Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
ZAZY - mon blogue de lecture

Bernard Pouchèle et Pierre Josse - Un tour des Flandres

30 Janvier 2013, 22:16pm

Publié par zazy

http://www.lemainelibre.fr/sites/default/files/imagecache/detail/2012/12/29/1356798997pouchele-dec-2012.jpg

Un tour des Flandres

Textes de Bernard Pouchèle

Photographies de Pierre Josse

Editions Invenit

140 pages

ISBN 9782918698340

 

4ème de couverture :

 

Voilà quelques années que Pierre Josse, rédacteur en chef du Routard, et Bernard Pouchèle, écrivain vagabond, parcourent ensemble les lieux et contrées du monde entier à la recherche des « petites gens » et de ce qui fait notre humanité. Mais d’un voyage en Flandre, mère-patrie de Pouchèle, là même où quarante ans après son départ, la langue de ses aïeux resurgit subitement dans le décor improbable d’un estaminet, les deux compères ne sont pas sortis indemnes. Pour Pierre Josse, armé de son appareil photographique, c’est une rencontre avec un horizon, avec des terres touchées par l’Histoire, au croisement de cultures venant de toute l’Europe, avec des hommes qui furent de tous les conflits, des plus dévastateurs comme des plus avant-gardistes. Pour l’octogénaire Bernard Pouchèle, c’est le dernier voyage dans sa recherche du temps passé, une immersion dans son destin, rocambolesque et hors du commun, contée avec l’étonnement d’un homme qui retrouve son autre originel, celui que son inconscient avait tu pendant tant d’années. Il se souvient de l’exode en corbillard sous les bombardements de Dunkerque, de son départ de Pitgam pour l’orphelinat de Bailleul, du périple d’un cerf-volant armé de tabac au dessus de la frontière franco-belge. Surtout, Pouchèle nous raconte au fil du livre la révélation puissante, enfin, de savoir qui il est : « je sais que je suis flamand à travers les siècles et les siècles ». Un Tour des Flandres est la promesse de la découverte drôle et émouvante d’un paysage intérieur.

 =========

 Bernard Pouchèle l’écrit : « Voilà ce deuxième voyage terminé, et le troisième, le grand, sera pour moi pour bientôt. » « Avant de casser ma pipe, j'ai enfin décidé de parler de moi. Ce livre, c'est mes tripes ».Cher monsieur, je viens juste de faire votre connaissance, alors, s’il vous plaît, attendez le plus longtemps possible.

 C’était à ça que je pensais pendant que Pierre photographiait le billard Nicolas et ces vieux meubles pour les ranger quelque part dans son guide. Voilà encore deux vérités pour un même endroit. Ah, la différence entre l’œil qui voit et l’œil qui se souvient.

 Cette phrase résume fort bien ce livre. Pierre Josse photographie les lieux insolites et Bernard Pouchèle photographie ces mêmes lieux pour en faire revivre les souvenirs, les parfums, les mots, les noms. Un qui voit et l’autre qui se souvient, quel beau tandem. Bernard Pouchèle, dans les pages blanches est dans sa jeunesse, lui l’orphelin que ses grands-parents ont dû placer à l’orphelinat à Bailleul.

 J’aime également les petites phrases sarcastiques qui remettent les choses à leur place.

 Parce qu’hélas et encore, un quatre d’heure d’histoire a apporté, avec un film sur les Cht’is, la vérité de la convivialité profonde des gens du Nord, leur sens du partage, de la fête. Il fait quand même manger du maroilles à Bergues, ville d’origine du vieux Bergues, un des meilleurs fromages français.

 Pour le tout-venant de nos concitoyens, pour le touriste bac sans lauréat, pour le quidam lambda, le Nord et la Flandre ne sont encore, à part la gare Lille Europe, l’avant-centre belge du Losc et le Paris-Roubaix, qu’un pays noir, sinon gris, un pays gris sinon noir, un pays de friches ouvrières, de cheminées d’usines qui sont tristes d’avoir arrêté de fumer, un pays de mines fermées alors que la plupart des gens ici ont plutôt la mine ouverte.

 Que de poésie dans ce petit livre, un régal, je pourrais retranscrire des phrases et des phrases.

Bernard Pouchèle, vous m’avez envoûtée et déjà sensible aux chansons de Brel, vous me donnez vraiment l’envie d’aller faire un tour des Flandres. J’ai aimé votre ton sarcastique, votre humanité, votre amour des Flandres, des gens, des paysages. Vous nous racontez votre histoire qui rejoint la grande histoire.

