Publié le 25 Juillet 2015

Le dernier gardien d’Ellis Island

Gaëlle Josse

Editions Notabilia

Septembre 2014

176 pages

ISBN : 9782882503497

 

 

4ème de couverture

New York, 3 novembre 1954. Dans quelques jours, le centre d’immigration d’Ellis Island va fermer. John Mitchell, son directeur, reste seul dans ce lieu déserté, remonte le cours de sa vie en écrivant dans un journal les souvenirs qui le hantent : Liz, l’épouse aimée, et Nella, l’immigrante sarde porteuse d’un très étrange passé. Un moment de vérité où il fait l’expérience de ses défaillances et se sent coupable à la suite d’évènements tragiques. Même s’il sait que l’homme n’est pas maître de son destin, il tente d’en saisir le sens jusqu’au vertige.

À travers ce récit résonne une histoire d’exil, de transgression, de passion amoureuse, et de complexité d’un homme face à ses choix les plus terribles.

Gaëlle Josse a reçu le prix 2015 de littérature de l’Union européenne pour « Le dernier gardien d’Ellis Island ».

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Ellis Island ; île tremplin pour une nouvelle vie, aube pleine de promesse pour beaucoup ou arrêt et retour à la case départ pour quelques uns.

John Mitchell en est le dernier, l’ultime gardien puisque le centre d’accueil pour migrants est maintenant fermé. Pour ne pas oublier, John Mitchell note tout sous la forme d’un journal. Sa vie, ses amours, ses joies, ses peines, sont intiment liées à ce centre.

Tous ces migrants débarquent de la cale après des jours ou des semaines de voyage dans la promiscuité, la misère, la puanteur, les petites bestioles et les maladies. C’est le typhus qui emportera Liz, son épouse tant aimée, infirmière dans le centre.

De tout ceci John se souvient, comme il n’oubliera pas Nella, l’immigrante sarde dont il tomba amoureux.

Gabrielle Josse, de son écriture précise, d’une grande maîtrise, raconte le quotidien, quelque fois sordide, fait de marchandages, de petits compromis, d’espoir, de peur, de drames. Ces vies qui se jouent sur une croix dessinée sur un manteau… C’est un roman d’une grande humanité. La poésie côtoie la misère, l’espoir, le désespoir. Une superbe lecture, un bel écrivain.

Pendant quarante-cinq années –j’ai eu le temps de les compter-, j’ai vu passer ces hommes, ces femmes, ces enfants, dignes et égarés dans leurs vêtements les plus convenables, dans leur sueur, leur fatigue, leurs regards perdus, essayant de comprendre une langue dont ils ne savaient pas un mot, avec leurs rêves posés là au milieu de leurs bagages.

Et s’ouvre la Porte d’Or… Pour beaucoup, elle n’aura été qu’un portail grinçant et ils n’auront cessé de l’embellir pour les générations à venir. Car aucun miracle ne les attendait ici, sauf celui dont ils seraient les seuls artisans.

Depuis Ellis, j’ai regardé vivre l’Amérique. La ville, si près, si loin. L’île avait fini par en constituer pour moi le poste avancé, la tour de guet, le rempart contre des invasions dont j’étais la sentinelle.

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Rédigé par zazy

Publié dans #littérature française, #2014, #Editions Notabilia

Publié le 14 Juillet 2015

Gil

Célia Houdart

Editions P.O.L.

janvier 2015

240 pages

ISBN : 9782818021248

 

 

4ème de couverture :

L’été de ses dix-huit ans, un jeune pianiste reconnaît une chanson que diffuse un autoradio. Il se met à chanter.

Une voix monte, des orages éclatent

L’auteur (site de l’éditeur) :

Après des études de lettres et de philosophie et dix années dédiées à la mise en scène de théâtre expérimental, Célia Houdart se consacre à l'écriture. Depuis 2008, elle compose en duo avec Sébastien Roux des pièces diffusées sous la forme d'installations ou de parcours sonores. Elle a été lauréate de la Villa Médicis hors-les-murs, de la Fondation Beaumarchais-art lyrique, du Prix Henri de Régnier de l'Académie Française (2008) pour son premier roman Les merveilles du monde et du Prix Françoise Sagan (2012) pour Carrare.

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Ce livre n’est pas sans me rappeler le livre de Frank Conroy « Corps et âme ».

Gil de Andrade, jeune pianiste se découvre une passion pour le chant. Il bifurque, prend des cours de chant et devient un ténor mondialement reconnu. J’ai suivi l’avancée de Gil avec grand plaisir. La réussite de Gil est contrebalancée par Lucile, sa mère, internée en Suisse. Beaucoup d’humanité dans ce livre qui m’a donné beaucoup de plaisir. Peut-être pas si anodin que cela. Gil, personnage effacé lorsqu’il joue du piano, se retrouve sur le devant de la scène avec un immense talent.

