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ZAZY - mon blogue de lecture

Anne Percin - Ma mère, le crabe et moi

14 Juillet 2016, 15:09pm

Publié par zazy

Ma mère, le crabe et moi

Anne Percin

Editions du Rouergue

Septembre 2015

192 pages

ISBN : 978-2-8126-0929-9

 

4ème de couverture :

J’aurais préféré que ma mère me dise : "Tu sais, je crève de trouille et je ne peux rien te promettre." Ou bien qu’elle pleure franchement, à gros bouillons. Oui, qu’elle pleure !
Au lieu d’afficher ce sourire de façade. Le sourire "tout-va-bien-je-gère". J'aurais voulu qu’elle crie, qu’elle hurle, qu’elle se roule par terre en tapant des pieds,
qu’elle fasse un truc pas calculé du tout, un truc qu’on ne voit pas dans les séries françaises à la télé, un truc pas bien élevé, pas conseillé par le guide J’élève mon ado toute seule, au chapitre "Comment lui annoncer votre cancer?"

Entre rires et larmes, Tania nous raconte six mois de complicité avec sa mère malade, mais aussi les nouveaux défis qu’elle s’est lancée : devenir championne de cross… et tomber amoureuse.

L’auteur (site de l’éditeur) :

Née en 1970 à Épinal, Anne Percin vit en Saône-et-Loire où elle partage sa vie entre l’enseignement et l’écriture. Elle écrit à la fois pour la jeunesse et les adultes. Elle est notamment l’auteur à succès d’une trilogie pour adolescents, Comment (bien) rater ses vacances. Dans la brune, elle est l’auteur de trois romans : Bonheur fantôme, Le premier été (adaptation télévisée sur France 3) et Les singuliers (sorti en Babel en août 2016).

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Tania, jeune ado pas trop à l’aise dans sa peau, vit seule avec sa mère à qui les médecins annoncent un cancer du sein avec ablation totale « du néné ». Tout au long du livre, j’assiste aux étapes inhérentes au traitement du crabe, au rapprochement entre la mère et la fille. La scène la plus frappante est celle de la « mort au poil ».

Un livre plein de gouaille, d’humour, de vacheries et d’amour. Anne Percin mélange l’humour, la gravité et cela donne un beau livre qui n’a rien de larmoyant, au contraire, où la chrysalide devient un joli papillon. Je suis sortie de cette lecture avec une besace pleine de sourires et d’espoir. Une très belle lecture.

Livre lu dans le cadre de « L’échappée lecture » version 2016, organisée par la bibliothèque départementale de la Nièvre et son réseau de bibliothèques locales.

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Sébastien Fritsch - Albédo

13 Juillet 2016, 15:06pm

Publié par zazy

Albédo

Sébastien Fritsch

Editions fin mars début avril

Juin 2016

312 pages

ISBN : 9782953767780

 

4ème de couverture :

L’amitié est ce qui reste quand on a tout perdu. Alors Nil n’hésite pas : dès que Mock le contacte, il accepte de le suivre. Même s’ils ne se sont pas dit un mot depuis quinze ans. Même si c’est pour convoyer une urne funéraire. Et même si la destination n’est autre que Ti-Gwern, cette grande maison où, quelque vingt ans plus tôt, ils étaient une poignée à partager leur jeunesse. Nil sait pourtant qu’on n’efface pas le temps en remontant une vieille route : les rires et la musique, les vins parfumés, les regards, les désirs qui animaient tous leurs séjours dans ce lieu hors du monde, sont désormais bien loin… sans même parler de Maud. Alors, est-ce l’amitié ou la nostalgie qui le motive à faire le voyage ? Ou devinerait-il, sans vraiment se l’avouer, que rien n’est vraiment fini tant qu’on ne s’y résigne pas ?

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Emmanuel est cadre dans l’industrie pharmaceutique, divorcé depuis peu, c’est le blues dans son appartement vide lorsqu’il rentre le soir. J’ai eu quelques craintes en commençant ma lecture. Encore un homme qui se chatouille le nombril sans que cela le fasse rire me suis-je dit. C’est sans compter avec la plume de Sébastien Fritsch.

Lorsque Mock, son ami d’enfance, le contacte après quinze ans d’absence, pour le conduire à Ti-Gwen, il accepte et les voici partis tous les trois (la troisième est une urne funéraire) en Bretagne, en hiver. A peine arrivés sur place, Mock disparait sans laisser un seul indice, ni lettre.

