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ZAZY - mon blogue de lecture

Mika Biermann - Booming

23 Mars 2017, 16:37pm

Publié par zazy

Booming

Mika Biermann

Editions Anarchasis

août 2015

144 pages

ISBN : 9791092011289

 

4ème de couverture :

Surgis du fin fond du décor, Lee Lightouch et Pato Conchi, le grand maigre et le petit gros, se rendent à Booming pour raison sentimentale.
« Personne ne va à Booming » ; « Prenez un bonbon, je ne crois pas qu’ils en aient » : on les avait pourtant prévenus. Kid Padoon et sa bande font régner la terreur à Booming, le shérif à leur botte, le bordel à leur service, le saloon à leur disposition, le croque-mort aux petits soins.

Mais ça n’est encore rien : il y a quelque chose de détraqué à Booming, un truc qui coince, qui débloque, qui recoince et qui vous rend cinglé.
Accrochez-vous : Booming est un western quantique qui se joue des balles et du temps qui passe.

L’auteur (site de l’éditeur) :

Mika Biermann, originaire d’Allemagne, habite Marseille depuis 25 ans. Après avoir fait les Beaux Arts à Berlin et Marseille, il s’achemine vers l’écriture, et a déjà publié deux ouvrages : Les 30 jours de Marseille (Climats, 1996) et Ville propre (La Tangente, 2007). Un Blanc est son troisième roman, mais il a aussi publié en Autriche la traduction allemande des chroniques de Jacques Durant dans Libération sur la tauromachie.

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Booming sent bon la petite ville américaine florissante, avec ses commerces, son saloon, son sheriff, ses indiens, ses bandits, son croque-mort… bref, une ville du far West florissante. Quoi, ce n’est pas ça ? Lorsque l’on s’appelle Booming….

Lee Lightouch, longiligne anglais amoureux de la peinture et Pato Conchi, colombien petit, bien en chair et leurs mules, en auront un tout au avis lorsqu’arrivés à Townsend  ils demandent la direction de Booming

« Le barman chauve expédia un mollard dans le crachoir.
- Personne ne va jamais à Booming
- -Pourquoi pas ?
- N’y a rien là-bas »

Pourquoi ces deux hommes qui font penser à Don Quichotte et Sancho Panza veulent-ils aller à Booming ? C’est là que l’histoire diverge par rapport à Don Quichotte. Pato Conchi veut y retrouver sa Dulcinée, sa Conchita enlevée par Kid Padoon.

Ami lecteur, amie lectrice cartésiens, sautez de votre mule, restez à Townsend, je repasse vous chercher à la fin de cette chronique.

Bon, retrouvons nos deux cow-boys à l’entrée de Booming devant un indien assis immobile mais qui semble vivant, sauf qu’il est dur comme une statue, mais intransportable.

« A l’œil nu, les cheveux ressemblaient à de vrais cheveux, la peau à de la vraie peau. Au toucher, tout avait la dureté de la pierre. La rigidité du fer. La densité du bois. »

Peu après, Pato s’enfonce un brin d’herbe dans la chaussure, sauf que… l’herbe est dure et tranchante comme du fer, qu’ils ne peuvent la déterrer.

Avec précaution, ils continuent leur chemin pour entrer dans Booming. Tout est immobile, même le soleil ne bouge pas, un vrai décor de cinéma. Plus loin, un homme est dans le même état que l’indien.

Bienvenue à Booming où même les mouches sont arrêtées dans leurs vols, ville sans bruit, sans mouvement, sans odeur.

Les deux hommes se séparent et, à ce moment, la vie reprend ou, ils se promènent au milieu des « statues » et font dévier la balle qui devrait tuer…

Ces « arrêts sur image » racontent la violence qui règne à Booming sous la coupe de Kid Padoon et sa bande.

Bref, Mika Biermann s’amuse, se joue des codes, des dimensions, du temps… La chronologie est bafouée avec allégresse, les histoires se croisent dans le temps, tout semble fou sens dessous-dessus, mais, que nenni, l’auteur sait où il nous emmène et tricote son histoire avec précision. Un point à l’endroit, un point à l’envers, puis reprend la maille plus haut… pour une écharpe qui s’enroule agréablement autour de mon cou. Une histoire qui ne me fait pas lâcher le livre.

