Anne-Laure Julien - La parthénogenèse

 

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La parthénogenèse

Anne-Laure Julien

Editions la P’tite Hélène

280 pages

ISBN 9782378390761

 

4ème de couverture :

Parthénogenèse (nom féminin, du grec parthenos, vierge) : reproduction sans intervention d’un mâle dans une espèce (Larousse).

Si vous tombez toujours amoureuse des hommes mariés ou des psychopathes, si votre belle-mère est un dragon, si vos enfants vous reprochent d'être une mauvaise mère, si votre meilleure amie s'apprête à épouser un pervers manipulateur, venez retrouver Sophie en pleine canicule de 2003. Le temps d’un été, au travers de 27 chapitres qui sont autant de portraits, vous découvrirez la vie de cette jeune mère célibataire, sa famille en patchwork, ses amies, ses amants.

En ce début de vingt-et-unième siècle, vous croiserez aussi les dernières cabines téléphoniques, des vieux qui comptent en anciens francs, une 4L brinquebalante, un monospace chargé à bloc de meubles Ikea, un enterrement dans une campagne en cours de désertification qui perd ses petits commerces et ses curés, sans oublier un élevage de phasmes.

Les phasmes sont des insectes qui se reproduisent par parthénogenèse et ne donnent ainsi naissance qu’à des femelles.

L’autrice (site de la maison d’éditions) :

Prof de math en classe prépa, on peut imaginer que je me tenais bien tranquille à l’écart du monde de la littérature ; je ne fréquentais les livres que pour les consommer. J’ai écrit cet unique roman à 45 ans pour me divertir, me défouler, me consoler, à la suite de déboires relevant du harcèlement moral. D'habitude, je soigne mes états d'âmes en jardinant ou en repeignant ma maison mais cette fois-ci ça ne s’avérait plus suffisant… »

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La 4L de la couverture me ramène des années en arrière et la 4ème de couverture inspirante ont fait que j’ai dévoré ce livre aimablement proposé par son autrice, Anne-Laure Julien.

La Parthénogenèse, un mot savant qui peut faire peur et penser à un traité, mais la petite 4L est là comme un clin d’œil.

Sophie, enseignante, instit nous raconte sa vie à travers différents personnages qui la côtoient quelquefois de très près.

Marc, parent d’élève, qu’elle avait reluqué à la piscine, accompagnant des enfants. « Le papa de Manon est parti, il ne reste plus que le papa de Chloé ». Marc lui raconte que sa femme a un amant et qu’ils pourraient se séparer. L’amant en question est un théâtreux, pardon un professeur de théâtre, excusez la boulette volontaire. Arrive ce qui devait arriver. « C’est la première fois avec quelqu’un d’autre que ma femme. Oui,  Mais pourquoi tous les hommes mariés se sentent obligés de dire ça ? » Tout comme les questions sur le père des deux filles de Sophie. Ben non, elles n’ont pas de père, ben oui, elle sait qui lui a fait ses deux enfants, ben non, elles ne le connaissent pas et c’est pas grave, elle-même ne connaît pas son père… Ben oui, ça doit être génétique !

Après une partie de jambes en l’air ou une soirée en amoureux, il faut affronter le regard de la grande, le coup de fil de la mère, la culpabilité dans les deux cas qu’on lui instille à dose homéopathique ou allopathique.

A Marc, cela débutait bien ! Trop beau peut-être. Oui, mais quand l’amant théâtreux n’assume pas les enfants du couple. Oui, baiser la mère c’est très bien, très agréable je suppose, mais quand elle n’est plus disponible pour admirer le grand homme… Là, c’est une autre paire de manche et le môssieur se carapate bien vite. Bobonne n’aimant pas du tout se trouver sans homme use ‘un stratagème vieux comme le monde, se faire faire un enfant par le mari qui retourne au bercail. Elle est pas belle la vie !

Entre ses deux épisodes, Anne-Laure Julien, en vingt-sept chapitres (ils sont numérotés) brosse un portrait, sans complaisance et avec beaucoup d’humour sur son entourage, les petites ou grandes lâchetés du quotidien de Sophie qui assume et élève ses deux filles seules, comme sa mère avant elle.

Sophie est altruiste, ne regarde pas son nombril, d’ailleurs, elle n’en a pas le temps. Il faut absolument qu’elle sorte sa meilleure amie Claire des griffes d’un pervers narcissique qu’elle connaît depuis l’enfance.

Les femmes ne sont pas mieux traitées que les hommes, tout le monde en prend pour son grade.

Un livre jubilatoire, sans morale et qui donne le moral et donnerait presque de envies de jeter son bonnet par-dessus les moulins.

La jubilation ne cache pas le portrait de notre époque où une femme qui fait des bébés toute seule cache très certainement une tare. Ses filles, surtout la plus grande, presque adolescente, aimerait bien avoir une « vraie » famille avec un papa, une maman… C’est fou ce que les enfants sont traditionalistes par peur du « quand dira t-on ». Je m’aperçois que les relations belle-mère/belle-fille ne se sont pas arrangées et que piquer son fils vaut à l’épouse d’icelui des soupçons d’incompétence notoire pour élever des enfants et s’occuper du mari. Bref, rien n’a changé sous le soleil

Merci Anne-Laure Julien de m’avoir proposé ce moment de lecture jubilatoire.

Sophie, je vois que vous tombez toujours sur le même type de mec : marié, lâche. Peut-être faudrait-il convoquer tonton Freud pour en connaître la raison. Je sais, vous aimeriez bien trouver la perle, mais, accepteriez-vous de toujours partager son quotidien ? J’aime beaucoup la définition de vous que donne Yves ? Un ex, marié bien sûr : « Je crois que c’est ce qui me restera de toi : un peu de rêve à saupoudrer sur mon quotidien. Je serai toujours un peu amoureux mais ça en restera là » (ça c’est trop facile) et votre réponse, bien dans votre ton : « Quand je serai morte il faudra que je sois incinérée comme ça on pourra saupoudrer mes cendres ». Vous avez l’art de la pirouette, quelque fois douloureuse. Vos petits malheurs donnent du bonheur autour de vous, comme le dit Yves « Si ta vocation, c’est de faire du bien aux gens, il faut la suivre. »

J’ai lu que ce roman avait vu le jour suite à une déception amoureuse que même le jardinage n’allégeait pas. Et bien, Anne-Laure Julien, vous m’ avez offert un parterre de succulentes, avec des personnages verts, fleuris, fanés, toxiques, vivaces comme la mauvaise herbe.

Merci pour ce petit bonheur et, tant que roule la 4L...

 

 

 

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Violette 04/09/2020 14:47

ah oui, jubilatoire carrément? Ben il faut noter alors !

zazy 05/09/2020 10:13

Je pourrais te le prêter si tu le désires

manou 04/09/2020 09:00

Un livre qui ne manque pas d'humour et permet de prendre un peu de recul sur notre époque où tout va trop vite et où le ressenti de chacun est souvent bien ancré dans les "traditions"...un peu de remise en question ne fait pas de mal ! Merci pour cette présentation. Contente de te retrouver

zazy 04/09/2020 14:09

Pour peu de temps. Je pars en cure et... Pas de connexion internet dans le chalet ! Sevrage !

Alex-Mot-à-Mots 03/09/2020 14:25

Un bien beau parterre de plantes.

zazy 04/09/2020 14:08

J'ai été étonnée favorablement par ce livre

annie-france 03/09/2020 09:48

Une chronique écrite avec humour pour un livre qui semble sympa; merci!

zazy 04/09/2020 14:08

Plus que sympa

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