16 mai 2013 4 16 /05 /mai /2013 23:15

Une visite surprise

Claudie Pernusch

Editions Belfond

222 pages

Mai 2013

ISBN / 9782714455901

 

4ème de couverture :

 

L’amour, l’océan les dunes de Soulac-sur-Mer… C’est la vie que Paulin s’est choisie, et il n’en veut pas d’autre. Il ne répond même pas à la lettre de Louise, une aventure d’un soir depuis longtemps oubliée. Lui, père d’une fillette ? Pas question de faire le test, encore moins de rencontrer l’enfant. Mais la petite déferle dans sa vie et elle ne lui laissera pas le choix.

 

Une émouvante comédie de mœurs, vive et fine, grave et légère, sur fond d’algues et de vent de mer. L’histoire d’un homme obligé d’affronter la réalité : une enfant inconnue qui lui demande de l’aimer.

 

Quelques mots sur Claudie Pernusch (site librairie Decitre) :

Claudie Pernusch est plus connue sous le nom de Sandrine Pernusch, auteur de livres à succès pour la jeunesse chez Bayard, Hachette, Grasset, Magnard, Casterman, Hatier, comme Mon je me parle (Casterman, 1996), au programme des écoles, et Faustine et le souvenir (Casterman, 1998), ou encore Un Fantôme en Classe Verte (éditions Rageot, 1995). Beaucoup sont traduits en plusieurs langues. Elle a ensuite décidé d'écrire pour les adultes et publié deux romans chez Albin Michel, Le Destin de madame Picmol (2006) et Le Cartable à musique (2009).
Son sujet de prédilection ? Quand le réel vient catapulter des vies bien rangées… pour le meilleur ou pour le pire.

 

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« Depuis ce matin l’enveloppe patiente dans mon veston. Je n’ose pas l’ouvrir. Je ne veux pas l’ouvrir. Je répugne à l’ouvrir. » Oh comme je comprends qu’il ne veuille pas l’ouvrir cette satané lettre qui risque de bouleverser toute sa vie. Une vie qu’il a choisie, surtout maintenant qu’il a rencontré « la femme de sa vie », qu’ils se veulent sans enfant, simplement tous les deux amoureux fous.

Mais voilà, le ver est dans le fruit, la réponse dans la lettre, la curiosité fera le reste. Bien entendu, la réponse est positive : il est le père de cette petite grenouille, le père d’Hermine dite Mine.

Il refuse cette paternité tardive et le lui dit « « Bien que vous n’ayez nullement eu l’honnêteté de partager avec moi le choix de garder cette enfant. Une enfant que vous avez faite uniquement vôtre pendant des années. Alors aujourd’hui assumez votre choix et je vous en supplie, respectez ma vie. » A quoi elle rétorque « Tu verras Mine. Tu verras ton enfant, déclare la femme au regard flamboyant. Je m’y suis engagé »e. Rien au monde n’est plus important pour moi, je ne pense plus qu’à ça. D’une façon ou d’une autre, je ne e lâcherai pas ».

Paulin et la mère font une partie de ping-pong dévastatrice. Mine est l’obus  qui risque de faire sauter la vie de Paulin, sa pauvre vie qu’il a peiné à réinventer. Il est venu se lover dans le giron de sa Gironde natale, dans son village, dans la maison familiale et c’est petite chose va venir tout faire sauter !!! Ah mais non, il va ruer le bougre, refuser, pas question. Il y a Lena, l’amour de sa vie !!! « Et je devrais prendre le risque de laisser une enfant inconnue jusqu’à ce jour ruiner un tel amour ? Entre une gamine qui m’est totalement étrangère et la femme de ma vie, y a pas photo. Et mollo, hein, les âmes bien pensantes, mollo. »

Mais c’est sans compter la douce insistance de Mine, qui telle l’hermine reviendra au terrier, doucement, sans brusquer, mais sans lâcher.

« -Tu veux pas m’aimer un peu ? supplie la petite d’une voix pleine de larmes.

- Mine, on ne commande pas ses sentiments comme des cornets de frites.

- Peut-être mais si on connaît pas les frites ben on peut pas savoir qu’on les aime. »

Petit à petit, ces deux-là vont s’apprivoiser sous le regard presque haineux de Lena qui refuse et s’enfuit. Paulin devra faire des choix,  se colleter de nouveau aux réalités de la vie. La parenthèse enchantée est finie. Tout choix implique une petite mort et Paulin y laissera quelques plumes. Le bonheur (et la tranquillité ?) est à ce prix. Lena ne veut pas être la belle-mère

« Rien. En tout cas je ne serai pas la belle-mère de ta fille. Je ne redeviendrai pas celle à qui on peut prendre son père, je… (lapsus révélateur des souvenirs de son enfance)

Je ne suis pas ton père Lena ! Merde !

