avec Rosella. Sur scène, personne n’a rien remarqué –personne !-, pas même Françoise.

 

Un bain. Miel dans le thé. Répétition. La perfection réside moins dans le spectacle que dans le voyage vers la scène. C’est là qu’est l’ivresse. Il faut brûler !

 

Ensuite ? Elle a fait remarquer sagement qu’un danseur âgé, ça se dégustait comme une pince de homard. Elle a cassé celle qu’elle avait dans son assiette et elle l’a sucée bruyamment jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien dedans.

 

Vrai : les mauvaises critiques te rendent fou furieux, mais rappelle-toi, pour ta défense, que ceux qui se contentent d’écouter sagement les autres ne changent jamais.

 

Vrai : Je fais de l'esbroufe pour masquer mon angoisse, y compris sur scène.

 

Sacha ! Tamara ! Maman, Papa ! Oufa ! Leningrad ! Vous m’entendez ? Je vous appelle depuis l’avenue des Amériques !

 

Seule tristesse : mon père ne m’a pas vu danser une seule fois.

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Michel Quint - Effroyables jardins

11 Septembre 2013, 20:20pm

Publié par zazy

 

Effroyables jardins

Michel Quint

Editions Joëlle Losfeld

2000

65 pages

ISBN : 9782844120649

 

 

4ème de couverture :

" Certains témoins mentionnent qu'aux derniers jours du procès de Maurice Papon, la police a empêché un clown de rentrer dans la salle d'audience. Il semble que ce même jour, il ait attendu la sortie de l'accusé et l'ait simplement considéré à distance sans chercher à lui adresser la parole. L'ancien secrétaire général de la préfecture a peut-être remarqué ce clown mais rien n'est moins sûr. Par la suite l'homme est revenu régulièrement sans son déguisement à la fin des audiences et aux plaidoiries. A chaque fois, il posait sur ses genoux une mallette dont il caressait le cuir tout éraflé. Un huissier se souvient de l'avoir entendu dire après que le verdict fut tombé : - Sans vérité, comment peut-il y avoir de l'espoir ? " L'auteur dédie ce court texte lumineux, émouvant et métaphorique à la mémoire de son grand-père, ancien combattant à Verdun et de son père, ancien résistant.

 

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Déjà séduite par l’écriture de Michel Quint, je ne pouvais passer à côté de ce petit bijou. En peu de pages, Michel Quint raconte ce que, nous aussi, avons pu connaître, à savoir la honte des faits et gestes de son père. Ils n’y vont pas avec le dos de la cuillère tous les deux.

Un soir Gaston révèle à Lucien les raisons pour lesquelles son père, chaque week-end se grime en clown. Il lui dit tout : la résistance, le dynamitage du transformateur, la prise d’otage... Alors, Il comprend l’attitude de son père, les regards, les silences. Alors il découvre le courage simple de son enseignant de père et l’hommage à celui qui leur a sauvé la vie en mettant son nez rouge au service des autres.

Michel Quint nous offre un récit juste, poétique, émouvant. Comme Lucien on se retrouve tout couillon devant ce récit et la fin est un joli pied de nez de clown.

Un récit profond, humain, qui ouvre une lueur dans ce monde de brutes. Au pays des salauds, certains font également de la résistance. Le courage, l’abnégation, l’amitié, la famille peuvent être plus que des mots sans références à la devise de Pétain. A faire lire

D'autres avis : LilibaLibfly -

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Les matches de la rentrée littéraire 2013

10 Septembre 2013, 16:06pm

Publié par zazy

De nouveau, cette année, Priceminister lance son match de la rentrée littéraire 2013

Vous avez un blogue ? vous aimez lire ?

PriceMinister vous offre un livre contre une chronique sur votre blogue et, ainsi, vous participerez au match de la rentrée littéraire 2013. Vous désignerez  les meilleurs livres de cette rentrée.

Vous êtes intéressé ? Alors cliquez ici, vous découvrirez la liste des livres et, surtout,

inscrivez-vous !!!

J’y participe moi-même depuis l’an dernier ; que du bonheur !!!

Si c'est votre première participation, je peux vous parrainer avec très grand plaisir.