 Un ciel bas. Un ciel flamand. Un ciel lourd comme un repas de Bruegel l’Ancien. Des nuages arrêtés mouillent les pannes d’un beffroi là-bas et éciment une cathédrale de briques rouges au loin sur la plaine noire.

 On passa une petite butte et ce fut Pitgam. Pitgam, petit village des Flandres, avec sa mare en carré sur la place centrale, son église de belles briques, près d’un bois, son forgeron dont on entendait tinter l’enclume, une belle ville à vélo, la cuisse blanche dans une robe plissée se signa devant nous, puis partit dans un rire nacré.

  Comme dans l’annuaire téléphonique, il y a les pages jaunes, reproduction des pages du guide des routards Nord Pas de Calais.

 Parlons des photos de Pierre Josse, traitées en noir et blanc. Des photos qui se jouent des lignes horizontales ou verticales, la lumière, le ciel souvent présent…. Quant à celles des estaminets, le traitement du grain leur donne un air ancien qui leur va bien au teint.

 Oui, je suis séduite. Ce livre est aussi bien fait de sa personne à l’intérieur qu’à l’extérieur. La qualité du papier, de l’impression. C’est un vrai guide pour les touristes de la poésie vivante, un réel hommage à sa région et aux gens qui y vivent, merci Bernard Pouchèle pour ce beau moment d’intimité avec vous.

Je remercie beaucoup l'équipe de logo-libflybis et les éditions http://media.tumblr.com/tumblr_lts4ul5SyV1r2908i.jpg pour ce beau moment de lecture.

logochallenge3

 

Voir les commentaires

François Barcelo - J'haïs le hockey

28 Janvier 2013, 20:21pm

Publié par zazy

http://1.bp.blogspot.com/-Kpa9znOON_U/TdP6AwYYbMI/AAAAAAAAA-U/66yL2Xmwnk0/s200/J%2527hais+le+hockey.jpg

J’haïs le hockey

François Barcelo

Editions Coups de tête

2011

111 pages

ISBN : 9782896710003

 

 

4ème de couverture :

Antoine Vachon haït le hockey. À la suite de l'assassinat du coach de l'équipe de hockey de son fils, Antoine se voit pourtant contraint de le remplacer à pied levé, sans savoir alors que sa vie va changer. Le flou persiste. Qui a assassiné le coach? Et surtout, pourquoi? Le fils d'Antoine aurait-il quelque chose à voir dans tout cela? L'entraîneur était pourtant connu et apprécié dans sa communauté, il s'occupait bien de ses joueurs, trop bien peut-être…
François Barcelo signe ici un roman vif, nerveux, outrageux, sensible, noir, étonnant, détonnant, shakespearien, tragique, sportif, amoureux, désillusionné, un roman sur l'amour, sur la trahison, sur l'incompréhension…

 

=============

Quel est ce tire avec une faute d’orthographe ??? La chronique de Richard m’avait plu et j’ai déniché ce petit livre d’un auteur canadien.

Antoine est bien mal embarqué », sa femme l’a largué après l’avoir trouvé dans le lit conjugal en charmante compagnie, c’est balot !!! Il a perdu son travail, n’a plus de voiture, habite dans un appartement minable au-dessus d’un garage désaffecté, n’a pas d’amis… bref, tout va bien dans le moins bon des mondes, mais ce n’est pas fini !!

« J’haïs le hockey »…. Cela fut-il un des facteurs de notre séparation, presque huit ans plus tard ? J’en suis convaincu, même si Colombe a plutôt invoqué pour me mettre à la porte le fait que je l’avais trompée avec sa comptable stagiaire dans le lit conjugal, pendant qu’elle était avec Jonathan et des amis à la Cage aux Sports de la ville voisine, justement pour m’épargner un méchant mardi Molson Ex à la télé familiale »

Pourtant, il doit surmonter son aversion pour encadrer l’équipe de son fils, l’entraîneur étant mort subitement…. Tout se passe le moins mal possible jusqu’au moment où ils se retrouvent dans un motel pour la nuit…..  Là, au fil de péripéties que je vous laisse découvrir, il apprend que l’entraîneur a été sauvagement tué.