… Je ne serai pas celle à qui on peut prendre son compagnon, poursuit Lena des sanglots dans la voix, je ne serai plus jamais celle en trop, celle qu’on humilie, qu’on finit par chasser. Je préfère me chasser moi-même »

 

J’ai aimé la couverture acidulée de ce livre. J’ai aimé le papier issu de sources responsables. J’ai surtout aimé lire l’écriture de  Claude Pernusch avec Soulac-sur-Mer en toile de fond ; elle en parle avec du plaisir sous les doigts. L’écriture vive me fait penser aux marées girondines, au ressac. Repartir pour mieux revenir.

 

En lisant la 4ème de couverture, je m’attendais à un livre gentillet et bien non. Sous ses airs de comédie (cela pourrait faire un bon scénario), Claude Pernusch parle de la paternité non désirée. « J’insiste beaucoup sur ce choix non partagé. Je le trouve plus salopard que mon refus de paternité imposée. Je veux avorter ». Sujet dont on parle peu. Cette Mine va faire exploser sa vie en mille morceaux d’étoiles et de verre.

 

Oui, vraiment une belle visite surprise. Soyez rassurée Claudie Pernusch, le grain de sable dans le bonheur d’un homme a su me toucher et me plaire. Merci pour votre délicate dédicace.

Je remercie vivement les Editions Belfond qui m’ont proposées la lecture de ce livre délicat.

 

Une jolie phrase :

« Les mômes sont le négatif des anges, de petits diables sans pitié »

 

 

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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 14:52

Celui que tu cherches

Amanda Kyle Williams

Traduction Pierre Reignier

Editions Albin Michel

mars 2013

400 pages

ISBN : 9782226246899

 

 

4ème de couverture :

Dans l’oppressante chaleur d’été, un tueur en série sème la terreur à Atlanta, annonçant ses crimes par lettre aux médias. La police fait appel à Keye Street, américaine d’origine chinoise, spécialiste de l’analyse comportementale, mise à la porte du FBI pour cause d’alcoolisme et désormais détective privée. La frêle jeune femme au Glock 10mm se raccroche à son métier, incapable de se passer du frisson de l’action et du goût du danger.
A la poursuite d’un des tueurs les plus effroyables et les plus habiles que le Sud des Etats-Unis ait jamais connu, Keye tente de démêler les liens entre ces différents meurtres tout en domptant ses propres démons. L’enquête ne tarde pas à devenir une affaire dangereusement personnelle, dans laquelle elle doit affronter son passé et défendre ceux qu’elle aime

 

Profil d’ Amanda Kyle Williams (source Albin Michel)

Tour à tour journaliste free-lance, représentante de commerce, huissier de justice, détective privé... Amanda Kyle Williams s’est nourrie de ses nombreuses expériences pour écrire son premier suspense, salué par la presse anglo-saxonne et élu parmi les meilleurs romans de l’année 2011 par Kirkus Reviews

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Vous prenez :

  • une profileuse ex-FBI, virée pour cause d’alcoolisme avéré et profond, devenue chasseuse de primes. Pour parodier une pub un peu ancienne : j’ai 5 secondes pour vous dire que  Keye Street, c’est de la dynamite !!!
  • un serial killer sérieux
  • des meurtres très spectaculaires
  • un commissaire peu ou prou amoureux de la profileuse
  • Atlanta, ville Etatsunisienne en pleine canicule et on la sent cette chaleur !
  • Des personnages secondaires très présents

Mettez ces ingrédients dans ce que vous voudrez, secouez très très fortement et vous obtenez un polar, pardon, un thriller qui vous tiendra éveillée jusqu’à ce que vous ayez terminé le livre (même si 3 schtroumpfs-vacanciers vous lèvent à 7 heures le matin).

C’est  un raccourci éhonté, mais …..Malgré tous ces poncifs, Amanda Kyle Williams a réussi quelque chose qui fonctionne très bien. Est-ce la cuisson, la macération ? Je n’en sais rien, en tout cas tout est réussi. La fin est l’apothéose, le feu d’artifice. Quant au meurtrier, ce serial killer…… quelques indices sont disséminés dans l’ouvrage, mais va savoir Charles si tu ne connais pas la fin !

Keye Street, vous êtes si vivante, si honteusement humaine et déjantée que vous m’avez plu. Votre auteur a fait en sorte que nous n’ignorions rien de votre vie, de votre passé et cela vous donne une grande force. Vous faites partie d’Atlanta. « Le Sud vous rentre dans le sang, par les narines, sous la peau, il vous pénètre jusqu’à la moelle. Je fais moins partie du Sud que le Sud ne fit partie de moi. C’est assez émouvant, cette idée du triomphe de la géographie sur soi. ». « J’étais donc devant cette maison sans savoir ce qui m’y attendait, sans renforts. J’y allais comme ça à chaud, le cœur battant la chamade, un torrent d’adrénaline dans les veines. L’adrénaline, je la sentais même dans ma bouche ; amande et saccharine. J’étais morte de trouille et j’adorais ça. »  D’après ma psy, j’ai un fantasme de puissance –un gros problème d’envie du pénis. C’est vrai, de temps à autre j’aime bien avoir un bon gros Glock à la main (oh je vous vois venir petits malappris, le Glock n’est pas un pénis, mais un pistolet !!!) De quoi avais-je si peur ? De ne pas pouvoir travailler sans boire, peut-être. Me sentais-je incapable de laisser mon esprit s’aventurer sur ce terrain violent, sauvage, de l’enquête criminelle, sans un verre à la main ? L’analyste comportementale que j’avais été ne devait-elle ses prouesses qu’à l’alcool ? Ces phrases vous définissent très bien.

