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ZAZY - mon blogue de lecture

Virginie Despentes - Apocalypse bébé

26 Mars 2011, 22:01pm

Publié par zazy

Apocalypse bébéapocalypse bb

Virginie Despentes

Editions Grasset

343 pages

 

4ème de couverture

Valentine disparue... Qui la cherche vraiment ?
Entre satire sociale, polar contemporain et romance lesbienne, le nouveau roman de Virginie Despentes est un road-book qui promène le lecteur entre Paris et Barcelone, sur les traces de tous ceux qui ont connu Valentine, l'adolescente égarée... Les différents personnages se croisent sans forcément se rencontrer, et finissent par composer, sur un ton tendre et puissant, le portrait d'une époque.

 

Biographie de l'auteur

Romancière et cinéaste, Virginie Despentes est l’auteure, entre autres, de Baise-moi (1993, adapté au cinéma en coréalisation avec Coralie Trinh Thi), Les Jolies choses (1998), Teen Spirit (2002), Bye Bye Blondie (2004), et d’un récit, King Kong Théorie, tous publiés chez Grasset. Elle prépare actuellement la réalisation de son prochain film, adapté de Bye Bye Blondie, avec Béatrice Dalle et Emmanuelle Béart.

 

 Mon avis

Valentine, fille d’un écrivain richissime a disparu. Lucie, la loose faite femme, l’Invisible, qui devait la pister, est chargée de la retrouver. Pour ce faire, elle s’associe avec « la Hyène » lesbienne très bien dans sa peau, aussi manipulatrice que violente. Elles vont aller de Paris à Barcelone pour suivre la trace de cette jeune droguée, nymphomane, mal dans sa peau de gosse de riche pas aimée.

Le vocabulaire est volontairement brutal,  machiste (pour les sujets masculins), violent. J’ai beaucoup peiné à le lire de ce fait. Beaucoup de violences autant verbales que physiques, beaucoup de solitude. Les protagonistes de ce bouquin sont tous solitaires,  démissionnaires, égoïstes. Leurs destins vont se croiser l’espace d’un chapitre…. Mais il ne faut attendre aucune solidarité.

 

Despentes nous donne à lire des faits bruts, les explications arrivent quelques chapitre plus loin, mais le ver est dans le fruit, il n’y a pas d’espoir. La fin du livre en sera l’apocalypse

 

Ce qui m’a gêné le plus c’est le fait que Despentes nous donne à penser que l’homosexualité pourrait être la clé d’un certain bien être. Les hétéros sont soit des épouses soumises, soit des perdantes, soit des « pas belles », soit des nymphomanes…. Les hommes ne sont pas mieux lotis : écrivain bobo sur le déclin ou petit voyou  beur de banlieue.

 

Je suis assez partagée sur ce livre. Toute cette débauche de trash, de drogue semble si réelle et si éloignée de mon univers. Malgré la 4ème de couverture, je n’ai guère vu de tendresse. Ce que je sais c’est qu’il restera dans ma petite cervelle un certain temps.

 

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Jazzing Flamenco - Compagnie Antonio Najarro

25 Mars 2011, 22:23pm

Publié par zazy

Je viens d'assister à un spectacle époustouflant :

JAZZING FLAMENCO

de et avec la Compagnie Antonio Najarro

 

Le concept (extrait du programme)

Jazzing Flamenco, créé en 2008 à Madrid procède de la volonté d'associer la danse classique espagnole et flamenco à d'autres sources que sa musique traditionnelle. Ici, le chorégraphe la marie, non sans une franche audace, au jazz et à ses rythmes syncopés. Les musiciens en parfaite harmonie avec l'expression chorégrahique développent une palette  de couleurs riches, subtiles et raffinées

Après s'être essayée avec un succès retentissant à la fusion du flamenco et du tango dans Tango Flamenco, spectacle créé en 2002, puis à la fusion du flamenco avec les danses orientales dans Flamencoriental en 2006, la compagnie Najarro a cette fois-ci pris rendez-vous avec les univers du jazz, du blues et de la soul. Univers qui, plus que jamais, révèlent toute la sensualité et l'élégance de la danse espagnole, du flamenco en particulier.

