Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
ZAZY - mon blogue de lecture

Jean Rolin - Ormuz

22 Novembre 2013, 13:48pm

Publié par zazy

 

Ormuz

Jean Rolin

Editions P.O.L.

224 pages

Septembre 2013
ISBN : 9782818014110

 

Quatrième de couverture :

 

Unissant le golfe Persique à la mer d'Arabie, le détroit d'Ormuz voit transiter une part importante du pétrole et du gaz irrigant l'économie mondiale. De temps à autre, l'Iran menace de le bloquer, cependant que les États-Unis y font défiler leurs navires de guerre. En gros, c'est ce que l'on désigne comme une zone de tensions, et comme un enjeu stratégique. Or Wax, un personnage aux contours indécis, a formé malgré tout le projet de le traverser à la nage. Y parviendra-t-il, avec l'aide du narrateur et en dépit de difficultés innombrables, ou bien va-t-il plutôt se noyer dans le détroit, pour finir ?

============

Après les brumes islandaises, me voici avec les nuages de sable du détroit d’Ormuz.

Petite question. Savez-vous où si situe ce détroit ? Vaguement ? Comme moi ! Pour la bonne compréhension de ce nouveau Rolin, j’ai sorti la carte de géographie.

Je suis allée en Palestine avec Chrétiens . Je l’ai laissé cheminant sur les canaux de France avec Chemins d'eau ; dans ma pile, il est à Los Angeles, mais bon, je sentais une urgence à lire Ormuz.

J’ai pris une leçon de géopolitique. Je n’aurais jamais imaginé qu’il puisse y avoir autant de bateaux dans le Golfe Persique; un tiers du pétrole mondial passe par le détroit d’Ormuz. Le trafic est amplifié par la contrebande de produits divers et variés à destination de l’Iran. Quant aux riverains ce sont l’Irak, Iran, les Emirats et autres Sultanats.

Ici, le narrateur, sert de « nègre » à Wax, un aventurier, ornithologue (il sait distinguer des goélands de Hemprich des goélands à iris blanc), passionné de batailles navales « asymétriques », qui veut traverser le détroit. Il doit décrire précisément toutes les faces de sa prouesse, enfin, s’il y arrive, car dès les premières lignes du livre, Wax a disparu !

Le narrateur continuera son travail de précision en répertoriant tout ce qui se trouve le plus proche du détroit d’Ormuz, c’est noté dans le contrat que Wax lui a établi. Il doit donc noter « toutes les créatures et tous les objets, depuis les plus vastes, telles des installations portuaires ou une ligne de métro, jusqu'aux plus restreints, tels une cabine téléphonique ou ce crocodile australien, susceptibles d'être décrits, chacun dans sa catégorie, comme "le plus proche du détroit d'Ormuz". » Voici le cœur de ce roman et de l’écriture de Jean Rolin. Les descriptions précises sont toujours émaillées là d’une réplique cinglante, là d’un trait d’humour, là d’une précision historique... Les phrases, longues montrent son souci du détail. On sent un Jean Rolin à l’aise au bord du Golf Persique à nous parler de géopolitique, de commerce, de guerre, de contrebande, sans oublier les descriptions des animaux.

Ormuz n’est pas un livre qui se dévoile immédiatement avec ses parenthèses, ses tirets, de retours en arrière. Pourtant, c’est cela qui en fait le sel. Le regard humain, ironique, minutieux de Jean Rolin, son amour des paysages, sa minutie ; j’ai aimé me perdre dans les pages de ce livre. J’aime l’écriture de Jean Rolin.

Quelques extraits :

Autant dire qu’il contemple une étendue d’eau apparemment sans limite, dont la coloration varie depuis le blanc laiteux, à où la mer se brise, au pied de la falaise, jusqu’au vif argent là où elle disparait, à l’horizon, ou se fond, plutôt qu’elle ne disparaît, dans une brume scintillante due à l’évaporation, aux particules de sable dans l’air ou à Dieu saint quoi d’autre. Entre-temps, elle est passée par différents tons de bleu –dont le turquoise est le plus agréable à l’œil, et celui qu’elle revêt aussitôt dégagée du ressac et de son blanc laiteux-, au fur et à mesure qu’elle prenait de la profondeur, ce qu’elle fait rapidement, car le rivage, sur la côte sud de l’île d’Hengam, est accore.

Outre que la maquette de ce SM39 –en fait une réplique exacte du missile, mais évidemment dépourvue de sa charge explosive, un peu comme ces enveloppes vides de CD que l’on trouve dans les rayonnages d’un disquaire-, outre que cette maquette était par elle-même très attrayante, avec ses surfaces merveilleusement douces au toucher et revêtues de couleurs chatoyantes (détails par lesquels le SM39 s’apparentait à la Porsche Panamera Turbo exposée dans les galeries du centre commercial Villagio).

Et la Burj Khalifa, la tour la plus haute du monde –et l’une de celles dont le chantier fut le plus coûteux en vies humaines-, est-ce qu’elle ne sort pas de l’ordinaire ? La Burj Khalifa ? Si, bien sûr, elle n’est pas non plus sans attraits… Surtout la nuit, quand au tournant de chaque heure elle ruisselle de lumières scintillantes, tandis que sa pointe effilée se perd dans les nuages, s’ils sont bas.

Commenter cet article

clara 25/11/2013 12:06

les thèmes me rebutent...

zazy 25/11/2013 15:28

C'est vrai que de prime abord.... mais Jean Rolin et son écriture !!!!

Aifelle 23/11/2013 06:11

C'est un auteur que j'aimerais bien découvrir, pour l'instant je suis plus tentée par ses "chemins d'eau"

zazy 23/11/2013 12:20

Je l'ai en version livre de poche, mais je pense que les dessins doivent gagner avec la version brochée. Il doit certainement être en bibliothèque, sinon, MP