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ZAZY - mon blogue de lecture

Jean TEULE - Le magasin des suicides

30 Juin 2011, 17:16pm

Publié par zazy

Le magasin des suicides

Jean TEULE

Editions JulliardLe Magasin des Suicides

157 pages

 

4ème de couverture :

Imaginez un magasin où l'on vend depuis dix générations tous les ingrédients possibles pour se suicider. Cette petite entreprise familiale prospère dans la tristesse et l'humeur sombre jusqu'au jour abominable où surgit un adversaire impitoyable : la joie de vivre.

 

 

Ce que j’en pense :

 

Vous avez raté votre vie ? Avec nous, vous réussirez votre mort ». Beau slogan publicitaire n’est-ce pas ! Et en plus, lorsque les patrons de ce magasin s’appellent Monsieur et Madame TUVACHE l’on ne peut qu’être séduit, surtout que, cerise sur le gâteau, ils habitent rue Bérégovoy. Tout est à l’avenant.

 

Même les clochards trouvent « chaussure à leur pied » : « Ceux qui n’ont pas le sou s’étouffent avec nos sacs d’emballage. Ils sont très résistants. Tenez, voici aussi un bout de ruban adhésif pour le fermer hermétiquement autour de votre gorge…… ça vous fera un peu de réclame. Je serai en quelque sorte votre homme-sandwich. »

 

Imaginez la famille Tuvache les parents, aussi souriant que des gargouilles de cathédrales et leurs 2 enfants Vincent, dépressif chronique, mais si ingénieux dans ces machines  et Marilyn, prototype de l’ado mal dans sa peau. Et puis, y a le petit dernier, lui qui est souriant, lui qui est optimiste, qui fait rien comme la famille, mais qui veut que tout le monde vive… Petit à petit, le bonheur pénètre cette famille de commerçants honnêtes, comme le sable dans le sablier.

Jean Teulé que j’adorais écouter dans l’assiette anglaise a écrit-là un petit bijou de dérision. Même pas besoin de chercher un 2ème voire 3ème degré, le premier a suffit à me faire rire de bon cœur…. Mais, je ne suis pas allée jusqu’à la crise d’apoplexie qui a tué un de leurs clients en regardant une des créations de Vincent.

 

Vraiment, un bouquin à recommander même et surtout en cas de déprime. Jean Teulé nous fait rire avec un sujet tabou. Un bon coup de cœur

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Laurent GAUDE - Ouragan

27 Juin 2011, 16:56pm

Publié par zazy

Laurent Gaudé, né le 6 juillet 1972 dans le 14e arrondissement de Paris, est un écrivain français lauréat du Prix Goncourt en 2004 pour son roman Le Soleil des Scorta.

Après une Maîtrise de lettres à l'Université Paris III , pour laquelle il a soutenu un mémoire intitulé Le thème du combat dans la dramaturgie contemporaine française, sous la direction de Michel Corvin (1994), puis un DEA à la même université, pour lequel il a soutenu un mémoire intitulé Le conflit dans le théâtre contemporain, sous la direction de Jean-Pierre Sarrazac (1998), Laurent Gaudé écrit pour la scène (1999).

Sa première pièce, Combat de possédés, paraît en 1999. Elle sera jouée en Allemagne et lue au Royal National Theatre de Londres. La seconde pièce de Laurent Gaudé, publiée en 2000, est Onysos le Furieux. Il s'agit d'un monologue épique, écrit en seulement 10 jours au printemps 1996. Laurent Gaudé a aussi écrit d'autres pièces de théâtre dont Cendres sur les mains, Médée Kali, ou encore Le Tigre bleu de l'Euphrate.

En 2002, La Mort du roi Tsongor, son deuxième roman, lui vaut d'être cité pour le Prix Goncourt et surtout d'être récompensé par le Prix Goncourt des lycéens et le Prix des libraires. Deux ans plus tard, il remporte le Prix Goncourt avec son roman Le Soleil des Scorta qui sera également un succès de librairie (80 000 exemplaires vendus entre la parution du roman et l'attribution du Prix Goncourt en 2004).