Keye Street possède sa propre agence et doit « faire bouillir la marmite ». A elle, les joies de la filature, la recherche de la vache perdue (et oui, ça lui est arrivé), les papiers à comparaître à donner en mains propres…. Des « entres-actes » dans cette quête au tueur car elle le sait, ce sera dur « Parce que le tueur me connaît, voilà pourquoi. »

Amanda Kyle Williams a nourri ce personnage qui devient humain. Ce n’est pas seulement une machine à débusquer, mais un être humain dense, riche dont nous connaissons tout sans que ce soit redondant. Ses descriptions, quelques fois trop longues pour moi qui ne connais pas les Etats-Unis, participent au roman et permettent une respiration, un temps de repos pour mieux repartir à la recherche de ce dangereux criminel. Le suspens augmente au fur et à mesure des pages tournées, le tout dans un style très vivant.

 

Je remercie chaleureusement pour ce joli cadeau qui m’a tenue éveillée une bonne partie de la nuit.

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13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 15:38

 

Un après-midi avec Rock Hudson

Mercedes Deambrosis

Editions Buchet Castel

103 pages

2ème semestre 2001

ISBN : 9782283018644

 

 

4ème de couverture :

 

Dorita a réussi sa vie. Elle a un mari médecin, des bijoux, des fourrures et de grands enfants indépendants. Par une fin d'après-midi à Madrid, elle tombe sur cette vieille, cette bonne... enfin, quel est son nom, déjà ? Oui, Carmen. Mais la pauvre a tellement changé depuis le lycée ! Les deux amies décident d'aller boire un verre. Jusqu'à ce que les apparences s'effondrent, sous la plume toujours aussi corrosive de l'auteur, à qui l'on doit notamment La Promenade des délices et La Plieuse de parachutes. " Arrosé de vodka-orange, de Martini et de délire, l'après-midi finira quelque part en enfer [...]. Ce deuxième roman de Mercedes Deambrosis, d'une absolue et irrésistible cruauté, se lit d'une traite. Entre fou rire et apitoiement. "

 

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Si une « vieille » copine d’école avec laquelle vous ne vous entendiez pas particulièrement, ou plutôt, qui ne vous aimait pas, vous hèle dans la rue : Courage, fuyez à toutes jambes !!!

Cette chère Carmen en a fait les frais au grand bonheur de Mercedes Deambrosi.

« -Comment as-tu fait pour me reconnaître ? Quelle mémoire Dorita, quelle mémoire après tant d’années…

Cette pauvre fille est encore plus laide que lorsqu’elle était u lycée, comment aurais-je pu l’oublier ? » pensa Dorita, et à voix haute : -Mais tu n’as guère changé ma chérie dès que je t’ai aperçue, je me suis dit : mais c’est cette bonne amie Carmen Gonzalo y Gonzalo. Elle pinça ses lèvres étroites en un semblant de sourire où le rouge Revlon débordait généreusement »

Dorita, est-ce parce qu’elle s’ennuie un peu dans sa vie « réussie », embarque cette Chèèère Carmen dans une course échevelée vers…. Elles ne savent pas trop quoi. De cafeteria en bar, Dorita impose son luxe, impose ses vues, rabaisse, sans en avoir l’air tout en sachant ce qu’elle fait, cette Chèèère Carmen. Dorita se vautre dans son luxe, montrant les derniers bijoux offert par son Cheeer Mari. Cette pauvre Carmen n’a que son allure de vieille fille mal fagotée et Dorita s’en paye une bonne tranche sous couvert « d’amitié ».

Un après-midi mémorable fait de méchanceté à sens unique. Plus la soirée avance plus le vernis craque, le fond de teint part en plaques, tout comme la bienséance ! Dorita s’enfile Martini sur Martini. Mercedes Deambrosis s’en donne à cœur joie à dépiauter cette vieille Espagne des carcans, des faux-semblants, des apparences (mais cela vaut aussi dans notre chère France). La scène « d’amour » dans les toilettes d’un night-club est un délice mordant, dévastateur, cruel que je vous laisse découvrir.

Un livre que j’ai adoré ; un livre ponctué de rires, de ricanements, de oh scandalisé ou désolé. Une soirée que ni l’une ni l’autre n’oublieront facilement. De retour à leurs domiciles respectifs, elles y trouveront ce qu’elles n’auraient voulu y trouver : le vide. Cette journée fut une véritable descente en enfer !!

Au fait pourquoi ce titre ? La réponse est dans ce livre. Une réponse cruellement jubilatoire mais pathétique.

Ce petit roman est cruellement jubilatoire avec une pointe pathétique pimentée. Mercedes Deambrosis appuie là où ça fait mal à la bourgeoisie !!!!