La rencontre des bons professeurs et du talent est une alchimie infaillible si le travail et une certaine abnégation sont là. Roberto Alagna en est un vivant exemple.

L’écriture de Célia Houdart, dont c’est le premier livre que je lis, est finement ciselée. Comme quoi, d’un roman simple, peut surgir une belle musique.

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Rédigé par zazy

Publié dans #littérature française, #2015, #Editions P.O.L.

Publié le 11 Juillet 2015

 

Les mains gamines

Emmanuelle Pagano

Editions P.O.L.

août 2008

176 pages

ISBN : 978-2-84682-273-2

 

4ème de couverture :

Les Mains gamines est le troisième roman que nous confie Emmanuelle Pagano. Comme ça, à première vue, ce titre plaisant, presque charmant, semble annoncer une histoire agréable et poétique, pleine d’enfance. Et, de fait, l’enfance est présente dans ce livre et une certaine forme de poésie n’en est pas absente – une forme étrange, d’ailleurs qui, tout en évitant soigneusement la métaphore fait surgir à l’esprit du lecteur des images, des couleurs et des atmosphères souvent splendides.
Mais, en réalité, Les mains gamines racontent une histoire terrible. Celle d’une enfant qui pendant une année scolaire tout entière, en CM2, est tous les jours systématiquement violée par les garçons de sa classe – tous les garçons sauf un. Ils sont trop petits Sans doute. Alors ils se serviront de leurs mains.
Aujourd’hui, le temps a passé. Elle est domestique de l’un de ses anciens tortionnaires. Elle écrit dans un carnet, elle essaie de dépasser cette histoire qui est aussi un secret collectif, elle n’y arrive pas, elle y revient toujours allant même jusqu’à suggérer à son patron d’organiser une fête avec tous les anciens de la classe…
Quatre personnages, porteurs conscients ou non de ce secret, vont tour à tour nous permettre d’en prendre la mesure. Des femmes, seulement des femmes, des femmes qui se sont tues alors qu’il aurait fallu parler, ou qui ne savent pas mais se doutent, comprennent et spécialement dans leur corps, par leur corps, que quelque chose est là tout autour qui ne peut se dire.
À travers de très habiles et très émouvants flux de conscience Emmanuelle Pagano, à la fois révèle le secret et en décrit l’enfouissement. Elle le fait dans une langue magnifique et implacable, précise, sensuelle.

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Une femme, épouse d’un propriétaire viticole, qui ne se sent pas à sa place. Une autre, domestique, qui garde sa place, mais se déplace. Une grand-mère qui a sa place, mais dans le grenier de la grande maison familiale au cœur de la châtaigneraie. Une petite-fille, sa petite-fille qui ne sait où est sa place. Une ancienne institutrice enfermée dans sa maison de retraite et son silence. Toutes ont en commun de se heurter à des murs, des murmures, des non-dits. Des hommes gravitent autour de ces femmes, des hommes qui furent des petits garçons, qui furent tous dans la même classe de CM2, des mains gamines qui commirent, pendant toute une année, un viol, avec leurs mains scélérates de petits garçons, sur une petite fille de leur classe. Enfin, tous sauf un. Ils n’ont jamais rien dit. Pire, l’institutrice, celle de la maison de retraite, qui voyait la scène se renouveler à chaque récréation, s’est tue.

Maintenant, cette petite fille, Emma, est la domestique d’un propriétaire viticole, l’un des violeurs.

Pour exister, Emma écrit, dans un carnet, des poèmes violents, durs, « des sortes de poèmes hards » sur des sexes cousus, protégés par des vers à soie ou des sexes bogues, rétractibles qui se hérissent. L’épouse du propriétaire viticole et violeur les a lus, pour moi un second viol qu’elle ne relèvera pas plus que le premier et qu’elle laissera faire, voire favorisera.

Emma va aider le propriétaire viticole à préparer une soirée où il reçoit tous ses copains de CM2, donc, les petites mains scélérates. Que va faire Emma ? Aurons-nous du suspens, va-t-elle en profiter pour… Et bien, non. Emmanuelle Pagano avec une écriture aussi piquante que les bogues des châtaignes, aussi sensuelle et rude que les paysages de l’Ardèche qu’elle décrit si bien ; d’une plume sensible, poétique, précise, sans voyeurisme ni violence gratuite donne à lire le remord, l’impunité, la revanche silencieuse. Tout est intériorité sauf les otalgies.

Est-ce que le remord donne des problèmes auditifs, sont-ce les cris, les bouches qui se taisent ? Entre celle qui a une bête dans le conduit auditif, celle qui est sourde, les problèmes d’otalgie, je pourrais le penser.