Le 3 mai 2010, lors de la XIIIème cérémonie des PREMIOS MAX, et après avoir obtenu 4 nominations pour son spectacle « JAZZING FLAMENCO » Antonio NAJARRO s’est vu décerner la plus haute récompense des Arts de la Scène en Espagne : le Prix du meilleur interprète masculin de danse.


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Le premier ballet arrive et je me demande comment coordonner mes oreilles et mes yeux. Heureusement, il n’est pas trop prenant et j’ai pu me caler.

La musique, très syncopée est signée de Fernando Egozcue est jouée par 5 très bons musiciens :

Fernando Egozcue lui-même à la guitare espagnole : magistral, virtuose, omniprésent

Thomas Potiron au violon : Epoustouflant et fluide

Nicolas Quintela à la contrebasse : un peu étouffé mais superbe

Ana Constenza au piano : une dextérité affolante

Martin Bruhn : percussions et il a percuté !!! Il jouait de la batterie mais se jouait également d’elle.

Un ensemble sans dissonance auquel il faut rajouter une très belle voix : la chanteuse Anna Cervantes.

Quant au ballet, lui aussi fut à la hauteur et époustouflant. Il y eu du crescendo, l’apothéose en fut le final.

J’ai vraiment aimé ce mariage du jazz espagnol avec cette prédominance de la guitare et du flamenco, danse tripale violente et sensuelle.

Antonio Najarro a fait un solo, tout en déhanché avec un jeu de mains superbe, précis qui suivait mains à mains le syncopé des musiciens.

Estibaliz Barrosso nous a fait passer de la danse traditionnelle à une expression très dépouillée mais superbe.

Ambigüedad, dansé par Maria Fernandez, Antonio Najarro et Juan Pedro Delgado a joué sur l’ambigüité sexuelle homme-femme. Un pas de trois sobre et saccadé comme peut l’être le flamenco.

Les prestations avec tous les danseurs étaient réglées au millimètre, au centième de seconde et, lorsqu’ils accompagnaient de leurs castagnettes les musiciens, c’étaient vraiment superbe (je me répète). Les yeux enregistraient, les oreilles écoutaient et les tripes faisaient caisse de résonnance.

Je n’oublie pas de mentionner les lumières. Les éclairagistes ont su amplifier la sensualité des danseurs (surtout pour le pas de 3) ou les emprisonner dans la pénombre.

Une très belle soirée. Merci à la troupe qui a été ovationnée par le public

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Maylis de KERANGAL - Naissance d'un pont

19 Mars 2011, 14:51pm

Publié par zazy

Maylis de Kerangal

maylis-de-kerangal-naissance-d-un-pont-M41171.jpgNaissance d’un pont

Editions Gallimard 317 pages

4ème de couverture


"A l'aube du second jour, quand soudain les buildings de Coca montent, perpendiculaires à la surface du fleuve, c'est un autre homme qui sort des bois, c'est un homme hors de lui, c'est un meurtrier en puissance. Le soleil se lève, il ricoche contre les façades de verre et d'acier, irise les nappes d'hydrocarbures moirées arc-en-ciel qui auréolent les eaux, et les plaques de métal taillées en triangle qui festonnent le bordé de la pirogue, rutilant dans la lumière, dessinent une mâchoire ouverte." Ce livre part d'une ambition à la fois simple et folle : raconter la construction d'un pont suspendu quelque part dans une Californie imaginaire à partir des destins croisés d'une dizaine d'hommes et femmes, tous employés du gigantesque chantier. Un roman-fleuve, "à l'américaine", qui brasse des sensations et des rêves, des paysages et des machines, des plans de carrière et des classes sociales, des corps de métiers et des corps tout court.