Je l’ai rencontrée au « Salon des Dames » à Nevers début avril dernier où elle présentait son livre « Juste pour le plaisir ».

Mercedes Deambrosis en compagnie de Michèle Gazier lors du dernier Salon des Dames de Nevers

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12 mai 2013 7 12 /05 /mai /2013 22:50

La grande collection

Séverine Vidal et Delphine Vaute

Editions Philomèle

ISBN 9782918803447

 

 

4ème de couverture :

Violette collectionne les objets étranges, les phrases entendues, les souvenirs, les cauchemars même…. Avec eux, elle refait le monde et s’invente des histoires.

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J’ai reçu ce très joli livre grâce à l’opération lancée par Babelio. Je les en remercie vivement ainsi que les Editions Philomèle.

Parlons d’abord de cet objet-livre : Les Editions Philomèle font dans la haute qualité, couverture, papier, technique, tout est parfait.

« Faire sonner la langue,

la bousculer gaiement, la caresser dans le du rythme,

mettre les mots sens dessus dessous

dans des textes de fiction, proches

de l’imaginaire enfantin ;

Voyager d’une image à l’autre et découvrir le style

et les couleurs d’artistes illustrateurs

aux univers singuliers »

Tel est le crédo de ces Editions singulières et attirantes, très attirantes.

 

Nous suivons Violette et sa collection de tout et de rien, surtout de tout. « Violette récupère ce que les autres jettent » « Violette a un tiroir « à trier » où elle glisse les mots en vrac. Quand elle a le temps, les jours de pluie, elle trie tout, c’est sa petite fête ». Séverine Vidal par la magie de ses mots nous permet d’entrer dans les rêves de Violette.

Chape page apporte son lot de glanage, de petits riens qui fleurent bons la poésie, les madeleines de Proust. C’est subtil, un peu trop poétique pour mon loulou de 4 ans qui ne rêve que de batailles, d’épée….. Mais, la petite sœur attend son tour et là, j’ai toutes mes chances.

Ce livre nous remet en mémoire toutes nos petites trouvailles, cailloux blancs,  cailloux qui brillent, étoiles des mers, coquillages, petites bâtons…..

J’ai beaucoup aimé la fin, mais je vous laisse le soin de la découvrir.

Les dessins aux couleurs tendres mais pas mièvres sont absolument ravissants, les collages très explicites. Le maître-mot de ce livre : l’élégance. Un petit bric-à-brac que j’ai dégusté avec un grand plaisir. Tiens, lorsque Mamour (8 ans) reviendra cet été, je le lui montrerai, elle qui garde tant de choses !!!!

Un livre splendide que j’ai beaucoup aimé lire, feuilleter, regarder et que je feuillette encore en vous écrivant ces quelques lignes. Delphine Vaute  met en image les mots de Séverine Vidal  à moins que ce ne soit le contraire !

Un éditeur, des auteurs à découvrir qui prennent le parti de l’intelligence des enfants.

Encore merci pour ce partenariat et cette jolie découverte.

 

 

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12 mai 2013 7 12 /05 /mai /2013 20:52

 

La preuve du paradis

Dr Eben Alexander

Traduction de Jocelin Morrisson

Guy Trédaniel Editions

238 pages

1er trimestre 2013

ISBN : 9782813205797

 

 

4ème de couverture

 

Y-a-t-il une vie après la mort ? Ou plus exactement, est-ce que le Paradis existe ?

Eben Alexander, neurochirurgien à l’esprit rationnel, nous en donne la preuve, après avoir vécu une NDE (expérience de mort imminente). Cet homme de 52 ans atteste de l’existence du Paradis dans ce livre témoignage, aussi extraordinaire que bouleversant. L’auteur nous invite à partager son voyage dans une autre dimension, là où il a rencontré des êtres de lumière, très différents de tout ce que l’on peut connaître sur notre planète…Un récit dont l’authenticité a été reconnue par le Dr Raymond Moody, spécialiste renommé de l’au-delà.

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Hum, comme dire, sujet embarrassant pour moi.

Je viens de lire quelques nouvelles autour de ce thème, j’étais très dubitative….. et je le reste.

« Quoi, tu oses aller à l’encontre du récit d’un grand neurochirurgien américain ! » Je vous entends déjà. Mais laissez-moi essayer de vous expliquer ce qui m’a gênée dans ce livre :

La religion omniprésente. Cette foi bigoterie qui voudrait déplacer des montagnes sans poser aucune question, moi qui suis dans le doute constant.

Autre chose ; le vocabulaire froid comme coupé au scalpel, normal me direz-vous pour un chirurgien, ne m’a pas permis d’entrer dans ce livre. J’ai vraiment ressenti qu’Eben Alexandre était plus spectateur qu’acteur de son livre. Peut-être est-cela l’impression d’être sorti de son corps !

OK je me gausse, je me gausse, mais je suis vraiment embarrassée. Est-ce parce que c’est une sommité chirurgicale qui raconte son odyssée alors que, jusqu’à présent, il s’agissait de simples quidams ou d’illuminés (pardon pour cette outrance) ? Est-ce parce que, et oui, cela pourrait exister ?