Il y a des cris silencieux qui nous vrillent le cerveau. Personne ne crie au scandale dans ce livre. Comme le dit Claude, les enfants ne paient jamais.

Un livre écrit à voix basse avec des silences assourdissants. Un superbe livre. Après avoir lu et aimé « En cheveux », j’au eu envie d’aller plus loin. Par contre, j’ai arrêté la lecture de « L’absence d’oiseaux d’eau »

Je ne peux pas m’occuper de mon propre espace, chez moi, puisqu’il m’interdit de le faire. Je ne peux pas occuper mon propre espace, mon corps, puisqu’il m’interdit de nettoyer.

Ce n’était pas des poèmes de couchers de soleil, de fleurs assorties, de midinettes… une grammaire, réinventées à chaque phrase pour parler de mains obsédantes, des mains gamines, et d’un sexe aux lèvres cousues, d’un sexe de toute jeune fille hérissé de piquants, une bogue protégeant son fruit encore trop immature, de petites lèvres enfouies sous des fils de soie, tissés entre les poils pubiens par des chenilles apprivoisées. Du délire.

Les écorces sont des plaies, qui gouttent quand il faut en finir

Elle ne copiait personne.
Elle était la meilleure de la classe.
Elle était aussi pas très sage, elle répondait avec insolence, elle s’agitait.
Elle était nature, comme on dit.
Elle était nature, désinvolte, sans pudeur, à cause de ses parents babas cool.
Elle était nature, sans pudeur, et c’est pour ça, c’est à cause de ça je crois, mes pèques ont ceux qu’ils pouvaient plonger à pleines mains dans sa nature.

Elle aurait voulu dire autre chose, mais comment parler à travers une vitre maçonnée cristaux par cristaux, par des gestes répétés chaque jour, des agressions accumulées, quotidiennes, s’agglutinant et coagulant autour d’elle. De la buée à peine, quand elle soufflait.
Quand elle murmurait non.
Quand elle disait non.
Quand elle criait non.
Quand elle voulait dire non.
Quand elle ne pouvait plus le dire.
Quand elle ne le disait plus, non.
De la buée quand elle soufflait pour supporter.

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Rédigé par zazy

Publié dans #littérature française, #2008, #Editions P.O.L.

Publié le 10 Juillet 2015

 

Aventures du Général Francoquin au pays des Frères Cyclopus

Yak Rivais

Editions Le Tripode

Février 2015

600 pages

ISBN : 9782370550408

 

4ème de couverture :

Après d’âpres combats, les frères Cyclopus ont fait triompher la révolution dans leur pays. Mais ils sont sous la menace de l’État voisin, qui rêve de faire main basse sur les ressources du territoire ravagé. Le général dom Franquin, accompagné de sa femme, de sa fille Chou-Baby, de sa maîtresse Filasse, du colonel Saint-Eustache et d’une bande d’hommes de main aux ordres du tueur N’a-qu’un-OEil, est envoyé sur place afin d’engager l’entourloupe. L’affaire semble réglée, tant l’homme paraît discipliné, imbécile même, peu dangereux pour ses employeurs. Un périple de 7 jours sur les terres des frères Cyclopus bousculera les données, et vaudra au général son nom de gloire : Francoquin.

En 1967, Yak Rivais faisait irruption dans la littérature française avec ce roman picaresque hors normes. Soutenu par Simone de Beauvoir, publié par Raymond Queneau chez Gallimard, il provoque la stupeur et l’enthousiasme des critiques littéraires de l’époque. Depuis, le livre avait été en partie oublié, quand bien même des auteurs contemporains comme Franz Bartelt avouent « rester sur le cul » à sa lecture.

L’auteur (site de l’éditeur) :

Né en 1939, Yak Rivais se fait d’abord connaître dans les années 60 par ses romans. Apprécié par la critique, il voit le cycle Francoquin occulté par une diffusion confuse et le succès de ses œuvres pour la jeunesse.

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Comment parler d’un tel livre sans l’amoindrir, sans l’affadir ?

J’ai eu entre mes mains une épopée burlesque, cocasse, ubuesque. Chaque page sa découverte langagière, chaque page son éclat de rire… Ce roman est un roman d’amour-aventures-politique. Oui chers amis, c’est comme à la Samaritaine (Paix à son âme !) on y trouve de tout et du bon, du superbe.

La trame est simple : Le Général Franquin est mandé par son père, sous les ordres de l’empereur d’aller au pays des Cyclopus mettre un peu d’ordre, enfin, leur ordre bien entendu, et faire cesser les petites guéguerres-révolutionnantes et, aussi, faire main-basse sur les ressources. Il part donc avec femme et maîtresse (Filasse de son surnom), accompagné d’hommes de main et, bien sûr, de félons. Tout devrait se dérouler selon les bons plans des « décideurs » ? Oui, mais voilà… les ennemis, les frères Cyclopus Cyclopus Hyn, Catt-bis et Fédor Yahspoutine, Cyclopus Hyn, Catt-bis et Fédor Yahspoutine et l'Armée Populaire de Libération ne sont peut-être pas les ennemis sanguinaires que les autres pensent.