 Nous suivons le cheminement de sa pensée. Son cerveau échafaude des plans au fur et à mesure de ses découvertes, mais au lieu d’en parler avec son fils ou sa femme, il saute d’une hypothèse à l’autre. Il ira même jusqu’à se dénoncer à la police où un certain Provençal le reçoit…. Provençal qui s’avérera être le nouveau compagnon de Colombe.

 Antoine Vachon est un mec déphasé, à mille lieues de la réalité, enfermé dans le tourbillon négatif de sa vie actuelle. Il vit les choses en son for intérieur, échafaude des hypothèses, mais semble en retrait de tout réaction, comme inaccessible. Qu’il ne réagisse pas lorsque Kim lui sort sa petite phrase, cela m’a choquée.

Je suis un peu déçue par cette lecture. Est-ce le hockey qui me laisse de glace, je ne sais pas, mais je m’attendais sûrement à autre chose. J’ai eu le hoquet en lisant la fin  qui m’a désarconnée.

  Ils l'ont lu et aimé :  Richard - Lecture d'ici et ailleurs -

Voir les commentaires

Le complot - Laurent Joffrin

26 Janvier 2013, 15:30pm

Publié par zazy

http://extranet.editis.com/it-yonixweb/IMAGES/RL/P3/9782221130704.JPG

Le grand complot

Laurent Joffrin

Editions Robert Laffont

303 pages

Parution : 17 Janvier 2013

Isbn : 9782221130704

 

4ème de couverture :

Les nouvelles aventures de Donatien Lachance, détective de Napoléon.

Dans la France de 1804, la politique est-elle autre chose que le règne de la violence et du cynisme ? Malgré son trouble passé de révolutionnaire sous la Terreur, Donatien Lachance voudrait le croire. Mais, lors d'une fête à La Malmaison, sa vie prend un nouveau tournant et il se trouve plongé dans les secrets sanglants du régime consulaire. Bonaparte confie à celui qu'il considère comme son meilleur policier la mission de déjouer un complot chouan mené contre lui par Cadoudal. Le même soir, il rencontre Aurore de Condé qui autrefois a aimé le duc d'Enghien. Elle le séduit sans délai.

Donatien remonte la filière des royalistes financés par l'Angleterre. Il tombe amoureux d'Aurore, mais celle-ci se révèle sa meilleure ennemie : elle est liée à Cadoudal et participe à son projet d'enlèvement du premier consul. Le chef chouan est pris après une filature complexe.

Accusé de faire partie du complot – et bien qu'il soit innocent –, le duc d'Enghien est arrêté et exécuté pour des raisons politiques sur ordre de Bonaparte. Aurore prend la fuite.

Donatien est couvert d'éloges mais il lui semble avoir tout perdu : sa maîtresse, sa femme, le goût de son métier et l'estime de soi. Heureusement pour lui, Fouché veille.

 ==============

 Il s’appelle Donatien Lachance, avec un tel nom, on peut espérer qu’il en ait…. De la chance. Oui, je sais, c’est facile, mais bon je ne pouvais passer à côté.

 Ce Beau gosse à la belle tournure se voit confier par Bonaparte, pas encore empereur la lourde tache de déjouer un complot qui se tramerait contre lui par Cadoudal revenu d’Angleterre. Donatien se souviendrait de cet instant unique, quand le chevalier perdit son armure, quand le maître des batailles sembla soudain un gibier qu’on force dans son terrier. Bonaparte était l’homme de l’audace, le prince du danger, le général du risque. Aujourd’hui il avait peur : la menace était donc mortelle

 

Donatien se donne à corps perdu dans l’enquête, jusque dans le lit de la belle Aurore de Condé ! Cette jeune femme ne fut pas du même côté de la barricade pendant la Révolution. Petite fille du prince de Condé, elle suivit sa famille en Angleterre.  Pendant ce temps Donatien fouraillait du côté des ci-devant et finit par se rallier à Bonaparte Ceci n’empêchant pas cela, l’enquête continue avec tous les moyens modernes de cette époque. Donatien remonte la filière. Les informations qu’elles soient données par les indicateurs (ils sont nombreux) ou soutirées par la torture ou par la peur, permettent d’avancer doucement jusqu’à Cadoudal. Cette enquête est émaillée de chausse-trappes, de rebondissements, de sous-terrains…. une histoire digne d’un bon feuilleton du 19ème siècle. La fin du récit, très inattendue nous rappelle que Laurent Joffrin est un brillant journaliste politique, doublé d’un bon historien. Tous les faits sont réels, Cadoudal, Pichegru, le général Moreau ont réellement existé et ont bien fomenté un complot visant à  capturer ou tuer le Bonaparte et  porter Louis XVIII sur le trône. La conspiration est déjouée par la police de Fouché dont fait partie notre cher Donatien (mais là, c’est de la fiction). Bonaparte ne s’y couvre pas de gloire, le commissaire sera un peu roulé dans la farine, l’Intérêt prime (tiens cela me rappelle quelque chose).

