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ZAZY - mon blogue de lecture

Françoise Guérin - Cherche jeunes filles à croquer

29 Juin 2013, 14:58pm

Publié par zazy

Cherche jeunes filles à croquer

Françoise Guérin

Editions du Masque

Septembre 2012

393 pages

ISBN : 9782702438343

 

 

4ème de couverture :

En quelques mois, plusieurs jeunes filles ont disparu dans la vallée du Mont-Blanc. Toutes suivaient un traitement, subtil mélange d'art et de psychothérapie, dans une prestigieuse clinique spécialisée dans les troubles alimentaires. Face à l'impuissance des autorités locales, les familles désemparées réclament l'aide du commandant Lanester. Le voici parachuté sur les lieux avec son équipe de criminologie analytique.
Leur mission: reprendre l'enquête à zéro afin d'établir un profil. Mais l'absence de corps ne leur facilitera pas la tâche..

 

Profil de Françoise Guérin :

Romancière, nouvelliste et auteur pour la radio, Françoise Guérin est également psychologue clinicienne. Elle nous offre avec Cherche jeunes filles à croquer une formidable enquête policière au cœur des tourments de l'adolescence

 

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C’est avec un grand plaisir que j’ai reçu ce livre qui voyage au gré de nos désirs grâce à l’auteure Françoise Guérin que je remercie beaucoup de ce geste altruiste.

 

J’ai lu, il y a quelques temps, « à la vue, à la mort » et j’avais aimé suivre ce commissaire-profileur Lanester. Ce n’est pas un super-héros à l’américaine. Ce n’est pas non plus un flic blindé, tombeur de jupons, alcoolique…. Non juste un homme normal (Et oui, j’ai osé la normalité !!!)

 

Jeunes filles à croquer ??? Cela sent son peintre pédophile à plein nez ou son tueur en série qui aimerait croquer des jeunes filles… Que voulez-vous,  il y a plusieurs acceptations du mot croquer !!! Allez, hop, je plonge du côté des jeunes filles en fleurs. Mais…. Ce n’est pas ça du tout !

Lanester, son équipe désordonnée mais qui le suit comme un seul homme, va se coltiner une enquête sur la disparition de jeunes filles anorexiques suivant des soins dans un certain établissement alpestre. Vous mettez Lanester and Co dans les Alpes et vous avez une équipe qui est perdue, surtout qu’elle doit travailler « en étroite collaboration » avec la gendarmerie locale commandée par le très séduisant et chef dans l’âme : le commandant Pierrefeu.

Bien entendu, ils se regardent comme chat et chien d’autant Pierrefeu a un certain ascendant sur notre cher Lanester qui déprime loin de la pollution parisienne et de ses repères de citadin. Notre profileur chéri n’est pas au mieux de sa forme depuis la résolution de l’énigme précédente A la vue, à la mort , consulte sa psy, fait câlin avec l’infirmière qui s’occupe de son jeune frère enfermé dans son silence.

 

Le professionnel qu’il est s’attachera à des petits riens pour finir par découvrir les acceptations du mot « Croquer ». Tel une fourmi, il amasse des informations improbables, sans liens entre elles, tissent petit à petit sa toile, je te fais un nœud ici, je te lance un fil dans cette direction…. jusqu’à franchir la porte du labyrinthe au sens propre et figuré du terme. Le suspens va crescendo jusqu’à la fin et quelle fin !

 

Françoise Guérin m’a encore offert une nuit blanche entre les mains de Lanester.  J’ai apprécié ses analyses de l’anorexie, de la culpabilité, du non-dit. Une analyse très fine et intelligente qu’elle distille pour mon plus grand plaisir.

 

J’attends avec impatience la suite des aventures de Lanester et sa compagnie de branquignoles super-doués.

J’ai lu ce livre il y a quelques deux mois et….. j’ai oublié d’en rédiger la chronique. Ne l’ayant pas relu, mon commentaire retrace ce qu’il me reste dans le coin arrière-gauche de ma jolie petite cervelle et je vois que ce bouquin a laissé quelques indices (normal pour un polar)

 

Merci Françoise Guérin de faire voyager ce livre vers nous lecteurs.

