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ZAZY - mon blogue de lecture

Ricardo Montserrat & le Secours populaire 62 - Mine de rien

30 Avril 2013, 12:24pm

Publié par zazy

Mine de rien

Une aventure de Nour et Norbert

Ricardo Montserrat

& le Secours pouplaire 62

90 pages

Editions Baleine

Collection Colères du présent

ISBN : 9782842195151

 

 

4ème de couverture :

"Toute ressemblance avec des personnes ayant existé, des faits et des événements s'étant produits dans le Nord-Pas-de-Calais serait purement fortuite. Chacun sait que la République ne permettrait jamais que s'installent dans une seule de ses régions la misère et la violence.

Chacun sait que la gauche a l'intention d'augmenter les budgets des associations, en particulier celui du Secours populaire, de remettre le peuple au centre de ses préoccupations, loin devant les banquiers, les spéculateurs, les profiteurs. Sinon Nour va se fâcher, et ça va saigner ! "

La jeune Marocaine est seule désormais, puisque Norbert est mort.

Mais on est jamais seul quand on milite. Il y à tellement a faire sur le front de la solidarité, surtout dans la voyette du Bout du monde, un malheureux bout de rue où se côtoient des rescapés des camps, une demandeuse d'amour, un demandeur d'asile...Avec leurs petites mains, leur grand cœur et leur mémoire déchirée, ils vont affronter à leur manière la Bête immonde engendrée pas Moloch.

========

 

Dans l’avertissement, j’apprends que ce petit livre est coécrit par les militants et les bénévoles du Secours Populaire du Pas-de-Calais. Je n’ai pas lu les précédents, celui-ci semble être le dernier édité. J’aime la couverture, l’œil du chien avec le croissant rouge de la révolte et le puits de mine plus loin

Martin ne supporte plus de refuser des crédits à des clients  pas ou peu solvables dans sa banque et change radicalement de vie puisqu’il va passer de l’autre côté du manche et devenir directeur du Secours Populaire du Pas-de-Calais et y défendre les valeurs auxquelles il croit. Nour, sa compagne le suit dans à Mopty-lès-Arras et se retrouve dans une impasse qui a connu des jours meilleurs. Elle aussi a changé radicalement de voie pour devenir coiffeuse à domicile « capillo-câlinothérapiste » comme elle dit.

Ce livre est un joli conte avec toutes les invraisemblances des contes, mais, surtout il y a  de l’humain. Ces gens-là font de la philosophie appliquée à l’humain. Il ressort de ce petit livre très rapidement lu, une grande bouffée de chaleur, d’humanité, de rapports humains. Bien sûr, il y a les deux camps : ceux qui s’entraident et se voient différents mais plein de richesses intérieures et ceux qui ont peur de l’autre, pour qui la différence fait peur. L’un comme l’autre peinent à croire au bonheur, mais les premiers vont le chercher dans l’entraide alors que les autres ne pensent qu’à la haine et la violence malsaine. Mais cette impasse n’est pas un ilot avec nuages rose, non, on y lit la misère, le chomdu, la détresse humaine…  

Il n’empêche, ce quartier, cette voyette du bout du monde est bruissant de vie. Un mot pourrait la résumer : la dignité.

Le travail des bénévoles qui ne distribuent pas seulement des colis de victuailles, mais de la chaleur humaine est ici fort bien évoqué. Les chaînes de solidarité fonctionnent comme elles peuvent, mais elles sont agissantes.

J’ai été émue par ce petit recueil, Ricardo Montserrat et vous les membres du  Secours pouplaire 62, vous avez fait du beau travail.

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Grégoire Delacourt - La première chose qu'on regarde

29 Avril 2013, 10:21am

Publié par zazy

 

 

La première chose qu’on regarde

Grégoire Delacourt

Editions J. Lattès

Date de Parution : 03/2013

250 pages

ISBN : 2709642867

 

4ème de couverture :

Le 15 septembre 2010, Arthur Dreyfuss, en marcel et caleçon Schtroumpfs, regarde un épisode des Soprano quand on frappe à sa porte.
Face à lui : Scarlett Johansson.
Il a vingt ans, il est garagiste.
Elle en a vingt-six, et elle a quelque chose de cassé.

