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ZAZY - mon blogue de lecture

Ruth Vilar et Arnal Ballester - Le Facteur Quifaitquoi

28 Mars 2013, 22:09pm

Publié par zazy

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Le facteur Quifaitquoi

Textes de Ruth Vilar

Dessins de Arnal Ballester

Traduite du Catalan par François-Michel  Durazzo

Editions La joie de lire

ISBN : 9782889081479

 

4ème de couverture :

Un bon facteur est un facteur qui sait compter sur ses doigts.

 

L'AUTEUR :

Ruth Vilar est née à Saragosse en 1978. Elle est actrice et écrivaine.. En 2006, elle fonde avec Salva Artesero la compagnie Cos de Lletra qui s'occupe de théâtre et activités ludiques autour du livre et de la parole.

L'ILLUSTRATEUR

Arnal Ballester est né à Barcelone en 1955. Il a illustré plus de 50 livres pour enfants mais aussi beaucoup d'ouvrages pour adultes.

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La couverture rouge avec le facteur sur son improbable vélocipède est fort jolie et attirante.

Les textes courts se lisent comme une comptine. Grâce à cela, le petit enfant pourra compter sur ses doigts…. Comme Quifaitquoi  jusqu’au chiffre 33…. 33 vous avez dit 33 ? Puis après, après avoir donné 33 coups de sifflet, le décompte repart dans l’autre sens pour se terminer par : lui se contente de demande UN MONDE HEUREUX.  Des jeux de mots, des allusions (qu’il faudra expliquer au petit) rythment ce livre. Certains des personnages me font penser aux nanas de Nicky de Saint Phalle.

Je vais l’offrir à mon petit-fils bien que je sache pertinemment qu’il ne pourra comprendre, entre autre, cette phrase : « vingt-sept cartes de condoléances pour le vingt-sixième anniversaire de la vingt-cinquième révolution populaire qui fut réprimée en vingt-quatre heures sans avoir gagné une seule des vingt-trois libertés demandées. » Les dessins épurés, les couleurs vives et joyeuses, les phrases rythmées sauront lui plaire, le Facteur Quifaiquoi est tout de même un drôle de bonhomme très travailleur et très plaisant.

C’est album est d’une très belle qualité . La couverture épaisse, le format à l’italienne, la qualité du papier, de l’impression….. Tout est bon chez elle  dans ce livre, Il n’y a rien à jeter, Sur l'île déserte il faut tout emporter ….

 

Merci logo-libflybis et à son opération « Des livres à recevoir contre une chronique de lecture » qui réserve de belles surprises.

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Simon Van Booy - L'amour commence en hiver

21 Mars 2013, 15:06pm

Publié par zazy

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L’amour commence en hiver

Simon Van Booy

Traduction Micha Venaille

Editions Autrement

110 pages

ISBN : 9782746732292

 

 

4ème de couverture :

Je voulais seulement me plonger dans son regard vert, écouter le son cadencé de sa voix, comme si ses mots étaient les notes que j'avais toujours cherché à entendre, celles que je n'avais jamais jouées, les sons mêmes de la vie.' Dans l'étui de son violoncelle, Bruno conserve un talisman : une moufle, celle que portait une enfant morte il y a vingt ans. Dans sa poche, Hannah a glissé un fruit cueilli sur l'arbre aux oiseaux, qu'aimait son frère Jonathan. Jusqu'à ce que leurs chemins se croisent, ils ignorent tout du mystérieux enchaînement qui les conduit l'un vers l'autre. Comment se reconnaître? Il faut croire encore aux miracles.

 Biographie Simon Van Booy :

 Simon Van Booy  a  grandi dans une région rurale du Pays de Galles. Diplômé de l’Université de Plymouth et de l’Université de Long  Island. Il vit à New-York. Love Begins in Winter (2009) obtient le Prix  Frank O’Connor International  Short Story, et The Secret Lives of People in Love (2010). Son premier roman Everything Beautiful Began After est paru en 2011.  L’amour commence en hiver (Love Begins in Winter) est le premier livre de Simon Van Booy à être traduit et publié en  France.