4ème de couverture :

 

A La Nouvelle-Orléans, alors qu'une terrible tempête est annoncée, la plupart des habitants fuient la ville. Ceux qui n'ont pu partir devront subir la fureur du ciel. Rendue à sa violence primordiale, la nature se déchaîne et confronte chacun à sa vérité intime : que reste-t-il en effet d'un homme au milieu du chaos, quand tout repère social ou moral s'est dissous dans la peur ? Seul dans sa voiture, Keanu fonce vers les quartiers dévastés, au cœur de la tourmente, en quête de Rose, qu'il a laissée derrière lui six ans plus tôt et qu'il doit retrouver pour, peut-être, donner un sens à son existence... Dans un saisissant décor d'apocalypse, Laurent Gaudé met en scène une dizaine de personnages qui se croisent ou se rencontrent. Leurs voix montent collectivement en un ample choral qui résonne comme le cri de la ville abandonnée à son sort. Roman ambitieux à l'écriture empathique et incantatoire, Ouragan mêle la gravité de la tragédie à la douceur bienfaisante de la fable pour exalter la fidélité, la fraternité, et l'émouvante beauté de ceux qui restent debout.

 

Ce que j'en pense :

 

Ainsi commence le roman : Moi, Joséphine Linc. Steelson, négresse depuis presque cent ans, j’ai ouvert la fenêtre ce matin, à l’heure où les autres dorment encore, j’ai humé l’air et j’ai dit : « ça sent la chienne »…..

 

Joséphine sent l’arrivée de Katarina qui dévastera La Nouvelle-Orléans.

 

L’ouragan frappe de plus en plus fort jusqu’à ce que les digues cèdent. Inexorablement l’eau monte…. Une poignée de prisonniers, abandonnés dans leurs cellules, se font la belle pour éviter la noyade, et ivres de la liberté retrouvée, vont abattre deux policiers. Un Révérend anglican, visiteur à la prison des précédents « entend » la voix de Dieu lui demandant de sauver ces pauvres gens, puis, la démence arrive et il est convaincu qu’il doit tuer !!!!  Rose, négresse accablée par le sort, s’enferme dans sa maison avec son fils Byron, « le fils de personne, sa vie d’amour raté », qui n’est à personne. La seule couleur rose de sa vie sera le retour de Keanu Burns, son unique amour qui l’a quittée brutalement.

 

Et l’eau monte, monte, le vent souffle, la ville se retrouve dans le noir. La peur et la folie s‘emparent de chacun, des vies sont fauchées. Tout explose, c’est l’apocalypse dans tous les sens du terme. Les alligators arrivent dans la ville. Les habitants de la Nouvelle-Orléans sont livrés à eux-mêmes et abandonnés des autorités.

 

L’écriture de Gaudé suit ce crescendo et l’on finit ce livre en haletant. Il nous donne plus à sentir la peur de tous ces naufragés, les odeurs du cloaque, des bayous… que des images de fin de monde.  

 

Gaudé donne à chacun de ses narrateurs un vocabulaire et un phrasé différent et celui de Joséphine, chargés de son histoire et de sa sagesse de centenaire, est un point de « repos » entre les autres. Tous ces personnages vont se croiser à un moment ou l’autre  pour le meilleur ou pour le pire.

 

C’est le premier « livre-catastrophe » que je lis et j’ai aimé l’écriture de Gaudé que j’avais rencontré avec « le soleil des Scorta ».

 

C’est un livre très fort, à la fois violent et superbe que je vous recommande de lire.

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Jean ROLIN - Chrétiens

26 Juin 2011, 15:16pm

Publié par zazy

Chrétiens

Chrétiens

Jean Rolin

Editions P.O.L. – 2003

ISBN :286744-971-5

 

4ème de couverture :

 « Soudainement, alors que nous remontions la rue Paul VI, une plaque de tôle ondulée s’abattit à nos pieds dans un bruit de tonnerre et le jésuite l’enjamba distraitement, sans dévier de sa route, sans un mot de commentaire pour un incident si notable. Quant à moi, les mains dans les poches, tandis qu’il tenait toujours ses deux sacs à bout de bras, je me sentais de plus en plus insignifiant, de plus en plus déplacé, à ses côtés aussi bien qu’à Bethléem, voire dans ce pays tout entier, où nul ne m’avait demandé de venir m’enquérir du sort des chrétiens, seul, sans mandat, empiétant ainsi sur les prérogatives de l’Église ou des sacro-saintes ONG. »
Chrétiens est le récit d’un séjour à Bethléem et dans d’autres localités de Palestine, pendant les mois de décembre 2002 et janvier 2003.

 

 Mon avis :

En se promenant chez les bouquinistes, on peut faire des rencontres inattendues :

Ce livre en est la preuve. Un auteur que je ne connaissais pas du tout. La main n’a pas failli lorsqu’elle a touché ce livre !!!