 

 

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Jean Rolin - Chemins d'eau

27 Juin 2013, 16:42pm

Publié par zazy

 

Chemins d’eau

Jean Rolin

La petite vermillon

Editions poche de la Table Ronde

355 pages

ISBN : 9782710370161

 

 

4ème de couverture :

 

De l'Ille-et-Vilaine à la Bourgogne en passant par le Midi, Jean Rolin a arpenté la France des canaux. Au fil des chemins de halage, il prend le temps d'écouter un Pakistanais pris de boisson qu'il croise dans une écluse, ou s'interroge sur l'exubérante sexualité des canards. Il donne à voir les lentisques tapissant les eaux stagnantes, les cadavres de chats flottant sur les bras morts, l'étang de Thau brutalement secoué par une tempête. Il bataille contre la pluie, la boue, l'imprécision des cartes, s'émerveille des constructions «hétéroclites et aléatoires» qui font le charme de Nevers, et s'adonne, chemin faisant, à une lecture singulière et poétique des lignes du paysage.

 

Quelques mots sur l’auteur (source Wikipedia) :

Jean Philippe Rolin, né le 14 juin 1949 à Boulogne-Billancourt, est un écrivain et journaliste français. Il a reçu le prix Albert-Londres pour son récit de voyage en Afrique Ligne de front en 1988, et son roman L'Organisation a reçu le prix Médicis en 1996.

 

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Je remercie Babelio qui grâce à son opération     m'a permis de retrouver Jean Rolin, sans oublier les Editions qui ont publié ce livre dans leurs éditions de poche "La petite vermillon"

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1 km à pied ça use, ça use,

1 km à pied, ça use les souliers……

Petit problème d’arithmétique :

Si 1 km à pied ça use les souliers, combien de paires de pompes, de grolles, de godasses Jean Rolin a-t-il usées en parcourant 2000 km le long de canaux de France, sachant qu’il a également emprunté les chemins à bicyclette ou les caisses à savon pour touristes à naviguer sur les canaux ?

 

Certains « font » le chemin de Compostelle, Jean Rolin, lui, s’est offert une dure folie  ou un doux enfer, c’est selon l’état de ses pieds, de ses rencontres au bord de canaux. Ce voyage, il le fait en compagnie de Mérimée, de Madame de Sévigné (ah ces petites jersiennes jouant à divers jeux rostopchiniens !), de Toussenel et son guide ornithologique….

 

De rencontres ronchonnes en merveilleuses découvertes, il parcourt les canaux de France sans passer par la Navarre. Il nous donne à voir la beauté des paysages mais également les pollutions. Le canal du Midi à Toulouse en prend pour son grade tant il a été abimé pour cause d’urbanisation. Nous passons par les banlieues industrielles, de moins en moins industrieuses et de plus en plus abimées et sordides.

« Au matin, sous le crachin qui estompe au loin la silhouette de la centrale thermique de Pantegnies, la ressemblance d’Aulnoy avec Belfast est encore plus frappante ; il n’y manque même pas les enseignes invitant à consommer de la Porter, ni les signes extérieurs de la foi, sous l’espèce de petites cages où l’on enferme des statues de la Vierge Marie. »

 

Jean Rolin est un poète de tous les jours, un peintre littéraire. Sa plume se fait tantôt poétique, tantôt paysagère. Oui, Rolin est un écrivain paysagiste, qui regarde les canaux, leurs habitants, les villages riverains dans le fond des yeux. Et nous les restituent avec sa verve, son humour, sa poésie, ses grondements pour ne pas dire ses gueulantes.