 

Grégoire Delacourt :

Né en 1960 à Valenciennes, Grégoire Delacourt est publicitaire. On lui doit notamment de fameuses campagnes pour Coeur de Lion, EDF, Lutti ou encore Apple. L'Ecrivain de la famille est son premier roman et a été récompensé par cinq prix littéraires. (source Entrée Livre)

============

 

Je n’ai pas lu le livre précédent de Grégoire Delacourt et suis donc, vierge -ascendant je ne suis pas au courant- de tout regret, de toute attente. Les noms des acteurs américains me sont totalement inconnus. Je sais, je suis inculte de chez inculte, mais que voulez-vous, je n’aime pas m’enfermer dans une salle obscure et je ne regarde pour ainsi dire jamais la télévision. Je ne suis même pas allée sur la toile pour voir à quoi ils ressemblent.

Ceci posé, passons au livre. Je remercie et la librairie Decitre pour m’avoir gentiment envoyé cet ouvrage et permis de découvrir un nouvel auteur. Si ce livre vous tente, cliquez sur l'image pour nous rejoindre, vous trouverez certainement de quoi agrandir votre liste de lecture.

 

Célibataire, solitaire plus que seul, sa journée de travail achevée, Arthur Dreyfuss se met à son aise (marcel et caleçon). C’est sans compter la divine providence qui se matérialise sous la forme d’un coup de sonnette. Il ouvre et………….. le destin se met en marche. Il se trouve nez-à-nez avec Scarlett Johansson. Avouez que cela fiche un coup aux plexus, il n’est plus solaire, il est radioactif, il irradie !

Les apparences sont parfois (voire souvent) trompeuses. Comment vivre la vie de tout le monde lorsque l’on est le sosie presque parfait d’une beauté à la plastique irréprochable avec des nibards tout ce qu’il faut pour la main d’un honnête homme (je sais, ce n’est pas très relevé, mais la pauvre Jeanine Foucamprez (c’est son vrai nom) ne voit que cela dans le regard des hommes, sauf dans celui d’Arthur. Une idylle très lente se noue entre les deux jeunes gens. Tout est parfait, rêvé jusqu’au moment où Arthur après des ébats déclare à sa belle : « Je t’aime Scarlett » « Quand leurs corps retombèrent, quand la moiteur se fit frisson et que le froid salé commença engourdir leurs doigts, Arthur Dreyfuss sourit, doucement ivre, amoureux, et ces mots qui changent une vie s’envolèrent – Je t’aime Scarlett. Et le cœur de Jeanne s’arrêta. »

Et tout changea…

C’est un livre très agréable à lire quoique avec quelques longueurs…. Les tourtereaux, l’amour idéal…. Lasse quelque peu. Oh, Zazy, ne serait-ce pas là l’ombre d’un point de jalousie que j’aperçois ?

Passons outre ce petit détail. Grégoire Delacourt a fort bien dépeint les affres, les problèmes, les difficultés d’être sosie d’une star, d’une beauté. Soutenir le regard concupiscent des hommes, la haine à peine voilée des filles. « Mon corps est ma prison. Je n’en sortirai jamais vivante. » Perdre toute identité personnelle, ne plus être Soi, mais l’Autre, l’Autre qui vous bouffe, vous détruit, vous suce le sang jusqu’à la moelle. Une partie très intéressante de ce livre.

 

Afin de ne pas trop tomber dans les « chabadabadas », Grégoire Delacourt commet quelques digressions géographiques, généalogiques de temps à autres amusantes.

 

Vais-je me faire lyncher ? J’ai aimé lire ce livre, mais….. il me manque quelque chose ou il y a quelque chose en trop. Grégoire Delacourt ne fait qu’effleurer le sujet, nous accompagnons Arthur Dreyfuss et Jeanine Foucamprez, ces deux paumés de la vie, orphelins de père, bousculés, blessés de la vie, mais c’est tout, j’aurais aimé que ce livre me bouscule un peu plus.

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Joy Sorman - Comme une bête

22 Avril 2013, 21:59pm

Publié par zazy

 

Comme une bête

Joy Sorman

Editions Gallimard

 

4ème de couverture :

«Pim passe sa main partout où il peut, identifie à haute voix le jarret, la côte première et le filet mignon - les mots la font rire et puis moins quand il passe à la tranche grasse et au cuisseau. Le corps de l'apprenti ankylosé par des jours de découpe, de désossage et de nettoyage se détend enfin, s'assouplit, ses mains se décrispent, la chair est mobile, la peau se griffe, le sang détale dans les veines, il pose ses doigts sur les tempes de la fille, ça pulse.»
Comme une bête est l'histoire d'un jeune homme qui aime les vaches au point de devenir boucher.

