Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
ZAZY - mon blogue de lecture

Olivier Larizza - Le Best-seller de la rentrée littéraire

2 Novembre 2014, 22:25pm

Publié par zazy

 

Le Best-seller de la rentrée littéraire

Olivier Larizza

Andersen Editions

Collection Humour

Septembre 2014

228 pages

ISBN : 9782372850049

 

4ème de couverture :

Quel est l’hurluberlu qui a inventé la rentrée littéraire ? Si l’argent ne fait pas le bonheur, pourquoi les éditeurs n’en donnent-ils pas plus ? Comment un auteur traversant une période de vaches maigres peut-il faire un bœuf en librairie ? Et le grand Shakespeare, il chaussait du combien ?

Ces questions fondamentales tenaillent Octave Carezza, écrivain de 37 ans qui rêve d’écrire un best-seller et de trouver l’amour. Il lui arrive moult aventures rocambolesques avec ses lectrices, ses éditeurs, ses confrères croisés dans les salons du livre, cette drôle de dame qui s’appelle Inspiration ou encore l’e-book, invention fabuleuse qui va révolutionner nos vies avant de nous pousser à faire la révolution…

Avec un sens de l’humour irrésistible, Olivier Larizza brosse une satire épatante de nos mœurs littéraires.

Biographie :

Né en Lorraine, Olivier Larizza vit en Martinique et à Strasbourg. Là, il possède un manoir du XIXe siècle sur la tour duquel nichent des cigognes. Avec le temps et les quignons de pain qu’il leur distribue, elles sont devenues ses plus ferventes admiratrices. Elles portent des lunettes roses et des sacs en croco, et adorent caqueter littérature...

=================

Quel est cet hurluberlu qui, d’office, place son livre comme LE best-seller de la rentrée ? Non mais quelle outrecuidance !!

Dès les premiers chapitres ça part sur les chapeaux de roue, ça va à 100 à l’heure. J’ai donc attaché ma ceinture dare dare avant de continuer.

C’est que, sous ses airs intellos, il mordait presque le toutou de la couverture !

Ainsi donc Octave Carezza, puisque c’est de lui qu’il s’agit, quitte « le panier de crabes de l’éducation nationale » pour se consacrer uniquement à son art, écrire des romans. Pardon, il a une seconde activité : l’angoisse de la page blanche.

Chaque début de chapitre est ponctué par une voix écriture off. Ainsi débute le premier : « Génie méconnu de tous, y compris de lui-même, auteur de plusieurs chefs-d’œuvre qui n’ont pas encore été écrit, M. Larizza vous propose ici son nouvel opus, une sorte de satire des mœurs littéraires à la française. » Nous voici avertis, jamais mieux servi que par sa voix off.

Môssieur a des lettres, professeur de littérature comparée oblige ; Le livre est émaillé de citations fortes intéressantes. Môssieur fait l’amour sauvagement (bien entendu). Môssieur donne dans le tailleur pour homme. La version 2014 est centrée sur les formes ou l’absence de formes du sieur Houellebecq, particulièrement gâté dans cet opus.

Comme il faut bien manger, payer son électricité… Sieur Larizza, sur les conseils éclairés de son libraire, décidé « d’écrire bio ». Ici, il convient d’entendre biographie. Dieu étant difficile à interviewer, il se lance, sur commande, dans celle de Jean-Eudes Plateau, inventeur de génie. Comment ça, vous ne connaissez par Monsieur Plateau ? Pourtant vous utilisez souvent sa création. Cherchez bien, vous trouverez et, si vous donnez votre langue au chat (angora de préférence) passez au chapitre « le petit marchand de prose » à partir de la page 56. Grâce à cette bio très documentée, vous ferez fureur (sans moustache) dans les dîners et cocktails.

Vous souhaitez vous lancer dans l’écriture d’un livre, surtout sa publication ? « L’édition sentimentale » est pour vous. Vous saurez que le requin n’est jamais mort. L’éditeur, enfin celui- de Monsieur Larizza, en a sous la botte.

Le moment d’anthologie de ce bouquin: les liseuses électroniques. « Kindle et Kobo dans un bateau » Alors là, heureusement que je lis sur papier, car j’en aurai fait tomber la tablette (et donc cassé) tant je riais. Monsieur l’écrivain, que vous avez raison en parlant des « vraies pages » ! « Je les palpe et je les sens et je les pelote comme un mec en rut privé d’amour charnel pendant une décennie. ». Avez-vous remarqué que les deux engins commencent par la même lettre : K. Comme Katastrophe ?

L’entretien avec Bernard Pinot-Noir (cépage bourguignon) est bien enlevé. Je ne parlerai pas, mais un peu quand même, de l’instant fort connu, où Bukowski fin soûl a dû quitter le plateau (retour sur Jean-Eudes) de Bernard Pi(v)not-Noir.

Monsieur Olivier Larizza, vos chutes (reins ou Niagara, rayez la mention inutile) closent le sujet d’une façon ferme et définitivement étonnante.

 

Grace à ce livre, j’ai fait le tour du monde de l’édition en 10 chapitres plus hilarants les uns que les autres. Les bons mots se succèdent. L’écriture au vitriol (quelque fois) est réjouissante. La galerie de portraits fort bien troussée pour ce qui me concerne.

