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ZAZY - mon blogue de lecture

Michel Quint - Un hiver avec le diable

29 Octobre 2016, 17:41pm

Publié par zazy

Un hiver avec le diable

Michel Quint

Editions Presses de la Cité

Octobre 2016

360 pages

ISBN : 9782258136885

 

4ème de couverture :

Hiver 1953. Hortense Weber, jeune Alsacienne célibataire venue occuper un poste d'institutrice à Erquignies, bourg de l'agglomération lilloise, accouche d'un petit garçon. A la maternité, elle rencontre Robert Duvinage, qui pratique, entre autres, l'escroquerie photographique du " bébé du mois ". Parce qu'elle le perce à jour sans le dénoncer, parce qu'il sent la jeune femme porteuse d'un secret, s'installe entre eux une relation d'affection méfiante. Robert suspend un temps ses activités pour faire le commis dans le bistrot-épicerie du maire communiste d'Erquignies et veiller sur Hortense malgré elle. La guerre d'Indochine bat son plein et divise la population, la guerre froide est vécue au quotidien... Les dissensions sont exacerbées par le procès à Bordeaux des nazis qui ont massacré les habitants d'Oradour en 1944. Parmi les accusés, treize malgré-nous, dont un engagé volontaire, alsacien. A Erquignies, on se déchire avec autant de violence que dans toute la France : responsabilité collective ou individuelle dans un crime contre l'humanité ? Peut-être en raison de ses origines, de son homonymie avec un des accusés, de son statut de fille-mère, Hortense est montrée du doigt. En même temps, ce climat ravive les plaies de la Libération, notamment l'affaire du réseau Voix du Nord, du nom du journal issu de la Résistance et de l'épuration...

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Hiver 1953, l’un des plus froids. Je retrouve Michel Quint dans sa région du Nord, plus précisément à Erquignies, petit village à la frontière belge.

Robert Duvinage, photographe à la petite semaine (ce n’est pas le nom d’un journal), escroc de peu d’envergure, photographie des nouveau-nés soit-disant pour le prix du plus beau bébé du mois. Il entre, ainsi dans la chambre d’Hortense qui allaite son bébé. Là, le dérailleur casse, quelque chose se passe. Chassée de la maternité parce que fille-mère (il ne fait pas bon de sortir du cadre stricte de la morale), Robert ramène tout ce petit monde à Erquignies alors qu’une tempête de neige rend le retour, à Lille impossible. Pendant la nuit, une grosse ferme est incendiée et les quatre occupants, dont deux enfants, meurent dans le brasier. Qui est coupable ? Le découvrir, c’est le but, non, le prétexte de Robert qui se sent happé par Hortense et le petit Rolland, surtout qu’elle l’a présenté comme le père de l’enfant et qu’il confirme.

Hortense est alsacienne et, de ce fait, au cœur de la polémique sur les « malgré nous ».  Pourquoi a-t-elle été mutée ici ? Robert n’en sait rien, mais devine beaucoup d’ombres et de la peur ; aussi il s’érige en ange gardien de Rolland.

Au bistrot-bazar-épicerie, pivot de la vie d’Erquignies, les clients parlent du procès d’Oradour-sur-Glane. Faut-il un procès commun à tous ou alors séparer les « Malgré nous » des allemands, faut-il un procès individuel ? Il y est aussi question de la « Voix du Nord » et son personnel issu de la presse collabo. Il ne faut pas oublier les trafics en tabac, alcool et autres denrée avec la  Belgique. La guerre en Indochine préoccupe les habitants du village. Le fils du maire est revenu, traumatisé, avec trois doigts en moins et d’autres sont y sont toujours.

Michel Quint mélange suspens, histoire et vie quotidienne. Où j’apprends, (si j’en ai besoin !) que tout n’est pas noir ou blanc que les salauds se cachent derrières les braves, que les braves ne sont pas ceux à qui l’on pense.

Ce que j’aime chez Michel Quint, c’est sa peinture du nord, jamais complaisante mais pleine d’amour et si bien documentée. Les personnages secondaires sont mitonnés aux petits oignons. Les phrases sont longues, imagées. L’impression de voir les villageois patauger dans leurs vies comme dans les rues enneigées. Ce n’est pas l’intrigue, la recherche du pyromane, le cœur du livre, mais la vie quotidienne à Erquignies en ces années cinquante.

Michel Quint confirme tout le bien que je pense de ses livres.

Livre lu dans le cadre d'une Masse Critique privilégiée de Babelio !

 

Commenter cet article

Yv 04/11/2016 08:04

Pareil pour moi, c'est un auteur que j'aime beaucoup et à chaque fois, ça marche...

zazy 04/11/2016 12:17

Il a changé de maison d'éditions. Ce livre est édité aux Presses de la Cité

Violette 02/11/2016 18:42

j'ai toujours adoré l'écriture de Quint... et je le délaisse depuis plusieurs mois voire années ! J'ai honte! Merci pour cette piqûre de rappel !

zazy 02/11/2016 21:04

Nous délaissons tous un auteur pour un nouveau apparu ! mais nous revenons toujours à nos bases

Alex-Mot-à-Mots 01/11/2016 21:28

Et Céline, elle en pense quoi ? Je sais, je sors....

zazy 01/11/2016 21:31

Tu as intérêt, sinon....

jerome 31/10/2016 10:01

Je viens de découvrir Michal Quint, il me reste beaucoup à lire de son oeuvre et je m'en réjouis.

zazy 31/10/2016 14:37

Il y a matière à passer agréablement les longues soirées d'hiver... Sauf le mardi où c'est permis !

manou 31/10/2016 09:34

Un excellent auteur que j'ai trop peu lu ces derniers temps. Je rajoute donc celui-ci dans ma longue liste...Merci pour ta chronique toujours top !

zazy 31/10/2016 14:36

Merci de ton gentil commentaire