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J’avais oublié « Limonov » sur la banquette arrière de ma voiture et, comme je ne l’ai vu qu’au dernier moment, j’ai pris un des livres que je venais de récupérer à la bibliothèque.

Un petit livre à lire dans ma soirée, OK, cela me fera une récréation.

 Je fais donc connaissance avec Bruno Bonnet, violoncelliste de renom, prêt à entrer sur scène avec toutes les affres que l’on peut comprendre.

« Pour moi la musique et l’ultime aspiration du langage. Elle nous permet à nous les humains, d’approcher Dieu, car elle montre l’au-delà de la vie. »

Bruno Bonnet aurait tout pour être heureux, il se nourrit de musique et elle le nourrit. Mais il y a cette moufle dans la poche qui lui rappelle le décès de son amie d’enfance sous ses yeux. « Cela fait dix ans que mon métier est de jouer à travers le monde. A chaque concert je réveille les morts. Dès que mon archet entre en contact avec les cordes, Anna apparaît. Portant exactement les mêmes vêtements que ce jour-là. J’ai vingt ans de plus. Elle, est restée une enfant. Elle scintille, car elle n’est faite que de lumière. »

Second volet et histoire en parallèle, je rencontre Hannah la galloise orpheline de son jeune frère, mort qu’elle transporte avec elle.

Nous voici avec nos deux éclopés de la vie. Simon Van Booy très délicatement et avec beaucoup de tendresse et de jolis trémolos dans la voix, nous amène aux « chabadabada » de la fin. « Notre rencontre était inévitable. Deux rivières qui auraient toujours eu conscience de couler l’une vers l’autre ».

Beaucoup de retour sur image, dans le passé de nos deux futurs tourtereaux, la tristesse et la mélancolie sont au rendez-vous, mais rassurez-vous, dans des endroits chics.

Oui, je suis un peu ironique, mais, malgré toutes les jolies phrases concernant la musique, ce livre est un peu trop formel, un peu trop connu, un peu trop convenu.

Oui, ce fut un agréable moment de lecture, mais, il manque l’épaisseur qui en aurait fait un bon livre.

Bonne nouvelle, Limonov  a retrouvé sa place sur ma table de chevet.

 

« Bach a écrit les suites pour violoncelle pour sa jeune femme, c'était un exercice conçu pour l'aider à apprendre à jouer du violoncelle. Mais à l'intérieur de chaque note, il y a l'amour que nous sommes incapables d'exprimer avec des mots. »

 

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English bus

17 Mars 2013, 13:49pm

Publié par zazy

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J'ai terminé la broderie, maintenant, il me faut couper, coudre pour que tout ceci se transforme en un protège-carnet de santé. Je dois en être au 5ème ou 6ème. A partir de combien cela devient une spécialité ?

Oh, j'ai omis de broder les trémas sur le e de Raphaël, aller à plus tard, je vais réparer ma faute d'orthographe de broderie.

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John Mc Naught - Automne

16 Mars 2013, 23:15pm

Publié par zazy

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Automne

Jon Mc Naught

Judith Taboy (Traduction)

Editions Nobrow

 

4ème de couverture :

 C'est un mardi gris d'octobre semblable à tant d'autres dans la petite ville de Dockwood. Les habitants vaquent à leurs occupations quotidiennes: à la maison de retraite d'Elmview, un garçon de cuisine prépare le repas des pensionnaires; le long de la rue Nettlefield, un livreur de journaux finit sa ronde; et dans les arbres les hirondelles se rassemblent à grand bruit avant de s'envoler vers l'Afrique. Œuvre contemplative et douce-amère, Automne suit les trajectoires de ces habitants, que Jon McNaught se plaît à faire se croiser, avec, pour toile de fond, les vestiges de l'arrière-saison.