De ce postulat tout simple, Yak Rivais réussit le tour de force d’avoir au minimum une trouvaille, une pépite à chaque page. Tous les personnages, toutes les situations sont prétextes à des réflexions quelques fois philosophiquement sérieuses mais qui ne se prennent, surtout pas, au sérieux.

Ça fornique à tout va, maîtresses, amants, même le jésuite est de la partie (c’est le cas de l’écrire !). Mais non ce n’est pas un livre licencieux. Yak Rivais fait crépiter les mots, les émancipent, joue avec et nous offre un feu d’artifice extraordinaire où les réparties fusent sans parcimonie, mais avec originalité et talent. Vocabulaire revisité, emploi hilarant du subjonctif et du passé simple, jeux de mots, approximation rigolote. Vous savez comme le marde d’Ubu.

Bref, un livre à lire. Satire avant tout, Yak Rivais se moque, avec beaucoup de plaisir, de l’armée, de l’église, des gouvernants et ce, sans aucune vergogne.

Un livre salutaire.

 

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Rédigé par zazy

Publié dans #littérature française, #2015, #Editions le Tripode, #Libfly

Publié le 8 Juillet 2015

 

Pierre feuille ciseaux

Récit de Maylis de Kerangal

Photos de Benoît Grimbert

Editions Le bec en l’air

88 pages

ISBN : 9782916073767

 

4ème de couverture :

« Les jeunes du Clos appellent “Champ” cette réserve d’espace non affectée, indécise, entre Stains et Saint-Denis. Pour eux, il s’agit d’un monde en suspens, sorte d’alvéole acquise à l’imprévisibilité et au biologique : ils y sont mal à l’aise, ils n’y entrent pas comme ça, il leur faut une raison supérieure, un cas de force majeure, quelque chose à planquer ou un assaut du désir à vivre au revers d’un buisson, couchés dans l’herbe drue, toi Jane moi Tarzan. »

Pierre, feuille, ciseaux mais aussi îlot, parcelle, lisière… De mot en mot, au gré d’analogies et de fictions embryonnaires, apparaît un territoire composite fait de mystérieuses friches et de zones maraîchères, vestiges agricoles d’un autre temps. On y croise une vieille dame ex-chef de bande de la Cité-Jardin, une fillette qui conserve ses trésors dans une boîte à chaussures, on y trouve des centaines de téléphones portables qui recèlent des milliers de textos, une perle noire soigneusement enfouie au fond d’une commode, un cahier de couture et d’amples chorégraphies pour rejouer son existence aux yeux du monde.
Fidèle à son écriture puissante et aux thèmes qui la mobilisent, Maylis de Kerangal s’appuie sur les photographies de Benoît Grimbert pour construire un récit en forme de jeu de piste.

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3 récits, 3 personnages, 3 zones.

2 univers séparés par une friche. Le premier, village ouvrier du début du siècle avec ses pavions en meulières, transmis, pour notre héroïne, aux générations futures. L’autre, le Clos Saint Lazare, barres d’immeubles avec sa violence, ses jeunes désœuvrés, sa délinquance, ses propres règles. Au milieu, la friche. Sorte de no man s’land qui abrite des jardins ouvriers et « la frontière » l’immeuble en construction qui abritera les archives nationales. Ah oui, tout cela compose Stains, commune du 9-3.

« La jeune fille de la Cité-Jardin » devenue une femme aux cheveux gris se souvient de sa jeunesse dans ce quartier enchanteur pour elle « cité modèle créée pour loger les populations ouvrières employées dans les usines de Saint-Denis, de la Courneuve ou du Bourget, une cité conçue pour donner forme à l’expansion urbaine de la banlieue parisienne : ici, une forme de toile d’araignée, une forme d’étoile ». Pas de tours, pas de barres d’immeuble à cette époque « Autour de la Cité-Jardin, tout autour, c’est vert. ». « Désormais, la jeune fille de la Cité-Jardin qui a tant aimé le rire et la déconne en bande a peur de la jeunesse. » Petit moment de bonheur lorsqu’une ado du Clos Saint-Lazare lui a proposé la moitié de son sandwich.

Puis, J’ai rencontré « Le garçon du Clos Saint-Lazare » découvre le paradis à 4 ans lorsque la famille déménage dans l’aile du papillon, au 4ème étage. Ce sentiment de liberté et d’euphorie le quittera. Petit à petit, au fil des constructions, le Clos Saint-Lazare devient le « Clos » tout court et ce « nom donne un tour d’écrou à l’ensemble, il isole et retranche. » La liberté, le sursaut arrive grâce à une jeune fille de la Cité-Jardin qui lui fera traverser la friche. Quant à « L’enfant de a prêtresse », un petit bijou cette petite fille qui dans le noir, lorsque tout le monde dort, sort sa boîte à trésors emplis de souvenirs qu’elle garde précieusement.