Ainsi Georges, Pichegru, Enghien, jusqu’à Bonaparte en passant par Donatien lui-même, avaient été des marionnettes dont les ficelles étaient tirées par un seul homme. Fouché l’observait avec un œil curieux. Il semblait suivre sur son visage le cheminement de son esprit.

 C’est la seconde fois que Lachance apparaît sous la plume de Laurent Joffrin et gageons que nous le retrouverons. Mais ce sera la dernière fois qu’il servira le premier consul Bonaparte, car celui-ci va être sacré Empereur.

 L’écriture de Laurent Joffrin est alerte, gaie. On sent qu’il aime cette période, qu’il s’est fait plaisir en écrivant ce roman historico-policier et je n’ai pas boudé le mien en le lisant. J’ai retrouvé quelques concordances avec nos actuels « monarques » qui m’ont soit amusée, soit agacée.L'histoire en se divertissant.

 Taillerand, dit Bonaparte – il écorchait toujours le nom de son ministre- vous êtes le seul évêque qui soit marié à une jolie femme ! : Bonaparte écorchant le nom de son ministre, ça me rappelle les joutes orales avec  Marchais qui écorchait toujours le nom de Mitterrand !!

 

Le tiers a gagné parce qu’il avait un monde à conquérir. Vous aviez seulement un monde à défendre. Vous étiez fatigués, nous étions faméliques. L’aristocratie monopolisait les places, alors que les talents naissaient en dehors d’elle. Nous disions souvent que la liberté nous guidait. C’était surtout l’ambition et la colère de voir que le pouvoir nous était fermé.

Tel était l’imbroglio infernal de la guerre civile, qui brouille toutes les pistes, qui mêle toutes les intrigues, toutes les carrières, tous les destins, qui mélange les combattants, amis et ennemis, bourreaux et condamnés, assassins et victimes. Une nouvelle fois, le sort de Bonaparte, celui du gouvernement et celui de la nation dépendaient de ce duel de l’ombre, entre un policier raisonneur et un combattant retors, dans lequel le chouan le plus dangereux de France avait pris un dramatique avantage.

 En politique, une mort qui doit donner du repos n’est plus un crime.

 Pour être aimé, un gouvernement doit être craint.

 Pour sauver la  Révolution, il faut la changer en monarchie

-C’est un reniement !

-Non, c’est une précaution. L’empereur Napoléon nous préservera du roi Louis XVIII. La République a besoin d’un tuteur. Bonaparte sera celui-là.

 Bonaparte fit encore mine de balancer. Sa fibre républicaine, disait-il, répugnait à cette transformation dramatique. Puis il finit par répondre que devant l’insistance des républicains, faisant violence à son goût pour un pouvoir modeste et sans apparat, il acceptait finalement l’élévation qu’on exigeait de lui.

 Ainsi vingt jours plus tard, le 28 floréal, le Sénat en grand appareil, présidé par Cambacérès, adopta par acclamation le sénatus-consulte préparé par Lacepède. Ainsi Napoléon Bonaparte, nobliau corse impécunieux, mal noté dans son école militaire, officier d’aventure dans les armées de Robespierre, jeté dans la misère parla réaction de Thermidor, jeune ambitieux aux joues maigres et au teint bilieux qui battait le pavé dix ans plus tôt, vivant sous les toits, mangeant à peine à sa faim et devant emprunter à ses amis pour payer le blanchissement de son linge dont l’usure exigeait un permanent raccommodage, devenait-il empereur des Français.

 J’ai lu cet excellent livre lu dans le cadre logo-jeudis-critiques sur le forum http://www.entreelivre.com/images/logo-el-alpha.png que je remercie ainsi que la librairie http://static.decitre.fr/skin/frontend/decitre/default/images/logo.png et les logo laffontpartenaires de cette délicieuse opération.

logochallenge3

Voir les commentaires

Restauration de plein air ! (3)

25 Janvier 2013, 23:41pm

Publié par zazy

P1190843.JPG

Ils illustrent parfaitement la phrase de Saint-Exupéry :

Aimer ce n'est pas se regarder l'un l'autre, c'est regarder ensemble dans la même direction.