Eben Alexander raconte son départ vers un monde meilleur, bien propre sur lui, qui ressemble étrangement à celui auquel il croit. Il évoque en long et en large, les raisons de son coma et là, j’ai trouvé que c’était du remplissage délayé. En proportion, peu de choses sur son aller-retour au Paradis.

 

Mouais, je suis très en retrait de ce livre dont je n’ai pas aimé l’écriture style communication médicale, qui n’a pas su m’intéresser. Quant au contenu il me manque des éclaircissements plus appropriés, non pas sur sa maladie, aussi rare, brutale qu’elle soit, ni sur son entourage à ce moment, là nous avons été gâtés ;  mais sur cette expérience E.M.I.

On y croit, on n’y croit pas et je ne pense pas que ce livre modifiera les avis, en tout état de cause, il n’a pas modifié le mien.

 

Je remercie et la librairie pour m’avoir gentiment envoyé cet ouvrage.

Allez voir les chroniques des autres lecteurs sur le site en cliquant sur le logo, sur le titre ou l’auteur.

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8 mai 2013 3 08 /05 /mai /2013 21:33

Ras-le-bol de tout ce dysfonctionnement avec la nouvelle version overblog qui n'est même plus en période d'essai, mais bien "fonctionnelle" (peut-être que je devrais sourire).

Pour rajouter des photos, des textes, retrouver ses photos, ses albums et que sais-je encore, il faut connaître le htlm sur le bout des doigts !!! Or mes connaissances dans ce langage sont nulles !

Je me trouvais bien sur cette plate-forme, tout était fait pour nous faciliter la tâche, pas besoin d'être surdoué en informatique, le référencement était bon....

Cet avec un poids sur le coeur que je migre vers Eklablog. Voici la nouvelle adresse où, je l'espère, j'aurai le plaisir de vous retrouver bien vite. http://zazymut.eklablog.com/

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2 mai 2013 4 02 /05 /mai /2013 16:12

Histoire d’une mouette et du chat qui lui apprit à voler

Luis Sepúlveda

Traduction : Anne-Marie Métailié

Editions Métailié

en coédition avec le Seuil jeunesse

120 pages

2012

ISBN : 9782864248781

 

4ème de couverture :

Zorbas le chat grand noir et gros a promis à la mouette qui est venue mourir sur son balcon de couver son dernier œuf, de protéger le poussin et de lui apprendre à voler Tous les chats du port de Hambourg vont se mobiliser pour l'aider à tenir ces promesses insolites.

A travers les aventures rocambolesques et drôles de Zorbas et Afortunada, on découvre la solidarité, la tendresse, la nature et la poésie.

 

Luis Sepúlveda  est né le 4 octobre 1949 à Ovalle, dans le nord du Chili. Étudiant, il est emprisonné sous le régime de Pinochet pendant deux ans et demi. Libéré puis exilé, il voyage à travers l'Amérique latine et fonde des groupes théâtraux en Équateur, au Pérou et en Colombie. En 1978 il participe à une recherche de l'UNESCO sur "l'impact de la colonisation sur les populations amazoniennes" et passe un an chez les indiens shuars. Le Vieux qui lisait des romans d’amour, son premier roman traduit en français, a reçu le Prix France Culture du roman étranger en 1992 ainsi que le Prix Relais H du roman d’évasion et connaît un très grand succès dans le monde entier, il est traduit en 35 langues. (Source éditions Métailié)

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Imaginez ; vous vous prélassez sur votre balcon et une mouette vient pondre son dernier œuf avant de mourir mazoutée. « La tache noire. La peste noire. Tandis qu’elle attendait l’issue fatale, Kengah maudit les humains ».  Juste avant, elle vous fait promettre de couver l’oeuf, puis d’apprendre à voler à l’oisillon qui en sortira. Vu l’état de fatigue de l’oiseau, vous promettez tout…. Et vous retrouvez dans les complications, surtout si vous êtes un chat, ce qui est le cas de Zorbas !

Que faites-vous ? Veuillez notifier votre réponse en une page maximum….

Un vrai problème, n’est-ce pas ? Vous ne savez pas comment vous sortir de cet imbroglio, surtout ne pas dévorer ce petit être à plumes qui va sortir de l’œuf.  Alors, vous avez intérêt à lire la suite de ce livre, car vous ne vous en tirerez pas tout seul.

Zorbas va bien vite chercher conseil auprès de ses amis Colonello, Jesaistout, Secrétario…. Tous ensembles, ils vont prendre en charge l’éducation du volatile. Mais avant, il y a…. la couvade !!! Imaginez un chat en train de couver un œuf « Couver n’avait pas été facile pour le chat grand noir et gros. » La peur bleu lorsque l’humain trouvant qu’il y avait trop de saletés sur le balcon et décida de passer l’aspirateur !!!!

Enfin bref, un jour :

« Zorbas prit l’œuf entre ses pattes de devant et vit comment le poussin donnait des coups de bec pour faire un trou par lequel sortir sa petite tête blanche et humide.