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Dockwood, vous connaissez ? Charmante petite ville typiquement américaine. C’est l’automne, vous me direz jusqu’ici on comprend puisque c’est le titre de cet album !

OK, je continue donc, merci de ne plus m’interrompre….

http://www.du9.org/wp-content/uploads/2012/12/Dockwood-extrait.jpgDonc, Dockwood. les feuilles se détachent des arbres, les souris terminent les paquets de chips, le colleur d’affiche passe des soldes d’été aux bonnes affaires de la rentrée. Le commis de la maison de retraite Elmview commence sa journée à la cuisine, distribue les repas aux résidents, enfin bref, une journée comme les autres. L’adolescent sort du collège, va distribuer les journaux, discute avec son copain, rentre chez lui et va jouer à la guerre  sur sa console.

Rien que de très normal en effet. http://www.bodoi.info/wp-content/images/S1249/automne_1.jpg

Un album mélancolique où l’auteur prend le temps de contempler la nature et de la restituer dans sa beauté réinventée, Mille détails fourmillent : la feuille tombant dans la flaque d’eau, l’ouvrier qui pose méthodiquement la nouvelle affiche, les gestes quotidien de l’employé lavant la vaisselle, l’attention de ce jeune homme pour les personnes âgées dont il s’occupe est palpable. Dans la seconde histoire, les dessins suggèrent fort bien la violence du jeu ….. Très peu de texte, tout est dit dans les vignettes. Les tons dans les bleutés, orangé, marron et noir amplifient cette sensation de contemplation et donne une élégance certaine à cet album.

 Récompensée par le Prix Révélation 2013 au festival d'Angoulême, précipitez-vous pour profiter de ce petit moment de douceur et de contemplation dans ce monde de bruts.

 Je remercie http://pmcdn.priceminister.com/res/pic/0/www/www/29499/logo_B.gif et son opération "LA BD fait son Festival" pour cet OVNI dans le monde de la bande dessinée. Un vrai plaisir que de feuilleter encore et encore cet album où je découvre, à chaque fois, de nouveaux détails.

L’effet de tissage, l’épaisseur de la couverture et son élégance ajoute au plaisir. Un bien bel objet.

Puisqu’il faut une note, je propose 18/20. Une note à l’aune du plaisir que j’ai pris à regarder, déchiffrer chaque vignette.

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Andrée Chedid - Le message

15 Mars 2013, 14:28pm

Publié par zazy

http://idata.over-blog.com/2/37/26/40/le-message.gif

Le message

Andrée Chedid

J’ai lu

126 pages

15/09/1997

ISBN : 9782290319856

 

4ème de couverture :

Le message Dans la rue déserte d'une ville ravagée par la guerre, Marie s'effondre, touchée par une balle alors qu'elle s'apprêtait à rejoindre Steph. Leurs retrouvailles devaient sceller leur réconciliation et l'aveu d'un amour partagé. Luttant contre la mort, la jeune femme ne désire plus qu'une chose : transmettre un message à Steph pour lui dire qu'elle venait et qu'elle l'aime. D'une écriture sèche et brûlante, Andrée Chedid raconte l'agonie de Marie et scande l'absurdité de la guerre, qui fait gémir les corps et sépare les amants.

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Tandis qu’elle avançait à grands pas la jeune femme sentit soudain, dans le dos, le point d’impact de la balle. Un mal cuisant, aigu, bref. Il lui fallait à tout prix arriver à l’heure dite. La rue était déserte. Elle continua sa marche, comme si rien ne s’était passé.

L’illusion ne dura guère.

 Dès le début, nous sommes au cœur du sujet. Marie court rejoindre Steph à l’entrée d’un pont, comme s’il leur fallait passer de l’autre côté, sur l’autre rive, celle d’une nouvelle vie. Ils s’aiment et osent enfin se le dire en face.