Dans ce livre, comme dans d’autres ouvrages, il décrit le quotidien, ses micro-aventures, ses rencontres. Ainsi sa description du canal de Briare, de sa gironde charcutière, son pétulant vieillard : « Nous y fûmes magnifiquement traité par une charcutière ronde et fraîche comme il sied à une dame adonnée aux pâtés et aux rillettes, puis fort bien accueilli dans un bistrot où nous allâmes aussitôt, sans aucune retenue, dévorer ce que venait de nous débiter a susdite charcutière, enfin reçu comme le fils prodigue par un long, mince et pétulant vieillard, coiffé d’une casquette de marinier juste assez usée pour n’avoir pas l’aire d’une pure fantaisie vestimentaire,  que nous avions élu pour nous renseigner sur l’état du halage pari le lot habituel de pêcheurs. »

« La nuit, le spectacle est peut-être encore plus déconcertant qu’au grand jour : au-dessus d’une mer d’ombre exhalant des coassements, des crins-crins de grillons et de lointains frémissements de feuillage, le pont-canal, bordé d’une double haie de réverbères en fonte, ressemble maintenant parfaitement à quelque avenue de cauchemar, absolument déserte, éclairée somptueusement mais en pure perte, lancée dans le vide et ne menant nulle part, ou Dieu sait où. » c’est vraiment cela !!

Merci Jean Rolin, pour votre description peinture du « Latéral à la Loire » et du « Nivernais ». Je m’y suis bien retrouvée. Lorsque je reprendrai le chemin de halage pour faire quelques photos, je penserai à vous. Depuis la première parution de votre livre en 1980, quelques petites choses ont changé car nos élus prennent conscience de la valeur aussi bien touristique (surtout) qu’écologique des canaux et prennent soin d’eux.

 

Un livre à surtout ne pas lire d’un seul trait, mais faire des escales, fermer les yeux, le reprendre plus tard. En faire un voyage immobile. Les mots de Jean Rolin s’y prêtent bien.

Un bon moment de rêverie et de poésie. Les dessins, hélas trop petits, de Jacques de Loustal accompagnent cette promenade.

 

Jean Rolin, je vous ai découverte avec « Chrétiens », heureuse de vous retrouver sur ces « Chemins d’eau » et « Le ravissement de Britney Spears » m’attend.

 

 

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Le mardi sur son 31 (31 ?)

18 Juin 2013, 11:15am

Publié par zazy

Merci Malo, sans ton article, j'oubliais encore....

Voici un extrait d'un très beau livre "Le pays natal" textes inédits recueillis par Leïla Sebbar où plusieurs auteurs méditerranéens racontent leurs relations avec ledit pays.

 

Mon pays natal : celui dont le nom est destiné à figurer, jusqu'à la fin de mes jours, dans a case appropriée de mes papiers d'identité ; celui qui pourra longtemps encore, aux yeux de ceux qui n'aiment pas s'embarrasser de subtilités dans leurs relations avec autrui, suffire à me définir.

Le mardi sur son 31 (31 ?)

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Challenges d'été

17 Juin 2013, 16:58pm

Publié par zazy

"L'été s'ra beau, l'été s'ra chaud" chante je ne sais qui. S'il est chaud, je serai sous le tilleul et j'aurai une bonne excuse pour................. lire dans le transat.

Métaphore lance un challenge, plutôt un défi : faire fondre sa pile à lire de juin à août. Maudite PAL qui ne peut descendre chez moi, comme chez d'autres d'ailleurs, je ne suis pas la seule à avoir cette maladie d'amour.

Lilligalipette, elle nous invite à bord bord d’Air Galipette à destination de PAL, un pays où les histoires sont cachées dans nos PAL. Un pays d'une étendue différente selon les personnes. Non, la taille humaine n'y est pour rien, mais celle de tous les livres qui attendent, avec une très très grande patience, que notre main viennent les délivrer OUI.

Je me lance !!!! Oh doucement les mouettes, la marée est basse !! oui, oui, je vous vois vous gausser, elle y arrivera pas,  elle y arrivera pas.... hé................. qui sait !!! comme dit Germaine, "on sait-y quand on sait pas"

Sur ce, je retourne dans mon transat.

