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ZAZY - mon blogue de lecture

Russell H. Greenan - Bric-à-brac man

28 Février 2013, 19:20pm

Publié par zazy

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Bric-à-brac man

Russell H. Greenan

Traduction d’Aurélie Tronchet

Gravures de Sarah d’Haeyer

Editions l’œil d’or

251 pages

ISBN : 9782913662407

 

 

4ème de couverture :

PAR OÙ COMMENCER ? En voilà, une question piège. Dieu seul sait où naissent tous les drames personnels, et bien que le Très Haut
soit supposé être partout, Il n’est jamais dans le coin quand on a besoin de lui. Je rencontrai mon cousin, Maurice Fitzjames, par hasard, cet été. Je venais de garer mon break pourri devant le Harvard Club et je trottais sur Commonwealth Avenue lorsque je le percutai presque. En fait je n’ai eu aucune chance d’éviter ce saligaud. Comme d’habitude il était habillé comme la vedette d’une comédie de mœurs – une veste en tartan, une chemise à motifs cachemire, un pantalon en toile, et des sandales en daim – et, comme d’habitude, il portait ses lunettes de soleil enrobantes qui dissimulaient ses yeux fuyants et ophidiens. Seule entaille à ses habitudes : il me souriait. Le connaissant, j’en déduisis qu’il venait juste de dévaliser un pauvre bougre ou d’incendier un orphelinat à seule fin de toucher la prime d’assurance.

À Boston, Arnold Hopkins est antiquaire. Très regardant sur la qualité des objets qu’il négocie, il l’est moins sur les moyens de se les procurer, quitte à passer des accords avec le diable.

 =============

Arnold Hopkins est brocanteur mais se voudrait antiquaire. Il vit, dans un bric-à-brac, une vie faite de bric et de broc.

Sa vie, une vraie aventure au quotidien, surtout faite de déboires, de rebondissements. A chaque fois qu’Arnold entrevoit le bout du tunnel matérialisé par un bon paquet de dollars, survient un contretemps fâcheux au mieux, une catastrophe au pire. Monte-en-l’air à l’occasion, Il faut bien vivre, gagner sa croûte pour acheter avant de vendre. Des fois, on vendrait même sa vie au diable pour un pactole qui permettrait de faire patienter le banquier, d’ouvrir une boutique (le rêve !).

Arnold héros antihéros, looser devant l’éternel ou éternel perdant tirant le diable par la queue, sauf qu’Arnold va le rencontrer le Diable et qu’il va lui prêter une somme rondelette à condition d’apposer sa signature en bas d’un document. Tout ça, Arnold le fait.

Arnold a comme un ange gardien ou une « conscience » qui lui évite de faire le faux pas de trop, qui le protège. Ces projets peuvent même partir en fumées, mais à la fin… enfin lisez-le, je ne vais pas vous mâcher la lecture ce ne serait pas marrant. Ce livre est un policier que diantre !

 J’ai omis de vous dire, Arnold a un sosie, un clone : son cousin. Mais si lui est un doux et un tendre, Maurice Fitzjames est brutal, veule et… antiquaire !

 Cette histoire tirée par la queue (du diable) a peut-être plusieurs lectures. Et si, du début de l’histoire ce n’était qu’un horrible complot ourdi par son « cher cousin » et une certaine beauté ? Et si, oui je sais, ça devient tordu, « son ange gardien » Barney était à l’origine de l’origine, histoire de mettre la main sur le pactole d’un « confrère », allez, hop, un concurrent en moins.

 Je vais trop loin ? Peut-être, en tout cas, je me suis bien amusée à lire ce livre. L’écriture nerveuse, les chapitres courts, les rebondissements nombreux, les gravures en noir et blancs de Sarah d’Haeyer (j’ai adoré les couronnes mortuaires) font que je ne me suis pas du tout ennuyée.