 Dans une avenue vide, Marie est fauchée par une balle dans le dos, tirée par on ne sait qui. Antone et Anya  s’enfuient de leur immeuble, mais devant la détresse de Marie, Anton va veiller sur elle alors qu’Anya va au rendez-vous. La trame est simple : Unité de lieu, peu de personnages, c’est une tragédie antique qui se joue. Le lieu est indéfini, ce pourrait n’importe où dans le Sud, l’écriture se fait patiente, douce, baignée dans le soleil qui les brûle, comme les mots d’Anton et Anya pour soutenir Marie jusqu’à l’arrivée de Stéphane. Je les soutiens dans la lente agonie de la jeune femme, dans son désir de vivre jusqu’à l’arrivée de son amour, moi aussi, je l’espère.

 Steph se voit dans les deux silhouettes Il leva les yeux vers Anton et sa femme, tous les deux debout à une certaine distance se tenaient par la main et les regardaient.

Il eut soudain l’impression de se refléter dans ce couple, qu’ils auraient pu devenir, si la vie leur en avait laissé le temps.

  Anya se retrouve dans Marie lorsqu’elle court à la recherche de Steph : Anya dévore l’espace, dévore le temps. Ses rides se dissipent, ses mains se lissent, ses cheveux ne sont plus gris mais châtains. Son cœur s’électrise, s’enflamme. A-t-il jamais cessé de brûler ?

 Gorgio, franc-tireur, peut-être celui qui a blessé mortellement Marie est un jeune homme de 20 ans tout au plus (un gamin pour moi) « sa bouche esquisse une moue enfantine, presque tendre »  « Gorgio et sa mitraillette ne faisait plus qu’un ! Elle avait métamorphosé son existence » Ange déçu ou déchu ? Il s’est enrôlé dans le camp  adverse des siens, vit en haut d’un immeuble déserté, dans un appartement bourré de livres qu’il feuillette pour en extraire des phrases complètes qu’il note sur un carnet qui ne le quitte jamais. Pour lui, la guerre n’a pas de visage puisqu’il vise et tire du haut de son « bunker » « Ayant décidé une fois pour toutes que ceux qui passaient dans cette rue étaient des ennemis, ou du moins des adversaires, Gorgio n’éprouvait aucun scrupule à les descendre, il en ressentait plutôt de la fierté. Ennemi de qui ou de quoi ? Il préférait ne pas trop s’interroger à ce sujet. ». Découvrant le visage de Marie, la guerre prend un autre sens pour lui, mais la rédemption est trop tardive.

Dans ce livre, Andrée Chedid démontre l’inanité, l’absurdité de la guerre. Des chapitres courts, une écriture nerveuse, sèche, sans fioriture sauf lorsqu’elle parle de l’amour. Tous les personnages de ce drame sont le noir ou le blanc : l’amour perdu et l’amour toujours, la jeunesse et la vieillesse, l’ange et le guerrier, la tendresse et la dureté. La poésie, pour mon plus grand plaisir, est encore et toujours présente dans ce livre.

Un livre court mais intense que j’ai aimé lire et que j’aurais aimé garder : un coup de coeur !

D'autres avis : Mimi qui m'a donné envie de lire ce livre. Orion chez qui j'ai copié l'image du livre, Apertolibro

 

 

 

 

 

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Knut Hamsun - Un vagabond joue en sourdine

12 Mars 2013, 15:52pm

Publié par zazy

http://ecx.images-amazon.com/images/I/41CSoGAFSuL._SL500_AA300_.jpg

Un vagabond joue en sourdine

Knut Hamsun

Traduit du norvégien par Régis Boyer

Editions Calmann-Lévy

1979

200 pages

ISBN : 2702102972

 

 

4ème de couverture :