Joy Sorman est née en 1973. Elle a reçu le prix de Flore pour son premier livre Boys, boys, boys (Éditions Gallimard, 2005). Elle est également l'auteur de Du bruit, Gros œuvre et Paris Gare du Nord parus aux Éditions Gallimard.

 

Votre enfant n’est pas doué à l’école, le collège l’ennuie profondément….. Le lycée professionnel, l’apprentissage sont là, non pas comme roue de secours, mais comme découverte vers une voie royale, peut-être faite de passion !!!

Et oui, Pim est un de ceux-là. Pim s’est tenu tranquille jusqu’à la fin de la troisième, élève médiocre mais poli, discret et sans histoires. A la fin du deuxième trimestre la conseillère d’orientation lui remet une plaquette sur l’apprentissage –Pim tu sais c’est pas une voie de garage, c’est la garantie d’avoir un bon métier-, mais Pim n’a pas d’états d’âme et la plaquette promet une formation en alternance, un CAP en deux ans après la troisième, plus de 4000 postes à pourvoir chaque année dans toutes les boucheries de France, un salaire d’apprenti qui varie entre 25 et 78 % du smic et un secteur qui ne connait pas la crise. »

De plus Pim est un manuel, c’est-à-dire qu’il est doté de longues mains pâles –de pianiste, pas de boucher, lui dit souvent son père-, aux doigts effilés, osseux et agiles. »… »Il ne le sait pas encore mais ces mains lui assureront un avenir radieux »

 

Voici notre Pim qui entre dans le métier de boucher comme on entre en religion, et les nouveaux convertis sont les plus assidus et les plus fervents, c’est bien connu. Pim aime la viande et Joy Sorman nous promène avec un luxe de détail sur le chemin de la viande de la ferme aux boucheries en passant par les abattoirs.

 

Pour assurer dans ce métier de boucher, Pim assure….. comme une bête ! « Pim se rêve chevalier viandard »

 

Il aime son métier, mais il aime également les bêtes au point de vouloir faire partie du troupeau. Il entrera dans la chaîne non pour y découvrir une malfaçon, mais pour refaire le parcours, reprendre le chemin aux côtés des animaux, emprunter les mêmes couloirs, les suivre à la trace….

Joy Sorman est fort bien documentée sur la technique de la boucherie, que ce soit en amont ou en aval (mais pas en avalant). Les points techniques sont précis. Patrice David qu’elle remercie, à juste titre, a été un très bon mentor en ce domaine. Le vocabulaire technique n’est pas froid, grâce à une écriture vivante, voire vibrante. J’y ai senti les odeurs, vu les gestes précis, entendu les bruits divers, le rouge est omniprésent tout comme le vert des prairies …. Et oui, ce livre grouille de tout ça et c’est vivant bien que ces animaux aillent à l’abattoir. « Comme une bête » est à faire lire dans les lycées professionnels, aux apprentis car c’est un hommage aux artisans, aux métiers manuels, à ces personnes qui comme Pim « n’a peur de rien, ni de la fatigue ni du froid ni du travail… »

Comme me l’a gentiment écrit Joyce Sorman dans sa dédicace (j’ai pu la rencontrer lors du Salon des Dames à Nevers : « un roman d’amour vache, une plongée au cœur de la chair, de l’autre côté des bêtes ».

Un livre que j’ai aimé lire sur le grill, à peine sorti du four du sac. Une lecture mitonnée aux petits oignons crus et que je vous recommande.

Les avis de Mimi -    Jostein - Par contre, dans mon souvenir Le parfum de Patrick Süskind est beaucoup plus violent et nauséeux. 

 

Joy Sorman - Comme une bête

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Essai

21 Avril 2013, 22:17pm

Publié par zazy

Mon blogue a migré vers une nouvelle version et..... c'est la chienlit !!!

Il n'y plus de communautés, ce qui était sympa et permettait de découvrir de nouveaux blogueurs, de faire des trouvailles très très intéressantes....

Je ne sais pas si, fidèles à mon blogue, vous êtes avertis lorsque j'écris un nouvel article.