 Histoires rocambolesques, que Rocambole lui-même ne désavouerait pas. Histoires loufoques où les Pieds Nickelés n’auraient pas été dépaysés.Pas de téléphone portable, pas d'informatique, pas  de sang, ou juste un filet (il faut ce qu'il faut).

 L’œil d’or mais il ne dort pas sur ses deux oreilles !  La couverture, originale, me fait penser à ces vieux feuilletons du siècle passé, à ces vieilles bandes dessinées. Merci logo-libflybis de nous faire découvrir ces maisons d’éditions peu connues  et qui offrent cette qualité d’impression et de très bonnes lectures. D'autres avis sur le site (cliquez sur le logo)

 Afb, merci pour le prêt. Le gros hic, c’est que je vais devoir te le retourner et que je n’en ai pas du tout envie !!

 

 

 

 

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Geai

27 Février 2013, 23:10pm

Publié par zazy

C'est beau un geai, couleurs dans la grisaille, couleurs sur le blanc de la neige.

Pourtant, il mange les oeufs des autres oiseaux, son cri n'est pas beau, il est bagarreur.... mais il faut voir les mésanges batailler entre elles, ce n'est guère mieux.

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Là, il attend le moment propice pour fondre sur les morceaux de pains

 

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Déguerpissez tous, j'arrive !

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N'ai-je pas fière allure ?

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Patrick Samuel - L'errance du sanglier

26 Février 2013, 23:43pm

Publié par zazy

http://www.babelio.com/couv/cvt_Lerrance-du-sanglier_2190.jpeg

L’errance du sanglier

Patrick Samuel

Editions Tensing

145 pages

ISBN : 9782919750191

 

 

 4ème de couverture :

 «Arrivé à l'âge mûr à la tête d'une immense fortune, qui devait tout au hasard mais rien à mon labeur, et assez vert encore pour parcourir le monde tout en désespérant de pouvoir jamais le comprendre, j'étais une fois de plus revenu en Toscane. J'étais loin de pressentir les événements qui allaient suivre et qu'il plaira au lecteur de qualifier de merveilleux ou de dramatiques.»...

L'errance du sanglier est un voyage dans la mémoire et une histoire fantastique mêlant vrais et faux souvenirs, personnages et lieux presque réels ou imaginés d'Italie, d'Afrique, du Liban, d'Indonésie ou d'ailleurs. Elle raconte trois errances parallèles qui vont étrangement se croiser... Errance de deux émigrés sénégalais qui tentent de rejoindre l'Espagne, errance d'une scénariste gréco américaine, rescapée de l'entreprise démesurée d'un réalisateur mégalomane, errance du narrateur lui-même, un ancien diplomate revenu des choses qui, à ceux qui lui conseillent de poser ses valises, répond ordinairement en citant Montaigne qu'il sait bien ce qu'il fuit mais non pas ce qu'il cherche. Des villas patriciennes sur les collines résidentielles de Toscane à la jungle du Kalimantan, des agapes d'une compagnie gastronomique et vineuse de Dakar à la fête du Palio de Sienne, du désert de Mauritanie au camp de réfugiés de l'île de Lampedusa, un sanglier omniprésent tisse la trame d'un roman envoûtant où l'imaginaire côtoie tour à tour des réalités graves ou bouffonnes, mais bien tangibles, du monde de la fin du XXème siècle.

BIOGRAPHIE DE L'AUTEUR

Haut fonctionnaire et grand voyageur, Patrick Samuel a vécu en Afrique et en Asie. Il a dirigé pendant dix ans une conférence d'histoire des relations internationales à Sciences Po Paris.
En 2000, il a publié L'architecte du Général, une biographie couronnée par un prix de l'Académie des Sciences morales et politiques.

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J’ai aimé la couverture, j’ai aimé le titre, je me faisais une joie de découvrir un auteur inconnu de moi.

Une belle écriture classique bien qu’un peu ampoulée, un univers distant que l’auteur n’a pu me rendre attrayant….. Et j’ai abandonné après plusieurs tentatives, même en sautant des pages entières….. D’ennui, j’ai lâché le livre.