Plus que ce western hors d’âge, pas comme les infâmes whiskies que se tapent Lightouch, il y a l’amitié intemporelle entre ces deux hommes que tout devrait séparer.

Ce roman est superbement construit, déconstruit puis reconstruit, tout ceci avec brio, sans jamais perdre le fil. J’y ai perdu la tête, l’ai retrouvée pour mieux être comblée par la maîtrise de l’écriture

Bref, entre western classique avec les bons, les méchants, les truands, les pendaisons, les filles de joie, le sheriff corrompu et ivrogne… et western quantique, selon la 4ème de couverture et que je ne saurais vous expliciter, j’ai passé un moment de lecture comme je les aime.

La couverture du livre concoctée par Anacharsis est parlante, après coup ; Un cow-boy en plastique sur son cheval et son petit carré d’herbe verte, posé sur un décor genre Colorado.

Livre lu dans le cadre de la voie des indés initiée par Libfly qui met à l'honneur les éditeurs indépendants.

 

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Andreï Makine - L'archipel d'une autre vie

18 Mars 2017, 18:30pm

Publié par zazy

L’archipel d’une autre vie

Andreï Makine

Editions du Seuil

Août 2016

ISBN 9782021329179

 

4ème de couverture :

Aux confins de l’Extrême-Orient russe, dans le souffle du Pacifique, s’étendent des terres qui paraissent échapper à l’Histoire…

Qui est donc ce criminel aux multiples visages, que Pavel Gartsev et ses compagnons doivent capturer à travers l’immensité de la taïga ?

C’est l’aventure de cette longue chasse à l’homme qui nous est contée dans ce puissant roman d’exploration. C’est aussi un dialogue hors du commun, presque hors du monde, entre le soldat épuisé et la proie mystérieuse qu’il poursuit. Lorsque Pavel connaîtra la véritable identité du fugitif, sa vie en sera bouleversée.

La chasse prend une dimension exaltante, tandis qu’à l’horizon émerge l’archipel des Chantars : là où une « autre vie » devient possible, dans la fragile éternité de l’amour.

Andreï Makine, né en Sibérie, a publié une douzaine de romans traduits en plus de quarante langues, parmi lesquels Le Testament français (prix Goncourt et prix Médicis 1995), La Musique d’une vie (prix RTL-Lire 2001), et plus récemment Une femme aimée. Il a été élu à l’Académie française en 2016.

L’auteur (site de l’éditeur) :

Andreï Makine est né en Sibérie en 1957. Il obtient l’asile politique en France en 1987, et se consacre à l’écriture tout en donnant des cours de littérature russe à l’Ecole Normale et à Science Po.
Avec Le Testament français, en 1995, Andreï Makine obtient le Prix Goncourt et le prix Médicis 1995.

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La nuit est tombée depuis longtemps, sous la couette, avec une bonne tisane chaude, bien confortablement installée, je suis prêt à passer la nuit à affronter le froid sibérien.

Tougour (Extrême-Orient russe), un jeune est attiré par un homme et se décidé à le suivre

« Il se leva, se chargea de son barda, se mit en marche. Et moi sur ses traces, je sentais qu’il ne m’était plus tout à fait inconnu. »

Les voici dans la taïga et, ce qui devait arriver, arriva. L’inconnu tend au piège et le suiveur tombe dedans. Cela pourrait être le début d’un polar, mais il n’en est rien. L’homme lance

« Assieds-toi et raconte ». Au bout de cinq minutes, je crus avoir tout dit : notre départ de l’orphelinat, le stage, la bagarre des géodésistes, Tougour… »

l’orphelinat, le stage, la bagarre des géodésistes, Tougour… »

A son tour, l’homme raconte.

Automne 1952, Pavel Gartsev, militaire réserviste se retrouve en Sibérie Orientale pour participer à des manœuvres expérimentales dans le cadre d’une possible guerre nucléaire.  Avec quatre autres militaires, Louskass, commissaire de la république quelque peu sadique, représentant du contre-espionnage militaire, Boutov, Général, très enrobé et un peu porté sur la bouteille, Ratinsky, sous-lieutenant opportuniste, Vassive, maître-chien ; ils ont pour mission de rechercher un prisonnier dangereux et armé qui vient de s’enfuir d’une prison-bagne.