Je vous remercie de m'indiquer tout cela. Quant aux blogues que je suis, je ne sais où j'en suis.

Je vous le dis : c'est la chienlit et beaucoup de blogueurs se plaignent de cet était de chose. Comme font les enfants lorsqu'ils jouent : On dirait que c'est le PROGRES !

Essai

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Hubert Haddad - Le peintre d'éventail

19 Avril 2013, 21:39pm

Publié par zazy

http://www.zulma.fr/datas/images/livres/livre_l_572046.jpg

Le peintre d’éventail

Hubert Haddad

Editions Zulma

192 pages

Janvier 2013

ISBN : 9782843045974

 

 

4ème de couverture :

C’est au fin fond de la contrée d’Atôra, au nord-est de l’île de Honshu, que Matabei se retire pour échapper à la fureur du monde. Dans cet endroit perdu entre montagnes et Pacifique, se cache la paisible pension de Dame Hison dont Matabei apprend à connaître les habitués, tous personnages singuliers et fantasques.
Attenant à l’auberge se déploie un jardin hors du temps. Insensiblement, Matabei s’attache au vieux jardinier et découvre en lui un extraordinaire peintre d’éventail. Il devient le disciple dévoué de maître Osaki.

Fabuleux labyrinthe aux perspectives trompeuses, le jardin de maître Osaki est aussi le cadre de déchirements et de passions, bien loin de la voie du Zen, en attendant d’autres bouleversements…
Avec le Peintre d’éventail, Hubert Haddad nous offre un roman d’initiation inoubliable, époustouflant de maîtrise et de grâce.

 

A propos d'Hubert Haddad... (copié sur le site des éditions Zulma)

Auteur d’une œuvre vaste et diverse, portée par une attention de tous les instants aux ressources prodigieuses de l’imaginaire, Hubert Haddad nous implique magnifiquement dans son engagement d’intellectuel, d’artiste et d’homme libre, avec des titres comme Palestine (Prix Renaudot Poche, Prix des Cinq continents de la francophonie), les deux volumes foisonnants du Nouveau Magasin d’écriture ou encore Opium Poppy (à paraître chez Folio en janvier 2013).

 

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Matabei veut changer d’air, quitter Kobe, quitter sa notoriété de peintre moderne, et, surtout… oublier, tout oublier. Il se retrouve dans la pension de dame Hison, ancienne prostituée qui héberge une collection de gens « à part », particuliers. Dame Hison recueille au sens propre comme au sens figuré ce cabossé.

Sa vie va se transformer lorsqu’il rencontre le Maître Osaki, un très grand peintre d’ éventail et jardinier hors pair qui va lui apprendre l’Art. Avec et grâce à lui, il va se transformer, retrouver la sérénité. Mais la grâce, la beauté, la poésie, l’harmonie ont un revers de médaille.

 C’est un livre majestueux, poétique, dans un français splendide. Un hommage à la vie japonaise, à la civilisation japonaise. Un livre que j’ai dégusté avec le même cérémonial que les deux hommes mettent à boire leur thé. Des descriptions sublimes. Une promenade hors du temps dans la beauté d’un matin, sous la neige, dans la splendeur d’une soirée….

L’écriture d’Hubert Haddad pousse à la contemplation, on ressent la mélancolie mais les petits plaisirs n’y sont jamais absents. La beauté n’est jamais absente même lorsque arrive l’apocalypse, l‘impensable.

 Ce roman d’initiation, de transmission des savoirs m’a transporté. Sandrine, je te remercie pour ce moment hors temps et cette très belle lecture. Tout au long de cette lecture envoûtante, je me suis demandée si Hubert Haddad n’était pas le traducteur, au lieu de l’auteur. Quel hommage au Japon pour un homme qui n’y est jamais allé. Quel talent.  J’ai retenu plusieurs autres ouvrages de cet auteur à la bilbiothèque.

 Les éditions Zulma ont une politique d’exigence du contenu et du contenant qui ne peut que me séduire et je n’ai jamais été déçue par les quelques livres lus de cet éditeur.