Le vagabond qui, ici, ne joue plus qu'en sourdine parce qu'il a passé la cinquantaine et s'estime vieux, c'est le Knut Pedersen dont l'éternel voyage sentimental nous fut conté dans Sous l'étoile d'automne et que nous retrouverons une ultime fois dans La Dernière joie. Amoureux de l'amour autant que de la nature du Nord au printemps, il avait cru, un temps, pouvoir offrir son cœur à prendre à la belle Mme Falkenberg, d'Ovrebö. Il avait renoncé, mais l'aimantation était trop forte : le voici revenu vers l'unique inaccessible, dans l'humilité adorante et la passion de l'holocauste. Mais la femme est imprévisible, inconstante et aveugle. A peine si elle pressent la délicate profondeur de la passion qu'elle suscite. Elle est toute à ce jeu cruel et dévastateur de l'amour possessif qui croit exaspérer la passion en provoquant la jalousie, sans voir que la véritable tendresse qui la sauverait de son irresponsabilité attend vainement dans l'ombre un signe, un regard, un sourire. Exercice dangereux, flamme menaçante à laquelle immanquablement les phalènes se brûlent. Symboliquement, la glace de la rivière cédera devant les ardeurs dispersées d'un feu follet qui ne put, ne sut purifier sa chaleur. Et la plume subtile de Knut Hamsun, au rythme lent, volontairement monotone, des battements d'un cœur attristé, parvient à merveille à rendre l'infime chassé-croisé des aveux retenus, des élans ébauchés, d'une pudeur infinie où tout, toujours, reste à dire. Œuvre tragique sans grandiloquence, constamment mesurée parce que l'essentiel est ineffable, mais dont l'intense pouvoir de suggestion ne se dément jamais. Œuvre qui refuse le désespoir aussi. Car à ce vagabond qui se croit un vieillard, à ce mal-aimé trop aimant, il reste la vie, simple et naturelle, accordé aux pulsations de la forêt, du torrent et de la montagne. Et « la simple grâce de recevoir la vie vous dédommage largement d'avance de toutes les misères de la vie, toutes sans exception ».Régis Boyer

 

Knut Hamsun :

Né en 1859 en Norvège, Knut Hamsun était fils de paysans et autodidacte. Ses premiers écrits passèrent inaperçus, et il dut émigrer par deux fois aux Etats-Unis. Peu après son retour, en 1890, La Faim lui apporta la célébrité. De nombreux romans suivirent. Un vagabond joue en sourdine fut publié en Norvège en 1909, trois ans après Sous l'étoile d'automne. Knut Hamsun obtint le Prix Nobel en 1920. Son talent s'est exprimé également à travers des récits de voyage, contes, nouvelles et pièces de théâtre. Il est décédé en 1952.

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 Le résumé de Régis Boyer en 4ème de couverture est parfait.

 Des instants de grâce tous les soirs lorsque je prenais ce livre. Je ne le lisais pas trop vite, le dégustais tant ce rendez-vous vespéral était une promesse d’enchantement. Pourtant, rien de vif, rien de saignant, juste une petite musique qui n’est pas sans rappeler certain auteur russe. Ou Madame Bovary.

Knut revient chez le capitaine. Il y retrouve ses anciens compagnons et surtout, Madame ; la belle Madame Falkenberg dont il est amoureux de l’amour qu’il lui porte, ou amoureux du rêve qu’il s’en fit.

 Knut Hamsun prend son temps, le rythme est lent mais cela ne nuit pas à la lecture, tout au contraire. Nous  cheminons à côté de August, le vagabond qui, l’âge venant, devient plus spectateur de la vie qu’acteur. Quand on est vieux, on ne vit plus sa vie, on ne se maintient sur pied que par des souvenirs. Nous sommes semblables à des lettres qui ont été envoyées : nous ne nous trouvons plus en cours de route, nous sommes arrivés. Reste à savoir si ce que nous contenions a provoqué un tourbillon de joie et de chagrin, ou si nous n’avons laissé aucune impression. Merci pour cette vie, elle fut plaisante à vivre !