Biographie de l'auteur


Maylis de Kerangal est l'auteur de trois romans aux Editions Verticales, notamment Corniche Kennedy (2008), et d'un recueil de nouvelles, Ni fleurs ni couronnes ("Minimales", 2006).

 

Mon avis

 « Le 15 Août 2007, le New York Times annonça dans ses pages Business la construction d’un pont dans la ville de Coca, brève de trois lignes en bas de casse corps 12 qui glissa sans rien accrocher d’autres que des haussements de sourcils » et voilà, C’est parti !!!!!

 Vingt ans que Diderot, quel drôle de nom pour un bâtisseur réaliste, promène sa carcasse et bâtit à travers le monde des ouvrages d’art. « Ce qui me plaît, c’est travailler le réel, faire jouer les paramètres, me placer au ras du terrain, à la culotte des choses, c’est là que je me déploie ».


Venus de tous horizons, Chine, France, USA, Afrique, Russie, des hommes et des femmes convergent vers Coca (USA). N’imaginez pas une ville où l’on fabriquerait la dite boisson…. c’est la fausse route assurée. Non, tous s’engagent  vers la construction d’un pont autoroutier. Il y a, entre autre, Summer Diamantis, rare femme ingénieur spécialisée dans le béton. Sanche Alphonse Cameron, grutier hors normes, mais chatouilleux sur l’exactitude de son nom. Parmi les sans-grades nous rencontrons Katherine, mère de 3 enfants qui s’élèvent seuls et épouse d’un homme devenu handicapé et qui se soigne à coups de bière et de poings sur le visage de sa femme (je suis polie). Toutes ces humanités vont construire The Bridge afin de donner un éclairage « international » à la ville de Coca « Welcome to Coca, the brand new Coca, the most fabulous town of the moment ! » dont le maire John Johnson dit le Boa veut que son nom s’inscrive dans l’histoire. A se faire inviter à Dubaï par les Emirs, l’on prend des idées de grandeur…..

Le pont, voilà le personnage central de ce roman fleuve (celui qu’il traverse). Il va bouleverser la vie des habitants de Coca, l’économie locale, le biotope des indiens qui vivent dans la forêt de l’autre côté. Sur ce chantier gigantesque, nous aurons une grève, l’arrivée d’un écolo, l’arrêt des travaux pendant 3 semaines pour cause de nidifications. Tout est concentré dans cette mégalopole temporaire.

 

Attention, dès que vous aurez ouvert la première page de ce livre-chantier, vous ne pourrez plus le lâcher.....

C’est un petit bijou, un diamant brut…… J’avais presque envie de déclamer ce livre à voix haute….. Du picaresque, de l’épopée…. Ce livre vient des tripes. C’est du cru, du vocabulaire de chantier, un torrent,  mais jamais vulgaire !!! Les portraits sont vivants et bien dessinés. L’écriture est très précise, les phrases longues et sinueuses, comme le fleuve, nous montrent la mécanique à la fois précise et sauvage de ce chantier et de ce qui y vivent

Donc, un nouveau coup de cœur et les jurés ont eu raison de lui décerner le prix Médicis. Une très belle découverte.

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Pierre d'OVIDIO - l'ingratitude des fils

9 Mars 2011, 15:03pm

Publié par zazy

DOVIDIOPierre d'OVIDIO

L'ingratitude des fils

Collection  10 18Grands détectives

249 pages

Je remercie le partenariat 10 18 et ârtage lecture pour m’avoir fait découvrir ce livre

 

4ème de couverture :


Hiver 1945. Paris est libéré, mais les conditions matérielles d'existence ne se sont guère améliorées : privations et rationnement, marché noir et trafics en tous genres. C'est dans ce climat de tensions que des enfants, jouant dans les ruines d'un immeuble de Malakoff, découvrent un cadavre dont une main est peinte en noir. Le jeune inspecteur Maurice Clavault est dépêché pour mener l'enquête. Son unique indice : un message laissé dans la bouche du mort, « A PARM ». Grâce à l'aide de Ginette, sa petite amie actrice, ses pas le mènent jusqu'à un immigré lituanien, sauvé de la rafle du Vél' d'hiv', un certain Samuel Litvak... Si la victime ne peut plus parler, les fantômes qu'elle a laissés derrière elle parleront à sa place.