 Un exemple :

« J’avais découvert l’Asie des moussons vers la fin des années soixante alors que s’y côtoyaient plusieurs âges ; celui de l’Asie de toujours inscrit dans ses temples, dans ses odeurs, dans ses couleurs, dans ses marchés dans la cuisine que l’on y fait partout et à toute heure, dans la grâce souriante et retenue de ses femmes, dans le sourire de ses enfants, dans le salut bouddhiste les mains jointes sous le menton, dans le grouillement et la jeunesse de ses foules, dans la laideur et les embarras de ses grandes cités, dabs la beauté des rizières en terrasses et de ses montagnes au petit matin ; celui de l’Asie poste coloniale où  les trains avaient encore une troisième classe et des sièges en bois, où les polices indienne et singapourienne étaient équipées de sticks et vêtues de larges shorts à l’anglaise, où les brasseurs d’air du Raffles, qui attendait d’être rénové, étaient bien fatiguées, et où le Taj Mahal de Bombay n’était pas encore affublé d’une tour d’inspiration vaguement moghole….. Il y a encore 11 lignes après.

 Monsieur Samuel, je n’ai pas pu vous rencontrer à travers les pages de votre livre, je préfère les sangliers vivants de mon coin de campagne à ceux de papier de vos souvenirs.

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Leïla Sebbar - Mon cher fils

26 Février 2013, 21:07pm

Publié par zazy

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Mon cher fils

Leïla Sebbar

Editions Elyzad poche

152 pages

Juin 2012

ISBN : 9789973580467

 

 

4ème de couverture :

Un vieil homme, ouvrier chez Renault, revient vivre à Alger après trente ans passés dans l'usine-forteresse de Boulogne-Billancourt, l'île Seguin. Il vit seul, dans une petite maison aux volets verts, face à la mer. Il a eu sept filles et un fils dont il est sans nouvelles depuis longtemps et à qui il n'a jamais réussi à parler. Avec la complicité de la jeune Alma, écrivain public à la Grande Poste, il lui écrit, il tente de lui écrire.

Un roman sur les silences de l'histoire, du roman familial dans l'exil, le silence qui sépare un père de son fils.

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Le vieil homme est assis, face à la mer. Alma va jusqu’à la grande Poste à pied, il fait beau.

 C’est là qu’ils se retrouvent presque tous les jours. « Elle voit le vieil homme assis. Il l’attend. C’est lui, sa veste bleu de Chine usée, blanche aux coudes, achetée à Barbès chez les Arabes de la Goutte d’Or, les vestes accrochées à la porte, l’étiquette « pas cher » qu’il ne sait pas lire. »

Alma est écrivain public à la Grande Poste et lui, ouvrier chez Renault en retraite, revenu au Pays.

Au fil des jours s’établit un dialogue entre le chibani et la jeune bourgeoise, entre l’illettré et la lettrée. Cette lettre recommencée chaque jour : Mon cher fils, je voudrais tant pouvoir te parler, je voudrais tant te dire tout ce que je n’ai pas su ni pu te dire…..

Chaque jour, Il parle de Tahar. Chaque jour Alma commence sa lettre, pose une question sans avoir l’air, surtout ne pas brusquer le vieil homme. « Il écrit à son fils, le fils préféré, fils unique, il aurait pu ne pas l’aimer, il l’aime »

Chaque jour le vieil homme confie sa vie à Alma, chaque jour la lettre est recommencée, « La même histoire tant de fois répétée et lui, en bleu de Chine, assis sur une vieille chaise en bois en face de la jeune fille qui vient d’arriver… ». Chaque jour les souvenirs affluent, la France, l’usine, l’île Seguin. « L’île Seguin c’était un pays avec le bruit des chaînes et le bruit des langues étrangères, les belles voitures c’était eux les ouvriers, leurs mains avaient fabriqué tout ça, un jour ils auraient les vieilles Renault d‘occasion, bientôt à la casse, comme eux, chibanis abandonnés. »

 Le vieil homme raconte ce qu’il n’a pu partager avec son fils, cette vie de labeur au service de Renault, la nuit du 17 octobre 1961. « Mon fils, je n’ai jamais pu lui raconter. Je ne sais pas pourquoi. J’ai tenté plusieurs fois, et il me disait "Ça ne m’intéresse pas, c’est tes histoires et l’Algérie je n’ai pas envie d’en entendre parler, ni la guerre, ni avant la guerre, ni rien.»