Un livre à ne pas manquer

D'autres ont aimé sur  Libfly  -  Entrée livre

 Quelques Haïkus :

 

 « Prendre son envol –

à l’heure des migrations

peindre une plume »

 

« Seuls endroit calme

dans cette ruée de mondes –

la remise aux selles »

 

Quelques extraits :

 Par instants, une curieuse impression saisissait le promeneur, surtout en fin de journée, quand la lumière oblique faisait tourner les ombres :l’agencement de l’enclos révélait un el équilibre à le parcourir ainsi, sans hâte, en s’arrêtant aux emplacement choisis, qu’il croyait voir un miroir de verdure et d’eau, presque un regard tourné sur lui, manière d’attention impersonnelle qui accompagnerait chacun de ses  gestes et de ses pensées avec un mélange d’indulgence et de gravité

 Celui qui se tait n’attend rien de vous

Les années roulent doucement les pierres dans le lit du torrent. Un œil aiguisé peut voir croître les arbres entre la fête des carpes et l’équinoxe d’automne mais la précipitation des jours est telle qu’on ne porte guère attention à l’usure des or ou à l’affaissement du sol.

 Je n’oublierai jamais les derniers mots de Matabei : « Ecoute le vent qui souffle. On peut passer sa vie à l’entendre en ignorant tout des mouvements de l’air ».

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Le mardi sur son 31 (29)

16 Avril 2013, 10:37am

Publié par zazy

Escalader les pentes, juste avant l'aube, avec en tête un rêve de daims et d'ibis huppé.

Première ligne de la page 31 qui correspond à un nouveau chapitre du livre d'Hubert Haddad  "Le peintre d'éventail", un petit bijou de lecture et de poésie.

 

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Kenneth Cook - L'ivresse du kangourou et autres histoires du bush

15 Avril 2013, 10:20am

Publié par zazy

 

http://p0.storage.canalblog.com/05/70/587134/73711855.jpg

 

L’ivresse du kangourou

Kenneth Cook

Editions Autrement

Février 2012

213 pages

ISBN : 9782746731004

 

4ème de couverture :

 "Il y eut une longue pause, durant laquelle Benny émit de petits bruits de bouche compatissants, et enfin le kangourou ouvrit ses deux yeux injectés de sang. Je vous jure qu'à cet instant, il a grimacé... Puis il bondit soudain par-dessus la palissade et partit comme un bolide vers la brasserie."

Que faire face à un kangourou qui a pris goût à la bière ? Peut-être pas le poursuivre à travers toute la ville pour le mettre en état d'arrestation... sauf chez Kenneth Cook dont les mésaventures trouvent toujours une issue aussi hilarante qu'absurde. Une simple partie de voile dans la baie de Sydney, un séjour forcé dans une cabane en compagnie d'un rat, la présence d'inoffensifs lézards à bord d'un avion, tout devient homérique!

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Lorsque vous invitez Miss Marple chez vous, vous êtes certains d’assister à un meurtre, voire plusieurs. Si vous optez  pour Kenneth Cook ce seront une myriade d’animaux au comportement plus improbables les uns que les autres. Dans le bestiaire, vous assisterez aux libations d’un kangourou, Les de son petit nom, dans une mare emplie de drêches de houblon qu’un policier de ses amis voulut placer en cellule de dégrisement, mais… Vous pourrez voir des animaux bizarre, mais peut-être était-ce dû aux bouteilles de whiskies et champagne ingurgitées par Mister Cook. Si vous voulez vous protéger d’une grosse tempête de neige avec blizzard et compagnie, attention lorsque vous entrez dans une cabane isolée !!! Un rat, trop solitaire ??? peut avoir pour vous un « amour » dévorant. Ne dérobez surtout pas un œuf d’autruche avec votre copine naturaliste ou alors, soyez bon tireur !!!

Assurez-vous que vous montez bien dans votre propre voiture et non dans celle du voisin. Soyez rassurés, avec des pintes de bière, tout rentre dans l’ordre. Si vous promenez le chien d’une amie, surtout tenez-le bien en laisse, sinon, vous vous retrouvez, bien vivant, avec un apprenti sauveteur en mer qui vous fera du bouche à bouche (celle-ci vaut son pesant de cacahuètes, mais les Kangourous mangent-ils des arachides ?)

Toutes les nouvelles tombent dans l’ironie, la dérision. L’auteur a une vie aussi burlesque que son imagination ou l’inverse. Kenneth Cook nous assure que ces nouvelles sont vraies, mais… bon je n’y crois pas trop. En fait, cela n’a aucune importance.