Voir les commentaires

Leïla Sebbar - les femmes au bain

20 Janvier 2013, 20:11pm

Publié par zazy

 

http://media.leslibraires.fr/media/attachments/medium/5/2/3/000413523.jpg

Les femmes au bain

Leïla Sebbar

Editions Bleu autour

85 pages

ISBN : 9782912019455

 

 

4ème de couverture :

Les femmes au bain, ce qu'elles racontent ? Elles disent le désir, l'amour, le plaisir comme une offrande.
On entend les mots et les chants des femmes entre elles. Savantes et illettrées, magiciennes et saltimbanques, saisonnières des vignes, conteuses. La Bien-aimée écoute les rumeurs qui exaltent l'Etranger de sang, l'amant magnifique et ses femmes. Il est en prison. Les frères de la Bien-aimée l'accusent de viol. Les femmes au bain résistent. A l'arbitraire de la tribu, à son honneur corrompu, à ses noces de sang. Elles croisent les légendes anciennes et les histoires contemporaines, réelles et imaginaires,
pour un hymne libre et joyeux aux amours illicites, saphiques, rebelle

 ======

Prenons notre temps et allons au hammam retrouver les femmes au bain. Dans cet endroit clos, humide, elles se racontent des histoires, les ragots, leurs rêves, les amours illicites, défendus. Elles parlent de l’exil, de l’intégrisme…..

On retrouve dans ce livre le thème cher à l’auteure : les femmes, ses sœurs de l’autre côté de la Grande Bleue. La tourmente de l’intégrisme, la peur de l’homme. 

Ici, son écriture suit le débit des paroles des femmes tantôt bavarde, tantôt rêveuse et voluptueuse.

J’aime son écriture, j’aime ses livres, je ne m’en lasse pas.

Je vous recommande ces deux livres qui se lisent très rapidement et j'ai aimé les relire, maintenant il faut que je les rende à la bibliothèque. Il est fort possible que je les achète pour y retourner

 

 

 

 

Voir les commentaires

Jeanne Benameur - Profanes

19 Janvier 2013, 20:38pm

Publié par zazy

http://www.actes-sud.fr/sites/default/files/imagecache/c_visuel_cat_w120px/couv_jpg/9782330014285.jpg

4ème de couverture

 

Ancien chirurgien du cœur, il y a longtemps qu’Octave Lassalle ne sauve plus de vies. À quatre-vingt-dix ans, bien qu’il n’ait encore besoin de personne, Octave anticipe : il se compose une “équipe”. Comme autour d’une table d’opération – mais cette fois-ci, c’est sa propre peau qu’il sauve. Il organise le découpage de ses jours et de ses nuits en quatre temps, confiés à quatre “accompagnateurs” choisis avec soin. Chacun est porteur d’un élan de vie aussi fort que le sien, aussi fort retenu par des ombres et des blessures anciennes. Et chaque blessure est un écho.
Dans le geste ambitieux d’ouvrir le temps, cette improbable communauté tissée d’invisibles liens autour d’indicibles pertes acquiert, dans l’être ensemble, l’élan qu’il faut pour continuer. Et dans le frottement de sa vie à d’autres vies, l’ex-docteur Lassalle va trouver un chemin.
Jeanne Benameur bâtit un édifice à la vie à la mort, un roman qui affirme un engagement farouche. Dans un monde où la complexité perd du terrain au bénéfice du manichéisme, elle investit l’inépuisable et passionnant territoire du doute. Contre une galopante toute-puissance du dogme, Profanes fait le choix déterminé de la seule foi qui vaille : celle de l’homme en l’homme.

==========

 

« Ils sont là, derrière la porte. Il ne faut pas que je rate mon entrée.

Maintenant que je les ai trouvés, tous les quatre, que je les ai rassemblés, il va falloir que je les réunisse. »

Voici résumé, dès la première ligne, ce beau roman.

Profane : ce qui est devant le temple, en dehors, livré au public, et par extension ; personne non initiée
Oui, c’est  ce que ressentent ces quatre personnes devant Octave Lassalle, ancien chirurgien. Le vieil homme seul ne veut plus le rester et, à défaut d’une famille qu’il n’a plus, désire s’entourer d’une équipe, un peu comme lorsqu’il opérait. Il a recruté 4 personnes dont les dénominatifs communs sont leur grande solitude et leur passé. Marc, Hélène, Béatrice et Yolande vont se partager les  journées dans la grande maison.