J’ai aimé ce petit livre où les photos de Benoît Grimbert et le texte de Maylis de Kerangal s’emboitent à merveille pour nous proposer une autre vision du Clos Saint Lazare.

Un récit très court qui marque un attachement à un lieu où les 3 personnages nous servent de guide pour cette promenade insolite

Je remercie qui, grâce à l’opération La voie des indés m’a permis de découvrir cette nouvelle (pour moi) maison d'édition Le bec en l’air. Ce livre est imprimé sur papier d’une très belle qualité, doux au toucher qui donne encore plus de vie aux photos.

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Publié le 6 Juillet 2015

Bain de lune

Yanick Lahens

Editions Sabine Wespieser

Septembre 2014

280 pages

ISBN : 978-2-84805-117-8

 

4ème de couverture :

Après trois jours de tempête, un pêcheur découvre, échouée sur la grève, une jeune fille qui semble avoir réchappé à une grande violence. La voix de la naufragée s’élève, qui en appelle à tous les dieux du vaudou et à ses ancêtres, pour tenter de comprendre comment et pourquoi elle s’est retrouvée là. Cette voix expirante viendra scander l’ample roman familial que déploie Yanick Lahens, convoquant les trois générations qui ont précédé la jeune femme afin d’élucider le double mystère de son agression et de son identité.
Les Lafleur ont toujours vécu à Anse Bleue, un village d’Haïti où la terre et les eaux se confondent. Entre eux et les Mésidor, devenus les seigneurs des lieux, les liens sont anciens, et le ressentiment aussi. Il date du temps où les Mésidor ont fait main basse sur toutes les bonnes terres de la région.
Quand, au marché, Tertulien Mésidor s’arrête comme foudroyé devant l’étal d’Olmène (une Lafleur), l’attirance est réciproque. L’histoire de ces deux-là va s’écrire à rebours des idées reçues sur les femmes soumises et les hommes prédateurs.
Mais, dans cette île également balayée par les ouragans politiques, des rumeurs de terreur et de mort ne tardent pas à s’élever. Un voile sombre s’abat pour longtemps sur Anse Bleue.
Pour dire le monde nouveau, celui des fratries déchirées, des déprédations, de l’opportunisme politique, Yanick Lahens s’en remet au chœur immémorial des paysans : eux ne sont pas dupes, qui se fient aux seules puissances souterraines.
Leurs mots puissants, magiques, donnent à ce roman magistral une violente beauté.

L’auteur :

Yanick Lahens est née à Port-au-Prince en 1953. Elle fait ses études secondaires et supérieures en France, avant de retourner en Haïti pour enseigner la littérature à l’université d’État jusqu’en 1995.

Elle publie en 2008 La couleur de l’aube (prix RFO 2009), en 2010 son récit Failles, inspiré du séisme qui a frappé Haïti la même année. En 2013, Guillaume et Nathalie obtient le prix Carbet des lycéens 2014 et le prix Caraïbes de l'ADELF 2013.
Bain de lune reçoit le Prix Femina 2014

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Une écriture flamboyante sert ce livre. Tout y est, le vaudou, le clairin coule à flots, l’honneur et la haine, la rage et la soumission règnent à Anse Bleue, petit village haïtien perdu dans sa pauvreté. Les Lafleur vivent ici depuis des générations. François Duvalier et ses tontons macoutes, puis le Président Aristide, alias le Prophète mettent le pays à feu et à sang, La violence, la haine sont bien présentes et séparent les familles en pro ou anti. Le clan Lafleur n’y échappe pas.

Tous les ingrédients sont présents pour en faire un livre fort, brûlant comme je les aime, mais, oui il y a un mais : je suis restée à l’entrée du village, je n’ai jamais pu entrer dans ce livre. Pourtant j’ai aimé l’écriture imagée, poétique, réaliste de Yanick Lahens. Alors pourquoi suis-je restée sur le quai ? Pourquoi ai-je eu tant de mal à le lire, le posant, le reprenant ?

C’est le mystère de la lecture, des mots. Ai-je été rejetée par les Esprits de l’île ? J’aurais tant voulu l'aime et me joindre à toutes vos louanges.

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Rédigé par zazy

Publié dans #littérature haïtienne, #2014, #Editions Sabine Wespieser

Publié le 27 Juin 2015

 

Cabale pyramidion

Samuel Delage

Albin Michel

juin 2015

336 pages

ISBN : 9782226248398

 

4ème de couverture :

À Gizeh, les pyramides n’ont pas livré tous leurs secrets…

Au musée égyptien du Caire, une statuette est retrouvée dans le sac de Marion Evans, une jeune chercheuse aussitôt accusée de vol. Coup monté ? Mais par qui et pourquoi ?