  • Maman ! cria le poussin de mouette.

Zorbas ne sut que répondre. Il savait qu’il était noir mais il crut que la chaleur de l’émotion le transformait en un chat violet. »

 

Mais si, vous aussi, vous auriez craqué !!!

 

La solidarité entre félins ira même jusqu’à une rencontre avec le chef des rats (oui, vous avez bien lu !) pour assurer la protection du volatile, euh, pardon, il faut l’appeler « Afortunada » joli prénom donné par la bande.

 

Enfin bref, grâce à leur grande amitié, ils ont su faire preuve de solidarité, de tolérance (ne pas dévorer un volatile, il faut le faire !) et respecter la parole donnée.

 

Ce roman parle de tout cela de façon très poétique et imagée. Accepter l’Autre, même si il est totalement improbable « Nous ne te contredisons pas quand tu cries que tu es un chat, car nous sommes fiers que tu veuilles être comme nous, mais tu es différente et nous aimons que tu sois différente. Nous n’avons pas pu aider ta mère, mais toi nous le pouvons. »

Franchement, un triangle chat-rat-mouette qui n’avait rien de rose (oh le mauvais jeu de mot Zazy !!) mais qui s’est avéré payant.


Luis Sepúlveda, dans ce conte pour enfant, écrit apparemment pour ses propres enfants, maîtrise une écriture simple et directe, avec beaucoup de poésie, des dialogues percutants et humoristiques. Nos amis félins y parlent fort bien d’amour, de différence, d’entraide et, en prime, beaucoup de bonheur.  Sans oublier que tout ceci est arrivé par la faute des humains leur maudite pollution, leurs dégazages en pleine mer. « Souvent elle avait vu d’e n haut comment les grands pétroliers profitaient des jours de brouillard côtier pour aller en haute mer nettoyer leurs réservoirs. Ils jetaient à la mer des milliers de litres d’une substance épaisse et pestilentielle qui était entraînée par les vagues ».

 

Un livre à ne pas réserver qu’à nos chères têtes blondes, brunes ou rousses !

Tiens, une mouche sur la vitre ! Et si je la gardais pour Afortunada.

Je vais vérifier où en est ma réservation de son livre « le vieux qui lisait des romans d’amour ». Je pense que je m’y plongerai avec délectation.

Un livre dont j'ai beaucoup lu de bons papiers chez mon copinautes et je les en remercie.

Quelques autres critiques sur Entrée livreLibfly -

« Zorbas prit l’œuf entre ses pattes de devant et vit comment le poussin donnait des coups de bec pour faire un trou par lequel sortir sa petite tête blanche et humide.

  • Maman ! cria le poussin de mouette.

Zorbas ne sut que répondre. Il savait qu’il était noir mais il crut que la chaleur de l’émotion le transformait en un chat violet. »

 

 

 

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30 avril 2013 2 30 /04 /avril /2013 13:24

Mine de rien

Une aventure de Nour et Norbert

Ricardo Montserrat

& le Secours pouplaire 62

90 pages

Editions Baleine

Collection Colères du présent

ISBN : 9782842195151

 

 

4ème de couverture :

"Toute ressemblance avec des personnes ayant existé, des faits et des événements s'étant produits dans le Nord-Pas-de-Calais serait purement fortuite. Chacun sait que la République ne permettrait jamais que s'installent dans une seule de ses régions la misère et la violence.

Chacun sait que la gauche a l'intention d'augmenter les budgets des associations, en particulier celui du Secours populaire, de remettre le peuple au centre de ses préoccupations, loin devant les banquiers, les spéculateurs, les profiteurs. Sinon Nour va se fâcher, et ça va saigner ! "

La jeune Marocaine est seule désormais, puisque Norbert est mort.

Mais on est jamais seul quand on milite. Il y à tellement a faire sur le front de la solidarité, surtout dans la voyette du Bout du monde, un malheureux bout de rue où se côtoient des rescapés des camps, une demandeuse d'amour, un demandeur d'asile...Avec leurs petites mains, leur grand cœur et leur mémoire déchirée, ils vont affronter à leur manière la Bête immonde engendrée pas Moloch.

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Dans l’avertissement, j’apprends que ce petit livre est coécrit par les militants et les bénévoles du Secours Populaire du Pas-de-Calais. Je n’ai pas lu les précédents, celui-ci semble être le dernier édité. J’aime la couverture, l’œil du chien avec le croissant rouge de la révolte et le puits de mine plus loin

Martin ne supporte plus de refuser des crédits à des clients  pas ou peu solvables dans sa banque et change radicalement de vie puisqu’il va passer de l’autre côté du manche et devenir directeur du Secours Populaire du Pas-de-Calais et y défendre les valeurs auxquelles il croit. Nour, sa compagne le suit dans à Mopty-lès-Arras et se retrouve dans une impasse qui a connu des jours meilleurs. Elle aussi a changé radicalement de voie pour devenir coiffeuse à domicile « capillo-câlinothérapiste » comme elle dit.