Dans cette maison froide et inhospitalière, Emmanuel revit son adolescence où il participait avec Mock, qui en était le gardien, à de grandes fiestas, au bord de la piscine, où l’alcool coulait à flot. A l’époque, pris par son amour sans retour pour Maud, Emmanuel ne voyait rien, ne comprenait pas grand-chose.

Emmanuel part à la recherche de son ami. Il doit se confronter à Nil, son passé, à celui de ses amis, ouvrir l‘une après l’autre, les poupées gigognes pour accoucher du présent. Il doit dévider l’écheveau de ses souvenirs, de ses rencontres, sortir de son nombril (ben oui !). Il y fait des découvertes sidérantes.

La maison, partie prenante du mystère est un composant récurant chez l’auteur, tout comme l’interaction du passé et du présent.

Ne vous laissez pas abuser par la couverture estivale, c’est un bouquin que vous ne pouvez abandonner avant le mot fin et, surtout, la découverte de la signification du mot albédo. Je confirme, Sébastien Fritsch est bien un distillateur d’histoires, de mots. Dans ce livre, il prend un malin plaisir à nous claquer des portes d’entrée au nez, histoire de dire : allez chercher ailleurs…

Un livre à lire installé sur un transat à l’ombre d’un arbre, en Bretagne… ou ailleurs. Un très bon moment de lecture

Merci Sébastien Fristch pour votre gentille dédicace

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Antje Babenderderde - Talitha Running horse

12 Juillet 2016, 15:18pm

Publié par zazy

Talitha Running horse

Antje Babenderderde

Traduit de l’allemand par Vincent Hautbtmann

Editions Bayard

Octobre 2015

400 pages

ISBN : 978-2-7470-4013-6

 

4ème de couverture :

Talitha Running Horse est différente des autres Indiens lakotas de la réserve : elle est métisse et vit avec son père dans une caravane. Sa mère, une Blanche, les a abandonnés quand elle était petite. Malgré tout, Talitha est heureuse : elle a une amie chère, elle aime dessiner et, surtout, elle est passionnée par les chevaux. Or, les nouveaux voisins de sa tante ont un petit élevage d’Apaloosas. Talitha se prend d’affection pour un poulain, qu’elle baptise Stormy. Et elle tombe sous le charme de Neil Thunderhawk, le fils du propriétaire… Mais, lorsque la caravane de son père est détruite, toute la vie de Talitha bascule…
À travers le portrait de Talitha, une jeune métisse courageuse, l’auteur de Lune indienne nous parle de la vie des Indiens lakotas d’aujourd’hui, de leurs traditions, et du lien particulier qui les unit aux chevaux…

L’auteur (site de l’éditeur)

Antje Babendererde est née en 1963 à Jena en Allemagne. Elle a travaillé comme psychologue du travail dans un hôpital spécialisé en psychiatrie et neurologie. Elle porte un intérêt particulier à la culture indienne. Ses précédents romans "Lune indienne" et "Le chant des orques", publiés chez Bayard, ont reçu un accueil chaleureux auprès des libraires et des lecteurs.

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Tally vit avec son père dans une caravane stationnée dans une réserve indienne, celle des Lakotas. Or, elle est métisse, sa mère, qui l’a abandonnée vers l’âge de 6 ans est blanche et son père indien Lakota. Elle essuie quelques, voire pas mal de sarcasmes à cause de sa chevelure frisée et plus claire que les longs cheveux raides et noirs des « pures souches ».

A travers elle, nous suivons la vie dans la réserve, la difficulté du père pour trouver un travail fixe, la pauvreté où chaque dollar compte. Cela n’empêche pas Tally d’avoir des rêves. Cette jeune fille a l’art de positiver, ce n’est pas pour rien que son père l’appelle tendrement « Braveheart ».

Les jeunes filles aimant découvrir d’autres façons de vivre, aimant les chevaux, la vie au grand air, les traditions, les histoires d’amour seront comblées par ce livre d’une facture très classique

Livre lu dans le cadre de « L’échappée lecture » version 2016, organisée par la bibliothèque départementale de la Nièvre et son réseau de bibliothèques locales.

