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ZAZY - mon blogue de lecture

Laurence TARDIEU - Le jugement de Léa

31 Janvier 2011, 14:07pm

Publié par zazy

jugement léaLe jugement de Léa

Laurence TARDIEU

Editions Arléa (diffiusion Seuil)

107 pages

 

 

 

4ème de couverture :

Une jeune femme, Léa, a commis l'irréparable. Sous la surveillance d'un gardien, elle attend que les jurés de la cour d'assises rendent leur verdict. Le huis-clos et la violence morale de la situation font remonter à sa mémoire le frère adoré et disparu, les parents qui ne savaient pas aimer, les hommes qui ont traversé sa vie. Au cours de ces trois heures, un lien se noue entre Léa et le gardien, deux êtres que tout devrait tenir éloignés, mais que la solitude rapproche pour quelques instants. Et c'est ainsi que l'heure du verdict devient, pour Léa, celui de la grâce.

Après Comme un père, Laurence Tardieu signe ici son deuxième roman.

 

Mon avis :

 

Ce livre laisse son sillon dans ma tête et dans mon cœur. En ironisant, l’on pourrait dire « pauvre petite fille riche ». Léa-Marie n’a jamais connu les joies d’une enfance choyée. Elle n’a toujours vu, du moins le croit-elle, que le reproche dans les yeux de sa mère et la fuite en avant de son père. Elle a si peu d’estime en elle qu’elle écrit, en parlant de sa rencontre éphémère avec l’homme qui la rendra mère : « c’était l’époque où j’abandonnais mon corps à tous les hommes qui en avaient envie »

Mais, le bonheur auprès ne durera que 2 années. A 4 ans, Théo meurt.  « Je suis là pour mon enfant, Théo, Il a 4 ans et il est mort. Ils disent que je l’ai tué……. » ainsi se présente-t-elle en ouverture du livre.

Cela résume l’état mental de Léa. Abasourdie, le mot est faible, elle ne peut plus parler, tout est enfoui en elle.

Elle attend dans le couloir son jugement. Démarre un face à face avec un gardien qui, en lui offrant un peu d’eau, un peu d’humanité, va permettre  à Léa d’ouvrir les vannes de sa mémoire. Petit à petit, elle va parler de son frère adoré Théo mort, du non-amour de ses parents, de son mariage, du père de l’enfant, de sa vie, de l’attention qu’elle n’a jamais obtenue. L’on perçoit la folie qui l’assiège jusqu’à l’irrémédiable. Elle va pouvoir enfin PLEURER et, pourquoi pas, entrer sur un chemin de repentance.

Ce roman est brut dans le sens où Laurence Tardieu ne met pas de fioriture dans ses phrases, ne cache rien. L'on ne juge pas Léa, on l'écoute sans un mot. C’est un petit livre par le nombre de pages, mais un grand livre par l’écriture

Pour moi un coup de cœur et, surtout, un coup de poing au cœur

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Dominique MAINARD - Je voudrais tant que tu te souviennes

30 Janvier 2011, 21:50pm

Publié par zazy

je voudraisDominique MAINARD

Je voudrais tant que tu te souviennes

Editions Joëlle LOSFELD – 2006

248 pages

 

 

4ème de couverture

Ce roman se déroule dans une petite ville française, divisée entre une cité et un quartier pavillonnaire cossu et somnolent.
Mado y habite seule un pavillon. Elle n'a jamais eu d'autre amie qu'Albanala, une étrangère, cartomancienne à ses heures. Un jour, celle-ci lui présente sa nièce, Julide, une fillette alors âgée d'une dizaine d'années, et au fil du temps une profonde tendresse naît entre Mado et l'enfant. Le père de Julide est né dans un pays étranger, et sa mère est issue d'une campagne française. Dans un lieu comme dans l'autre, les mariages sont le fruit de la raison et non des sentiments : ainsi l'adolescente est-elle fiancée dès l'âge de seize ans à un cousin, sort auquel elle se plie.
Mais Mado la voit se résigner avec tristesse et impuissance, avec le sentiment que s'éteint la flamme qui habitait la jeune fille. Un jour, Albanala retourne dans son pays natal sans un mot d'explication, mais avant cela elle fait jurer à sa nièce de veiller sur Mado. Arrive en ville un homme que l'on surnomme l'Indien. Dès l'instant où Mado l'aperçoit, elle en tombe éperdument amoureuse. Mais pourquoi le fuit-elle lorsqu'il cherche à l'approcher ? Et pourquoi Julide s'efforce-t-elle d'empêcher à tout prix une rencontre ? Tous les thèmes chers à Dominique Mainard sont présents dans ce roman, l'exil, le monde imaginaire, les secrets et les mensonges, et enfin, les rencontres improbables qui seules nous permettent d'échapper à nous-mêmes.