 

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Pause pour cause de lecture !!!

15 Juin 2013, 19:32pm

Publié par zazy

Cette année,   et la librairie et les éditeurs concernés reconduisent l'opération ; j'ai la chance d'y participer à nouveau !

Pensez, recevoir des livres, mais chut, vous n'aurez pas la chronique avant avant le 10 juillet 2013.

J'ai reçu :

Trois grands fauves de Hugo Boris

Le silence de Perlmann de Pascal Mercier (un gros pavé de 800 pages !!! j'espère y arriver)

Puis

Muette de Eric Pessan

 

J'ai eu la surprise de trouver dans ma boîte aux lettres

Le Pays natal - textes inédits recueillis par Leïla Sebbar où 17 auteurs méditerranéens évoquent leur terre natale.

Je le déguste lentement mais avec gourmandise. J'ai retrouvé, dans ce livre, ce soucis de qualité qui est la marque de fabrique des Editions Elyzad.

Donc je lis, mais vous n'en saurez rien avant le 10 juillet prochain. Je serai moins présente pour vous parler de mes lectures, mais, il y aura des photos !!

J'ai omis de vous dire que Philisine m'a beaucoup (plus que beaucoup) inspiré pour cet article !!!

 

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Nous, on s'aime !

10 Juin 2013, 18:48pm

Publié par zazy

Nous, on s'aime !

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Nivaria Tejera - Le ravin

9 Juin 2013, 14:51pm

Publié par zazy

Le ravin

Nivaria Tejera

Traduction Claude Couffon

Editions Actes Sud

1986

210 pages

ISBN : 2868690661

 

4ème de couverture :

De tous les livres qu’inspira la guerre d’Espagne, celui-ci, qui a pour cadre les Canaries, est sans doute l’un des plus fascinants et peut-être le plus singulier. C’est que la guerre apparaît ici dans le regard d’une petite fille brutalement fourvoyée par la violence et la peur. Dans sa quotidienne progression, la guerre envahit les moindres recoins d’une maison jusque-là consacrée au bonheur, elle soumet chacun de ses habitants, s’approprie les animaux familiers, s’étend à toute l’île où l’enfant ne voit pus que barreaux, barbelés, prisons, camps et surtout de ravin où chaque nuit, en rêve, son père est fusillé. Sans cris, sans le tumulte de l’indignation, Nivaria Tejera montre l’implacable dégradation de la confiance par laquelle l’enfant était reliée à la vie. Et cela sans que jamais, dans l’écriture, le regard de l’une soit subverti par celui de l’autre.

Hubert Nyssen

 

L’auteur (http://www.lacontreallee.com/auteurs/nivaria-tejera)

Nivaria Tejera est née en 1930 dans la ville de Cienfuegos à Cuba, de mère cubaine et de père espagnol. Elle passe son enfance à Tenerife, aux îles Canaries où la guerre civile surprend sa famille. Son père est emprisonné dans les geôles franquistes jusqu’en 1944. Le voyage du retour à Cuba se fera sans lui. Elle y publiera en 1948 son premier recueil de poésies Luces y piedras.

Découverte par Maurice Nadeau et Claude Couffon, c’est en 1958, qu’elle publie aux Lettres nouvelles son premier roman, Le Ravin. En 1971, elle obtient le Prix Biblioteca Breve pour Somnambule du soleil - traduit par Adélaïde Blasquez -, également paru aux Lettres nouvelles. En 1987 Fuir la spirale (Actes Sud), traduit par Saint Lu, L’écriture de Nivaria Tejera se caractérise par le goût de l’expérimentation, le décloisonnement des genres et la radicalité politique comme forme de liberté.