Ce livre est un joli conte avec toutes les invraisemblances des contes, mais, surtout il y a  de l’humain. Ces gens-là font de la philosophie appliquée à l’humain. Il ressort de ce petit livre très rapidement lu, une grande bouffée de chaleur, d’humanité, de rapports humains. Bien sûr, il y a les deux camps : ceux qui s’entraident et se voient différents mais plein de richesses intérieures et ceux qui ont peur de l’autre, pour qui la différence fait peur. L’un comme l’autre peinent à croire au bonheur, mais les premiers vont le chercher dans l’entraide alors que les autres ne pensent qu’à la haine et la violence malsaine. Mais cette impasse n’est pas un ilot avec nuages rose, non, on y lit la misère, le chomdu, la détresse humaine…  

Il n’empêche, ce quartier, cette voyette du bout du monde est bruissant de vie. Un mot pourrait la résumer : la dignité.

Le travail des bénévoles qui ne distribuent pas seulement des colis de victuailles, mais de la chaleur humaine est ici fort bien évoqué. Les chaînes de solidarité fonctionnent comme elles peuvent, mais elles sont agissantes.

J’ai été émue par ce petit recueil, Ricardo Montserrat et vous les membres du  Secours pouplaire 62, vous avez fait du beau travail.

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29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 11:21

 

 

La première chose qu’on regarde

Grégoire Delacourt

Editions J. Lattès

Date de Parution : 03/2013

250 pages

ISBN : 2709642867

 

4ème de couverture :

Le 15 septembre 2010, Arthur Dreyfuss, en marcel et caleçon Schtroumpfs, regarde un épisode des Soprano quand on frappe à sa porte.
Face à lui : Scarlett Johansson.
Il a vingt ans, il est garagiste.
Elle en a vingt-six, et elle a quelque chose de cassé.

 

Grégoire Delacourt :

Né en 1960 à Valenciennes, Grégoire Delacourt est publicitaire. On lui doit notamment de fameuses campagnes pour Coeur de Lion, EDF, Lutti ou encore Apple. L'Ecrivain de la famille est son premier roman et a été récompensé par cinq prix littéraires. (source Entrée Livre)

============

 

Je n’ai pas lu le livre précédent de Grégoire Delacourt et suis donc, vierge -ascendant je ne suis pas au courant- de tout regret, de toute attente. Les noms des acteurs américains me sont totalement inconnus. Je sais, je suis inculte de chez inculte, mais que voulez-vous, je n’aime pas m’enfermer dans une salle obscure et je ne regarde pour ainsi dire jamais la télévision. Je ne suis même pas allée sur la toile pour voir à quoi ils ressemblent.

Ceci posé, passons au livre. Je remercie et la librairie Decitre pour m’avoir gentiment envoyé cet ouvrage et permis de découvrir un nouvel auteur. Si ce livre vous tente, cliquez sur l'image pour nous rejoindre, vous trouverez certainement de quoi agrandir votre liste de lecture.

 

Célibataire, solitaire plus que seul, sa journée de travail achevée, Arthur Dreyfuss se met à son aise (marcel et caleçon). C’est sans compter la divine providence qui se matérialise sous la forme d’un coup de sonnette. Il ouvre et………….. le destin se met en marche. Il se trouve nez-à-nez avec Scarlett Johansson. Avouez que cela fiche un coup aux plexus, il n’est plus solaire, il est radioactif, il irradie !

Les apparences sont parfois (voire souvent) trompeuses. Comment vivre la vie de tout le monde lorsque l’on est le sosie presque parfait d’une beauté à la plastique irréprochable avec des nibards tout ce qu’il faut pour la main d’un honnête homme (je sais, ce n’est pas très relevé, mais la pauvre Jeanine Foucamprez (c’est son vrai nom) ne voit que cela dans le regard des hommes, sauf dans celui d’Arthur. Une idylle très lente se noue entre les deux jeunes gens. Tout est parfait, rêvé jusqu’au moment où Arthur après des ébats déclare à sa belle : « Je t’aime Scarlett » « Quand leurs corps retombèrent, quand la moiteur se fit frisson et que le froid salé commença engourdir leurs doigts, Arthur Dreyfuss sourit, doucement ivre, amoureux, et ces mots qui changent une vie s’envolèrent – Je t’aime Scarlett. Et le cœur de Jeanne s’arrêta. »

Et tout changea…

C’est un livre très agréable à lire quoique avec quelques longueurs…. Les tourtereaux, l’amour idéal…. Lasse quelque peu. Oh, Zazy, ne serait-ce pas là l’ombre d’un point de jalousie que j’aperçois ?

Passons outre ce petit détail. Grégoire Delacourt a fort bien dépeint les affres, les problèmes, les difficultés d’être sosie d’une star, d’une beauté. Soutenir le regard concupiscent des hommes, la haine à peine voilée des filles. « Mon corps est ma prison. Je n’en sortirai jamais vivante. » Perdre toute identité personnelle, ne plus être Soi, mais l’Autre, l’Autre qui vous bouffe, vous détruit, vous suce le sang jusqu’à la moelle. Une partie très intéressante de ce livre.