Dominique Mainard est l'auteur de plusieurs recueils de nouvelles et de romans, dont Leur histoire, paru en 2002, qui a été couronné par le Prix du Roman FNAC et le prix Alain-Fournier. Il a également fait l'objet d'une adaptation cinématographique, sous le titre Les mots bleus, réalisée par Alain Corneau en 2005. Son dernier livre, Le ciel des chevaux, a paru en 2004.

 

Mon avis :

 

C’est une histoire de révoltes : Révolte  d’Albanala contre un monde triste. Révolte de  Julide, révolte de Mado, révolte de l’Indien.

Julide, petite fille, puis jeune fille révoltée contre ses parents, contre le mariage arrangé…… aimait faire le mur ou, plus précisément  la fenêtre. Or, son père a coincé ladite fenêtre jusqu’à ses 16 ans où on la fiance d’office à son cousin. Sa seule bouffée d’oxygène était Albanala.

Albanala, sa tante, sœur de son père, « cartomancienne » un peu excentrique s’occupe de Mado qui habite un pavillon juste avant la cité.

 

Mado est handicapée et depuis son enfance, elle a les yeux rivés au sol et photographie le moindre caillou, la minuscule fente dans le macadam…. Et elle s’éloigne de plus en plus de la vraie vie. Il faut préciser que Mado est une vieille petite fille aux cheveux rougis par le henné posé par Albana.

 

Un jour, Albanala  décide de retourner dans son pays de soleil et laisse le soin à Julide de s’occuper de Mado.

 « Elle est comme un verre qui se vide, tu comprends ? Par une brèche minuscule, une toute petite fêlure et, si tu ne prends pas soin de la remplir elle disparaitra tout à fait. » Ainsi Julide entre un peu plus dans l’intimité de Mado.

 

Mais, Mado tombe sous le charme d’un homme qui adore travailler, courir sur les toits qui se fait appeler « l’Indien ». Entre eux, une sorte de jeu de cache-cache démarre et les 2 protagonistes sont sous le charme : lui d’une silhouette et de somptueux cheveux roux-orangé ; elle, éblouie, s’éveille à la sensualité. C’est une drôle d’attirance entre ceux deux là : lui, toujours en l’air, à regarder l’horizon et donc l’infini. Elle, toujours la tête en bas à regarder et scruter l’infiniment petit….

Julide, jalouse de ce bonheur le déconstruit et plonge Mado dans son présent : sa vieillesse, sa maladie.

 

Je suis un peu dubitative à propos de ce livre qui tarde à sortir de son ronron. La première partie est, longue, longue, longue. Tout s’anime lorsque l’amour entre en Mado. Est-ce un parti pris de Dominique Meinard  pour nous faire entrer dans la vie morne des 2 femmes ?

 

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Michel Kolsek - La pêche aux bulles

24 Janvier 2011, 17:03pm

Publié par zazy

pêcheauxbulles001

Michel KOLSEK

La Pêche aux bulles

Asphodèles Editions

152 pages

 

Biographie de l'auteur :

Michel Kolsek  est, à la fois, peintre aquarelliste de talent, professeur d’allemand et, occasionnellement auteur.

Ce roman de 154 pages au format 12 X 18.5 est publié par "Asphodèles Editions" à compte d'auteur et illustré en première de couverture  par ce dernier en personne.

 

4eme de couverture :

 

Comment une anguille peut-elle goûter au luxe et gagner sa vie en apprenant le latin entre une grenouille nauséabonde et un brochet tyrannique ?

Comment se faire une place dans un monde sans pitié ?

A quels saints peut-on vraiment se vouer ?