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« Aujourd’hui la guerre a commencé. À moins que ce ne soit il y a longtemps. Je ne comprends pas très bien quand les choses commencent. Elles m’environnent d’un seul coup et ressemblent à des personnes que j’aurais toujours connues. » Ainsi débute le récit de cette petite fille de 7 ans qui habite à La Laguna sur une île des Canaries. Les soldats franquistes cherchent, avec une grande violence, son père journaliste républicain. « Pauvre papa ! Je pense qu’un jour les hommes à bérets rouges le renverseront comme ils ont renversé les fougères. »  D’un seul coup, tout son petit monde de douceur, de sécurité avec son père qu’elle adore s’écroule soudainement. La petite fille vieillit d’un seul coup  « Une guerre peut empêcher les enfants de grandir quoique les enfants ne luttent pas, n’aient pas de prison et durent plus longtemps. Les enfants peuvent attendre ».Elle connaîtra les visites à la prison, les procès iniques, la violence, la pauvreté…. Elle connaîtra la déchéance sociale de ceux qui ne sont plus du bon côté. Elle va voir les « amis » de son père, ceux qui venaient souvent à la maison accuser son père pendant les procès. Le pire ce sera l’attente de l’exécution, la peur de lire le nom de son père sur la liste « Sans papa je suis toujours seule ». Un jour, le télégramme fatidique est arrivé, un pli qu’elle doit lire tant la mère est ravagée, surtout depuis la mort du petit frère. Un dialogue déchirant entre la mère et la petite fille, un dialogue à la limité de la folie, qui m’a pris aux tripes. « EXILE – ILE DE FER – QUARANTE ANS – STOP ». Cela signifie la mort « C’est le grand vent qui couvre la puanteur du peloton, dans ce ravin où je voudrais qu’on ne jette jamais le corps de papa. J’irai là-bas. Et le grand montera jusqu’à moi en tourbillonnant. Et moi, je serai là à regarder, à regarder vers le fond du ravin. » Ce ravin, c’est ici que l’on jette, outre les ordures, les cadavres de ceux qui sont passés par le peloton d’exécution, les prisonniers morts. « Je sais maintenant qu’on appelle « peloton » un groupe de prisonniers qu’on a conduits au Tanqueabajo. Le tanqueabajo est un ravin immense, couvert de végétation, où l’on jette les cadavres des animaux et les ordures de toute la ville. Après les avoir tués, on les y abandonne et ils restent à pourrir là sans que leurs familles soient prévenues. »

La guerre civile est focalisée par ce ravin qui est également l’espace qui la sépare entre hier, la paix, une enfance heureuse et demain, l’angoisse, la peur, l’absence…. Le puits profond où s’enfonce sa mère. Heureusement, il y a le grand-père bourrelier, celui vers qui elle se réfugie, qui lui permet de redevenir ou rester une petite fille alors que la mère veut en faire une grande personne.

 

Dans ce livre d’une grande beauté poétique, Nivaria Tejera  fait parler la petite fille qu’elle était à travers ses souvenirs. Par petites touches, elle dessine son entourage, la grande maison, puis les autres, celle du grand-père adoré où elles vivront, la tante qui coud à la machine, le grand-père, la prison, le collège, l’absence, la peur, les procès, les visites à la prison puis au camp de concentration où se trouve son père … autant de petits tableaux impressionnistes qui impressionnèrent la lectrice que je suis.

 

Ce livre vous prend aux tripes, touche ce que nous avons de pus profond, un vrai diamant. Ce livre ne se laisse pas oublier, les mots restent dans la tête, durs et limpides comme les explications de la petite fille.

La postface raconte la « petite histoire d’un grand livre » où comment ce roman est arrivé sur le bureau de Claude Couffon, traduit à la demande de Maurice Nadeau pour publication. A sa sortie il fut salué par Max-Pol Fouchet, Robert Sabatier, André Wurmser et d’autres.