 

Suite au siège l'occupation par des combattants palestiniens de la basilique de la Nativité en avril-mai 2002, Jean Rolin, décide d’aller à la rencontre de ces chrétiens de Palestine. Souvent logé chez les sœurs franciscaines il nous narre son séjour.

 

« Cet épisode avait également fait ressortir l’ambiguïté des relations islamo-chrétiennes en Palestine, même si cet aspect n’en avait été que rarement et timidement souligné ».

Cette dernière partie de phrase est importante car, tout au long de son périple. Les chrétiens rencontrés ne parleront jamais autrement, mais étaient trahis par leurs gestes, une phrase, ou un seul mot lors d’un repas commun.

 

« Qu’est-ce que vous voulez savoir des chrétiens ? Vous ne comprenez pas qu’ils ne peuvent rien vous dire parce qu’ils sont menacés de tous les côtés ? » lui dira un type d’un air goguenard.

 

Ce livre nous livre toute l’ambiguïté des chrétiens. Ainsi un professeur de l’université lui dira devant l’abandon de vestiges chrétiens « je ne m’indigne pas en tant que chrétien, insiste-t-il, mais en tant que Palestinien : ce pays n’a-t-il pas été chrétien plusieurs siècles avant de devenir musulman, et ce monument, oui ou non, fait-il partie de son histoire » Cet attachement viscéral à leur terre fait que certains refusent d’émigrer vers les USA comme tant voudraient le faire

 

Ce livre n’est pas un reportage. En premier lieu, l’atmosphère plombée, donne le « la » au bouquin. Les relations intra-palestiniennes entre islamistes et chrétiens, sorte de jeux de chat-souris vénéneux où la souris est le chrétien.

 

Mais, comme dans les relations ambigües, le double opprimé donne tort au Juif et soutient le Palestinien, va même jusqu’à l’excuser, le protéger de  l’ennemi commun. « Israël a privé les Palestiniens de leurs droits politiques et de leur liberté de mouvement ; désormais, l’islam prive les chrétiens de leur liberté de vivre comme ils l’entendent »   « Plus le style de vie des musulmans s’aligne sur les prescriptions des islamistes, plus celui des chrétiens est montré du doigt. »

 

Jean Rolin ne se place ni dans un camp ni dans l’autre et essaie de rester neutre  bien que, en dernière page, il écrive « … je passai une partie de la nuit à me demander si je n’avais pas fait fausse route depuis le début : si je ne m’étais pas mêlé indûment de quelque chose qui, au fond, ne me regardait pas. … »

 

Son écriture suinte  l’ennui, la peur et la tension qui existent chez les chrétiens palestiniens mais sans être ennuyeux et instructif pour moi.

 

Biographie de l’auteur (amazon.fr)

Journaliste de formation, Jean Rolin est principalement reconnu pour ses talents d'écrivain. Outre le maniement de la plume, c'est le sens de l'observation du monde et de la société qui semble faire le pont entre ces deux métiers. Ainsi, ce grand voyageur décrit le paysage urbain dans 'Zones' et 'La Clôture' ou l'univers portuaire dans 'Terminal Frigo'. Toujours sur un ton mélancolique et dans une démarche introspective, cet ancien militant maoïste revient sur son passé avec 'L' Organisation', un livre d'inspiration autobiographique qui interroge le combat politique. Auteur atypique, Jean Rolin partage avec son frère Olivier un succès critique important, comme en témoignent les différents prix dont il est lauréat. Son travail de journaliste lui vaut d'ailleurs le prestigieux prix Albert Londres 1988, et lui permet de poursuivre une œuvre profondément humaniste qui interroge par des motifs surprenants les différentes réalités sociales à travers le monde.

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nouvelle robe

22 Juin 2011, 18:08pm

Publié par zazy

SDC10494.JPGVoici ma dernière "création"

Robe en tissu provençal avec petits plis creux piqués sur le buste ce qui donne une belle ampleur à la jupe

J'espère que l'été n''est pas terminé avant d'avoir commencé pour qu'elle puisse la porter !!!SDC10495SDC10496.JPG

 

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Jean Echenoz : Des éclairs

1 Juin 2011, 23:00pm

Publié par zazy

 

 

Jean ECHENOZ 

Des éclairs

Des éclairs

Editions de Minuit

2010
176 p.
ISBN : 9782707321268

4ème de couverture

Gregor a inventé tout ce qui va être utile aux siècles à venir. Il est hélas moins habile à veiller sur ses affaires, la science l’intéresse plus que le profit. Tirant parti de ce trait de caractère, d’autres vont tout lui voler. Pour le distraire et l’occuper, ne lui resteront que la compagnie des éclairs et le théâtre des oiseaux.