De rebondissement en rebondissement, telles sont les interrogations de la pêche aux bulles, fable entre humour et magie, entre feu et eau

 

Mon avis :

 

Une jeune anguille, prénommée Anguilla,  poussée par une force obscure, et après un long périple, se retrouve à l’écluse 17 d’un canal bourguignon. Un couple de black-bass la recueille et « l’éduque » à la vie de poissons de canal et, entre autre, à éviter les pièges des « Martins-pêcheurs » « Tous les pêcheurs s’appellent Martin, c’est bien connu ». Chacun y a sa petite vie bien réglée, presque le paradis,  jusqu’au jour ou débarque une monstresse, dénommée Génitrice qui étourdira Anguilla sous des monceaux de sucreries, de revues genre « Nous Deux ». Anguilla, faible parmi les faibles, se goinfrera de sucreries, « fera du gras », succombera aux sirènes de la facilité et….. Arrive les premières désillusions…..  elle se fera prendre dans les filets d’une hirondelle de mer et se retrouvera à l’Aquarium !!!! école pour poissons où règne Maître Esox. Mais agile comme une anguille, elle trouvera « anguille sous roche » et trouvera un moyen de se faire de l’argent puis retournera à la mer nourricière.

 

C’est un conte déjanté, empli d’humour, de jeux de mots, certains aussi vaseux, c’est le bon terme !!! que les miens Messire Kolsek !!!!!!. Surtout il est prudent de se laisser porter par le courant, de ne pas se perdre dans les méandres d’un cerveau, de ne pas se poser de questions sous les feuilles de nénuphars. J’ai commencé de lire ce livre en pointillé. Un chapitre par ci, 2 chapitres par là mais je n’y trouvais plus mes alevins. Alors, j’ai tout lu en une seule fois et bien, je ne le regrette pas. Il m’est arrivé, de temps à autre, de me perdre dans les herbes, mais Monsieur Black Bass me reprenait et, hop je pouvais dériver de nouveau.

Comme dit l’auteur : il faut appeler un poisson-chat un poisson-chat, ce fut une lecture amusante, distrayante. J’en ai aimé le décalé. Le reproche que je pourrais en faire est que l’écriture en est un peu alambiquée, mais je me demande si cela n’est pas fait exprès !!!!

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Laurence Cossé - Au bon roman

18 Janvier 2011, 14:37pm

Publié par zazy

au bon roman

 

Au bon roman

Laurence COSSE

Editions Gallimard

497 pages

 

Laurence Cossé (née en 1950 à Boulogne-Billancourt) est une écrivaine française, auteur de romans, de nouvelles et de pièces de théâtre. Laurence Cossé a été journaliste et critique littéraire (Le Quotidien de Paris), et producteur-délégué à France-Culture (Radio France). Dans ce cadre, elle a notamment réalisé des interviews d'Andreï Tarkovski, de Jorge Luis Borges, ou de Suzanne Lilar. Elle a publié une dizaine de romans et un recueil de nouvelles, principalement aux Éditions Gallimard. Sa pièce de théâtre La Terre des Folles a été créée à Bruxelles en 2005 et transcrite sous la forme d’un oratorio pour chœur et orchestre créé en 2002 à Guebwiller. (source Wikipedia)

Résumé du livre

Un fou de Stendhal et franc misanthrope, reclus dans un hameau de Savoie, est abandonné en forêt par des individus qui l'y ont amené de force en pleine nuit. Une très jolie blonde rodée à la conduite automobile quitte brusquement une route qu'elle connaît comme sa poche. Un Breton sans histoire, habitué à faire chaque matin la même promenade au bord d'une falaise, trouve sur son chemin deux inconnus qui ont tout l'air de l'y attendre. Mais le lecteur comprend bientôt qu'on n'est pas dans un roman policier classique. Les agresseurs ne sont ni des agents secrets ni des trafiquants. Ils ne s'attaquent pas à des durs mais à des tendres : un ancien routard devenu libraire, une mécène mélancolique, et à une entreprise dont aucun des deux n'avait imaginé qu'elle pourrait fâcher. Qui, parmi les passionnés de roman, n'a rêvé un jour que s'ouvre la librairie idéale ? Non pas ce qu'on appelle une bonne librairie, où l'on trouve de bons romans, mais une librairie vouée au roman où ne sont proposés que des chefs-d'oeuvre ? En se lançant dans l'aventure, Ivan et Francesca se doutaient bien que l'affaire ne serait pas simple. Comment, sur quels critères, allaient-ils faire le choix des livres retenus ? Parviendraient-ils un jour à l'équilibre financier ?
Mais ce qu'ils n'avaient pas prévu, c'était le succès.

Mon avis

Le livre s’ouvre sur une série de 3 accidents, qui auraient pu être fatals, censés n’avoir aucun lien entre eux.