« J’ai retrouvé toute la rigueur, la passion d’être « au service » de quelque chose qui me dépasse, que je ne nomme toujours pas mais qui me tient. Toujours.

Chez les autres, c’est cela que j’ai flairé. C’est bien cela qu’ils ont en commun avec moi. »

 Les règles sont très claires, chacun à sa chambre choisie par lui-même, possède les clés de la maison, aucune question sur le passé, pas de familiarité « J’appellerai chacun de quatre monsieur madame ou mademoiselle. Ils feront de même. Leurs prénoms, c’est pour mon jardin secret. »

« J’aime l’intime. Pas le familier. Ils m’appelleront monsieur. C’est dans la bonne distance qu’on peut aller loin et la bonne distance, elle commence avec des petits riens. J’y tiens »

 Les bases installées, Il ne reste qu’à Octave Lassalle, tel un chef d’orchestre d’harmoniser son quatuor bancal.

Octave, athée, amoureux des haïkus et des portraits du Fayoum, n’a pas le recours de Dieu, comme son épouse, mais il a l’humain pour religion, la foi en l’autre. « Un profane aussi à le droit de douter. Le doute n’est pas réservé aux croyants. J‘ai besoin d’autres êtres humains, comme moi, doutant, s’égarant, pour m’approcher de ce que c’est que la vie. »

 « Les miracles prennent leur source dans la capacité à être totalement présent, il en est sûr ».

Le doute est son meilleur ami/ennemi, mais sa foi en l’homme est sans limite : « Je suis un vieux fou. Dans cette maison c’est moi qui continue à croire envers et contre tout, qu’il y a quelque chose de plus fort que la mort, quelque chose de plus intéressant que la mort ».

 Chacun se heurtera aux murs de la maison, se cherchera, puis regardera vers les autres. Page 132, tournant du livre, là j’ai arrêté ma lecture car je me sentais indiscrète dans cet instant partagé entre Béatrice et Octave. Petit à petit, chacun  s’ouvrira tel un bouton de fleur.

 La nuit où tout le monde a dormi dans la grande maison, j’ai su que je pouvais me délecter, me laisser aller dans le livre. C’est à partir de ce point d’orgue, que les nœuds, les cœurs, les corps ont commencé à se dénouer, où les mots espoir, espérance, ont un sens.

 Octave, lui-même, blessé de la vie, trouvera, grâce à son quatuor, la force de faire face, d’oser franchir le pas vers la compréhension. Jeanne Benameur a su trouver des mots simples pour écrire ce livre si précieux où se côtoient la poésie, le sacré, l’humain, la vie. Un livre à ouvrir de temps en temps, un livre à faire du bien.

Ils ont également aimé  : Josteinpaperblog -

 

 

Voir les commentaires

Restauration de plein air ! (2)

19 Janvier 2013, 15:39pm

Publié par zazy

La sitelle-torchepot passe de temps à autre, mais très vive et très peureuse, difficile de la photographier

P1190758.JPG

Voir les commentaires

Restauration de plein air !

18 Janvier 2013, 14:04pm

Publié par zazy

Nous avous avons décidé de continuer notre service de resturation en plein air et..... nous rencontrons un réel succès !!!

Les premières arrivées sont les mésanges charbonnières, très curieuses. Les graines à peine mises en place, elles sont là !

Puis arrivent les mésanges bleues, plus craintives

P1190638 cr

Le rouge-gorge qui s'enhardit jusqu'à se goinfrer,

P1190657_cr.jpg

Le merle s'est dit "Si il y en a pour eux, y en a pour moi" et depuis, il ne décole plus, bien que je ne sois pas certaine que ce soit toujours le même !!! plus on est de fous, plus on mange !!!