 Lecture détente que ce livre. Je vous conseille toutefois de déguster les nouvelles une à une et de ne pas dévorer le livre en une seule bouchée : ce serait l’indigestion assurée et des cauchemars avec lézards assurés et risque de retours de boomerang !

D'autres avis : Keisha  -  Cathulu  -

 Biographie de l'auteur :

Keenneth Cook (1929-1987), journaliste, réalisateur, scénariste, écrivain est né à Lakemba, Nouvelle-Galles du Sud en Australie, Fondateur d’un nouveau parti politique ainsi que de la première ferme de papillon en Australie, il est mort d'une crise cardiaque en 1987.

 

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Hyam Yared - Sous la tonnelle

10 Avril 2013, 20:20pm

Publié par zazy

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Sous la tonnelle

Hyam Yared

Editions Sabine Wespieser

278 pages

Octobre 2009

ISBN : 9782848050775

 

 

4ème de couverture :

Pour garder vive la mémoire de sa grand-mère tout juste disparue, la narratrice se réfugie dans son boudoir, où se sont entassés au fil des ans lettres, dessins et carnets. Elle y retrouve la fantaisie, la liberté et la générosité de la vieille dame qui, pendant toute la guerre du Liban, a refusé, malgré les objurgations de sa famille, de quitter sa maison et son jardin. Veuve à 31 ans, cette encore jeune femme d'origine arménienne avait décidé de consacrer sa vie aux autres, après avoir juré fidélité à son défunt mari. Pour sa petite-fille, en instance de divorce, déchirée entre sa quête de liberté et son besoin d'amour, elle était un point d'ancrage et un modèle inatteignable. Au fil du roman apparaît pourtant, derrière la figure idéalisée, une femme plus complexe et plus mystérieuse aussi. S'arrachant à son isolement, la narratrice finit par rejoindre dans le salon les visiteurs venus présenter leurs condoléances, ceux qu'elle appelle les 'corbeaux'. Elle y croise un inconnu, dépité d'être arrivé trop tard pour remettre à l'occupante des lieux l'épais dossier qu'il lui destinait.
Pendant une longue conversation sous la tonnelle, la narratrice médusée va découvrir tout un pan caché de l'existence de sa lumineuse grand-mère. Car le visiteur que nul n'attendait n'est autre que le fils d'un homme épris d'absolu et d'archéologie, Youssef, que rencontra la jeune veuve lors d'une croisière en 1947.
Construisant son deuxième roman comme une invocation à cette grand-mère disparue, tissant la trame de son intrigue dans celle des déchirements de l'Histoire, Hyam Yared dresse là un très beau portrait de femme, hanté par ses propres obsessions sur la passion, le désir et la violence.

HYAM YARED est née en 1975 à Beyrouth. Elle a publié trois recueils de poésie et, en 2006, un premier roman L'Armoire des ombres (Sabine Wespieser éditeur).

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Elle vient de perdre sa grand-mère, voudrait se réfugier dans ses souvenirs, dans ceux de la morte, mais voilà, il faut respecter les convenances.

Vous connaissez l’oursin : piquant à l’extérieur et doux à l’intérieur. Et bien ce pourrait être la  vie de la grand-mère de cette jeune femme qui vient de mourir.

Nous sommes au Liban. Les 2 coques représentent Beyrouth-Est et Beyrouth-Ouest. L’intérieur qui est si bon et iodé, c’est la grand-mère qui n’a jamais voulu quitter sa maison située sur la ligne de démarcation entre les 2 zones en guerre. Grâce à un messager, la narratrice va connaître un pan de la vie de sa grand-mère totalement inconnu d’eux qui renforce l’admiration et l’amour qu’elle lui porte.

 Un roman doux par la dose d’amour qu’il véhicule, dur par le climat ambiant, fort par la liberté. Il y a des pages déchirantes lorsque l’auteure parle du Liban, de ce pays déchiré, meurtri, violé, blessé. Mais il y a cette grand-mère et sa petite-fille, toutes les deux insoumises, orgueilleuses, vivant leur liberté dans un monde qui la leur refuse. Leur amour de l’humain, leur refus des convenances et leur courage.

 C’est un livre sur la fidélité à la parole, aux lieux, sur le courage, la force de la vie et de l'amour des autres, sur le souvenir..