Tahar refuse d’écouter son père, ne veut pas savoir ni comprendre :  « « Moi, en bleu de travail dans une usine, jamais, tu m’entends jamais, avec un contremaître qui te surveille même…. Plutôt crever…. »  Voilà comment mon fils m’a parlé. Depuis ce jour, je n’ai plus mis mon bleu, même pour réparer la mobylette »  

Alma écoute le vieil homme raconter sa vie qui rejoint l’histoire des chibanis venus travailler en France, les drames vécus, l’incompréhension grandissante entre les générations, le racisme, l’islamisme qui monte, qui recrute les jeunes désœuvrés pour en faire des « combattants-ennemis ».

 La poésie et la nostalgie sont là. Le présent algérien n’est pas tendre avec sa jeunesse sans travail, avec ses femmes. Comme toujours, Leïla Sebbar nous embarque dans son Algérie et nous parle de ces vies solitaires,  de l’exil et du retour.

Un très bon moment de lecture, un grand plaisir de retrouver Leïla Sebbar. Toujours le même soin apporté à ce livre par les éditions Elyzad.

 Merci logo-libflybis. Vous m’aviez offert ce livre il y a quelques temps déjà et…. Il s’était caché derrière d’autres livres plus épais.


Quelques extraits :

 « La vie c’est le présent et vous, et toi, quelle vie, quel présent ? Ce qu’on nous raconte, tu crois que je n’entends pas, dans les livres aussi, avec Hanna, on a lu tous les livres, peut-être pas tous, mais beaucoup, c’est des histoires, qui les écrit ces histoires, qui écrit cette histoire-là ? ».

La jeune fille est assise en face du vieil homme. Elle écrit, elle s’applique. Il suit » « D’une voix basse, il dit « Mon cher fils… ». Elle écrit « Mon chef fils » puis plus rien. L’homme soudain se met à parler avec précaution, son fils, il ne l’a pas vu depuis si longtemps, il lui écrit presque chaque jour, elle peut en témoigner, et il n’entend pas sa voix dans les mots qu’il n’écrit pas, les lettres se perdent, l’avion postal les jette à la mer, l’adresse n’est pas la bonne, son fils est inconnu à cette adresse, il n’en a pas d’autre, il ne veut pas écrire à son fils chez sa femme l’une des filles lirait la lettre, alors quoi comment savoir, son fils où est-il, que fait-il, il ne sait pas qu’il a un père au pays, qui chaque jour, depuis son banc sous la treille, attend le pas du facteur, le facteur à l’âge de son fils, ils se parlent parfois, le facteur s’assoit près de lui, un thé, deux thés et il s’en va »

Alma pense au fils du chibani. Ce monologue, comme une leçon du fils au père. Ces mots qui blessent, la violence de la parole, un flux irrésistible, ressentiment, révolte contre les siens et les autres, la fausse compassion, ce fils qu'elle ne verra pas, elle le voit debout face au père plus grand que lui, la colère de ses yeux bleu-violet, la patience du père, il ne baisse pas les yeux mais le regard écoute le fils sans le regarder. A cette minute où elle imagine le père et son fils luttant contre le silence, elle pense que le fils n'écrira pas à son père parce qu'il vit dans un monde inaccessible au père.