Fiction sans scrupules biographiques, ce roman utilise cependant la destinée de l'ingénieur Nikola Tesla (1856-1943) et les récits qui en ont été faits. Avec lui s’achève, après Ravel et Courir, une suite de trois vies.

 

Mon avis

Le premier chapitre démarre dans un tourbillon, que dis-je, un  maelström : vent, pluie, éclairs… tout y passe pour faire de l’arrivée de Nikola Tesla alias Gregor un acte hors du commun et donc, de facto : un personnage hors du commun.

 

Voilà, la base est posée….. rajoutons les Carpates, une ambiance de fin du monde et nous y sommes.

 

Echenoz, dans ce dernier opus de « Une suite de trois vies » nous gâte.

 

Gregor, est-ce le fait d’être né cette nuit d’orage, dans le noir…. voue une grande passion pour l’électricité. De cet esprit avide de connaissance, surdoué naîtra le courant alternatif et qui a prévu la naissance de « La radio. Les rayons X. L'air liquide. La télécommande. Les robots. Le microscope électronique. L'accélérateur de particules. L'Internet. J'en passe », Echenoz nous le montre comme un personnage hors du commun avec un caractère « ombrageux, méprisant, susceptible, cassant ». 

Arrivé aux Etats-Unis vers 30 ans, il est engagé par Thomas Edison qui n’aura de cesse de discréditer son invention du courant alternatif, lui qui « n’à découvert  que » le courant continu.

Passant à la concurrence, chez Georges Westinghouse, il voit son train de vie s’améliorer, découvre la vie mondaine et le plaisir de se montrer en public avec de grands tubes lumineux et d’étincelles spectaculaires, qui font se pâmer les femmes et frémir tout le monde.

 

Le seul problème de taille que connait Gregor c’est son inadaptation au monde moderne. Toujours une invention en tête, il ne pense pas à faire breveter correctement ses découvertes et se les fait piller. Avec son idée fixe d’électriser gratuitement la terre entière, il se met, petit à petit, tous ses mécènes à dos et passera d’un hôtel de très grand luxe à un hôtel minable et mourra seul et misérable.

En dehors de l’électricité, la seule passion développée par Gregor est son amour des pigeons alors qu’il ne supporte aucune saleté, il va aller jusqu’à les garder dans sa chambre d’hôtel.

 

Echenoz, dans son écriture, suit le rythme trépident de cette époque de grandes découvertes. Son écriture est aussi électrisée que les inventions de Gregor avec ce qu’il faut d’ironie.

 

Un vrai régal. A travers cet ours des Carpates, Echenoz a été capable de me faire comprendre certaines de ses découvertes et lorsque j’allume la lumière, j’ai une petite pensée pour Nikola Tesla

 

Une belle trilogie et un coup de cœur, comme le furent Ravel et Courir.

 

En y repensant, je perçois dans ces 3 livres une grande solitude. Est-ce là l’apanage des surdoués  et passionnés ?


Biographie de l'auteur

Grand nom de la littérature française contemporaine, Jean Echenoz s'impose avec un sens de l'observation unique et un style singulier. L'ancien étudiant en sociologie et en génie civil déclare être l'auteur de romans 'géographiques'. Il tâche en effet dans son oeuvre de tracer les conditions, les décors et les milieux qui fondent une existence, celle de personnages fictifs ou réels à l'instar de Ravel dans un roman éponyme ou d'Emile Zatopek dans 'Courir'. Amené à l'écriture suite à la découverte d''Ubu Roi' d'Alfred Jarry, Echenoz imprime sa propre empreinte avec un sens de la dérision hérité du dramaturge. Lauréat du prix Goncourt en 1999 pour 'Je m'en vais', l'auteur joue à détourner les codes du langage et les genres littéraires. Ainsi, il s'approprie le roman policier avec 'Cherokee' ou le roman d'espionnage avec 'Le Lac'. Ecrivain de la quête et de l'enquête, Jean Echenoz succède avec brio et innovation à la génération du Nouveau Roman, qui a fait la renommée de sa maison d'édition, Minuit.

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