Sabine Wespieser, une fois de plus, nous permet de découvrir et de lire une auteure de grande qualité. J’aurais aimé rester sous la tonnelle avec la narratrice et l’ombre de sa grand-mère. Quel délicieux roman à la fois fondant et sucré comme un loukoum et fort et dur comme la volonté de ces femmes. Qu’il a dû faire bon sous cette tonnelle dans ce jardin, oasis de bonté dans un monde de brutes.

 Un très beau roman servi par une écriture riche et belle que je vous recommande. J’aurais voulu garder, celui-ci également !!!

 Merci Mimi de m'avoir fait découvrir cette auteure.

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Quelques extraits

 Je n’ai rien dit ce jour-là. Je suis restée sans voix. J’avais quitté ce monde en même temps que toi. Pourtant je suis restée. Assise dans ton boudoir, je les entends dans ton salon. Ils sont nombreux tout habillés de noir. C’est noir un corbeau. Enfant, je les voulais blancs. Je les coloriais, je noircissais autour et laissais une tache blanche. Je te disais : « Tu vois ? C’est blanc ». Tu souriais

 Ce jour-là, tu manquais à ma page. Sur ta table de travail, une boîte de crayons ouverte. J’ai voulu dessiner ta mort. Dans la boîte, pas de noir. La mort est blanche. J’ai pleuré de les entendre rire. De les savoir assis dans tes fauteuils. Vautrés parmi ces objets qui ont fait ta vie. Je sens en moi la peur. Pas la même que la tienne. L’obus n’est pas cruel. Il s’écrase tout simplement. Tous ces gens, obus vivants. Rapaces autour de la mort.

La mort rôde, la mort est présente, la mort impose ses rites et la présence de ces « corbeaux ».

Mais la mort peut être synonyme de découverte.

 Le bonheur n’est pas une attente. Il s’accroche aux gencives. Il a le goût de l’effort et de la persévérance.

 Etes-vous croyante ? Je me serais révoltée contre l’indiscrétion e sa question sans le magnétisme de ses yeux.

«-C’est-à-dire que je voudrais trouver quelque chose quelque part qui ressemble à la foi, bredouillai-je.

- Se rendre compte qu’Il est caché, répondit-il, c’est déjà croire en Son silence ».

 Pour toute réponse, la jeune femme récité à sa mère un poème d’Omar Khayyâm qui la libérait de toute culpabilité. Le soir, avant de s’endormir, elle le récitait pour ne pas haïr sa grossesse. Pour ne rien rejeter de Dieu. Pas même la vie.

Quel homme n’a jamais transgressé Ta loi, dis ?

Une vie sans péché, quel goût a-t-elle, dis ?

Si tu punis le mal que j’ai fait par le mal,

Quelle est la différence entre Toi et moi, dis ?

 

Les religions pour toi n’étaient qu’habits qu’endossaient l’Histoire, la guerre, la politique. Tu n’adhérais à aucune et les embrassais toutes, comme on dissèque l’éternité. Le Ciel te suffisait. L’étoile en laquelle tu croyais. La tienne. Celle de ton pays. 

 Je suis parti comme on brûle un pont. J’ai tué son image, son passé, son histoire, sa vie. Ma mère ne devait plus exister pour que je puisse renaître.

 Comme tu étais bien plus jeune que lui, Youssef espérait que tu sois toujours en vie à l’heure où il écrivit le testament. Il y marqua ton adresse. Celle qu’il connaissait de mémoire. « Un peu à gauche du bonheur, à la frontière de sa perte, entre le chêne de la grande résidence blanche et l’ambassade d’Iran » ?

Notre entrevue au beau milieu du chaos de la guerre était surréaliste. La vie derrière soi. La guerre devant.

 

 

 

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Le mardi sur son 31 (28)

9 Avril 2013, 08:05am

Publié par zazy

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J'ai souvent râté ce rendez-vous, mais me voici de bon matin (pour moi !!)

Scarlett Johansson releva la tête dans un mouvement gracieux et lui répondit, presque sans accent, ou alors quelque chose de tout à fait subtil, délicieux, une mignardise Ladurée, un accent à laé croisée de celui de Romy Schneider et de Jane Birkin : oui, je parle français, comme mon amie Jodie.

Voilà, voilà !!!!

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Le Salon des Dames (2)

8 Avril 2013, 17:48pm

Publié par zazy

 

Dimanche matin, me voici avec mes livres achetés la veille pour la plupart, à la chasse aux autographes et à la découverte des auteurs absents le samedi.