 

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Antoine Choplin - La nuit tombée

8 Septembre 2013, 14:14pm

Publié par zazy

Antoine Choplin

La nuit tombée

Editions La fosse aux ours

125 pages

Août 2012

ISBN : 9782357070332

 

 

4ème de couverture :

 

Un homme sur une moto, à laquelle est accrochée une remorque bringuebalante, traverse la campagne ukrainienne. Il veut se rendre dans la zone interdite autour de Tchernobyl. Il a une mission.
Le voyage de Gouri est l'occasion pour lui de retrouver ceux qui sont restés là et d'évoquer un monde à jamais disparu où, ce qui a survécu au désastre, tient à quelques lueurs d'humanité.

 

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Gouri sur sa moto, avec une petite remorque accrochée, file sur une route russe en direction de Pripiat, ville fantôme par la « grâce » de l’accident nucléaire de Tchernobyl. Il veut absolument récupérer la porte de la chambre où sa fille Ksenia a fait des dessins.

Tous ces risques pour ça me direz-vous ! Et bien oui et non. Les souvenirs sont accrochés à cette porte. Et puis, il va s’arrêter en chemin, juste avant la zone interdite, chez ses amis Vera et Iakov. Iakov, comme lui était un liquidateur et il en a payé le prix fort. Autour d’un repas, il feront remonter le temps, se rappelleront les bons moments. A la nuit tombée, Gouri repartira pour Pripiat avec pour protection un simple mouchoir noué sur la bouche. Cette zone est gardée par les soldats et fréquentée par des bandes de voleurs, une zone de violence. Arrivé sur la place devant son ancien appartement, il se souvient de l’époque heureuse où la grande roue, les autos tamponneuses animaient la fête du 1er mai.

Maintenant, il est écrivain public à Kiev, il a eu de la chance de dégoter cet emploi, sa fille Ksenia est très gravement malade, ses amis meurent des suites d’irradiation. Alors, il aidera Iakov à écrire sa lettre d’amour, sa lettre d’adieu à Vera.

Ce livre, très court, est empli d’une belle humanité sur un décor d’apocalypse. Pas de bavardage inutile, pas de phrases grandiloquentes, on sent les silences dont celui de la forêt percé par les chants d’oiseaux. Antoine Choplin m’a séduite. Je vais oser un de mes mauvais jeux de mots : Ce livre irradie d’humanité et de tendresse.

 

Eux aussi ont aimé : Mimi - afbf - Philisine - Kathel -

 

Quelques extraits :

Il traverse les villages et les retrouve comme il les a quittés, gris et dispersés, sans traits singuliers. Les quelques enfants qui jouent sur les bas-côtés ressemblent à ceux d’avant, avec leurs yeux qui s’écarquillent lorsqu’ils se figent pour le regarder passer. Il y a aussi les vieillards assis, adossés à des palissades et qui profitent des dernières heures du jour.

 

D’après Stephan, ils vont venir me voir ici bientôt pour me remettre ça. C’est ce qu’ils font avec ceux qui sont malades. Ils se rendent chez eux pour leur remettre leur décoration. Quelquefois, il parait qu’ils organisent aussi des sortes de cérémonies dans les villages. La patrie reconnaissante, dit Gouri avec gravité.

 

L’excavatrice a remis son moteur en route et elle a manœuvré pour contourner la maison. Puis elle est passée si près de nous qu’on a cru qu’elle allait nous écrabouiller. Mon père me tenait fermement le bras et j’ai compris qu’il avait décidé qu’on bougerait pas d’un centimètre. Ce n’est que lorsque l’engin a écroulé la petite barrière du jardin qu’on est rentrés précipitamment dans la maison. Mon père a désigné quelques caisses à remplir et à évacuer d’urgence. Et c’est ce qu’on a fait tandis que le bulldozer, dans un bruit de tonnerre, a creusé le trou tout contre la maison.

« Il y a eu la vie ici

Il faudra le raconter à ceux qui reviendront

Les enfants enlaçaient les arbres

Et les femmes de grands paniers de fruits

On marchait sur les routes

On avait à faire

Au soir

Les liqueurs gonflaient les sangs

Et les colères insignifiantes

On moquait les torses bombés

Et l’oreille rouge des amoureux

On trouvait le bonheur au coin des cabanes

Il y a eu la vie ici

Il faudra le raconter

Et s’en souvenir nous autres en allés. »

 

En tout cas, repris Gouri, et même si ça me dépasse, c’est comme ça. Quelques morts chaque jour, oui un poème si on veut, comme un petit crachat de ma salive à moi dans le grand feu. Et ce sera comme ça tous les jours que Dieu me donnera.