Je remercie qui lors de l’opération « Le Nord Pas-de-Calais se livre » m’a donné une énorme envie de lire ce livre. D’où la grande utilité de ces plateformes ! Maintenant, il me faut rendre ce livre à la bibliothèque. Il est ressorti aux éditions de la Contre-Allée (sujet de l’opération Libfly)

 

 

 

Quelques extraits :

« Papa ! Qu’a-t-il donc fait ? Aujourd’hui c’était un jour de fête. Il devait renter de bonne heure. Il aime tellement marcher auprès des cierges quand, à minuit, la procession sort de l’église… ». « J’entends la voix de tante. « C’est la guerre. Le sang va couler, le sang de nos fils ennemis… » (Morale, patrie, stupre). Je me bouche les oreilles, je ne veux plus écouter. La guerre-la guerre-la guerre. Ce mot va me déchirer. J’ai peu et c’est lui qui guette ; j’ai froid et c’est lui qui guette. Et papa, derrière lui, s’éloigne. Où est-il ? »

 

Je ne comprends pas. J’essaye d’expliquer à maman combien j’ai honte de porter le ravitaillement de la boutique à la maison, mais on dirait qu’elle ne me croit pas. A la boutique il faut quémander sans cesse, le supplier de verser un petit complément de sucre… »

 

« Cette dette, nous ne pourrons pas l’acquitter avant des semaines et des semaines, avant que papa ne soit de nouveau libre parmi nous : j’imagine que, pour lui, vivre c’est être parmi nous puisque, là-bas, dans la prison il est mort. Oui mort. Je veux expliquer cela à maman, lui expliquer que l’idée d’aller à la boutique me révolte, ce dont je rougis car je sais qu’il est impossible de faire autrement ; et puis sur mon trajet, les autres enfants que je rencontre éclatent de rire en me voyant porter dans de paquets sales –on me donne toujours les emballages les plus sales- ou quand, parfois, les pommes de terre qu’on m’enveloppe dans un sac à moitié déchiré roulent sur la route. A cause de cela, et comme je me cache derrière les paquets, les garçons m’appellent « tête d’emballage, tête de sac », pour que je pleure, le visage enfoui sous les commissions.

 

« Le ravin s’est avancé jusqu’à nous et lâche des pelotons de larmes. Non, ne regarde pas, ne regarde pas. C’est le ravin qui passe et qui va exploser. As-tu vu, dans le fond, là-bas, les yeux de ton ami Vitoriano, celui qui donnait des aubades, les soirs de fêtes. On aurait dit deux marionnettes, deux coquilles, deux morceaux de coutil que tante utilise pour confectionner ses pantalons. Ils étaient hideux et ne regardaient plus. Quand les a-t-on jetés dans le ravin ?

« J’ai demande à grand-père de m‘expliquer le sens du mot « camp de concentration ». Mais il n’a pas su me le dire.

« Nous avons marché pendant plus d’une heure sur une terre escarpée, gardés, à chaque tournant, par deux gendarmes, sans doute pour que nous ne nous écartions pas, comme si nous avions pu avoir d’autre idée que celle d’arriver là-bas. Je ne comprenais toujours pas pourquoi on appelait « aller au camp de concentration » cette façon d’avancer, serrés les uns contre les autres, anxieux à la fois d’arriver et de ne pas arriver »

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Le mardi sur son 31

4 Juin 2013, 09:17am

Publié par zazy

Cela faisait quelques temps que j'oubliais ce rendez-vous. Vous savez, la vie de retraité, c'est très très dur, plus de contrainte horaire, les jours passent sans repasser mon linge.... OK, Aloïs commence peut-être à camper dans mon cerveau, mais... bon on ne va pas passer le réveillon là-dessus.

Je me suis donc remise sur mon 31, (matez un peu la belle femme !!!) pur vous parler du livre que je suis en train de lire et de sa page 31.

Je voulais lui parler des inquiétudes de grande-père et lui poser quelques questions.

Phrase sibylline dans la bouche d'une petite fille en proie aux angoisses de la guerre d'Espagne. Un livre plein de poésie, de tendresse,de douleurs.... bref, un très bon livre

J'oubliais, il s'agit du livre de Nivaria Tejera : Le ravin

sur le blogue les bavardages de Sophie

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