 

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Diane Ducret - Lady Scarface

12 Juillet 2016, 14:24pm

Publié par zazy

 

Lady Scarface

Diane Ducret

Editions Perrin Plon

Avril 2016

330 pages

ISBN : 9782262064297

 

 

4ème de couverture :

Chicago. Début des années folles.
Le Syndicat du crime n'est pas qu'une affaire d'hommes, il se conjugue aussi au féminin.
Elles sont fugueuses, frondeuses, parfois meurtrières, mais toujours rebelles. Elles s'appellent Mary Josephine Capone alias Mae, Ada et Minna Everleigh, les Impératrices du vice, Margaret Collins, la Fille au baiser mortel, Louise Rolfe, l'Alibi blond, Bonnie Parker, la Juliette au revolver, ou encore Virginia Hill, le Flamant rose : elles sont les compagnes d'infortune comme de gloire d'Al Capone, Clyde Barrow ou Bugsy Siegel, barons noirs des années de plomb qui ont fait trembler l'Amérique.
Traquées par le légendaire patron du FBI John Edgar Hoover, muses de la prohibition et de ses fêtes décadentes, elles n'ont rien à envier aux gangsters, l'intelligence et les talons hauts en prime.
Le crime ne paie peut-être pas, mais il séduit toujours. A partir d'archives déclassifiées du FBI et d'Alcatraz, de journaux de l'époque, d'entretiens avec des descendants et de documents inédits, Diane Ducret dévoile avec le talent qu'on lui connaît l'intimité de celles qui ont choisi d'être des Lady Scarface, à la vie à la mort...

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Nous sommes dans les années 30, la grande dépression sévit aux U.S.A. C’est l’époque de la prohibition et de son corolaire ; trafic d’alcool et gangs dont Al Capone, italien d’origine, est le chef le plus célèbre.

Durant ces années très sombres, certaines jeunes femmes n’ont pas envie de se coltiner la misère du monde, des marmots non désirés, sans compter un mari ivrogne. Elles veulent vivre dans le luxe  « Au début des années 1930, la Grande Dépression pousse nombre de femmes sur le marché du travail. Alors que beaucoup découvrent la difficulté de tenir leur maison tout en conservant leur emploi, une minorité entrent en rébellion contre les obligations sociales qui incombent à leur faible sexe. Elles décident de mener une autre vie, faite de plaisirs et de dangers, de fêtes, d’alcool, d’amour libre et de bijoux

Hoover décide de faire la chasse à ces criminels et de s’en prendre à leurs épouses, concubines, maîtresses qui, à ses yeux comme à ceux de la population américaine sont le diable en personne, surtout à une époque où l’adultère peut mener à la prison. Il se heurte à un mur car elles ont un sacré caractère, pas repenties pour un sou, jouent de leur féminité, de leur « innocence » et, surtout, ne parle pas.
Le patron du tout nouveau FBI, depuis qu’il a été éconduit par sa fiancé a un problème avec les femmes qu’il  classe en deux catégories « Les femmes que l’on veut épouser sont toujours prises par d’autres, tandis que celles que l’on emploie vous sont pour toujours dévouées. ».

Si Maé Capone est restée « bourgeoisement » derrière son mari, d’autres comme les sœurs Everleight n’ont pas hésité à monter leur commerce de plaisirs. Certaines ont du sang sur les mains, ont été complices, voire instigatrices. Elle se veulent maîtresse de leur vie, de leurs actes. Comme le dit Billie Frechette de sa cellule « Je suis ici parce que je suis tombée amoureuse du mauvais homme –pas mauvais pour moi, mais mauvais si je voulais me tenir à l’écart des ennuis. » Pourtant, elle ne regrette rien « Une seule chose importante est arrivée dans ma vie. Presque rien ne s’est passé avant cela et je n’attends plus rien à partir de maintenant –à part peut-être de nouveaux deuils. Cette chose importante qui m’est arrivée, c’est que je suis tombée amoureuse de John Dillinger. »

Je suis toujours étonnée de lire combien ces gangsters, et leurs compagnes qui ne sont pas des anges, ont pu inspirer de courriers des plus enflammés lorsqu’ils étaient emprisonnés. Les héros, même du mauvais côté de la gachette ont toujours un côté romanesque

Un livre très agréable à lire. Du bordel de luxe  des sœurs Everleigh  aux  studios hollywoodiens, Diane Ducret fait revivre ces « fiancées de la poudre » avec passion. La somme de recherches, de documentations est habilement délayée dans son écriture joyeuse, rythmée pour un agréable survol de cette époque.