Pour son ami Yvan Sauvage, célèbre expert en art, aucun doute : on veut se débarrasser de la jeune femme sur le point de retrouver le légendaire – et tant convoité – pyramidion de Kheops.

Trafic et recel d’antiquités, policiers véreux et cupides, égyptologues assoiffés de notoriété, énigme millénaire… jouant avec les codes du roman d’aventures et du thriller, l’auteur de Code Salamandre (Prix Plume libre) nous entraîne dans une folle course contre la montre au cœur de l’Égypte du printemps arabe.

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« Une main vient d’agripper son bras. Marion Evans se fige. Quelqu’un a surgi derrière elle, et personne autour. Le musée s’apprête à ferme, les visiteurs ont déserté la salle où elle déambulait. » Ainsi début « Cabale pyramidion » le dernier livre de Samuel Delage. Une belle entrée en matière, pas de chichis, je suis de suite dans l’atmosphère.

Yvan Sauvage, personnage et héros récurant des romans de Samuel Delage est de retour pour de nouvelles aventures. Marion Evans, apparue dans le précédent livre, fut son élève et plus car affinités. Présentement, elle travaille au musée du Caire sous la direction de Kamal Nasser à l’inventaire des réserves. Oui, je n’allais pas passer à côté, vous me connaissez : ça nous réserve de belles surprises (voilà, c’est fait !). Kamal Nasser est appelé par les gardes parce qu’une statuette est découverte opportunément dans son sac et les autorités égyptiennes sont chatouilleuses en ce domaine. C’est le début des ennuis pour cette jeune femme. Zorro, pardon Yvan Sauvage est appelé à la rescousse et voici le début d’un roman à suspens.

Je ne vous en dirai pas plus (lisez la 4ème de couverture !), je n'aime pas dévoiler l'intrigue d'un suspens, si ce n’est que Marion va faire connaissance avec les geôles pour femmes cairotes. Beaucoup de rebondissements jalonnent ce livre. La félonie, la ruse, les calculs non mathématiques, y sont légions.

Je le trouve encore plus abouti que le précédent. Les chapitres sont courts et, malgré le nombre de personnages, fort bien campés, il est facile de suivre les méandres de l’intrigue. J’ai apprécié les descriptions des lieux qui m’ont remis en mémoire mon voyage en Egypte. L’atmosphère était bien celle-ci. La somme de connaissance est grande et dispensée savamment, naturellement, je subodore quelques repérages sur place.

Les points forts de ce roman sont, outre l’écriture, le suspens qui vous fait tourner les pages et la scénarisation. J’ai vraiment eu l’impression de poussière, j’ai étouffé en les suivant à l’intérieur de la pyramide, sursauté… Bref, j’ai vécu ce livre. Pour moi, le meilleur des trois.

Après Arrêt Wagram, puis Code salamandre, l’écriture de Samuel Delage se bonifie avec l’expérience. Trois aventures, trois domaines totalement différents, tout aussi documentés. Trois livres que l’on peut lire séparément ; alors, ne vous privez pas d’un plaisir à la veille de vacances bien méritées.

Un livre à lire d'une seule traite, sauf si, comme moi, vous aimez savourer...

 

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Rédigé par zazy

Publié dans #polar, #2015, #Editions Albin Michel

Publié le 17 Juin 2015

Coupable vous êtes

Lorenzo Lunar

Editions Asphalte

Traduit de l'espagnol (Cuba) par Morgane Le Roy.

Juin 2015

140 pages

ISBN : 978-2-918767-48-0

 

4ème de couverture :

Santa Clara, ville de province cubaine. Le cadavre d’un caïd est découvert non loin de la gare routière. L’arme du crime étant un marteau de cordonnier, le commissaire de quartier Leo Martín soupçonne tout de suite son ennemi juré, Chago Le Bœuf, dont c’est la profession. Sauf que celui-ci vient de lui-même au poste pour déclarer le vol de l’outil… puis il annonce qu’il souhaite collaborer avec la police sur cette affaire. Sa piste : les prostituées.
Aux côtés d’un Leo Martín toujours en proie à ses démons, le lecteur découvre la vie des jineteras, jeunes femmes vendant leurs charmes aux hauts fonctionnaires cubains comme aux touristes, à travers une galerie de personnages féminins aux caractères bien trempés. L’une d’elle pourrait bien être impliquée dans le meurtre…

l'auteur :

Lorenzo Lunar est né à Santa Clara en 1958. Après des incursions en poésie et en science fiction, il décide d'écrire sur ce qu'il connaît le mieux : son quartier. C'est le début des aventures de Léo Martín, dans Boléro Noir à Santa Clara, puis La vie est un tango (sélectionné pour le prix Violeta Negra 2014) et Coupable vous êtes... Lorenzo Lunar tient également la librairie La Piedra Lunar à Santa Clara.