 Cet homme, misogyne, est bien dans l’air de son époque (début XXème) : Pour la femme, elle est telle que tous les sages le savaient déjà : pourvue de facultés infiniment médiocres, mais riche d’irresponsabilité, de vanité, de frivolité. Elle a beaucoup de l’enfant, sans rien de son innocence.

 Mais, August est toujours amoureux de la belle Lovise Falkenberg ! Une fois ou une autre, je l’avais vu avec Mme Falkenberg, elle était si jeune, si bien habillée et heureuse, un peu follette aussi, elle riait haut. Voilà ce que c’est que d’être une femme qui vient de fauter, pensais-je, mais demain ou après-demain, ce ne sera plus pareil !

Quand je la revis, je ne découvris aucune trace de gêne en elle, elle était aimable et froide. Ainsi, il n’y avait qu’à laisser tomber toute cette histoire. Que voulais-je aussi ? Non, vraiment

Mais elle était là, et toi, tu étais là. Tu sentais tout contre toi son haleine, qui avait un goût de chair.

 

August termine un cycle de sa vie à Ovrebö.   Un vagabond joue en sourdine quand il atteint le demi-siècle. Alors, il joue en sourdine.

Je pourrais aussi exprimer cela ainsi : S’il arrive trop tard à la forêt aux baies en automne, c’est qu’il y est arrivé trop tard et si, un beau jour, il ne se trouve plus en état de se montrer joyeux et de s’esclaffer de joie devant la vie, c’est sans doute qu’il est devenu vieux, ne l’en blâmez pas ! Aucun doute, du reste, qu’il ne faille un certain degré de vacuité du cerveau pour pouvoir rester constamment satisfait de soi-même et de tout. Pourtant de bons moments, tout le monde en a. Il part dans la forêt, Sa forêt, retrouver sa vie, sa cabane Comme je me sentais chez moi ici ! Ce n’était pas pour rien que j’avais hoché la tête en enlevant mon sac. « Est-ce que c’était ici que tu voulais venir ? » me dis-je pour plaisanter et me faire la conversation. « Oui » répondis-je.
 Knut Hamsun, à travers son vagabond fustige la transformation des mœurs de la haute société, la virulence mise à dénoncer l’affairisme des nouveaux riches comme l’ingénieur, le clinquant (tiens, aussi !!), l’arrivée d’un monde nouveau.  On sent que l’auteur a pris un grand plaisir à la description des travaux agricoles, la vie paysanne, les travaux inhérents à une grande propriété la vie des domestiques, leurs jalousies…..  

Un livre profond qui laisse une petite musique mélancolique dans la tête. Une ode à la liberté. Un livre à relire, un livre à garder.

Voici également l'avis de Sharon

 

 

 

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Départ

11 Mars 2013, 23:31pm

Publié par zazy

Puisque je vous le dis, l'hiver s'en va, la preuve, elles aussi partent

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Fidèles au poste

10 Mars 2013, 15:16pm

Publié par zazy

Oui, mais jusqu'à quand ???

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Triumvirat ?

8 Mars 2013, 14:38pm

Publié par zazy

Ou paix avant le rut ?

Voici une jolie brochette bien boisée.

Faudrait mieux ne pas faire l'andouille devant de tels andouillers !

Je vais essayer de les surveiller  car ils devraient perdre leurs beaux trophées bientôt.

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Chi Zijian - La danseuse de yangge

7 Mars 2013, 23:19pm

Publié par zazy

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La danseuse de Yangge

Chi Zijian

Traduction Dong Chun et Jacqueline Desperrois

Editions Bleu de Chine

136 pages

ISBN : 9782910884123

 

 

4ème de couverture :