 Et vous savez, chez nous, vous les voyez vous aussi, les chinois ouvriers sur les chantiers, les routes et les autoroutes dans tout le pays et nos jeunes ? On dit qu’ils ne sont pas formés qu’ils ne savent pas travailler, les écoles ça existe, l’argent du gaz, du pétrole, des écoles professionnelles, c’est possible, non ? C’est ce que je répète tout le temps. Le pays n’est pas gouverné, mal gouverné, ils gouvernent pour eux pas pour nous. C’est comme ça depuis trop longtemps… Et tous ceux qui sont morts pour un pays libre, le pays est libre, oui mais un pays, une république, c’est une république chez nous, qui oublie les principes de la justice, l’égalité, le travail, l’éducation, la santé, le logement pour tous, hommes et femmes…. Vous avez vu les bidonvilles ? Je marche dans la ville, partout, et ces bidonvilles, cette misère dans un état si riche…. C’est des voyous, voilà ce que je pense, ce que je dis, des voyous nous gouvernent.

 

 

 

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promenade

24 Février 2013, 21:25pm

Publié par zazy

Samedi matin, il ne neigeait pas encore, le vent était glacial, maisj'avais envie de revoir les grues avant leur départ.

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Toujours élégantes et faussement lentes.

Mais nous avons croisé une buse variable immobile sur son poteau qui a bien voulu ne pas s'envoler de suite, le temps que je la prenne en photo de la voiture ! mais une seule prise, madame, ou monsieur se gelait les ergots !!!

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L'après-midi, il neigeait et aujourd'hui également, donc pas de sortie, le vent du nord était vraiment trop froid

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Gilles Paris - Au pays des kangourous

23 Février 2013, 17:30pm

Publié par zazy

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Au pays des Kangourous

Gilles PARIS

Editions Don Quichotte

250 pages

Janvier 2012

ISBN : 9782359490589

 

4ème de couverture :

 « Ce matin, j’ai trouvé papa dans le lave-vaisselle. En entrant dans la cuisine, j’ai vu le panier en plastique sur le sol, avec le reste de la vaisselle d’hier soir. J’ai ouvert le lave-vaisselle, papa était dedans. Il m’a regardé comme le chien de la voisine du dessous quand il fait pipi dans les escaliers. Il était tout replié sur lui-même. Et je ne sais pas comment il a pu rentrer dedans : il est grand mon papa. » Simon, neuf ans, vit avec son père Paul et sa mère Carole dans un vaste appartement parisien. En fait, le couple n’en est plus un depuis longtemps, la faute au métier de Carole, qui l’accapare. Paul est écrivain, il écrit pour les autres. Carole est une femme d’affaires, elle passe sa vie en Australie, loin d’un mari qu’elle n’admire plus et d’un enfant qu’elle ne sait pas aimer. Le jour où Paul est interné pour dépression, Simon voit son quotidien bouleversé. L’enfant sans mère est recueilli par Lola, grand-mère fantasque et jamais mariée, adepte des séances de spiritisme avec ses amies « les sorcières », et prête à tout pour le protéger. Mais il rencontre aussi l’évanescente Lily, enfant autiste aux yeux violets, que les couloirs trop blancs de l’hôpital font paraître irréelle et qui semble pourtant résolue à lui offrir son aide. Porté par l’amour de Lily, perdu dans un univers dont le sens lui résiste, Simon va tâcher, au travers des songes qu’il s’invente en fermant les yeux, de mettre des mots sur la maladie de son père, jusqu’à toucher du doigt une vérité que l’on croyait indicible.

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  « Ce matin j’ai trouvé papa dans le lave-vaisselle ». Pas facile à gérer pour un gamin de 9 ans, surtout avec maman qui part toujours pour le pays des kangourous vendre ses yaourts.

Heureusement, grand-mère arrive pour s’occuper de tout ça.

 Paul, le père, est écrivain, enfin nègre et cela semble lui convenir au grand déplaisir de sa femme qui le voudrait plus ambitieux. Ambitieuse, elle l’est pour deux ; directrice marketing chez Danone en Australie, elle  n’est pas souvent à la maison. C’est la buiseness-woman dans toute sa splendeur. Toujours à parler dans son portable lorsqu’elle est avec eux, jamais de câlins ni bisous dans le cou.