Les voici à la poursuite de ce zek dans la taïga. La chasse à l’homme n’est pas aussi aisée que l’on pourrait le penser.

Cette traque a quelque chose de bizarre, c’est que le poursuivi ne donne pas l’impression de fausser compagnie à ses poursuivants. Chaque nuit, il allume trois feux, deux pour sa sécurité et le troisième à côté duquel il dort. Simple question de précaution

« Il avait compris qu’il nous fallait le prendre vivant et que le chien ne serait pas lâché à ses trousses, mais surtout que personne parmi nous n’avait hâte de s’exposer à ses balles. Il ne donnait pas l’impression de vouloir nous distancer ni de se réfugier dans une cache… et, pour la nuit, choisissait (un lieu assez exposé où nous ne pouvions pas l’aborder sans être vus. »

Les sentiments de Pavel à l’égard du fugitif se modifient

« Je ressentis pour lui non pas de la sympathie mais cet attrait qui devait unir, dans les temps immémoriaux, deux solitaires se croisant dans une forêt sauvage. »

Tout change lorsqu’il découvre qui est réellement le fugitif.

Chacun leur tour, les poursuivants sont victimes d’accidents de parcours et abandonnent la traque.  Le voici seul à poursuivre le cheminement à deux, car Pavel sait qu’il ne veut pas l’attraper. Il va comprendre qu’il n’est pas du bon côté de la vie, que le prisonnier lui donne une belle leçon de vie.

Ce qui, au début n’est qu’une chasse à l’homme, devient une quête quasi métaphysique. Pavel se débarrasse de ses oripeaux de troufion, de guerrier, pour endosser ceux de chasseur-cueilleur, apprend la nature au contact du Zek. Connaître l’identité de ce fugitif va changer sa vie de fond en comble.

Cette chasse à l’homme e transforme en voyage initiatique. L’archipel des Chantars est bien l’archipel d’une nouvelle vie.

Je fus, une nouvelle fois, subjuguée par l’écriture d’Andréï Makine. Superbe coup de cœur.

 

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Karel Schoeman - Retour au pays bien-aimé

16 Mars 2017, 21:47pm

Publié par zazy

Retour au pays bien-aimé

Karel Schoeman

Traduit de l’Afrikaans par Pierre-Marie Finkelstein

Editions Phébus

Août 2006

208 pages

ISBN 978-2-7529-0207-8

 

4ème de couverture :

George Neethling, la trentaine, retourne en Afrique du Sud, pays qu’il avait quitté enfant. Sa mère vient de mourir. Il quitte la Suisse, où il réside, afin de vendre Rietvlei, la propriété où sa mère est née. Rietvlei se trouve loin de toute ville. Neethling sera hébergé par un couple de fermiers, les Hattingh et leurs enfants (trois garçons : Johannes, Hendrik et Paul, et une fille : Clara). Pendant quelques jours Neethling va vivre à leur rythme, les écoutant évoquer sa mère, le passé, l’histoire de l’Afrique du Sud, mais aussi exprimer la terreur que leur inspirent les sempiternelles rondes des militaires, tous des pilleurs et des assassins. Nous sommes encore au temps de l’Apartheid. Clara, tour à tour hostile et amicale à son égard, le mènera là où autrefois s’élevait Rietvlei, aujourd’hui un tas de ruines, conséquence d’affrontements entre l’armée et des opposants au régime. Neethling comprendra soudain qu’il ne trouvera jamais sa place dans son pays d’origine voué désormais au chaos.
Livre puissant, qui fait songer à un grand fleuve plein de remous et de tourbillons, Retour au pays bien aimé est sans aucun doute le roman de Karel Schoeman où les sentiments de peur et de colère sont les plus omniprésents. Comme nul autre, Schoeman parle aussi du silence avec une douceur toute musicale et infiniment poétique, mais cette douceur-là, nous nous apercevons peu à peu, qu’elle est terriblement trompeuse.