Une lecture que j’ai aimé arrêter puis reprendre, toujours avec le même plaisir, qui se lit comme un roman. Un style bien différent de son précédent livre L'omme idéal existe. Il est québécois bien que j'y ai retrouvé la même verve.

Ne boudez pas votre plaisir pour les vacances, emportez-le dans votre valise, il le vaut bien.

Je remercie Jade et les éditions Plon qui m’ont proposé cette lecture qui m’a fait replonger dans les années où Eliott Ness sévissait, en noir et blanc à la télévision dans la série « Les incorruptibles.

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Bernard Friot - J'aimerais te dire

10 Juillet 2016, 19:09pm

Publié par zazy

 

J’aimerais te dire

Bernard Friot

Illustrations : Etudiants des Arts Déco de Paris

Editions de la Martinière Jeunesse

Août 2015

ISBN : 9782732471341

9-12 ans

 

4ème de couverture :

Un recueil de poèmes, les émotions mises en mots par Bernard Friot, en partenariat avec les Arts Déco. L'amour, la peur, le chagrin, la colère...

L’auteur (site de l’éditeur) :

Avant de se consacrer à l’écriture, Bernard Friot était professeur de lettres. Il s’est toujours intéressé aux pratiques de lecture des enfants et des adolescents. Responsable du Bureau du livre de jeunesse à Francfort pendant quatre ans, il est aussi traducteur d’une trentaine d’ouvrages et auteur d’une collection d’histoires courtes (« Histoires pressées », « Nouvelles histoires pressées ») et de romans aux éditions Milan et Thierry Magnier. Plusieurs de ses textes ont été adaptés au théâtre. Installé à Besançon, il se consacre aujourd’hui à l'écriture et à la traduction.

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Un souffle poétique émane de ce beau livre. Est-ce un long poème en plusieurs déclinaisons, plusieurs petits odes ? Cela n’a aucune importance. Chaque page se suffit à elle-même et nous conduit vers la suivante.

Bernard Friot explore l’ennui, la colère, l’amour avec de superbes illustrations des élèves de l’Ecole des Beaux Arts de Paris. Les dessins collent et accompagnent le texte d’une très belle façon. Ils ont su interpréter les mots, les émotions de l’auteur. Un très bel exercice pour un beau livre.

J’ai aimé cette lecture et j’y suis retournée plusieurs fois pour découvrir un détail, un mot, un rythme.

Un coup de cœur

Livre lu dans le cadre de « L’échappée lecture » version 2016, organisée par la bibliothèque départementale de la Nièvre et son réseau de bibliothèques locales.

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Thierry Maugenest - La cité des loges

8 Juillet 2016, 20:45pm

Publié par zazy

 

La cité des loges

Thierry Maugenest

Editions Albin Michel

Mai 2016

304 pages

ISBN : 9782226326157

 

4ème de couverture :

Venise, automne 1732. Les uns après les autres, des acteurs de la Commedia dell'arte disparaissent en pleine représentation. Pour Zorzi Baffo, le chef de la police criminelle, ce nouveau mystère pourrait être lié au destin tragique d'une jeune comédienne de passage dans la ville. Egaré dans les arcanes des scènes et des coulisses vénitiennes, l'enquêteur fait appel à Carlo Goldoni, dramaturge en pleine gloire, qui fut autrefois son adjoint à la chancellerie criminelle. La découverte d'un théâtre clandestin d'un genre très particulier précipite les deux hommes au cœur d'une affaire plus sombre encore...

Sexe, théâtre et politique... les clefs de la Venise dépravée et libertine du XVIIIe siècle. Après La septième nuit de Venise et Noire belladone, Thierry Maugenest, pour qui la Cité des doges n'a aucun secret, nous plonge dans une intrigue policière aussi enlevée qu'une pièce de Goldoni, aussi noire que les eaux de la Lagune.