 

Gouri met pied à terre, coupe le moteur.

Le silence tombe comme une chape.

 

Et pourtant, on aura beau faire, on sait bien qu'on ne sera jamais tranquilles avec ça. Ni nous, ni nos enfants, ni les enfants de nos enfants. Ni même le plus petit brin d'herbe qui n'a plus nulle part où se cacher

 

Bien sûr qu’il pense à Ksenia, à Iakov, à Grigori même, et à tous les autres. Tous nichés dans un coin de sa tête à lui dire hé là, mon vieux Gouri, tu vas quand même pas te laisser aller. Avec la chance que t’as eue de rester solide sur tes deux jambes.

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François Szabowski - Il n’y a pas de sparadraps pour les blessures du cœur

7 Septembre 2013, 21:33pm

Publié par zazy

 

Il n’y a pas de sparadraps pour les blessures du cœur

François Szabowski

Editions Aux Forges du Vulcain

365 pages

ISBN : 9782919176243

 

 

4ème de couverture :

François Chabeuf est un jeune homme doté d'un talent inné pour l'intrigue et d'une mauvaise foi à toute épreuve. Expert en manipulation, son seul désir est d'être entretenu. Il est parvenu à séduire une retraitée puis à chasser son mari pour s'installer avec elle, mais au jour le jour la cohabitation s'avère plus difficile que prévu. Sombrant dans la misère la plus complète, il fait alors la rencontre de Vera, une jeune femme russe à la dérive, aux yeux bleu vodka et aux secrets trompeurs. Cette rencontre change sa vie et, mû par un sens de l'héroïsme que nul ne soupçonnait, il se lance dans une quête rocambolesque, mêlant intrigue amoureuse, roman policier et humour au vitriol. François Chabeuf, l'antihéros mythomane des Femmes n'aiment pas les hommes qui boivent, franchit un nouveau palier dans la démesure, avec ce roman porté par un souffle épique et une frénésie euphorique.

 

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Quatrième de couverture alléchante s’il en est !!!

Mais, je reste bloquée devant ce bavardage même si il y a de l’humour, de la dérision, bref ce que j’aime normalement. Trop de blablas, je me lasse à suivre François Chabeuf. Peut-être faudrait-il qu’il en mange plus de bœuf pour être moins… pour être plus… enfin bref, pour être autre. Je n’éprouve aucune empathie, je ne parle même pas de sympathie, pour cet antihéros dont parle la quatrième de couverture.

J’arrête donc là cette lecture qui ne m’apporte que de l’agacement. Pourtant, le titre façon Audiard, m’avait beaucoup plu. Je ferai une nouvelle tentative plus tard.

cadeau.

Livre lu dans le cadre  organisé par     et, ici, les Editions      que je remercie pour ce surprenant ouvrage. Si, vous aussi, vous voulez découvrir des éditeurs indépendants, rejoignez-nous.

 

D'autres lecteurs ont beaucoup aimé : Skritt - Ramette à lire sur Libfly ou sur leurs blogues respectifs

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William G. Tapply - Dark tiger

5 Septembre 2013, 16:08pm

Publié par zazy

 

Dark tiger

William G. Tapply

Traduction François Happe

Editions Gallmeister

252 pages

ISBN : 9782351780329

 

4ème de couverture :

Il y a sept ans, Stoney Calhoun s’est réveillé dans un hôpital de vétérans, privé de mémoire et de passé mais doté de talents inattendus. Depuis, il s’efforce de mener une vie normale, partagée entre la boutique de pêche qu’il possède avec la sublime Kate Balaban, son chien Ralph, et sa cabane perdue dans les bois.

Lorsque l’Homme au Costume, qui vient régulièrement s’assurer qu’il n’a pas retrouvé la mémoire, commence à mettre en danger sa nouvelle existence, Calhoun est contraint d’enquêter sur le meurtre d’un agent gouvernemental retrouvé mort au nord de l’État. Il doit alors prendre la place d’un guide de pêche à Loon Lake Lodge, un luxueux hôtel situé en plein cœur des espaces sauvages du Maine.