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Cher Léo Martin,

Je suis très heureuse de vous retrouver dans de nouvelles aventures, moi qui vous ai connu grâce à un tango. Maintenant, nous passons au boléro que vous écoutiez avec Tania. Quoi, Luisa et vous c’est terminé ?? Tania, la sensuelle putain est entrée dans votre vie et… vous êtes tombé en amour, mais bon, il y a aussi Raquelita « Cette fille, elle me fout des frissons, et la trique. »

Je ne suis pas ici pour parler de votre vie privée, quoique vous en fassiez étalage très facilement et qu’elle est intimement mêlée au crime que vous devez élucider. Toujours prêt à soulever une bouteille de rhum quelle que soit sa qualité, toujours prêt à remuer la fange de votre quartier pour débusquer le ou les coupables, toujours à user de votre lyrisme pour nous parler des femmes ou des putains de votre quartier. Et puis y a Fela votre mère, à la santé si fragile, votre colonne vertébrale, votre sécurité. Cette mère, es-maître du système débrouille, avec des créations culinaires à faire pâlir un maître queux « Depuis que la période spéciale a commencé, ma mère ne pense qu'aux stratagèmes auxquels elle doit recourir pour mettre quelque chose sur la table. Elle a déjà expérimenté un tas de recettes alternatives – du hachis de peaux de bananes, des écorces de pomelo panées aux allures d'escalopes. Tous les deux jours, avec un stoïcisme olympien, elle fait la queue devant la rudimentaire presse à hamburger pour pouvoir, carte d'identité en main, acheter des steaks hachés à base de soja, de sang de taureau et de viande maigre »

El Condado, votre quartier est très « vivant », tant que l’on ne reçoit pas un coup de surin ou que l’on ne se fasse pas écraser la tête avec un marteau de cordonnier. Comme dans les petits bleds de campagne, tout le monde sait tout ou n’importe quoi et diffuse des informations parcellaires. Chago le Bœuf, cordonnier de son état, oui, le marteau vient de son échoppe, est passé maître dans cet art de la divulgation à énigmes.

« Ma vérité devient finalement la vérité ». Une petite pichenette à toutes les magouilles qui cernent votre vie.

Vous retrouverai-je un jour au détour d’une page ?

 

Quel plaisir de retrouver Lorenzo Lunar ! Son lyrisme lorsqu’il parle des femmes. Son amour pour ce quartier, sa plume qui glisse sur l’arc-en-ciel du lyrisme avec l’ironie qui lui sied, sait être crue, très vivante, émouvante, violente comme son pays. Il dépeint les petits et grands travers des cubains, le système politique (Le sauvetage des toties est un petit moment d’anthologie politique.)

Plus qu’un polar, surtout ne pas oublier l’intrigue, c’est un roman social noir. Noir de la misère quotidienne des habitants de ce quartier, surtout en cette « période spéciale »  où la prostitution règne, où le système D est omniprésent, les magouilles quotidiennes. Lorenzo Lunar, comme Elisabeth Alexandrova-Zorina avec « Un homme de peu » et la Russie actuelle, nous offre une vue plongeante et sans concession sur la vie et les mœurs de son pays.

Merci à Babelio et son opération masse critique qui m’ont permis de retrouver, avec un grand plaisir, une nouvelle enquête de Léo Martin

Les Editions Asphalte, m’ont régalée avec « La vie est un tango » de ce même auteur et « Avaler du sable » d’Antonio Xerxenesky, un western tout aussi déjanté. Une maison d’édition à suivre !

 

Dans le quartier, la mort est chose quotidienne. Rien de plus naturel à ça.

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Rédigé par zazy

Publié dans #Littérature cubaine, #2015, #Editions Asphalte, #Babelio

Publié le 13 Juin 2015

La simplicité du coup de massue

Elise Tielrooy

Editions Belfond

Mai 2015
448 pages

ISBN : 9782714460462

 

 

4ème de couverture :

Mais qu'est-ce qui a bien pu passer par la tête de Marion D., mère de famille exemplaire, épouse aimante et dévouée du 5e arrondissement de Paris, ce sombre jour de septembre où elle est devenue cette militante altermondialiste dangereuse et recherchée par toutes les polices de France ?
Est-ce un effet de la rentrée des classes ? La réforme du rythme scolaire ? Sa vie qui l'ennuie ? La mort de sa soeur ? Toujours est-il que cette société dans laquelle elle est si bien intégrée avec son mari si idéal et sa famille si éduquée, Marion ne peut plus la voir en peinture. Et Marion dérape. Jusqu'à agresser une employée de la RATP et finir en une d'un des plus gros hebdos français.
Croyait-elle en réchapper, Marion, derrière ses lunettes noires ? C'était compter sans Claudine. Caissière à l'hyper de Saint-Quentin-en-Yvelines, rencontrée cinq ans plus tôt dans une thalasso en Bretagne...

