Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
ZAZY - mon blogue de lecture

Veronika Mabardi et Alexandra Duprez - Les Cerfs

26 Octobre 2015, 14:44pm

Publié par zazy

Les cerfs

Veronika Mabardi

Dessins d’Alexandra Duprez

Esperluète éditions

Septembre 2014

184 pages

ISBN : 9782359840513

 

4ème de couverture :

Blanche ne parle pas, c’est ce qu’ils disent. Ils ont tout essayé.

C’est arrivé peu après la mort de la mère. Blanche n’a plus parlé. En dernier recours, le père l’a confiée à Annie, qui vit dans une petite maison, loin de la ville. Un robinet qui fuit, l’odeur du pain qui cuit, un renard aux aguets sous le saule, un cheval dans l’enclos, les cerfs cachés entre les arbres, un amoureux inquiet dans la menuiserie, les silences compliqués et ceux qui sont simples comme l’air… Là-bas, entre la prairie et la forêt, entre Annie et son homme, Blanche retrouvera peu à peu le chemin des mots.

L’auteur (site de l'éditeur):

Veronika Mabardi explore dans son premier roman les thèmes qui lui sont chers : la parole qui guérit, l’enfance et la nature, les filiations qui nous construisent… Alexandra Duprez l’accompagne de ses dessins. Leurs univers se croisent à merveille et une véritable connivence formelle se construit, entre elles deux, au fil des livres et du temps.

=========

Son père et son frère le disent : « Elle a cessé de répondre, c’est tout ». Quelque chose est parti avec la mort de sa mère. « Les paroles c’est pour s’arranger avec la vérité quand ça coince. » et maman n’est plus là pour consoler, alors, tout reste à l’intérieur de Blanche, plus rien ne sort.

Blanche a mal, elle est douleur. Plus personne ne prendra soin d’elle comme sa mère. Son père et son frère emmurés dans leurs propres chagrins ne le peuvent pas. Alors, ils la confient à Annie pour qu’elle essaie de guérir Blanche.

Anne essaie d’apprivoiser Blanche. Blanche a sa place devant la fenêtre et regarde le chemin. Elle sait qu’elle ira dans le bois plus tard.

Annie parle pour deux et attend « Monamour ». « Monamour » ! Entre eux, le regard est éloquent. Monamour est jaloux de la place qu’a prise Blanche dans la vie, la maison d’Annie. Il ne s’y retrouve plus et puis, il y a l’enfant, là sans être présent mais qui prend une place énorme entre eux. Lorsque Monamour devient Ian, tout devient possible avec Blanche. Ces deux-là s’apprivoisent petit à petit. Blanche lui apprend l’attachement, lui, lui apprend la mort, la vie. Pourtant, au début, ce n’était pas gagné.

Annie l’enlace, l’entrave de ses bras, de ses mots. Ian la libère. Ils forment un drôle de trio, une drôle de famille. Ça les fait rire lorsque le restaurateur leur trouve des ressemblances, ça ressemble au bonheur ? C’est un petit bonheur.

Un jour Ian est parti, Annie se vautre dans son chagrin. Blanche attend, apprivoise la forêt, et se ré-apprivoise par la même occasion. Là, elle peut jeter les mots qui sont en elle, apprivoiser la sauvagine qui est en elle, accepter la mort de sa mère.

Ian a tout deviné, pas besoin de paroles entre eux « Quand on parle, ça abîme des choses ». Ian, l’éternel fugueur sera le point d’ancrage de Blanche. Il le lui a dit « je te donnerai mon numéro de téléphone. Si tu m’appelles, je répondrai. N’importe quand, même dans dix ans. Même quand tu seras vieille. Si je suis vivant, je répondrai. Même si je ne sais pas quoi dire ».

C’est une histoire d’amour entre eux, un amour pur, filial. Ils se sont choisis, ils n’oublieront jamais.

Lorsque je suis arrivée à la fin, une grande émotion m’a fait dire « C’est beau ». C’est aussi bête que ça. Oui, c’est beau. L’écriture de Veronika Mabardi est belle, poétique, j’y ai senti des absences, des hésitations, des approches beaucoup d’amour.

Les dessins d’Alexandra Duprez, noirs et blancs, faits de traits, tirets, comme ces cartes postales brodées, soulignent et interprètent les phrases, comme celle de leurs ressemblances.

Un livre tout en délicatesse. Un coup de cœur.

Livre lu dans le cadre de l’opération "La voie des indés" menée par Libfly et les éditeurs indépendants. Merci aux Editions Esperluète de leur participation.

L’esperluète est un mot chantant, orthographe lorraine, qui, avant de désigner le & était le moyen mnémotechnique donné aux enfants pour réciter l’alphabet où, après le Z, figuraient les mots latins et, per se, et. Si j’extrapole, je dirai que les Editions Esperluète éditent des livres qui vont au-delà de Z. Les Cerfs en est l’illustration parfaite.

Commenter cet article

Moka 29/10/2015 08:44

On peut dire que ton article donne envie. J'ajoute ce titre à ma "Wish list". C'est la première fois que je lis une critique à son sujet.

zazy 29/10/2015 14:11

C'est également un auteur que je découvre

Bernieshoot 28/10/2015 17:47

un livre qui déclenche de la tendresse c'est très prometteur

zazy 28/10/2015 18:22

Belle écriture, que demander de plus

Yv 28/10/2015 09:32

Comment résister ? une belle chronique, un éditeur et une auteure à découvrir...

zazy 28/10/2015 12:29

J'avoue avoir été prise

Céline 27/10/2015 08:55

Très belle chronique ! tu me donne envie de découvrir ce livre...je le note ;)

zazy 27/10/2015 18:27

J'ai aimé cette lecture, cette lente reconstruction

Caroline 26/10/2015 22:05

Chouette chronique ! :)

zazy 27/10/2015 18:27

Superbe bouquin