 Paul a pété les plombs c’est le moins que l’on puisse dire. Il est hospitalisé dans un établissement spécialisé et Simon habite chez sa grand-mère.

 Lily ! J’t’aime bien Lily quand tu souris dis la chanson mais, qui est-elle, elle qui semble sortir de nulle part, allant partout, capable d’expliciter le « pas facile à expliquer » ? Pour moi, ce n’est pas une enfant autiste, mais plutôt un désir de Simon, une petite fille sortie tout droit de son imagination, de son grand désir et besoin de savoir ce dont souffre son père.

Les rêves de Simon prennent également une grande place dans ce livre. Il est vrai que lorsque l’on est enfant, on rêve tout éveillé avec l’espoir que cela marchera, mais bon, ces digressions sont un petit peu trop longues.

 Ce postulat de départ : laisser parler un enfant, permet de parler de la dépression avec plus de légèreté peut être intéressant et Gilles Paris a su trouver les mots, mais…..

 En résumé, un livre que j’ai lu avec plaisir mais qui ne me laissera pas un grand souvenir. Je reconnais avoir quelques problèmes avec ce genre de livre où l’auteur se met dans la peau d’un enfant et où les adultes y sont un peu trop caricaturaux.

 

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Pic et pique épique

23 Février 2013, 14:43pm

Publié par zazy

Le voici revenu et, il ou elle m'a laissé 10 secondes pour le photographier.

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Ce serait un pic mar. En aurait-il marre de piquer ?

Je pensais que c'était un pic épeiche, mais après vérification dans mon bouquin, il s'agit du pic mar.

J'espère le revoir et le photographier de nouveau

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Françoise Guérin - A la vue, à la mort

21 Février 2013, 14:11pm

Publié par zazy

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A la vue, à la mort

Françoise Guérin

Editions Du Masque

Collection le Masque Jaune

350 pages

Juin 2007

ISBN : 978-2702433249

 

 

4ème de couverture :

Dans la banlieue sud de Paris, deux et bientôt trois crimes atroces sont commis selon un scénario énigmatique. Chaque fois, on retrouve la victime énucléée et vidée de son sang au cour d'une étrange mise en scène. Très vite, le commandant Lanester, profileur d'exception chargé de l'affaire, se heurte à la logique du criminel que tout le monde a surnommé Caïn : que signifie cet œil noir peint au-dessus des corps mutilés ? Lanester est tellement épouvanté par ce qu'il découvre qu'il en perd littéralement la vue. Aidé de son second. Bazin, et d'un chauffeur de taxi providentiel et désœuvré, il continue pourtant l'enquête, à l'aveugle et à la barbe de ses supérieurs. Mais c'est dans un voyage éprouvant au cœur de sa propre nuit, que l'homme trouvera des réponses inespérées aux grandes questions de son existence.

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 4 heures du matin, je suis réveillée et plus du tout envie de dormir,  impossible de fermer l’œil. Entre ce livre et moi, ce sera à la vie vue, à la mort jusqu’à la fin de ma lecture.

 Lanester, profileur (ça existe en France ?) tombe brutalement et soudainement aveugle sur une scène de crime où un œil dessiné au plafond le regarde. L’œil de Caïn ? Le tueur en série aurait-il encore frappé ? Pourquoi cette cécité soudaine et brutale ? Voilà tout ce que Lanester doit découvrir aidé de son équipe.

 Pourquoi cette cécité brutale alors qu’il n’y aucune raison physique ? Pour mieux comprendre, Lanester suit une psychanalyse auprès de Jacinthe Bergeret au parfum sucré et à la voix si douce. Ces séances lui permettront de mettre de l’ordre, d’essayer de voir plus clair (oui, je sais, c’est facile) dans le cheminement de sa pensée et de l’enquête. J’ai suivi page après page Lanester et son équipe, me suis heurtée aux mêmes meubles, aux mêmes questions. Françoise Guérin a su tisser une ambiance particulière à ce roman, les séances d’introspection auprès de Jacinthe n’y sont pas étrangères. L'essentiel est invisible pour les yeux 

Lanester, dans cette enquête, Marche à l'aveuglette. Le policier-héros est bousculé, même si il gagne à la fin. La vérité lui a sauté aux yeux, aux nôtres aussi d’ailleurs.