Puis, à partir du second chapitre, nous assistons à la naissance, la vie et la mort d’une librairie appelée « Au bon roman ». Ivan, le libraire et Francesca, la mécène, s’associent pour créer LA librairie idéale. Ils passent plusieurs merveilleuses journées et soirées à établir le plan directeur de ce projet. Pour la sélection des romans, ils vont créer un comité de 8 membres, auteurs actuels qui  ne se connaissent pas, doivent rester dans l’anonymat le plus total. Mais, est-ce une utopie que de vouloir réunir ces livres jugés indispensables ? de vouloir les faire ressortir des cartons, de ne pas vouloir vendre des best-sellers creux???? A en juger par le succès immédiat de leur échoppe, l’on peut penser que non. D’autres ne sont pas d’accord et se lancent dans une vindicte tapageuse qui agressera Ivan et Francesca et seront à la base des 3 incidents du premier chapitre

 

Ce roman est très dense. Plusieurs histoires s’entremêlent :

L’amour : une histoire d’amour entre Ivan et Anis, l’amour à sens unique de Francesca pour Ivan et, surtout, l’amour de la littérature

L’enquête policière suite aux agressions dont furent victimes plusieurs membres du comité, mais qui, pour moi, sert de prétexte à nous raconter la genèse de la librairie

J’ai trouvé là, également, une diatribe contre la marchandisation à marche forcée des livres avec l’abonnement quasi obligatoire à « l’Office ». Les nouveautés  incontournables de plus en plus nombreuses et cette forêt qui cache 1 ou 2 chefs d’œuvres.

Le personnage essentiel de ce livre est la littérature. Elitiste pour les 2 protagonistes, totalitaire pour les autres. Ce choix se défend mais…. Chacun a sa bibliothèque idéale et, l’important n’est-il pas de commencer de lire et d’évoluer ensuite ???? L’on ne peut que regretter de trouver dans les librairies certains bouquins, certaines « biographies ». Peut-être qu’un jour, les libraires, eux-mêmes, se révolteront contre cet « Office »

C’est un très bon bouquin qui ne se laisse pas oublier. J’ai apprécié de trouver dans leur liste Jean Echenoz que j’apprécie énormément. Je pense que certains des auteurs cités atterriront dans ma LAL.

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avancée toise

16 Janvier 2011, 10:16am

Publié par zazy

elephanteau.jpegVoici Mowgli est unijambiste et l'éléphanteau a fait une cure d'amaigrissement !!!!!! mais cela va s'arranger

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Doris LESSING - le cinquième enfant

9 Janvier 2011, 14:00pm

Publié par zazy

5eme-enfant.jpgLe cinquième enfant, Doris Lessing

                                        Albin Michel, 1990

                                        203 pages

Biographie de l'auteure (Wikipédia)

Doris Lessing (née Doris May Tayler, le 22 octobre 1919 à Kermanshah, Perse) est un écrivain britannique, lauréate du prix Nobel de littérature en 2007. Ce dernier a couronné « la conteuse épique de l'expérience féminine qui, avec scepticisme, ardeur et une force visionnaire, scrute une civilisation divisée. »[1].

Célèbre dès son premier livre, Vaincue par la brousse (1950), auteur d'une vingtaine de romans dont le best-seller international Le Carnet d'or (1962), elle est très vite apparue comme une femme de lettres engagée et militante, notamment pour les causes marxiste, anticolonialiste et anti-apartheid. À l'instar de ses consœurs nobélisées Toni Morrison et Elfriede Jelinek, elle a aussi été associée au combat des féministes sans qu'elle ne l'ait revendiqué ou désiré.

L'œuvre de Doris Lessing est profondément autobiographique, s'inspirant notamment de son expérience africaine, de ses années de jeunesse et de ses engagements sociaux ou politiques. Son style romanesque, épique, réaliste et lyrique lui a permis d'aborder différents thèmes tels que les conflits de cultures, les injustices raciales et ethniques, la contradiction entre la conscience individuelle et le bien commun, la violence entre les êtres et les classes, le déracinement ou encore l'enfance. Très appréciée pour sa diversité et son éclectisme, l'auteur a su faire une immersion dans le domaine de la science-fiction (Shikasta en 1981) ou du roman psychologique (L'Été avant la nuit). Elle a même un temps évolué vers l'ésotérisme et la parapsychologie avec La Descente aux enfers (1971).

 4ème de couverture :

Pour Harriet et David, couple modèle, qui a fondé une famille heureuse, l'arrivée du cinquième enfant inaugure le temps des épreuves. Fruit d'une grossesse difficile, anormalement grand, vorace et agressif, Ben suscite bientôt le rejet des autres enfants, tandis que les parents plongent dans la spirale de l'impuissance et de la culpabilité. La romancière du Carnet d'or, prix Médicis étranger 1976, mêle ici de façon impressionnante réalisme et fantastique, dans et fantastique, dans une fable cruelle qui met à nu l'envers et le non-dit des relations familiales.