L’auteur (site de l’éditeur) :

Karel Schoeman est né en 1939 à Trompsburg (État libre d’Orange). Solidaire du combat des Noirs de son pays, Karel Schoeman a reçu en 1999, des mains du président Mandela, la plus haute distinction sud-africaine : The Order of Merit. Son œuvre – colossale – compte une trentaine d’ouvrages d’histoire et dix-sept romans dont certains – En étrange pays (Phébus, 2007), Retour au pays bien-aimé (Phébus, 2006) et La Saison des adieux (Phébus, 2004) – comptent parmi les chefs-d’œuvre de la littérature sud-africaine. Pour Cette vie, Karel Schoeman a obtenu le Prix Herzog, le plus grand prix littéraire d’Afrique du Sud.

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George Neethling revient, après le décès de sa mère, sur les terres qu’il a quitté à l’âge de 5 ans avec ses parents pour la Suisse où le père est diplomate.

Pendant une semaine, il désire se replonger dans son enfance, retrouver la ferme dans laquelle il a vécu ses cinq premières années.

En Afrique, pour moi, tout est différent mais justement, je veux voir les choses telles qu’elles sont en réalité.

Les Hattingh, de vagues cousins, lui offrent l’hospitalité mais refusent de l’emmener à Rietvlei, la ferme où il a vécu. C’était avant le départ, avant les troubles, avant le déclassement de ces familles de la petite bourgeoisie afrikanders.

« Nous vivons modestement, comme je te l’ai dit tout à l’heure, dit Hattingh, mais c’est à cause des circonstances. Nous n’avons pas perdu le sens de l’hospitalité. »

Les évènements sont tout le temps évoqués. Madame Hattingh ressasse le temps des jours heureux où elle habitait la ville, avait une vie bourgeoise avec serviteurs noirs. Avec la catastrophe, elle a dû s’exiler dans leur ferme à la campagne, bosser dur avec son mari et ses trois enfants.

«On l’a bien néglige ces dernières années, ce n’est plus la ferme que j’ai connue quand je me suis installé, mais, négligée ou pas, nous pouvons nous estimer heureux d’ l’avoir conservée. C’est une ferme de famille, un héritage de mon arrière grand-père ; à l’époque ils avaient encore l’argent et la main-d’œuvre pour l’entretenir… Mon défunt père lui-même ne serait pas très fier de nous. Quand il est mort, tout allait encore bien. »

Les Hattingh et les autres restés au Veld, vivent aussi une sorte d’exil. Passer d’une vie de petite bourgeoisie avec serviteurs noirs à la vie austère, frugale, dure, presque sans espoir, exilés de leur ancienne vie confortable.

« Toi, ce qui t’intéresse, c’est la maison où ont vécu tes grands-parents, ta mère, ta famille, à l’époque où le monde entier leur appartenait, la terre et les étoiles. Mais ce monde-là a volé en éclats, il n’en reste pas pierre sur pierre. Les militaires sont arrivés, ils ont dynamité la maison, fait sauter l’étang, retourné la terre du jardin. Tout cela c’est du passé, tu comprends ? »

Les évènements pèsent sur tout le livre, sur le séjour de George. Les Hattingh lui feront rencontrer ceux qui n’ont pu ou pas voulu partir. Un sentiment entre jalousie et ressentiment contre les exilés perdure qui fausse les relations ; même si on le fête, il se sent l’étranger.

George se sent toujours en dehors, ne peut reconnecter avec ses souvenirs, ne comprend plus ce pays. La réalité ne correspond plus à ce que lui racontait sa mère. C’est bien cela l’exil, fantasmer le pays natal où sont les souvenirs reconstruit par l’absence de réalité. Le pays natal devient un Eldorado, un pays de cocagne. Les éditions Elyzad ont publié un ouvrage collectif, le pays natal. L’apaisement n’est jamais au rendez-vous.

L’écriture dense,  intense m’a captivée. Le malaise, la peur, la violence sont tangibles,  la chaleur étouffante baigne les pages de ce très bon livre sur l’exil sorti en Afrique du Sud en 1972.

J’ai lu ce livre suite à la chronique de Mimi.