 Je l’ai lu avec beaucoup de plaisir, d’autant mieux que je n’ai jamais eu peur (et oui, je n’aime pas les thrillers, ni vampires alors que je peux lire un livre violent tel Anima de Mawouad. Peut-être devrais-je consulter Jacinthe !!). J’espère que Lanester deviendra un héros récurent. J’aimerais beaucoup le voir évoluer, tout comme l’écriture de Françoise Guérin, à l’instar d’une Fred Vargas.

 Je ne suis pas du tout experte en polar, mais j’ai apprécié celui-ci et je comprends qu’il ait obtenu le prix du premier roman du Festival de Cognac. Par ailleurs, un téléfilm en a été tiré avec Richard Berry dans le rôle de Lanester, un acteur que j’apprécie. Pour en savoir plus, allez sur le site de l’auteure : ici

 Ce livre est un livre-voyageur que Françoise Guéri m’a gentiment adressé. Si vous voulez recevoir ce livre, adressez-moi un mail que je transmettrai à l’auteure.

Françoise Guérin, au plaisir de vous lire bientôt dans de nouvelles enquêtes de Lanester.

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Patrick Dupuis - Passés imparfaits

21 Février 2013, 10:41am

Publié par zazy

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Passés imparfaits

Patrick Dupuis

Editions Luce Wilquin

101 pages

2012

ISBN : 9782882534491

 

4ème de couverture :

 Vingt et une nouvelles courtes qui explorent le passé de personnages divers et attachants. Ils ont tous des souvenirs, des regrets qui rejaillissent sur la vie qu’ils mènent. En bien, en mal, c’est selon.

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 La couverture, avec son petit cœur posé sur l’herbe amène à une pensée romantique et bucolique alors que….. L’amour, ah !!!! L’Amour !!! Avec Patrick Dupuis, l’amour passe ou fuit par la petite porte de derrière, pas de trompettes ni de tambours d’ailleurs. Des nouvelles douces amères ou doucement cruelles.

Le dernier repas (ne pas confonde avec la Cène, OK, mon humour n’est pas bon) où la vengeance n’est pas un plat qui se mange froid mais un saltimbocca tout chaud.

J’ai ainsi appris qu’il ne fallait pas réveiller sa femme qui dort si l’on ne sait pas nager ; que le caramel n’a pas le même emballage en hiver qu’en été et que vu d’un banc, c’est toujours un agréable spectacle ; Le retour est souvent dur pour celui qui revient de l’enfer, mais que c’est bon d’entendre son fils ; que les amoures de vacances, bronzées, courtes vêtues, ne supportent pas le voyage ; que le violoncelle peut séparer un couple ; que le plus beau point de vue ne ressoude pas un couple ; que le plan cul peut servir de bâillon ; que l’odeur de l’Orval ne supplante pas l’odeur de la mort…..

 Patrick Dupuis raconte ces chutes d’amour qui n’en finissent pas, ces portes que l’on peine à fermer, ces souvenirs que l’on voudrait plus chauds. Sa conjugaison des êtres au temps imparfait est mélancolique, mais les chutes sont comme le coup de pied qui permet de remonter à la surface.

 Des histoires très courtes mais très bien construites, il ne manque rien, l’atmosphère est bien présente, les paysages en fond de décor, bref, un très bon moment de lecture. Encore un petit éditeur qui n’a rien à envier aux grands. Allez sur le site des Editions Luce Wilquin, un site très élégant.