 

Mon avis :

 

Maurice Clavault, sorti des stalags allemands grâce à des connaissances de sa mère, les mêmes qui le feront entrer dans la police, n’est guère apprécié par son supérieur résistant bon teint…. « Jean-François Bléchet s’agaçait vite. En particulier avec Maurice Clavault, son plus jeune inspecteur. Un « pistonné ». Un gars « pas réglo » au passé politique suspect, qui avait bénéficié de protections dont il ne pouvait se vanter dans les temps présents ».

 

Janvier 1945, le  jeune inspecteur de police à Malakoff est dans la file d’attente pour aller voir les temps modernes avec Ginette, (rendez-vous organisé par leurs mères respectives) lorsque 2 policiers viennent le quérir pour aller sur les lieux de la découverte d’un cadavre à la main droite peinte en noir et un message sibyllin dans la bouche…...

 

2 frères juifs polonais Samuel et Lev Litvak essaient de quitter le ghetto juif de Vilna, petite ville polonaise à la fin de la première guerre. Le 21 décembre 1926, Lev Ossipovitch et Samuel Litvak firent leurs adieux à leurs parents et jurèrent qu’ils les feraient venir dès qu’ils seraient « arrivés » ». Arrivés à Paris en 1927, ils montent un atelier de pièces détachées automobiles qui devient prospère. Lev émigre aux USA, Samuel reste sur place.

 

A travers la vie de la famille Litvak, nous assistons à la montée du nazisme en France, les pogromes en Pologne, toutes les atrocités commises. Nous suivrons Samuel, qui entre temps à fondé une famille, se débattre avec l’antisémitisme.« Dans leur environnement immédiat, la marchande de fruits et légumes commença par les regarder d’un air bizarre, par ne plus entendre leur salut… » Mais, pouvant compter sur un commissaire de leur arrondissement, Samuel ne se sentait pas menacé, jusqu’au jour où, un jeune policier les informe qu’une rafle sera entreprise le lendemain. Toute la famille émigre chez un ami français à Yzeures sur Creuse puis, de là, en zone libre dans le Massif Central.

 

Revenons à l’hiver 1945. Maurice Clavault, suivi et aiguillonné par la Belle Ginette (dont les toilettes sont les seules couleurs de ce livre), va essayer de résoudre cette énigme, ainsi que celle d’un corps de femme découpé en morceaux.

 

La guerre n’est pas encore terminée. Les parisiens souffrent du froid, des privations. Certains collabos se retrouvent « résistants de la dernière heure ». L’on sent le désespoir et le doute qui persistent. Les chapitres concernant la famille Litvak restituent également parfaitement  la situation des émigrés juifs et le populisme qui régnait dans les années 30.

 

Les parallèles que sont la vie de la famille Litvak et l’enquête de l’inspecteur Clavault ne se rencontreront qu’en fin de livre (et oui, cela arrive que des parallèles se rencontrent !).  Une fin très inattendue qui en dit un peu plus long sur la justice et la police de cette époque.

 

Ce polar n’est pas un polar comme les autres. Ne comptez pas trop sur une poussée d’adrénaline…… J’apprécie beaucoup ce genre policier où il n’y a pas beaucoup d’actions brutales ni coups de feux….. mais de l’humain et, dans ce cas précis, de l’histoire.

 

Vous l’aurez compris, j’ai aimé ce livre et j'ai découvert un nouvel auteur dont je lirai d'autres oeuvres. Je remercie encore ârtage lecture et la collection 10 18.  Ces partenariats m’ouvrent d’autres horizons littéraires et cela me plait beaucoup.


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