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ZAZY - mon blogue de lecture

Hélène Risser - Les amants spéculatifs

30 Septembre 2015, 21:11pm

Publié par zazy

 

Les amants spéculatifs

Hélène Risser

Editions JC Lattès

Août 2014

320 pages

ISBN : 9782709645935

 

4ème de couverture :

Au plus fort de la crise des subprimes, Hélène, journaliste dans un quotidien économique, doit écrire l’autobiographie d’une banquière. Elle se souvient d’Anna B., interviewée autrefois, et dont l’ambition et la réussite incarnent l’argent fou et la féminité insolente. Anna accepte l’idée du livre, mais semble davantage préoccupée par sa vie conjugale que par la conjoncture et les dérives du système. Encore que. Et si, sur le grand marché des sentiments, le respect des règles financières permettait de limiter les pertes de l’investisseur ? Quand son mari la trahit, elle tente une expérience – le trading sentimental – sous les yeux ébahis d’Hélène.
Mais la spéculation n’est-elle pas plus aventureuse lorsqu’il s’agit du cœur ?

L’auteur :  Site de l'éditeur

Hélène Risser est journaliste sur LCP-Public Sénat où elle anime « Déshabillons-les », magazine de décryptage du discours politique. Diplômée en finance à Paris-Dauphine, elle a commencé comme journaliste économique, avant de rejoindre l’équipe d’ « Arrêt sur images » (France 5). Elle est l’auteur d’un roman, Une enquête amoureuse, (Lattès, 2009) et de plusieurs essais sur la politique et les médias.

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Le livre commence par un avertissement de l’éditeur qui me met en garde contre l’audace de sa construction. Bon OK. Je verrai !

La 4ème de couverture résume très bien le livre, je ne vais donc pas insister. Oui, plus que les subprimes, les arcanes de la Banque (avec un B), ce sont les méandres de sa vie amoureuse dont il va être question. Anna, femme froide (ou qui veut le paraître), femme d’affaires redoutable et avisée, s’est modelée sur le modèle paternel et a rejeté l’archétype maternel. Hélène Risser a tissé à Anna un costume masculin qui l’a rassurée, mais qui l’emprisonne de plus en plus à l’orée de sa quarantaine.

Le monde de la banque a cela de rassurant pour Anna, c’est qu’elle en connait les règles et qu’elle peut s’appuyer dessus. Sa vie privée est réglée comme sa vie professionnelle. Son mari s’occupe plus des enfants et de l’intendance qu’elle, mais c’est son choix à lui du début. Lorsqu’un petit caillou (la mutation de son mari dans le sud) arrive dans la vraie vie, l’incertitude fait vaciller la tour.

Sur une phrase partie trop vite de la bouche d’Hélène « Pourquoi ne pas prendre un amant ? Ça vous ferait du bien », Anna va transcrire une théorie dite « aléatoire » en vigueur dans le monde financier à ses futurs amants. Oui, elle veut gérer sa vie amoureuse comme elle gère ses affaire, cela a un côté rassurant, un côté « je maîtrise » qui évite de se poser des questions. « C'est ce qui devrait encore me convenir pour cette nouvelle expérience, dont l'objectif n'est pas, je l'ai dit et je le répète, de m'amouracher d'un autre, mais de tirer profit du fait de prendre un amant. »

Le retour du mari à la maison, donc concession à la finance, et, ou, peur du crash, ressemble, pour moi, aux concessions que font les Etats à cette même finance. Un échec ?

La construction du livre est originale, pas de chapitre mais des mails, extraits de cahiers intimes et autres retranscriptions. Chaque protagoniste à sa propre police d’écriture Hélène Risser nous prévient : mail d’Anna à Hélène, Hélène, journal carnet marron… Cette disposition fait que j’ai lu ce livre presque d’une traite, je dis presque car j’ai renâclé devant les explications sur la théorie de l’aléatoire ou les explications de Charles, n’y comprenant pas grand-chose !

J’ai aimé cette lecture, où Hélène Risser joue des ressemblances entre le milieu financier et la politique amoureuse d’Anna (toutes deux avec des connotations ultra masculines) et les dissemblances entre les deux femmes ; Anna, femme d’affaire, altière et froide et Hélène sentimentale n’ayant aucune confiance en elle. Anna se protégeant au maximum et Hélène véritable éponge. Mais…

Une lecture, agréable, une figure stylistique atypique, Hélène Risser a réussi à m’intéresser sur un sujet qui, de prime abord, ne devait pas m’intéresser.

Commenter cet article

sous les galets 03/10/2015 11:31

C'est risqué ce genre de construction, est ce que ça ne refroidit pas déjà un thème qui l'est beaucoup. Les livres sans narrateur, ça passe ou ça casse, mais toi ça a l'air de t'avoir emballée ;-)

zazy 03/10/2015 15:06

Mal écrit. Cela m'a fait pensé aux petits textes qu'une vieille dame me donnait pour parution dans le bulletin municipal, ni plus, ni moins

Mimi 02/10/2015 16:15

Plutôt froide l'ambiance ! L'argent n'a ni odeur, ni chaleur, semble-t-il.

zazy 02/10/2015 17:42

papier glacé, mais sous la couverture ??

jerome 01/10/2015 12:42

Je pourrais recopier le commentaire d'Aifelle. Et puis cette construction si particulière ne me dit rien qui vaille non plus. Bref, je ne le sens pas ;)

zazy 01/10/2015 14:33

Pourtant...

Lydia 01/10/2015 12:11

J'avoue que ce que tu dis de la construction me déroute...

zazy 01/10/2015 14:33

Justement, c'est très fluide

jean pierre mazille 01/10/2015 11:24

À vous lire, avec ces amants on peut spéculer sur un bon livre hors les lignes stochastiques, sauf si l'on est matheux ça va de soi.On ne va donc pas le jeter à la corbeille, quoique jadis …

zazy 01/10/2015 14:33

Je confirme pour les lignes stochastiques, trop chaotique pour moi !