 

Je remercie Keisha qui est à l’origine de ce voyage et Comète qui fut le passeur, sans oublier la chronique de Philisine

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Sofi Oksanen - Purge

20 Février 2013, 16:03pm

Publié par zazy

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Purge

Sofi Oksanen

Traduit du finnois par Sébastien Cagnoli

Editions Stock

400 pages

Août 2010

ISBN : 9782234062405

 

4ème de couverture :

 En 1992, l'Union soviétique s'effondre et la population estonienne fête le départ des Russes. Mais la vieille Aliide, elle, redoute les pillages et vit terrée dans sa maison, au fin fond des campagnes.

Ainsi, quand elle trouve la jeune Zara dans son jardin, qui semble en grande détresse, elle hésite à lui ouvrir sa porte. Mais finalement ces deux femmes vont faire connaissance, et un lourd secret de famille se révélera, en lien avec le temps de l'occupation soviétique. Aliide a en effet aimé un homme, Hans, un résistant. Quarante ans plus tard, c'est au tour de Zara de venir chercher protection, et la vieille dame va décider de la lui accorder jusqu'au bout, quel qu'en soit le prix.

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 J’ai commencé par lire « Les vaches de Staline » ; cette corrélation entre la boulimie et l’Estonie russifiée m’avait déjà impressionnée . Dans Purge, je retrouve les mêmes thèmes ; le passé qui contamine le présent, les secrets qui se dévoilent telles les matriochkas (ce qui est un comble pour un pays colonisé, russifié), la honte, les allers et retours entre le passé et le présent, l’Estonie sous le joug soviétique et l’Europe libre libérale.

 Aliide est la petite sœur d’Ingel

Aliide fait toujours moins bien qu’Ingel

Aliide se sent rejetée face à la « supériorité » de sa sœur

Aliide aime d’un amour fou et unique Hans qui épousera… Ingel

Aliide est jalouse d’Ingel

Aliide et Ingel seront humiliées de la plus vile des façons….

 Comme toujours, l’histoire se trame avec les fils de l’Histoire non pour former un tissu de soie, mais un cilice qui meurtrira les chairs plusieurs générations après.

 Sofi Oksanen, à travers Aliide et Zara, raconte une nouvelle époque de l’histoire de l’Estonie. Un pays occupé par les allemands pendant la seconde guerre mondiale pour passer sous le joug de l’URSS.

 Trois générations de femmes sacrifiées sur l’autel russe qu’il soit soviétique avec la purge ethnique ou postsoviétique. Victimes des pires sévices lorsque les russes les torturent pour qu’elles dénoncent les résistants estoniens, Aliide, Ingel et Linda, fille d’Ingel resteront toujours droites pour ne pas montrer que…. Et puis, il y a Zara,  la 3ème génération, celle de la mafia russe. Elle fut envoyée se prostituer comme on envoie du bétail à l’abattoir.

 Elles vont se rencontrer, mais est-ce du pur hasard ? s’apprivoiser, se confier. Leurs confessions croisées donnent une image dure et crue de l’occupant russe, des difficultés d’être une femme dans ce monde sous domination masculine. Petit à petit, les histoires s’ouvrent et l’on découvre l’horreur qui amène à un dénigrement de soi, le bâillonnement, le non-dit, les silences, la peur de l’autre ami ou ennemi. Elles vont essayer de laver leurs maux grâce à leurs paroles.

 Livre brutal, dur, implacable, qui ne permet aucune respiration, aucune échappatoire. Les rapports en fin de livre font froids dans le dos. Tout comme dans « Les vaches de Staline», Sofi Oksanen explore l’histoire de l’Estonie, pays maternel, petit pays balte indépendant depuis 1991, gratte là où ça démange, là où les croûtes font mal.

 C’est le 3ème ouvrage que je lis sur ce pays et je peux dire que ce furent 3 lectures qui ne se laissent pas oublier.

 Il me faut rendre ce livre à la bibliothèque et, comme souvent, je n’en ai pas envie du tout. C’est un livre à avoir dans sa propre bibliothèque.


 

 

 

 

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