 

L’auteur (site de l'éditeur) :

Fin connaisseur de la cité des Doges, Thierry Maugenest a publié une dizaine de livres parmi lesquels Venise.net (Liana Levi, 2003) couronné par plusieurs prix littéraires, Les Rillettes de Proust (Hugo & Co). Il vit entre Aix-en-Provence et Venise.
Dans La septième nuit de Venise (Albin Michel, 2014) et Noire Belladone (Albin Michel, 2015), il introduit dans la Venise du XVIIIe siècle, un nouveau couple d'enquêteurs : le commissaire Zorzi Baffo, à ses heures poète érotique, et son adjoint Carlo Goldoni, futur grand auteur dramatique.

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Nous sommes en automne 1732, Zorzi Baffo, chef de la « quarantial criminale » à Venise, libertin porté sur la rime, sort d’une nuit de débauche et trouve dans sa poche une lettre, annonçant la mort prochaine du marquis Brighelli.

« Zorzi gravit les marches de l’escalier des Géants avant de regagner son bureau de la chancellerie criminelle » et écoute les faits apportés par son secrétaire. Il a une vision très personnelle de sa charge et des peines qu’il doit infliger aux contrevenants et voleurs. « Je me moque des lois ! s’emporte alors Zorzi. Si je respectais chacun des décrets que je dois faire appliquer, je perdrais mon temps à poursuivre des malheureux qui tentent simplement de survivre avec le peu d’argent qu’ils ont », quand son oreille frémit en écoutant le nom du marquis Brighelli, celui cité dans la lettre ! Baffo demande l’aide de son ami Goldoni pour débrouiller l’affaire

Les troupes théâtrales attirent beaucoup de monde et sont souvent la propriété de riches nobles dont Mezzetin ; Inquisiteur de son état et chef de Baffo. Petit aparté, ce même Baffo est l’amant de la femme de Mezzetin ! Oui, mais pourquoi se mêle t-il de si près à cette histoire ? Quel lien avec un cadavre de femme et la mutation de Zorzi sept ans plus tôt ?

Je plonge dans la commedia dell’arte où tout le monde avance masqué. Comment peut-on enlever un personnage de comédie, puis deux, puis trois… et pourquoi ?

A Venise, personnage principal de ce livre, les mœurs sont aussi glissantes que les abords des canaux, aussi noire que l’eau, aussi mensongères qu’une comédie. Cela sied à Thierry Maugenest qui me perd dans le dédale des canaux, les palais où se déroulent les bacchanales, les théâtres où disparaissent des marquis… pour mieux me ferrer. Je me suis laissée emporter dans une gondole entre les pages de son livre pour une agréable nuit blanche.

Merci Albin Michel pour votre fidélité

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Jean-Pierre de Lucovich - Occupe-toi d'Arletty

30 Juin 2016, 19:34pm

Publié par zazy

Occupe-toi d’Arletty

Jean-Pierre de Lucovich

Editions Plon

Avril 2011

256 pages
ISBN 9782259214223

4ème de couverture :

1942. Qui envoie des petits cercueils et des lettres de menaces à Arletty? La résistance? La vedette d'hôtel du Nord vit une histoire d'amour avec un officier allemand, et ne s'en cache pas. Est-ce lui qui est visé?

Appelé à son secours, Jérôme Dracéna, un ancien flic de la Crim devenu détective privé, va enquêter dans le Paris de l'Occupation et découvrir que les auteurs des menaces ne sont pas ceux qu'il croyait.

Des boîtes de Pigalle au Fouquet's en passant par le fameux One Two Two et les cocktails du "gratin" de la collaboration, Jérôme fait des rencontres à haut risque : Henri Lafont, le chef de la Gestapo française de la rue Lauriston à l'amitié encombrante, la belle comtesse Tchernycheff, une aventurière vénéneuse, Lionel de Wiet, faux marquis et vrai trafiquant de haut vol...

Armé de son charme insolent et de son goût pour la boxe française, Jérôme Dracéna parviendra-t-il à neutraliser le tueur qui menace Arletty et son officier allemand? Atmosphère, atmosphère...

L’auteur (site de l’éditeur)

Ancien journaliste à Paris Match Jean-Pierre de Lucovich vit aujourd'hui en Normandie.

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La quatrième de couverture résume très bien ce polar, alors je n’en rajouterai pas plus. Un polar tout-à-fait classique avec le privé beau gosse, amateur de jolies femmes.

L’intérêt de ce livre est la plongée dans le Paris de l’occupation, dans des lieux où cartes de rationnement, où le champagne coule à flot et la nourriture de première qualité.

