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ZAZY - mon blogue de lecture

Pascal Garnier - Chambre 12

13 Avril 2015, 20:34pm

Publié par zazy

Chambre 12

Pascal Garnier

Editions Flammarion

140 pages

Août 2000

ISBN / 9782080679512

 

4ème de couverture :

Charles est veilleur de nuit dans un modeste hôtel du treizième arrondissement. Une vie minuscule, que rythment les " bonjour-bonsoir " - ceux des clients, représentants ou étudiants fauchés, ceux de Malika la caissière, ceux de ses copains du Balto. Une vie entre parenthèses, une vie à l'abri de la vie. Puis un soir " elle " arrive, improbable dans son grand manteau blanc, anonyme derrière les verres fumés de ses lunettes, protégée par le casque de ses cheveux métal, la locataire de la chambre 12. Sans savoir qui elle est, chacun croit la connaître, car elle est celle que nous attendons tous... Charles va lui prendre la main pour ne plus la lâcher.

L’auteur :

Pascal Garnier,  né en 1949 est décédé le 5 mars 2010. Après deux recueils de nouvelles parus chez POL, il construit une œuvre originale, aux marges du roman noir (" La Solution esquimau " ; " Trop près du bord, Fleuve noir " ; " L'A 26 ", Zulma, 1999) et saluée par la critique pour " sa poésie noire ", " cet art déchirant de dire en quelques traits aussi aigus que tendres les petites gens. " (Michel Abescat, Le Monde des Livres).

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Charles se réveille au son de son radioréveil et commence alors une journée morne qu’il continuera comme veilleur de nuit dans un hôtel du 13ème arrondissement parisien. Rien de fringant chez cet homme fatigué, qui vivote plus qu’il ne vit. Sa seule passion : la lecture. Passion qu’il a contractée en prison. Oui, c’est un ancien taulard qui se méfie de la vie. « Toutes les vies, même la plus nulle, lui paraissaient cent fois supérieures à la sienne. D’ailleurs, il l’avait oubliée. »

Charles vit entourés de paumés comme lui, sans passé, ou un passé à oublier, au présent terne rien à quoi se raccrocher. Quant à l’avenir, n’en parlons même pas, rien à dire, rien à signaler, ou si peu. Pourtant, ils auront leur petite étincelle de joie, leurs petits bonheurs. C’est peut-être ça qui leur permet de supporter leurs mornes existences… ou pas.

Rien de bien passionnant et pourtant, Pascal Garnier réussit à m’intéresser à Charles qui est l’archétype du raté. Ce que j’ai aimé dans ce livre ? C’est sa façon d’écrire, de décrire des riens, les gens, de son écriture imagée, sans jamais que ce soit vulgaire. Ainsi la description d’Arlette page 47 « Arlette portait une robe vert pistache auréolée de sueur sous les aisselles, une paire de lunettes noires à monture dorée et un sourire qui la faisaient ressembler à une grenouille épanouie accoudée au guéridon comme à une feuille de nénuphar. Ses chaussures, déformées par tant d'allées et venues, s'étalaient sous la table telle une paire de palme. C’est la description d’un monstre de vulgarité, mais à lire ces lignes, J’ai aimé Arlette. A l’opposé d’Uta, celle que nous attendons tous (4ème de couverture) « Elle était très grande, portait des cheveux blonds cendrés, presque argent, coupé au carré comme un casque, et des lunettes noires. Sa voix teintée d’un léger accent germanique, semblait venir de très loin, grave, plus grave que celle de beaucoup d’hommes. »

Un très bon livre dans la lignée de « La théorie du panda ».

 

Derrière la vitre de l’hôtel, il vit disparaître sa patronne, semblable à Mary Poppins, accrochés des deux mains à son parapluie.

Uta était accompagnée d'un type dont la jeunesse ne semblait avoir fait qu'une brève apparition dans sa vie, flou de la tête aux pieds, plus beige que gris. Ses oreilles diaphanes et son nez pincé prouvaient qu'il n'avait pas beaucoup de temps pour faire des projets d'avenir. Ses yeux regardaient en dedans, pareils à des nœuds de bois.

Charles vida la moitié de la sienne d’un trait. Une goutte glissa de sa bouche à son menton, de son menton à sa poitrine, et se perdit dans les poils. Il ne chercha pas à l’essuyer, la laissai le chatouiller comme une coccinelle. Arlette s’était laissée aller, appuyée sur un coude, sa bouche ventouse tétant le goulot de la bouteille. Sa robe verte découvrait le haut de ses cuisses, laissant entrevoir la coque blanche de sa culotte.

De l’hôtel à son appartement, Charles compta huit cent treize pas, exactement autant que de chez Raskolnikov au domicile de l’usurière.

Commenter cet article

Une Comète 20/04/2015 07:24

Je ne connais pas cet auteur. Mais ce que tu en dis me plaît bien. Je vais voir s'il est dispo en Kindle.

zazy 23/04/2015 13:37

Je l'ai découvert grâce à Libfly

Alex-Mot-à-Mots 19/04/2015 17:42

J'avais beaucoup aimé "La théorie du panda" alors je note ce bon titre de l'auteur.

zazy 23/04/2015 13:38

C'est par ce titre que j'ai découvert l'auteur

sous les galets 17/04/2015 06:32

En ce moment, ce n'est pas ce qu'il me faut car il y a quelque chose de vraiment désabusé, voire de désespéré, dans ce type de personnages revenus de tout. Je crois que c'est trop noir pour moi.

zazy 02/05/2015 23:11

Non, non, c'est noir mais pas désespéré

jerome 15/04/2015 12:58

C'est un auteur que je veux découvrir depuis longtemps. Il a aussi été publié par Zulma ou je me trompe ?

zazy 02/05/2015 23:12

Oui pour la théorie du panda

Yv 14/04/2015 10:33

Il est fort P. Garnier à créer des rebondissements parfois sur des situations assez banales, il réussissait toujours à mettre une ambiance noire,

zazy 14/04/2015 13:35

Oui, c'est vrai, tu le résumes bien mieux que moi en peu de mots