Mon avis :

Quand Harriet rencontre David, ce fut réciproque, ils savaient qu’ils formeraient une famille. Ils avaient les mêmes envies de beaucoup d’enfants dans l’Angleterre de la fin des années 60 où il n’était pas de bon ton d’avoir une grande famille.

Ils achètent une grande maison avec beaucoup de chambres. Ils eurent rapidement 4 enfants désirés, choyés, aimés. Les fêtes carillonnées se passent toujours chez eux et réunissent toute la famille des 2 bords. Tous adoraient allez chez Harriet et David, où l’on sentait la chaleur d’une vraie famille aimante, un vrai conte de fée……….

Mais les contes de fées ont une fin pas toujours idyllique. Celle-ci s’annonce avec la 5ème grossesse d’Harriet, accident incontrôlé !!!!!! Commence alors une période très dure pour la future mère car le fœtus se manifeste par des coups très violents qui la plient en quatre. Arrive la naissance et elle put s’écrier : « Dieu merci, c’est fini ! » Elle entendit une infirmière dire : »c’est une vraie petite brute, regardez-le » Un vrai petit catcheur ajouta le Dr Brett. Il est né en combattant la terre entière. C’est ainsi qu’elle fit la connaissance de son drôle de petit bonhomme de 11 livres à qui elle trouvait beaucoup de ressemblance avec un troll. Ben, puisque c’est son prénom ne sera jamais ni un bébé, ni un enfant comme les autres. Il fait peur à ses frères et sœurs, son père ne l’aime pas, sa mère difficilement. «Peut-être Ben vient-il d’une autre planète? Peut-être est-il un monstre d’une autre époque, celle des cavernes?»

David soutenu par tout le clan décide de placer Ben dans une institution, plutôt un mouroir. Cela se fit très vite, trop vite au goût de Harriet qui était pétrie de contradiction à l’égard de ce gnome. Recommence alors une vie plus calme et détendue. Les 4 aînés sont heureux de ne plus avoir peur, de retrouver leurs parents « comme avant ». Mais rien n’est plus comme avant. Les

Mais Harriet un matin, décide d’aller à l’institution voir son fils et devant la  cruauté de l’endroit, décide de le ramener à la maison. La famille se délite jour après jour. Le couple n’en est plus un, les enfants décideront de partir en pension, le père rendre de plus en plus tard du  travail et devient ce qu’il avait toujours honni : un homme plus accaparé par son travail que par sa famille.

Ben grandit, se colle aux basques de John, un jeune homme qui vient faire du jardinage. Se faisant, Harriet propose à John de prendre Ben en charge toute la journée contre rémunération. Puis arrive le collège et, là, il découvre une autre bande de bons à rien.

Ce livre m’a tenu éveillée longtemps après avoir tourné la dernière page. Je ne l’ai pas lu sereinement, il y avait comme une urgence, une grande violence. C’est un livre dur et troublant. Doris Lessing décrit cette famille avec un réalisme dur. Elle fait foin de tout lyrisme, met à jour l’hypocrisie de la société anglaise de cette époque. Toute la première partie du livre amène à la suite : la catastrophe. Mais, est-ce seulement de ce 5ème enfant dont il s’agit ? Qui est vraiment Ben ? Ce gnome n’est-il pas la peur de l’étranger, de ce qui est hors norme et que l’on ne peut classer ?

Vous avez compris, j’ai beaucoup aimé ce livre très dense qui ne se laisse pas oublier facilement.  

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Frank CONROY : Corps et âme

6 Janvier 2011, 15:36pm

Publié par zazy

corps et âme

Frank CONROY

Corps et âme

Editions Folio 683 pages – traduit de l’américain par Nadia AKROUF

 

Lu dans le cadre du challenge lecture de ârtage lecture

 

 

Biographie de Frank Conroy (soucre Evènement.fr)

Entre un père malade mental et une mère qui le délaisse, Frank Conroy grandit dans la solitude. Durant son enfance, il se plonge dans la lecture et se passionne pour le Jazz, notamment le piano. Cette période de sa vie a pourtant joué un rôle important puisqu'elle lui donne le goût de l'écriture. L'auteur atteint une renommée littéraire en 1967 avec un ouvrage autobiographique. En 1987, Frank Conroy prend les fonctions de directeur de l'atelier des auteurs de l'Iowa. C'est un pianiste de Jazz émérite. En 1989, il publie 'Entre ciel et terre', puis 'Corps et âmes' en 1993. L'homme pour qui la littérature 'est un fleuve' connaît la célébrité et le succès par elle.

