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ZAZY - mon blogue de lecture

Julie Gouazé - Louise

7 Juin 2015, 18:55pm

Publié par zazy

 

Louise

Julie Gouazé

Editions Léo Scheer

août 2014

168 pages

ISBN : 9782756104515

 

4ème de couverture :

« Louise va bien. C’est un principe de base. Une loi fondamentale. Alice est enfermée, Jean est perdu, Marie et Roger ont pris quinze ans dans la figure. Ne vous inquiétez pas, il en faut plus pour entamer Louise ! Elle est forte. C’est un soleil et le soleil ne s’éteint pas. Même la fée Clochette se remet à briller quand on recommence à croire en elle. »

La sœur de Louise, Alice, se noie dans l’alcool. Roger et Marie, leurs parents, les noient dans un trop-plein d’amour. Louise, elle, va tout faire pour garder la tête hors de l’eau.

Roman à l’écriture affûtée, Louise plante son scalpel au cœur des relations familiales. Autopsie d’un bonheur obligé, d’un débordement d’affection qui provoque l’asphyxie, il est un lumineux récit d’apprentissage et une formidable leçon de vie.

Julie Gouazé est née en 1977 à Lyon. Elle vit aujourd’hui à Paris. Louise est son premier roman.

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« Juin 1995. Lyon. Dans quelques semaines, Louise aura dix-huit ans. Ce week-end est le dernier avant l’épreuve de philo. Son amoureux s’appelle Marc. Louise a des parents, Marie et Roger, et une sœur. ». Une vie normale dans un monde normal, le monde d’avant. D’avant que sa sœur Alice ne parte en Allemagne puis sombre dans l’alcool, que son père aille la repêcher elle et son fils Jean. Oui, ils avaient formé une famille unie, aimante. Maintenant, Louise doit faire avec. D’ailleurs, sa mère le lui avoue « ils ont laissé Louise sur le bord de la route pour tenter de rattraper Alice. Un jour ils reviendront la chercher. Promis. » En attendant, il faut naviguer entre son idole alcoolique, ses parents qui l’étouffent à force de l’aimer mal. Comment continuer à aimer dans ces conditions.

Louise se sent coupable, un sentiment très fort chez elle. Tout comme la honte de cette sœur insortable et la honte de sa honte. « La honte, c’est d’avoir honte de quelqu’un qu’on adore, de vouloir le cacher. La honte c’est de baisser les yeux de rage et de colère rentrées. Louise a honte d’Alice. Louise aime Alice ». Cela fait beaucoup trop de choses sur les épaules de cette jeune fille. Elle garde ses colères rentrées, elle en arrive à mentir, à se taire pour ne pas donner prise. Mais jusqu’à quand ? Louise se tait, enferme tout au fond de son âme, mais son corps lui réagit, elle devient asthmatique.

Louise, le petit soleil, celle que l’on croit, ou veut croire, solide comme un roc, n’est que peur, hypersensibilité. Elle se frottera toute seule à la vie et à ses épines et apprendra, à ses dépens, à dire non. Pourtant, elle gardera toujours intacte cette petite étincelle d’envie de vivre. Un jour, Alice est revenue, elle est sortie du long tunnel d’alcool. « Comment faire maintenant pour retrouver la vie ? Le rire ? Pour que la musique joyeuse ressurgisse ? Que les corps se détendent et que les rides s’estompent ? » A elles de trouver, d’apprivoiser de nouveau la vie, de réconcilier la tête et le corps.

Julie Gouazé donne beaucoup de vivacité à ce livre par des chapitres courtes, des phrases brèves, percutantes et sobres. J’ai aimé l’écriture, j’ai aimé les phrases de ce roman poignant mais jamais voyeur, plein de retenues, de tristesse et d’espoir.

Un très beau premier roman

Alice est partie finalement. Elle est allée s’enfermer dans son appartement de désespoir Seuls les yeux gris d’un tout petit garçon guettent. Avec tous l’amour du monde dans le cœur. Quoi que fasse une maman, elle est toujours la plus belle, la meilleure des mamans. Et c’est très bien comme ça.

Ce soir Louise a eu vingt ans et elle s’en fout. Vingt ans, c’est nul quand on est seul.

Elle se défend avec ses poings, se jambes, ses ongles. Elle se défend pour elle. Pour la rage. Pour la vie. Elle y met toute sa colère, toute sa peur et toute sa force. Et Louise vaincra.

Louise joue la comédie, mais, sans bruit, elle se raccroche à eux. En silence, elle implore leur aide.

Les yeux de Jean transpercent le papier et viennent broyer le cœur de celui qui se risque à regarder cette image.

Commenter cet article

Une Comète 11/06/2015 09:17

Il a raison Jérôme... tes arguments tiennent la route :)))

zazy 11/06/2015 21:35

Alors, plonge

jerome 10/06/2015 13:10

Un premier roman, des chapitres courts, une écriture percutante et tu as aimé... pas besoin d'arguments supplémentaires !

zazy 10/06/2015 13:23

Oui, je pense que tu aimeras.

Alex-Mot-à-Mots 08/06/2015 11:49

Un premier roman réussi, on dirait.

zazy 08/06/2015 16:35

Oh oui