P1190741.JPG

La petite mésange bleue s'est invitée également. Le merle, même pas peur ! je le regarde choisir sa pitance, avec son bec trier puis ingurgiter sans que ma présence ne le dérange..... je mange, le reste, m'en fous

Oh, surprise, j'ai vu arriver un geai !!!! mais je n'ai pu le photographier pendant plusieurs jours, il fallait lui laisser le temps de s'acclimater à ma présence furtive

P1190740_rc.jpg

Je ne pouvais pas le mitrailler, il ne prenait pas la pose comme le merle ou le rouge-gorge, mais, la gourmandise a eu raison de sa vigilance le temps de quelques photos

Voir les commentaires

Neige

15 Janvier 2013, 18:00pm

Publié par zazy

Ce matin, réveil blanc : il a neigé pendant la nuit. Oh, pas beaucoup mais suffisament pour que la luminosité change. Une nouvelle averse en fin de matinée, puis un rayon de soleil et voilà l'hiver qui arrive enfin !!!

P1190569.JPG

P1190567

 

P1190573.JPG

Le ciel n'est pas resté clair longtemps, une ondée de neige est retombée, mais demain ????

Voir les commentaires

Jean Echenoz - 14

14 Janvier 2013, 22:29pm

Publié par zazy

http://www.leseditionsdeminuit.fr/images/3/9782707322579.jpg

14

Jean Echenoz

Les Editions de Minuit

Octobre 2012

125 pages

ISBN : 9782707322579

 

 

4ème de couverture :

Cinq hommes sont partis à la guerre, une femme attend le retour de deux d’entre eux. Reste à savoir s’ils vont revenir. Quand. Et dans quel état.

=============

 Echenoz part d’une balade à vélo, une balade bucolique ; le tocsin sonne, nous arrivons sur la place où toute la population est rassemblée « Tout le monde avait l’air très content de la mobilisation : débats fiévreux, rires sans mesure, hymnes et fanfares, exclamations patriotiques striées de hennissements ». La joie, l’impatience sont palpables, on verra ce qu’on verra !

L’attente commence pour les 5 vendéens : Anthime, Padioleau, Bessis, Arcenel se retrouvent à la caserne, ainsi que Charles, sous-directeur de l’usine où Anthime est comptable. Puis vient le moment d’aller au front, d’affronter l’ennemi. Tous ne reviendront pas. Echenoz résume fort bien cette connerie cruelle : « Tout cela ayant été décrit mille fois, peut-être n'est-il pas la peine de s'attarder encore sur cet opéra sordide et puant. Peut-être n'est-il d'ailleurs pas bien utile non plus, ni très pertinent, de comparer la guerre à un opéra, d'autant moins quand on n'aime pas l'opéra, même si, comme lui, c'est grandiose, emphatique, excessif, plein de longueurs pénibles, comme lui ça fait beaucoup de bruit et souvent, à la longue, c'est assez ennuyeux. »

 

Dans ce livre, pas de grandes envolées lyriques, pas de longues descriptions mais du quotidien, du palpable. Nous suivons la guerre à travers Anthime. « De fait, Anthime s’est adapté. Ne se fût-il pas adapté, d’ailleurs, eût-il montré du mal à supporter les choses et voulu le faire savoir, la censure du courrier n’aidait pas trop à ce qu’on se plaignît. Oui, Anthime s’est plutôt vite fait aux travaux quotidiens de nettoyage, de terrassement, de chargement et de transport de matériaux, aux séjours en tranchée, aux relèves nocturnes et aux jours de repos. » En peu de mot, beaucoup est dit.

 Dans le chapitre 7, Jean Echenoz écrit : « Propulsons-nous vers cet insecte : à mesure qu’on l’approche, il grossit peu à peu jusqu’à se transformer en petit avion, biplan biplace de modèle Farman F37 Mené par deux hommes, un pilote et un observateur assis l’un derrière l’autre dans des fauteuils bruts, à peine protégés par deux pare-brises rudimentaires. » Il ne reste plus qu’à lancer la caméra de notre imagination et on voit le ballet mortel s’engager entre cet avion et l’appareil orné de la croix de Malte.

 Dans un entretien, Jean Echenoz raconte comment l’idée de ce livre lui est venue en trouvant les carnets d’un combattant dans une malle. Il décrit les choses comme on les note dans son cahier « son havresac, modèle as de carreau 1893 et dont l’infrastructure était un cadre en bois couvert d’une enveloppe de toile épaisse du vert wagon au brun cachou ».

 C’est un livre court mais puissant, dense, bouleversant, concret. En peu de mot, il démarre notre caméra mentale pour un voyage dans l’enfer du quotidien de la guerre. Un superbe livre, je ne me lasse pas de la belle écriture de jean Echenoz.

Lire un livre de Jean Echenoz fait partie de mes petits plaisirs.

Voir les commentaires

1 2 > >>