 

Les paysages somptueux du Nord-Est des États-Unis servent de décor à cet ultime volet des aventures de Stoney Calhoun. Après Dérive sanglante et Casco Bay, nous retrouvons une nouvelle fois ce bourru sympathique dans son enquête la plus dangereuse.

 

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En ouvrant ce livre de William G. Tapply, j’ai retrouvé mes chaussons dans la véranda de la cabane au fond des bois Stoney Calhoun avec grand plaisir. Toujours cet oubli d’avant, toujours cette sensation de savoir les choses, mais…. Une enquête bien ficelée, pas de temps mort, pas trop de bavardages inutiles. J’ai retrouvé avec grand plaisir Kate, Ralph d’épagneul breton et, surtout, les décors sauvages de ces lacs, la vie simple, pêcher, éventuellement pister le criminel. Un polar comme je les aime avec un personnage, Stoney Calhoun, très attachant. D’accord, les accros-thriller trouveront l’intrigue très mince, mais il y a le reste et ça, ça vaut son pensant de cacahuètes brochets. Je l’ai lu en une seule soirée non pas parce que j’avais le besoin vital de connaître l’assassin, mais tout simplement parce que j’étais bien avec Stoney Calhoun, Ralph et les autres.

William G. Tapply avait beaucoup de talent pour me captiver avec ses parties de pêche, ses promenades dans les bois...

Ne croyez pas qu’il y ait des tigres à la peau sombre dans l’état du Maine, il s’agit de mouches pour pêcher ce fameux saumon que Stoney fabrique avec amour et patience.

Je sais que je vais le retrouver, pour une dernière fois hélas dans « Dérive sanglante ». Merci Mimi, c’est grâce à toi que j’ai découvert cet auteur.

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Brigitte Aubert - Une âme de trop

4 Septembre 2013, 20:58pm

Publié par zazy

 

Une âme de trop

Brigitte Aubert

Editions Seuil policier

260 pages

2006

ISBN : 9782020892667

 

 

4ème de couverture :

Infirmière quadragénaire en congé de maladie pour crise d'agoraphobie, Elvira trompe sa solitude en surfant sur Internet et adore le calme douillet de son appartement. Ce qu'elle apprécie moins, c'est Steven-le-Coincé, son propriétaire et collègue, qui vit à l'étage au-dessus. Et ce qu'elle déteste carrément, c'est qu'un psychopathe commence à dépecer des femmes auxquelles elle ressemble. L'inquiétude sourde d'Elvira se mue peu à peu en angoisse ouverte lorsque, avec ses collègues, un inspecteur de police et des internautes plus ou moins fiables, elle comprend que ces meurtres tournent autour de l'hôpital... et se rapprochent d'elle. La mort au double visage est à l'œuvre. Suspense garanti pour petits et grands meurtres à huis clos.

 

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Un petit polar pour changer ! Brigitte Aubert dans ma PAL, allez hop. J’avais déjà lu « le souffle de l’ogre » que j’avais beaucoup aimé. J’avoue ne pas avoir été déçue.

Si vous êtes accro aux sites de rencontre sur Internet, attention vos ne les verrez plus avec les mêmes yeux, quoique...

 

Chez Brigitte Aubert, toujours cette outrance qui fait que l’on sourit. Imaginez Elvira, infirmière quadra-dépresso-agoraphobe, chez elle en déshabillé de soie, string, chaussons roses qui vit au rythme des sonneries de son Babyphone, et des messages de son MacChou, pendue à ses boîtes d’antidépresseurs et sa bouteille de cognac. Elle surfe sur un site de rencontre où elle correspond avec « latinlover », Ray…. A la recherche de l’amour ou, pour le moins, d’un amoureux. Elle adooooooooore se remonter le moral dans un bain très chaud avec huiles essentielles et autres crèmes miracles.

Mais, un meurtre, puis deux, puis trois en relations étroites avec son service et la voici, la voilà qui cogite à s’en faire mal au crâne. Comme de bien entendu, les inspecteurs ne prennent pas au sérieux ses interprétations. Ils sont si débordés, les pauvres choux, par ces meurtres perpétrés par un tueur en série. C’est gros et plus c’est gros, plus ça fonctionne. Prise dans les mailles du filet, je n’ai pas vu la ficelle qui a fort bien fonctionné. Le coupable était celui auquel je pensais, mais……

 

Un bon moment de lecture comme je les aime

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