Allez, j’ose, Jean-Pierre de Lucovich a su faire vivre l’atmosphère (atmosphère, atmosphère ! est-ce que j’ai une gueule d’atmosphère) de Paris sous l’occupation. Un Paris allemand, où la pègre ne souffre pas de la disette. L’auteur a également réussi à rendre la gouaille d’Arletty.

Jean-Pierre de Lucovich s’est beaucoup documenté sans que cela soit roboratif dans son écriture. Un livre léger, désinvolte, qui ne se prend pas au sérieux. L’impression en fin de lecture, d’avoir visionné un film en noir et blanc.

Ce livre d’atmosphère m’a procuré un bon moment de lecture

 

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Jean-Luc A. d’Asciano - Cigogne

28 Juin 2016, 21:38pm

Publié par zazy

Cigogne

Jean-Luc A. d’Asciano

Editions Serge Safran

Mars 2015

184 pages

ISBN : 979-10-90175- 28-0

 

4ème de couverture :

Recueil de sept nouvelles aux liens subtils entre elles, parle de l’enfance, du poids de l’héritage, du rapport au monde et des manières de fuir la violence et la bêtise des humains.

Adolescente en rébellion contre une cigogne, enfant chamane découvrant les animaux d’un cirque, SDF un peu fou squattant une maison en ruine, frères siamois à la voix miraculeuse ou reclus schizophrène, tous ces personnages portent en eux une vision du monde critique, drôle et désenchantée.

Évoluant dans un univers à la lisière du fantastique, ils passent des alliances avec des figures tutélaires, d’étranges bestioles à plumes, à poils ou à peau.

Un univers enchanteur, mélange de réalisme très cru et d’onirisme ouvert sur l’amour de la vie.

L’auteur (site de l’éditeur) :

Jean-Luc A. d’Asciano est né à Lyon, mais a grandi à Nantes. Passe un doctorat de littérature et psychanalyse. Écrit des articles sur le roman noir, l’architecture, les arts contemporains ou la cuisine. Fonde les éditions de L’Œil d’or où il publie Petite mystique de Jean Genet (2007).

Cigogne est son premier livre de fiction, premier recueil de nouvelles.

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La légende veut que les cigognes livrent des bébés. Avec ce recueil de nouvelles, Jean-Luc d’Asciano conforte la légende en nous livrant un bon livre.

Des nouvelles quelques fois dérangeantes, où l’incongru flirte avec l’étrange. Les personnages sont totalement atypiques. La base, réaliste, permet à l’imagination de l’auteur de se déployer d’une belle façon. Je laisse donc le réalisme à côté de moi

Un imaginaire foisonnant avec des frères siamois qui découvrent pas hasard leurs pouvoirs, «Nous sommes nés monstrueux et notre vie fut belle. Nous sommes nés au plein milieu d'un été admirablement chaud. Nuls signes mystérieux – pluies de crapauds, migrations de rats, passages de comètes à la ponctualité détériorée, naissances d'agnelles à six pattes ou tournée de saltimbanques – n'annoncèrent notre venue. Juste le cri de douleur de ma mère lorsqu'elle accoucha, et son silence obstiné lorsqu'elle nous vit.». des enfants avec un pouvoir mental développé, la folie douce ou pas…

J’ai aimé le SDF ultrasensible qui adore le déplacement de l’air au passage des TGV qui s’installe dans une cabane enfouie sous les ronces pour que sa chienne puisse mettre bas tranquillement. Il dépose ses objets selon un rituel bien défini et enfin « sa face s’anime, s’agite de soubresauts, de tics qui s’organisent. La grimace arrive, la grande grimace, sa préférée : tous son visage se plisse, s’illumine puis s’apaise en un immense, unique et calme sourire ».

Et puis, il y a la cigogne. Cette Klappi qui fait l’unanimité contre elle, qui suit le père partout, il n’y en plus que pour elle. « Johannes, c’est mon père. Klapperstorch, c’est une cigogne. Mais ceci n’est pas l’histoire d’amour entre mon père et Klapperstorch. C’est l’histoire de la guerre sans merci entre le reste de la famille et la cigogne. » Cela pourrait mal se terminer.

