Chang Kang-myoung - Parce que je déteste la Corée

Parce que je déteste la Corée

CHANG Kang-myoung

Traduction Lim Young-hee et Mélanie Basnel

Editions Philippe Picquier

septembre 2017

176 pages

ISBN : 9782809712766

 

4ème de couverture :

« Pourquoi j’ai décidé de partir ? En deux mots, c’est parce que je déteste la Corée. »

Kyena, vingt-sept ans, a tout, semble-t-il, pour être heureuse. Alors pourquoi décide-t-elle de tout quitter ? Son pays, sa famille, son boulot, tout ça pour émigrer en Australie alors qu’elle ne parle même pas l’anglais !

Mais Kyena a tout prévu, enfin presque : elle quitte son petit ami à l’aéroport, laisse derrière elle la compétition, la hiérarchie et le moule trop étroit de la société coréenne ; pour elle, c’est maintenant que tout commence !

La coloc, les rencontres, les petits boulots ou encore les puces de lit, tout ne se passera pas exactement comme elle l’avait prévu. Et pas facile d’échapper au racisme, aux préjugés et à l’esprit de classe.

Mais quel bonheur de se réinventer loin des siens !

Kyena nous ressemble, avec sa bonne humeur, sa jeunesse et son désir de vivre. Dans cette comédie enlevée, elle est aussi la voix d’une nouvelle génération de femmes pour qui le monde est à conquérir !

L’auteur (site de l’éditeur) :

Né en 1975 à Séoul, Chang Kang-myoung a été chroniqueur pendant onze ans pour un grand quotidien avant de se lancer dans la fiction. De sa carrière de journaliste, il a gardé une écriture factuelle qu’il met au service des sujets d’actualité qui agitent la société coréenne. La perspicacité et la finesse d’analyse de son approche ont fait le succès de ses romans.

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«Si je ne peux pas vivre dans mon pays…c'est parce qu'en Corée, je ne suis pas quelqu'un de compétitif. Je suis un peu comme un animal victime de la sélection naturelle. Je ne supporte pas le froid ; je suis incapable de me battre de toutes mes forces pour atteindre un but ; et je n'ai hérité ni n'hériterai jamais d'aucun patrimoine. Mais tout ça ne m'empêche pas d'avoir le culot d'être salement exigeante : je veux travailler près de chez moi, qu'il y ait suffisamment d'infrastructures culturelles dans mon quartier, que mon boulot me permette de m'accomplir personnellement, etc. Je chicane sur ce genre de choses. »

Voilà le pourquoi du titre

Kyena n’est pas née du bon côté du périph comme l’on dit chez nous. J’ai l’impression que c’est encore pire en Corée. Kenyson diplôme n’a pas la même valeur, même si c’est le même, parce qu’elle n’a pas fréquenté les bonnes écoles, celles qui sont surcotées. Non, elle ne veut pas être une des gazelles « Qu’est-ce que je devrais faire ? Me montrer solidaire des autres gazelles de Thomson et faire face aux lions ? 

Elle a des rêves d’Australie, mais il faudrait abandonner son petit ami… Et puis, un jour, son père lui demande de lui donner sa petite réserve d’argent pour acheter un appartement plus grand. Là, c’en est trop, elle saute le pas et à vingt-sept ans, ne parlant pas couramment l’anglais, quitte tout pour réaliser son rêve.

Oh ! Elle n’y va pas pour rencontrer argent-amour-gloire-beauté et tout le tintouin. ce qu’elle recherche c’est sortir du carcan des conventions si nombreuses en Corée du sud qui empêche tout envol hors des sentiers tracés par ces maudites règles de vie. Elle ne se voit pas non plus mariée comme son amie qui passe son temps à se plaindre de sa belle-mère, ou pépiant tout en buvant de l’alcool.

Pour Kyena, l’Australie représente l’avenir, la liberté et la Corée, le passé, le non-épanouissement, l’étouffement. Elle trouve de petits boulots ; souvent au début, des restaurants tenus pas des coréens qui, ben sûr, exploitent les jeunes émigrés et continuent le schéma social de leur pays. Or, elle veut s’intégrer et fuit autant que faire se peut ses compatriotes. Elle en veut, s’accroche à tous ces petits jobs, reprend ses études de comptabilité. Ce n’est pas simple et les aventures qui émaillent sa vie en sont le témoignage.

Lors d’un court séjour en Corée, elle se met en ménage avec son ancien amoureux, Ji Miyeong, et la voici prise au piège de ce qu’elle abhorre « J’étais sûre de ne jamais devenir une de ces épouses qui passent leur temps à râler, mais la transformation s’est opérée sans mon consentement » C’est l’électro-choc qui lui fallait pour repartir en Australie et devenir australienne.

En Corée, les jeunes hommes ne choisissent pas leurs études en fonction de leurs désirs, mais de la dure loi du marché et sont soumis à des horaires et une pression d’enfer. Quant aux femmes, il est encore plus difficile, voire impossible d’arriver. Où est le pays que l’on nous présente comme un modèle de réussite ?

Ce qui m’a le plus interloquée dans ce livre, c’est l’alcool qu’ingurgite tous ces jeunes gens, leur passivité devant la vie qui les attend.

Un livre très vivant, une écriture moderne, un cri qui dénonce les difficultés de la jeunesse en Corée du sud moderne. Bravo à l'auteur qui a su se mettre dans le corps d'une femme

 

 

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Aifelle 05/08/2020 13:15

On ne nous vante que les réussites économiques de ces pays-là, sans jamais dire ce qu'elles recouvrent de mépris de l'individu et surtout des femmes bien sûr.

zazy 12/08/2020 16:27

Tu as entièrement raison

Alex-Mot-à-Mots 05/08/2020 13:06

Et bien, ce roman met à bas l'image bien lisse de ce pays, on dirait.

zazy 12/08/2020 16:26

oui

Ingannmic 03/08/2020 16:19

C'est intéressant, cette dimension contestataire que l'on voit émerger dans la littérature coréenne ... A quand le même mouvement au Nord ?!

zazy 03/08/2020 18:28

Attention, les grandes oreilles, pardon les gros yeux nous regardent et nous lisent !!

Lydia 03/08/2020 15:43

Il est dans ma PAL celui-ci. ????

zazy 03/08/2020 18:27

Alors, bonne lecture !

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