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Je remercie les Editions Belfond pour l’envoi de ce livre que j’ai lu…. Sans passion.

Marion D. vit dans le 5ème entre mari et enfants. La mort de sa sœur jumelle va servir de catalyseur et déboucher sur une double vie. De Marion, chicissime, elle passe à Barbatruc une espèce de bobo écolo-trucmuche. Oh, pas trop quand même, ce n’est pas une schizophrène ! cela reste dans le genre de la comédie.

Ce n’est pas le registre que je déplore, mais jamais au grand jamais je n’ai pu entrer en communication avec Marion. Entre Huguette, la très bonne voisine, Claudine, caissière de supermarché, Ludo activiste par qui tout arrive…, je n’ai jamais pu trouver ma place. Je ne suis pas faite pour ce genre de lecture. Au fait est-ce cela que d’aucun qualifie de « chick lit » ? Je n’ai rien contre, mais n’y trouve pas mon plaisir et j’ai arrêté ma lecture en cours de route.

D'autres ont beaucoup aimé  sur Libfly - Babelio

Canel est de mon avis

 

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Rédigé par zazy

Publié dans #littérature française, #2015, #Editions Belfond

Publié le 11 Juin 2015

 

Le cercle des femmes

Sophie Brocas

Editions Julliard

Août 2014

196 pages

ISBN : 2260022006

 

 

4ème de couverture :

« Je rejoins Maman dans la maison fraîche. Elle poursuit son patient travail de tri : le tas des choses à jeter, le tas des choses à conserver, le tas des choses pour lesquelles on verra plus tard. Qu'est-ce qu'il m'a pris de me mettre à quatre pattes pour regarder sous la grande armoire ? Ma main a tiré à elle une énième boîte à chaussures. J'ai soufflé la pellicule de poussière qui recouvrait son couvercle avant de le soulever. »

Réunies durant quelques jours à la campagne à l'occasion des funérailles de leur aïeule et amie, quatre générations de femmes partagent leur intimité et leur deuil. La jeune Lia découvre par inadvertance un secret de famille jalousement gardé pendant soixante ans. Ces révélations risquent-elles de déclencher un cataclysme au sein de cette tribu très attachante ? Roman initiatique, Le Cercle des femmes explore avec délicatesse les mécanismes touchants que fantasques.

L’auteur :

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La 4ème de couverture est très explicite, trop ?

Le cercle des femmes ? 3 femmes, 3 générations ; Solange, sa fille et sa petite-fille Lia qui viennent enterrer la bisaïeule Mamie Alice.

C’est un livre sur les secrets de famille bien enterrés qui se retrouvent, au cours de fouilles, mis en plein jour. Ironie puisque l’une d’elle, la petite-fille de la morte, est paléontologue !

Pour faire court : Le mari d’Alice l’a abandonnée avec sa fille Solange pour se marier avec une autre. Pas trop compris comment l’on pouvait se marier sans être divorcé, mais bon, passons… Version « officielle » : Alice ne supportant pas cet état, fait mourir son Pierre de mari dans un accident de voiture (urne funéraire à l’appui).

Ah ! Les secrets de famille, thème souvent abordé par les écrivains ! Il est vrai que cela permet d’actionner plusieurs ressorts, de jouer sur les sentiments. Là, Sophie Brocas a donné aux hommes le mauvais rôle. Grand-mère, mère, fille sont dans les papiers (et non les petits papiers) de la défunte arrière grand-mère qui ont en commun de ne garder aucun homme soit parce que considérés comme inconsistant, soit par peur de s’engager…

Oh ! Malédiction sur ces femmes qui mettent au monde des filles au même âge et les élèvent seules après avoir expulsé le mâle géniteur ! cercle vicieux qui apeure la dernière génération en la personne de Lia, gamine de 20 ans (vraie tête à claques au demeurant). La 3ème génération celle par qui cela passe ou cela casse.

J’ai lu ce livre en une soirée. C’est vrai, il se lit vite, l’écriture est fluide, simple, mais … le fond est peu consistant, beaucoup de clichés, des invraisemblances. Jamais je n’ai pu entrer en empathie avec ces 3 femmes trop stéréotypées.

Un premier roman de Sophie Brocas qui se laisse lire, rencontre sûrement des adeptes, ce que je souhaite à l’auteur, mais qui, pour ma part, ne me laissera pas un grand souvenir. Je verrai avec le second.

 

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