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Je n'aurais pas dû

13 Mars 2017, 15:44pm

Publié par zazy

Presque ensemble

Marjorie Philibert

Editions JC Lattès

376 pages

Janvier 2017
ISBN : 9782709658584

 

4ème de couverture :

Tout commence le 12 juillet 1998. En pleine finale France-Brésil, Victoire et Nicolas se rencontrent dans un bar à Paris. Ces deux révoltés placides deviennent inséparables et se lancent dans la vie de couple. Mais loin de la passion rêvée, nos héros se retrouvent embarqués dans une odyssée domestique désespérément tranquille...
L'arrivée de Ptolémée, le chat, leur procure un temps le paradis tant souhaité. Mais rien ne dure !
Drôle et mordant, Presque ensemble explore avec brio le sentiment amoureux à l'épreuve du quotidien, ou simplement peut-être de la vie.

L’auteur (site de l’éditeur) :

Marjorie Philibert est née en 1981 et est journaliste à Paris. Presque ensemble est son premier roman.

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Victoire et Nicolas se rencontrent dans un bar, en 1998, lors de la fameuse victoire de l’équipe de France en coupe du monde et décident très rapidement de vivre ensemble.

Ce couple lambda de base, sans passion, sans désir autre que le désir charnel du début de leur relation, s’étiole petit à petit. Les relations extraconjugales ne changeront rien. L’impression qu’à part l’appartement et la vie commune, ils ne partagent rien. Leur union est basée, dès le début, sur un malentendu. Ils suivent chacun leur route, avec quelques croisements.

Est-ce cela la génération désenchantée ? Je ne sais pas, mais ils dégagent un tel ennui.

Cette phrase résume mon impression.

"On s’épuisait à se parler sans s'écouter, à s'expliquer sans se comprendre, à souffrir comme si on avait tout le temps devant soi, pour finir par passer sa vie côte à côte comme deux vaches dans un pré."

L’écriture, classique est agréable, mais je n’ai pu résister à l’ennui, au sentiment de vacuité de ce couple de jeunes gens qui ont l’air d’avoir cent ans. Une bonne analyse qui ne m’a pas enthousiasmée du tout. Passer de l’extravagance de  Yasutaka Tsutsui à la tiédeur de Victoire et Nicolas était un challenge quasi insurmontable.

Livre lu dans le cadre de l’opération les 68 premières fois. Ce livre va poursuivre sa route vers d’autres lecteurs.

 

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Yasutaka Tsutsui - Les hommes salmonelle sur la planète porno

12 Mars 2017, 22:37pm

Publié par zazy

Les hommes salmonelle sur la planète porno

Yasutaka Tsutsui

Traduit du japonais pas Miyako Slocombe

Editions Wombat

Février 2017

96 pages

ISBN : 9782374980607

4ème de couverture :

Si la planète Nakamura est surnommée « planète Porno » par l’équipe d’explorateurs et de scientifiques japonais qui y ont installé leur base d’études, c’est que la végétation comme la faune ont la fâcheuse habitude de forniquer à tout va, se croisant avec n’importe quels genre ou espèce et produisant ainsi un écosystème des plus étranges, à la fois énigmatique et dégoûtant ! Aussi nos savants sont-ils fort perplexes lorsqu’une de leurs collègues tombe enceinte, inséminée par une spore pas très catholique…

Afin de découvrir comment la soigner, trois hommes sont alors envoyés en mission pour contacter la tribu d’humanoïdes autochtones et impudiques qui semble détenir le secret de la coexistence dans ce milieu. Mais leur voyage à travers la planète Porno, parmi les crocopile-à-l’heure, les tatami-popotames et autres méduses-cul-en-l’air, leur réserve bien des surprises, parfois plaisantes, parfois moins…

Moquant les distinctions biologiques, Yasutaka Tsutsui prouve dans cette parodie de SF érotico-comique que tous les goûts sont dans la nature !

L’auteur (site de l’éditeur) :

Né en 1934 à Ôsaka, Yasutaka TSUTSUI est l’une des voix majeures de la science-fiction et du fantastique japonais. Il débute à la fin des années 1960 par des textes où l’on décèle les influences de Philip K. Dick et de J. G. Ballard. Son œuvre imposante a été couronnée de nombreux prix, dont le prix Kawabata, le prix Tanizaki et le prix Izumi Kyôka.

