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ZAZY - mon blogue de lecture

Mikaël Hirsch - Libertalia

21 Octobre 2015, 21:41pm

Publié par zazy

Libertalia

Mikaël Hirsch

Editions Intervalles

Août 2015

144 pages

ISBN : 9782369560203

 

4ème de couverture :

Après l’effondrement du Second Empire et l’écrasement de la Commune de Paris, deux jeunes hommes quittent l’Alsace afin de rester français et se rencontrent sur la route de l’espoir. Voulant s’affranchir des conventions de leur temps, ils revendiquent l’héritage de certains pirates et rêvent d’une terre promise, Libertalia, tout en devant composer avec la réalité parfois amère de la IIIe République.

De l’atelier de Bartholdi aux Batignolles, où s’édifie la statue de la Liberté, jusqu’à l’exposition universelle de 1889 en passant par le canal de Panama et la Tunisie coloniale, l’un et l’autre participent aux aventures qui font vibrer la presse à grand tirage, et grimpent les échelons de la société parisienne.

Trajectoire géographique, historique autant qu’humaine, Libertalia explore une époque où prend fin la Révolution et où naît la France d’aujourd’hui.

L’auteur

Mikaël Hirsch est un écrivain français né à Paris en 1973. Deux de ses romans, Le Réprouvé et Avec les hommes ont figuré dans les sélections du Prix Femina. Après Notre-Dame des Vents, paru en 2014, Libertalia est le troisième roman de Mikaël Hirsch publié aux éditions Intervalles.

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Découverte d’un moment d’histoire que je ne connaissais pas. Suite à l’annexion de l’Alsace par l’Allemagne, les alsaciens peuvent choisir de rester en Alsace et de devenir allemand ou partir en France pour rester français. C’est l’option prise par Baruch, juif alsacien de parents très orthodoxes, et Alphonse, fils d’industriel qui se rencontre sur la route. Ils cheminent vers la capitale se faisant matelot pour payer leur voyage. Nous sommes en 1872 et l’impression de lire le début du « Tour de France de deux enfants ». Dans ce livre, aucune revanche sur l’ennemi, le Teuton, l’envahisseur, non, juste une envie de réussir son rêve dans le bouillonnement de l’époque. Le rêve de Fons s’appelle Libertalia. Il l’explique à Baruch « Il y a deux siècles environ, Olivier Misson, capitaine de la Victoire, et son second, un prêtre défroqué nommé Carracioli, fondaient à Madagascar, au nord de Diégo Suarez, une colonie qu’ils baptisèrent Libertalia. Pour emblème, ils choisirent le drapeau blanc et pour but, la défense de la liberté à laquelle les lois naturelles leur donnaient droit contre les ambitieux qui la leur avaient ravie. » Comment ne pas souscrire à cette idéal que Baruch fit sien de suite, lui qui n’avait rien lu d’autre que le Talmud !

Arrivés à Paris, ils devinent que c’est un voyage sans retour « Tendus qu’ils étaient vers l’avenir et ses promesses, ils sentaient confusément que quelque chose d’innommable avait pris fin, mais sans savoir encore qu’il s’agissait de leur jeunesse. »

Baruch, devenu Bernard travaille sur la statue de la Liberté de Bartholdi. L’œuvre de sa vie, ce qui lui permet de se sentir vivant car, pour le reste, Bernard s’est marié, embourgeoisé, s’ennuie. Fons, devenu géographe, s’est essayé à une nouvelle « religion » où il pensait pouvoir trouver les idéaux de Libertalia : la franc-maçonnerie. Las, lors de son baptême, il a compris. Il utilisera donc les membres de la Confrérie pour essayer de trouver un lieu pour fonder cette nouvelle humanité.

La seconde partie de ce livre est la vie, la vraie au milieu du contexte historique et industriel florissant de cette époque. L’âge adulte est arrivé, les deux amis ont perdu beaucoup de leurs rêves, ils s’ennuient dans cette vie qui ressemble trop à celles de leurs parents. Cette question, ils se la posent alors qu’ils visitent l’Exposition Universelle de 1889 « -Est-ce qu’on a tout raté ? lui demande soudain Bernard. –Je ne sais pas, répondit Fons. Je ne sais vraiment pas. »

Ce très court roman parle de l’héritage parental, (à force de vouloir ne pas leur ressembler, ne les imite-t-on pas), du départ, de la quête d’un rêve, d’une inaccessible étoile déjà évoqués dans Notre-Dame des vents.

Le talent de Mikaël Hirsch ? Réussir en si peu de pages à créer une atmosphère, à nous brosser paysages, sites, personnages avec une grande précision. Je me suis promenée sur les boulevards de l’histoire de la fin du 19ème. De la fabrication de la statue de la Liberté en passant par le Canal de Suez, Panama... sans oublier l’Exposition universelle et donc, la tour Eiffel.

Un coup de cœur.

Commenter cet article

Sandrine 29/10/2015 08:04

J'ai pas mal lu sur cet auteur que la blogo semble apprécier. Mais je n'ai encore rien lu de lui...

zazy 29/10/2015 14:11

Essaie et j'attends tes chroniques

jerome 26/10/2015 09:11

Un coup de cœur venant de toi, je le note forcément !

zazy 26/10/2015 12:33

Merci. Je t'espère une très belle lecture

sous les galets 24/10/2015 17:07

Quel beau billet zazy, comme il est tentant !!! A force de vouloir faire se différencier de nos parents, ne les imite-t-on pas ? C'est tellement vrai. Tu sais que ça va faire deux fois que tu parles de cet auteur que je ne connaissais pas, et je commence à me dire qu'il va falloir que j'y remédie...J'aime tout ce que tu dis dans Libertalia, et d'après ton billet, le romancier s'est documenté solidement, j'aime ça.

zazy 24/10/2015 22:42

Merci pour le compliment. Oui, c'est un bel auteur dont j'ai aimé les deux livres lus.

Alex-Mot-à-Mots 22/10/2015 13:26

La question de l'héritage parental me tente. Allez hop, noté !

zazy 22/10/2015 14:24

C'est en pointillé dans le livre et à peine esquissé, pourtant très présent, dans Notre-Dame des vents

Yv 22/10/2015 10:07

Ah Zazy, quel bonheur de voir que tu apprécies autant que moi Mikael Hirsch, il est l'un des auteurs qui ces dernières années m'ont apporté le plus de bonheur de lecture. Une écriture superbe et des thèmes forts et originaux...

zazy 22/10/2015 14:24

entièrement d'accord avec toi.