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ZAZY - mon blogue de lecture

Ménis Koumandaréas - Le fils du concierge

13 Novembre 2015, 14:34pm

Publié par zazy

Le fils du concierge

Ménis Koumandaréas

Dessins de Michel Barzin

Traduit du grec par Nicole Le Bris

Editions Esperluète

Septembre 2015

42 pages

ISBN : 9782359840582

 

4ème de couverture :

Il s’appelait Zissis ; c'était le fils d’un concierge du voisinage. Un grand gars pataud avec les cheveux huileux, et moi je devais faire de cet escogriffe une créature ornée d’une brosse de porc-épic. Naguère, je me souviens, c’était un enfant réservé, poli, toujours premier à l’école ; de ce temps-là il m’appelait Monsieur. Maintenant c’était Evri tout court. Dans ses yeux s’était allumée une lueur curieuse ; il voulait, paraît-il, être un homme – comme si quelqu’un y avait fait obstruction.

La nouvelle de Ménis Koumandaréas s’organise autour d’incidents survenus dans le salon de coiffure d’Evripidis (Euripide) et des histoires qu’il raconte à ses clients. La mort plane autour du jeune Zissis, le fils d’un concierge des environs. Mais est-il bien celui qu’il prétend être?

Et qui est ce vieil homme qui apparait et qui affirme être son père alors que son propre fils s’est tué dans un accident de moto? De quel drame le concierge est-il le témoin?...

Toute la tension du récit est là, dans ce huis clos absurde. Cette fable sur la vieillesse, le temps, la mort, nous renvoie à la vanité́ des choses d’ici-bas. Les dessins de Michel Barzin,

avec leur fausse légèreté, accentuent ce tragique et entrent en résonance avec le destin du Concierge, de Ménis Koumandaréas (assassiné fin 2014 pour quelques billets de banque) et de la Grèce actuelle.

L’auteur (site de l’éditeur) :

Ménis Koumandaréas est né à Athènes en 1931 et est tristement décèdé en décembre 2014.

Philosophe de formation, cet auteur grec a écrit de nombreux romans, recueils de nouvelles et essais depuis les années 1960. Son œuvre est doublement récompensée par le prix d’Etat pour le roman.

Homme de convictions, fortement engagé à gauche, son écriture se veut le reflet d’une soucie té grecque parfois bancale mais toujours en mouvement.

Il a notamment écrit La Femme du métro (2010) et Le Beau Capitaine (2011) parus en français aux éditions Quidam.

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Petite digression : S’appeler Euripide, c’est peut-être normal pour un grec, mais pour moi, cela a un petit parfum…. Grec !

« Il s’appelait Zissis ; c’était le fils d’un concierge du voisinage. Un grand gars pataud avec les cheveux huileux, et moi je devais faire de cet escogriffe une créature ornée d’une brosse de porc-épic. Naguère, je me souviens, c’était un enfant réservé, poli, toujours premier à l’école ; de ce temps-là il m’appelait Monsieur. Maintenant c’était Evri tout court. Dans ses yeux s’était allumée une lueur curieuse ; il voulait, paraît-il, être un homme – comme si quelqu’un y avait fait obstruction...»

Voir un gamin que l’on coiffe depuis longtemps se transformer en un jeune homme qui, de surcroît, demande une coiffure à l’iroquoise chiffonne Euripide. Il en est là de ses pensées lorsqu’un vieil homme entre dans son salon. Un homme bizarre et qui regarde Iziss d’un drôle d’air. A partir de cet instant, un dialogue s’établit entre le vieil homme et Iziss.

Tout l’art de Ménis Koumandaréas est de figer le temps, de faire de quelque chose de réaliste un conte, ou d’une rencontre simple, une rencontre ambigüe. Le vieil homme est-il frappé de sénilité, est-ce une apparition… ? Iziss répond au vieillard comme s’ils se connaissaient et avaient une conversation normale, ils se voient pour la première fois. Cette nouvelle est bien ancrée dans la réalité quotidienne alors qu’elle pourrait être hors temps et c’est là toute l’ambigüité de la nouvelle.

Ménis Koumandaréas, que je découvre, a une écriture très classique, simple, très agréable à lire, musicale. En peu de pages, il réussit à rendre visible l’échoppe d’Euripide, rendre réaliste la scène. Nous sommes les témoins attentifs d’une pièce de théâtre qui se joue à trois.

Cette nouvelle est tirée d’un recueil de Ménis Koumandaréas « Leur parfum me fait pleurer »

Très curieuse de découvrir, plus avant, l’univers de cet auteur, j’ai retenu à la bibliothèque « la femme du métro ».

J’ai aimé les dessins de Michel Barzin. Les gros cubes bleus grec ou Klein semblent écraser où expulser les silhouettes noires toutes en légèreté, malgré les traits noirs épais est étonnant et collent au texte de façon pertinente.

Merci Alice de l’avoir fait voyager vers moi

Une nouvelle fois, les Editions Esperluète font preuve de qualité dans leur ligne éditoriale

 

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