La vie peut-elle être banale ? Dans les deux nouvelles de Chi Zijian, sous l'apparente monotonie quotidienne d'une bourgade mandchoue, qu'elle soit ancienne ou moderne, les passions couvent et il arrive que la violence se déchaîne. Ainsi l'appât du gain conduit-il au vol, la faim sexuelle au viol, le dégoût au meurtre, l'humiliation au suicide vengeur ; le rémouleur joue les Don Juans et le lettré meurt d'amour pour la jolie danseuse de Yangge. Mais ce qui rassemble les villageois, c'est l'attrait unanime du merveilleux, produit de l'imaginaire, de l'art et de la nature. Comme si le bonheur, collectif ou individuel, ne pouvait se nourrir que de l'exceptionnel, de l'extraordinaire : beauté scintillante de la jeune danseuse entr'aperçue un bref instant, parfois au prix de souffrances définitives ; nuits blanches où s'effacent les ombres d'une vie conjugale manquée. Hommes et femmes vivent dans l'attente constante de l’émerveillement, ils en cultivent à satiété le souvenir et le fantasme, s'enivrent, coûte que coûte, de son retour fugace et disparaissent, un jour "banal", d'accident ou d'usure. Le fleuve Amour peut bien rouler ses vagues, tantôt paisibles ; tantôt tumultueuses, l'artiste, dans ses meilleurs moments, ne retient pour ses estampes que la brume poétique qui enveloppe ses rives et les nimbes d'un halo qui en fait disparaître jusqu'aux aspérités

Claude PRIN

 

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La danseuse de Yangge :

La tradition est chose primordiale dans ce petit village du Grand Nord chinois et les fêtes du Nouvel An sont très attendues d’autant que, chaque année, une troupe de danseurs de Yangge, danse populaire chinoise, s’y produit et, surtout, les villageois attendent La danseuse étoile, la bien nommée « Petite Parure », source de convoitise et d’espérance des mâles. Le lettré se tuera par amour pour Petite Parure, le bijoutier, homme richissime en est amoureux… enfin bref, toute la vie de ces paysans tourne autour de ce jour où ils La verront danser.

Nuluo, qui a des raisons de ne pas aimer la danseuse, n’assiste plus au spectacle et préfère déambuler dans la rue des lanternes où elle fit une « mauvaise rencontre », celle de Wang, le rémouleur. Il la suit jusque chez elle et abusa d’elle. C’est mal connaître Nuluo qui, lorsqu’elle s’aperçoit qu’elle est enceinte, obligera le rémouleur à l’épouser.

Cette petite nouvelle est pleine de la vie quotidienne de cette bourgade. Les saisons défilent, les gens vivent, meurent, s’épousent, se remarient, vieillissent…

Nuluo va son petit bonhomme de chemin, devenue une herboriste renommée, elle reçoit un jour la visite d’une vieille petite femme qui s’avère être ……

 

Voyage au pays des nuits blanches :

Le Heilongjiang, la province la plus septentrionale de la Chine, attire les foules une semaine par an, lors de la nuit blanche, moment où la nuit n’existe pas lors du solstice d’été. Elle fait ce voyage, qu’ils auraient voulu faire depuis longtemps, avec Ma  Kongduo, son ex-mari. Mais il y a comme un hiatus, personne ne remarque alors qu’elle lui parle et qu’il répond, fait la gueule, boit…. Enfin ce que tout homme fait !

Nous suivons leur voyage, empli de rencontres, jusqu’à l’arrivée au bord du fleuve Amour et là, ils se séparent lors de la soirée « nuit blanche ». La fin de cette nouvelle met un point final et permet la reconstruction de la jeune femme.

 

Deux nouvelles fort différentes l’une représente la Chine éternelle et la seconde une époque plus moderne où les gens voyagent et font du tourisme. J’ai aimé ces deux voyages, l’écriture de Chi Zijian. Elle dépeint une vie quotidienne où l’attente de l’émerveillement est présente et mobilise toute une population. Les habitants, les touristes vivent dans cet espoir puis dans le souvenir et le fantasme du merveilleux, alors que la vie quotidienne charrie son lot de bonheur et malheur.

Un livre que je vous recommande ; doux et violent, poétique et réel. Le résumé qu’en fait Claude Prin, en 4ème de couverture, est parfait.

 

 

 

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