 

Afin de ne pas trop tomber dans les « chabadabadas », Grégoire Delacourt commet quelques digressions géographiques, généalogiques de temps à autres amusantes.

 

Vais-je me faire lyncher ? J’ai aimé lire ce livre, mais….. il me manque quelque chose ou il y a quelque chose en trop. Grégoire Delacourt ne fait qu’effleurer le sujet, nous accompagnons Arthur Dreyfuss et Jeanine Foucamprez, ces deux paumés de la vie, orphelins de père, bousculés, blessés de la vie, mais c’est tout, j’aurais aimé que ce livre me bouscule un peu plus.

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22 avril 2013 1 22 /04 /avril /2013 22:59

 

Comme une bête

Joy Sorman

Editions Gallimard

 

4ème de couverture :

«Pim passe sa main partout où il peut, identifie à haute voix le jarret, la côte première et le filet mignon - les mots la font rire et puis moins quand il passe à la tranche grasse et au cuisseau. Le corps de l'apprenti ankylosé par des jours de découpe, de désossage et de nettoyage se détend enfin, s'assouplit, ses mains se décrispent, la chair est mobile, la peau se griffe, le sang détale dans les veines, il pose ses doigts sur les tempes de la fille, ça pulse.»
Comme une bête est l'histoire d'un jeune homme qui aime les vaches au point de devenir boucher.

Joy Sorman est née en 1973. Elle a reçu le prix de Flore pour son premier livre Boys, boys, boys (Éditions Gallimard, 2005). Elle est également l'auteur de Du bruit, Gros œuvre et Paris Gare du Nord parus aux Éditions Gallimard.

 

Votre enfant n’est pas doué à l’école, le collège l’ennuie profondément….. Le lycée professionnel, l’apprentissage sont là, non pas comme roue de secours, mais comme découverte vers une voie royale, peut-être faite de passion !!!

Et oui, Pim est un de ceux-là. Pim s’est tenu tranquille jusqu’à la fin de la troisième, élève médiocre mais poli, discret et sans histoires. A la fin du deuxième trimestre la conseillère d’orientation lui remet une plaquette sur l’apprentissage –Pim tu sais c’est pas une voie de garage, c’est la garantie d’avoir un bon métier-, mais Pim n’a pas d’états d’âme et la plaquette promet une formation en alternance, un CAP en deux ans après la troisième, plus de 4000 postes à pourvoir chaque année dans toutes les boucheries de France, un salaire d’apprenti qui varie entre 25 et 78 % du smic et un secteur qui ne connait pas la crise. »

De plus Pim est un manuel, c’est-à-dire qu’il est doté de longues mains pâles –de pianiste, pas de boucher, lui dit souvent son père-, aux doigts effilés, osseux et agiles. »… »Il ne le sait pas encore mais ces mains lui assureront un avenir radieux »

 

Voici notre Pim qui entre dans le métier de boucher comme on entre en religion, et les nouveaux convertis sont les plus assidus et les plus fervents, c’est bien connu. Pim aime la viande et Joy Sorman nous promène avec un luxe de détail sur le chemin de la viande de la ferme aux boucheries en passant par les abattoirs.

 

Pour assurer dans ce métier de boucher, Pim assure….. comme une bête ! « Pim se rêve chevalier viandard »

 

Il aime son métier, mais il aime également les bêtes au point de vouloir faire partie du troupeau. Il entrera dans la chaîne non pour y découvrir une malfaçon, mais pour refaire le parcours, reprendre le chemin aux côtés des animaux, emprunter les mêmes couloirs, les suivre à la trace….

Joy Sorman est fort bien documentée sur la technique de la boucherie, que ce soit en amont ou en aval (mais pas en avalant). Les points techniques sont précis. Patrice David qu’elle remercie, à juste titre, a été un très bon mentor en ce domaine. Le vocabulaire technique n’est pas froid, grâce à une écriture vivante, voire vibrante. J’y ai senti les odeurs, vu les gestes précis, entendu les bruits divers, le rouge est omniprésent tout comme le vert des prairies …. Et oui, ce livre grouille de tout ça et c’est vivant bien que ces animaux aillent à l’abattoir. « Comme une bête » est à faire lire dans les lycées professionnels, aux apprentis car c’est un hommage aux artisans, aux métiers manuels, à ces personnes qui comme Pim « n’a peur de rien, ni de la fatigue ni du froid ni du travail… »

Comme me l’a gentiment écrit Joyce Sorman dans sa dédicace (j’ai pu la rencontrer lors du Salon des Dames à Nevers : « un roman d’amour vache, une plongée au cœur de la chair, de l’autre côté des bêtes ».

Un livre que j’ai aimé lire sur le grill, à peine sorti du four du sac. Une lecture mitonnée aux petits oignons crus et que je vous recommande.

Les avis de Mimi -    Jostein - Par contre, dans mon souvenir Le parfum de Patrick Süskind est beaucoup plus violent et nauséeux. 

 

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