J’y ai trouvé une bonne définition de la maladie d’Alzheimer pour bobo mâle apeuré : « Assurément, Aristide, tu n’aurais pas envie de partir en croisière avec une méchante mamie qui ne se rase jamais les guiboles et ne change de bas qu’une fois par trimestre, n’est-ce pas ? Dis-toi que c’est à ça que ressemble Alzheimer. Alors prends consciencieusement tes omégas 3. »

Vous comprenez que j’ai apprécié ce livre loufoque -mais pas que-, ironique, des fois mordant –peut-être pas assez-. Les jeux de mots, même éculés, ont toujours un effet euphorisant sur moi. Oui, bien sûr, j’aurais aimé un peu plus de, un peu moins de, mais… bon… bref… la critique est facile, surtout quand on cherche la petite bête. Et comme « tout à une fin, sauf le saucisson qui en a deux », vous pourrez dire à votre voix off que j’ai apprécié ma lecture.

Encore un petit mot Monsieur Larizza, être publié aux éditions Andersen, c'est un vrai conte de fées (je ne pouvais pas la louper celle-là).

Je remercie la toute jeune maison d'éditions Andersen pour cette lecture clin d'oeil et bon vent à vous

- Je ne serai heureux que lorsque je serai un occis mort.
- Ce qui est un pléonasme, repartis-je dans un réflexe d'ancien prof de littérature
- Un occis mort est un pléonasme ?
- Ou une tautologie, comme tu voudras. En tout cas, ce n'est pas un oxymore, si tu m'autorises ce trait d'esprit.
- Comment un occis mort pourrait-il ne pas être un occis mort ?
- Tu confonds le pléonasme et l'oxymore. Un occis vivant est un oxymore.

- Ne me dites pas que vous avez pris ça au pied de la lettre ! S’énerva-t-il. C’était de l’humour noir, évidemment ! J’ironisais sur le désastre….
- Mais vous n’avez pas écrit LOL à la fin de votre mail ?
- LOL ? Quoi LOL ? C’est quoi ce truc ?
Fossé générationnel. Je m’excusai de l’avoir dérangé et laissai mon éditeur sexagénaire à ses occupations.

Il avait pointé sur lui un doigt autoritaire en le sommant : « Obtempère ! » L’élève lui avait rétorqué : « Nique ta mère ! » Et lui avait cassé la gueule.

Certains lecteurs qui viennent à mon stand converser avec moi s’excusent par crainte de m’ennuyer avec leurs propos ; mon Dieu, s’ils savaient comme je suis blindé ! Quant à savoir comment les intéresser eux et concevoir un livre qui les emballerait, franchement je donne ma langue au chat !

Alors que nous longeons un champ où paissent des moutons, il me vient cette réflexion inspirée de Schopenhauer : la pierre angulaire de toute réalité est une volonté cosmique aussi aveuglante que contingente, dont l’univers connaissable n’est que le reflet phénoménal…

Grâce à la télévision, je suis devenu riche et célèbre, aussi ai-je pu employer des Nègres. Mais des vrais Nègres, comme Alexandre Dumas : des Antillais ! Cela me semblait alors logique puisque j’envisageais de me lancer dans le roman noir.

Vous savez, les livres, c’est comme les enfants : le plus difficile ce n’est pas de les faire, c’est de les élever. Je n’ai plus écrit aucun des bouquins que j’ai publiés par la suite, mais je les ai tous reconnus et j’ai assuré leur promotion de bout en bout, en bon père de famille. Vous voyez, tout le mérite me revient finalement.

Quand j’étais pauvre, on me reprochait mon caractère de cochon ; dès que j’ai connu le succès, on m’a trouvé de la personnalité !

Houellebecq, c’est de l’écume médiatique qu’on prend pour du corail littéraire. Ses traces sur la page seront, comme sur une plage, bientôt effacées par la nouvelle vague. Enfin, je dis cela surtout parce que je suis jaloux à en crever !

« E-book, e-monde, e-gnoble ! » Si vous voyez le jeu de mots…

Commenter cet article

sous les galets 08/11/2014 13:37

On me l'avait proposé mais je n'avais pas donné suite, ton billet est l'un des plus élogieux il faut bien le reconnaître, car les autres ont davantage insisté sur le "trop" et le "pas assez" justement.
Bonne chance à cette nouvelle maison d'édition, c'est bien qu'il y en ait qui se lancent encore ;-)
Bon week-end zany

zazy 08/11/2014 14:46

Je ne sais si d'autres blogueurs ont plus aimé ou pas, pas trop le temps de voir ailleurs.
La seule chose, c'est que j'ai pris mon temps pour lire ce livre. Trop de bons mots tuent les bons mots. En plus, je me damnerais pour un mauvais jeu de mots, le moins que je puisse faire est d'apprécier ceux des autres, même s'ils sont éculés. C'est un premier roman et, ma foi, il n'est pas mauvais.

sous les galets 08/11/2014 13:37

Zazy bien sûr ;-) pffff

Lystig 05/11/2014 22:22

déjà noté !

zazy 06/11/2014 18:21

Alors j'attends ton commentaire

Alex-Mot-à-Mots 05/11/2014 17:47

Une lecture qui m'a plu, également.

zazy 05/11/2014 21:01

Oui

Yv 03/11/2014 15:05

Je ne suis pas enthousiaste, j'ai aimé certains passages, mais d'autres souffrent d'un manque de drôlerie ou d'un effet déjà-lu/déjà-entendu. Mais, bon, l'ensemble se lit légèrement avec plaisir

zazy 03/11/2014 16:44

Entre deux lectures plus dures, cela m'a fait un bien fou.

Violette 03/11/2014 11:27

j'hésitais mais je suis de plus en plus convaincue que je dois lire ce livre !

zazy 03/11/2014 11:38

Oui, ce bouquin mérite le détour entre deux livres plombant ou non