4ème de couverture :

À New York, dans les années quarante, un enfant regarde, à travers les barreaux du soupirail où il est enfermé, les chaussures des passants qui marchent sur le trottoir. Pauvre, sans autre protection que celle d'une mère excentrique, Claude Rawlings semble destiné à demeurer spectateur d'un monde inaccessible.
Mais dans la chambre du fond, enseveli sous une montagne de vieux papiers, se trouve un petit piano désaccordé. En déchiffrant les secrets de son clavier, Claude, comme par magie, va se découvrir lui-même : il est musicien.
Ce livre est l'histoire d'un homme dont la vie est transfigurée par un don. Son voyage, à l'extrémité d'une route jalonnée de mille rencontres, amitiés, amours romantiques, le conduira dans les salons des riches et des puissants, et jusqu'à Carnegie Hall...
La musique, évidemment, est au centre du livre - musique classique, grave et morale, mais aussi le jazz dont le rythme très contemporain fait entendre sa pulsation irrésistible d'un bout à l'autre du roman. Autour d'elle, en une vaste fresque à la Dickens, foisonnante de personnages, Frank Conroy brosse le tableau fascinant, drôle, pittoresque et parfois cruel d'un New York en pleine mutation.

 

Mon avis :

 

Ce petit garçon, Claude Rawlings a tout pour n’être rien. Il le dit lui-même, il a l’impression d’être invisible, impression qu’il gardera toujours au fond de lui.  Chaque matin sa mère, chauffeur de taxis, part travailler et l’enferme dans le minuscule appartement en sous-sol où il regarde par le soupirail les pieds des gens qui passent. Chaque soir lorsqu’elle rentre, elle picole sa bière. Triste vie grise pour un petit enfant de 6 ans. Mais il a un immense trésor dans sa chambre : un  piano console blanc et c’est ainsi qu’il découvre : LA MUSIQUE.  Chaque jour, il joue les airs qu’il entend sur sa petite radio, joue n’importe quoi, mais joue. A 6 ans, sa mère lui annonce qu’il doit aller à l’école, lui qui n’était, pour ainsi dire, jamais sorti de l’appartement-cave. Là, sur le chemin, il découvre la boutique d’instruments de musique de Monsieur WEISFELD et y fait des arrêts quotidiens. Un jour, il ose entrer dans le magasin « Ainsi tu as fini par entrer, dit-il. Je t’ai vu dehors, le nez collé à la vitrine. Que puis-je faire pour toi ? »  Claude posa la partition sur le comptoir « Qu’est-ce que c’est ? » Il découvre les notes de musique et ce fut le début d’une longue collaboration, d’une amitié sans faille et sa première rencontre avec de belles et bonnes personnes.  Petit à petit, Monsieur Weisfeld deviendra son mentor, lui fera rencontrer les personnes qu’il faut. Tous seront épatés par son talent, sa virtuosité, sa soif de savoir. Boulimique de savoir, il découvre le jazz, la musique sérielle…….  Ce petit garçon devenu adulte connait le succès immédiat.

 

Mais j’ai l’impression qu’il a une grosse infirmité : il vit dans une bulle. La vraie vie lui est étrangère depuis qu’il est entré en musique, que Frederiks lui a fait traverser le miroir.

En fin de compte, il a été mis sur des rails qui lui l’enthousiasment, le ravissent. Il vit baigné de musique, pense aimer, mais il semble être à côté de ses pompes.

Est-ce en cela qu’il parle « d’invisibilité » ? Hors la musique il n’est plus rien, même si il vit une histoire d’amour torride avec Catherine (son amour platonique d’adolescence). Pardon, il y a un moment où il se coltine avec la vie : lorsque les promoteurs du nouveau New-York veulent raser l’immeuble que Monsieur Weisfeld lui a légué à sa mort.

 

C’est un livre très élégant, d’une belle écriture directe. Nous découvrons le New-York des années 40, la fin de la guerre, le jazz. J’ai eu quelque peine lorsqu’il s’agissait de techniques musicales, passages que j’ai sautés (La lecture de partitions relevant du Mystère, comme les mathématiques) et je me suis laissée porter par la douce mélodie des mots et de la musique sous-jacente. Un bon livre.

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