Les parents semblent un peu dépassés par leurs progénitures, le drame pourrait être là, sous-jacent, pourtant il y a de l’amour ou, pour le moins, de la tendresse. L’innocence est belle, le désespoir absent, les protagonistes font face à leurs destins. Humains et animaux vivent ensemble, compagnons des uns et des autres, amis ou ennemis, mais pas trop.

Ce livre aux frontières du surnaturel, du conte, de l’onirisme est écrit d’une belle façon. Un recueil de nouvelles très original.

Merci à Libfly pour cette belle découverte dans le cadre de la voie des indés. , une maison d’édition qui sait me séduire par l’originalité et la qualité de ses livres.

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Prix Express-BFMTV 2016

23 Juin 2016, 13:54pm

Publié par zazy

Rendez-vous le 8 juin dernier devant les grilles du musée du Luxembourg pour la dernière étape de ma merveilleuse aventure en tant que membre, version 2016, du jury du 

Marc Victor, lauréat du prix du roman
Marc Victor, lauréat du prix du roman
Tous les membres du jury sont présents. Seule Maryline qui a vu son train supprimé pour cause de grève, n'a pu être présente. J'imagine son désanchetement
La joyeuse bande entre dans le musée. Je musarde dans les salles où sont exposées les chefs d’œuvre du musée de Budapest. Nous y reviendrons un peu plus tard.
Le héros de la soirée est là !
Prix Express-BFMTV 2016
Les conversations vont bon train avec notre "coq", seul homme du jury si l'on excepte Laurent Binet, président
Prix Express-BFMTV 2016
David Foenkinos est présent
Prix Express-BFMTV 2016
En grande discussion avec Laurent Binet.
Que diantre, l'homme bouge beaucoup, pas facile d'avoir une photo nette !
Prix Express-BFMTV 2016
Comme une allée pour accueillir Caroline
Prix Express-BFMTV 2016
La salle se remplit
Prix Express-BFMTV 2016
Alix en grande discussion avec Christophe Barbier et Patricia de la Fage
Prix Express-BFMTV 2016
Les choses deviennent sérieuses, c'est l'instant de la remise des prix des lecteurs à Marc Victor pour son roman "Le bout du monde"
Prix Express-BFMTV 2016
Abdennour Tisserand a reçu le prix de l'essai pour son livre "Les tisserands".
J'ai écouté ses interventions dans l'émission "Agora" de Stéphane Paoli, le dimanche midi sur France Inter. J'ai noté son livre qui me parait très intéressant.
Prix Express-BFMTV 2016
Constance Colonna-Césari a reçu le prix du document pour son livre "Diplomates en soutane". Un ouvrage bigrement documenté.
Les heureux lauréats
Prix Express-BFMTV 2016
Olvier Norek dont j'avais vraiment beaucoup apprécié le livre "Surtensions" est parmi nous. Dernière aventure pour le capitaine Coste ?
Christine m'a présentée l'auteur de Wanderer, Sarah Léon, une frêle jeune femme et un roman de poids . Wanderer se passe dans la Montagne Bourbonnaise où, enfant, je passais mes vacances. Un livre passion très bien écrit
Prix Express-BFMTV 2016
Olivier Norek avec Laura, une lectrice convertie
Christine et Victor en plein travail d'écriture
Christine et Victor en plein travail d'écriture
Vint l'heure de faire honneur à un buffet fort sympathique (les macarons !!!)et délicieux, de discuter, se raconter, "couter, rire...
Christine et moi sommes allées auprès de Marc Victor pour une dédicace. Quelque chose me dérangeait dans son livre, je n'avais jamais pu dépasser le premier degré, ce qui a gâché ma lecture. Après ses explications, j'ai repris le livre pour une nouvelle découverte et mieux apprécié les relations d'amitiés, un peu tordues, avec Corto et compris qu'il dénonçait ce que je déteste dans son livre.
Je mettrai une note sur mon commentaire.
Merci Marc Victor de m'avoir écouté.
Prix Express-BFMTV 2016
La fête est terminée, mais j'ai toujours des étoiles dans les yeux et le sourire aux lèvres lorsque je repense aux mois précédents.
Ce que je retiens de cette aventure :
  • La gentillesse, la simplicité de Marc Victor, son regard un peu perdu de temps à autre devant sa renommée soudaine.
  • Le regard charmeur d'Olivier Norek qui ressemble un peu, d'après moi, au capitaine Coste, héros de Surtensions
  • La simplicité, voire timidité de Sarah Léon (je vous recommande la lecture de son livre Wanderer)
  • La présence de Laurent Binet
  • La gentillesse d'Alix de Roaldès, Mariane Payot, Patricia de la Fage de l'Express pour avoir su nous mettre à l'aise.
  • Le sourire amusé et coquin de Laura chargée de communication à BFMTV
  • Merci à la société S.T.Dupont pour le somptueux cadeau.
  • Merci à tous pour votre gentillesse
Merci à vous Benoît, Caitline, Caroline, Christine, Jocelyne, Martine, Maryline, Myriam, Virginie pour ces bons moments passés ensemble, nos fous rires, nos discussions...
Oui ce fut une belle soirée et une belle conclusion à ces mois de découvertes littéraires.
Je suis prête à recommencer !