 

Peu de monde à cette heure, certains auteurs ne sont pas encore arrivés. J’en profite pour discuter avec Noëlle Renault, une prof qui enseignait dans le collège de mes enfants. Son livre : Les nourrices en Morvan. 07042013-P1210050Nous avons taillé le bout de gras toutes les deux et un charmant monsieur m’a offert son livre de nouvelles. 

Plus loin, une connaissance tennistique, Dominique Sierra, auteur du livre « Le couloir infini », un livre tentant, et créatrice de la maison d’édition « La tête à l’envers ». 07042013-P1210053.jpgJ’ai retrouvé An Suzuki, auteur de « La prisonnière du France », mais j’espère avoir l’occasion de vous parler d’elle et de son père une autre fois.

Je vais écouter Evelyne Bloc Dano lire quelques pages de son livre émouvant : La porte Champerret.

Puis vint le tour d’Hélène Gestern que j’attendais. 07042013-P1210067.jpgUne jeune femme frêle toute timide. Les élèves du cours de théâtre d’un lycée neversois ont fort bien interprété quelques pages de son livre. Je l’ai sentie émue à certains moments.

 

 

 

Retour dans la grande salle des mariages où j’ai pu ap07042013-P1210084.jpgprocher Marie Desplechin dont j’aime beaucoup les livres. Une personne souriante et avenante. Ensuite je suis allées vers Joy Sorman et Alice Zeniter07042013-P1210092.jpg afin qu’elles me dédicacent leurs livres.

 

 

 

 

 

Elise Galperine m’a tenté avec ses deux livres, mais j’avais déjà dépassé mon quota !!! je les ai notés pour une future lecture : « Le murmure des tissus » et « La folie Giovanna ». 07042013-P1210087.jpgHortense Dufour qui était sa voisine m’a dit sur le ton de l’humour : « vous n’avez qu’à les voler, pour nous l’important c’est d’être lu !!! » mais un reste de bonne éducation m’en a empêché.

 

J’ai vu des livres somptueux dont celui de Philippe Rouyer consacré à Haneke : « Haneke par Haneke ». Le livre est superbe, papier de luxe, photos inédites. Un superbe cadeau pour qui aime le cinéma.

 

Il me fallait rentrer car nous étions invités à midi, mais…. Je serais bien restée plus longtemps à la conférence que donnait Anne Flouest sur la cuisine 07042013-P1210100.jpggauloise, tant elle vivait ce qu’elle racontait.

 

C’est ce que j’ai apprécié chez tous ces auteurs : leurs connaissances, on sentait que ce n’était pas du appris par cœur !!! leurs plaisirs à parler ou discuter du sujet de leurs livres. Je me suis sentie moins sotte en les écoutant.

 

De leur côtés, ils ont apprécié le cadre somptueux du Palais Ducal qui les changeait des chapiteaux froids et plein de courants d’air. Ici, il faisait chaud ! Ce qu’ils apprécient dans les salons organisés par des villes de moyenne importance ? la proximité du public et, surtout, les gens viennent parce qu’ils aiment lire. Vous me direz que ça parait normal lorsque l’on va dans un salon littéraire !! apparemment, ce n’est pas le cas !

Mes achats :P1210118.JPG

 

 

Maintenant, on passe au palmarès  (copié sur le site du Salon des Dames):

Six prix littéraires ont été attribués lors du Salon des Dames 2013

Chaque lauréate a reçu une récompense accompagnéehttp://www.salondesdames.fr/IMG/rubon28.jpg d’un succulent escarpin offert par notre partenaire le chocolatier Ragueneau.

Le Prix littéraire Zonta ’’Nouveau Talent ’’ parrainé par le Zonta France est décerné à Yannick GRANNEC pour Voyage à Bayonne

Le Prix Nouvelle Génération parrainé par le Crédit Agricole Centre Loire est décerné à Valentine GOBY.

Le Prix Régine Pernoud parrainé par Conseil général de la Nièvre est décerné à Yannick GRANNEC pour Voyage à Bayonne.

Le Prix de la Ville de Nevers est décerné à Christine JORDIS et à Alice ZENITER.

Le Prix Christine de Pizan est décerné à Evelyne BLOCH DANO pour La porte de Champerret.

Le Prix Madame de Staël est décerné à Pierrette FLEUTIAUX.

A l’année prochaine !

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