https://www.youtube.com/watch?feature=youtu.be&v=eBu5cNe8VFA&app=desktop

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Christophe Carlier - L'assassin à la pomme verte

23 Juin 2016, 04:28am

Publié par zazy

L’assassin à la pomme verte

Christophe Carlier

Editions Serge Safran

Août 2012

ISBN : 9791090175051

 

 

4ème de couverture :

«J'éprouvais pour Elena une tendre reconnaissance. J'avais toujours voulu tuer quelqu'un. Pour y parvenir, il me manquait simplement de l'avoir rencontrée» songe Craig, fraîchement débarqué des États-Unis comme Elena d'Italie. Tous deux se trouvent pour une semaine au Paradise : un palace, vrai monde en soi, où l'on croise parfois au bar d'étranges clients. Par exemple cet homme de Parme, mari volage et volubile, découvert assassiné au lendemain de leur arrivée. Entre Craig et Elena naît un sentiment obsédant, fait d'agacement et d'attirance, sous l'oeil impitoyable de Sébastien, le réceptionniste, auquel rien n'échappe. Ou presque.

Dans cette envoûtante et spirituelle fiction à plusieurs voix, chacun prenant à son tour la parole, chacun observant l'autre, épiant son voisin, amour et meurtre tendent à se confondre. En émule d'Agatha Christie et de Marivaux, Christophe Carlier prouve avec maestria que l'accidentel, dans le shaker du grand hôtel, a partie liée avec l'imaginaire. Et qu'un assassin peut être aussi discret que l'homme à chapeau melon de Magritte, au visage dissimulé à jamais derrière une pomme verte.

L’auteur :

Christophe Carlier, né en 1960, a publié Lettres à l'Académie française (Arènes 2010) et divers autres essais dont plusieurs consacrés aux contes et aux mythes.

L'Assassin à la pomme verte est son premier roman.

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Soyez le bienvenu au Paradise. C’est ce que pourrait dire Sébastien, lui qui, de service de nuit, accueille les clients. Sébastien voit beaucoup de chose, étudie les attitudes de son regard expérimenté. « J'affecte à leur égard la sagesse bouddhique d'un tenancier de maison close. »

Il regarde la comédie humaine qui se joue devant ses yeux entre Craig, l’américain qui enseigne la littérature française aux USA, venu en France pour une série de conférences ; Elena, l’Italienne qui travaille pour une maison de couture italienne et un italien volubile, vantard, déjà peu ou prou pris de boisson. Des liens se nouent entre Craig et Elena qui prennent l’habitude de petit-déjeuner à la même table. Tout pourrait couler vers une douce romance comme dans tant d’hôtels, mais, l’italien volubile est découvert mort, le crâne fracassé dans sa suite. Tout laisse croire à un meurtre. «L'annonce d'un crime est toujours salutaire, puisqu'elle nous rappelle à nous-mêmes que nous sommes vivants.», déclaration de Craig.

Tout au long du livre alternent les récits de Craig, Elena et Sébastien. Chacun s’épie, se raconte. L’enquête n’est pas le plus important puisque l’assassin décrit son forfait très calmement. Les réflexions des trois personnages, loin d’alourdir le récit, donne un rythme alerte au livre. Cela tient de la pièce de théâtre.

Les réparties caustiques de Craig sont le sel de ce livre au style classique, enlevé. La fin inattendue clôt un livre que j’ai pris grand plaisir à lire. Un très bon premier roman.

 

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