Quatre de ses livres ont déjà été traduits en français, parmi lesquels La Traversée du temps (L’École des loisirs) et Hell (Wombat) Tsutsui est aussi l’auteur du roman Paprika, dont l’adaptation en film d’animation (par Satoshi Kon en 2006) a connu un succès international.

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Une couverture  d’ Icinori, explicite, joyeuse qui donne une furieuse envie d’en savoir plus, surtout que le mot salmonelle n’évoque pas quelque chose de réjouissant sur notre planète terre.

« Le Dr Shimazaki, notre spécialiste en botanique et l’unique femme de ce group de recherches, est tombée enceinte. Rassemblez-vous immédiatement pour une réunion d’urgence ».

Ok, va-t-on voir tous les hommes de cette équipe passer à la moulinette pour trouver le père de cet enfant à naître ?

Mince alors,  le fautif est une fougère, oui mais pas n’importe laquelle, un « engrosse-veuve » ! Oui, vous m’avez bien lu. Cette fougère pousse en Nunudie et cette chère Docteur en a inhalé les spores. Cette plante n’engrosse pas que les veuves, mais toute femme non vierge et le Dr Fukada d’y aller de sa petite perle :

« Par ailleurs, il me parait évident que le Dr Shimazaki n’est plus vierge, ajouta-t-il avec un sourire. Après tout, elle a quand même trente-deux ans. Il serait cruel de la traiter de débauchée sous prétexte qu’elle n’est pas vierge ».

La planète Nunudie mérite bien le nom de porno que lui a donné une équipe antérieure Ceux donnés aux plantes, reliefs sont tout aussi parlants. Ainsi, le « cap de la Branlette » et le « mont Geint-le -soir qui pousse un gémissement de femme en extase ». Je ne suis pas au bout de mes surprises ! Entre les algues farfouilleuses, si vicieuses, le crocopile-à-l’heure, le tatami-popotames, l’alligator-pilleur.

« Ils n’attaquent pas, mais ils viennent vous faire des choses vicieuses. » ,

sans oublier les méduses-raplapla. Ha, les touche-pipettes, les irrélations, les triques-du-midi, les lapins-aux-oreilles-en-grappes, des vaches accordéons. J’allais oublier les rouges-glands, les réveilles-bobonnes…

Tout un environnement soi-disant vicieux. Quant aux nunudiens qu’ils veulent contacter pour savoir comment avorter le Dr Shimazaki, ils se promènent, bien sûr, à poil et forniquent à tout va,  comme les bonobos.

Ce qui intriguent nos professeurs-explorateurs, c’est que, avec toutes ces fornications inter-espèces, la planète ne soit par surpeuplée.  Sona et Mogamigawa se disputent au sujet  de la « théorie de la dégénérescence »,  « le rétrocontrôle négatif » qui vont à l’encontre des théories de Darwin, tout comme le devenir des bébés hybrides qui naissent de ces copulations. Mais si, c’est très sérieux et sérieusement expliqué. Et puis, il y a les tarentines-nourrices qui ont une importance beaucoup plus grande que ce qu’ils n’imaginaient. Oh, les champs de myosotristes et le « phénomène Algernon ». En traversant cette prairie, vous perdez la mémoire, et la faculté de penser. Heureusement le phénomène est réversible, à condition de ne pas y rester.

J’ai passé un moment entre rire et sourire avec ce petit livre. Peut-être faudrait-il une suite avec un peu plus de la vie des nunubiens qui n’est qu’effleurée, attention, je n’ai pas dit caressée ! Et puis, j’aurais aimé savoir comment ils ont sauvé le Dr Shimazaki.

Un délire comique, quelque peu débridé, sans une once de vulgarité qui fait un bien fou.

Les hommes salmonelle sur la planète porno (j’adore ce titre) des Editions Wombat à lire pour délirer.

 

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Atlas Obscura

11 Mars 2017, 15:46pm

Publié par zazy

Atlas Obscura

Joshua Foer

Dylan Thuyas

Ella Morton

Editions Marabout

Novembre 2016

496 pages

ISBN : 9782501117340

Le mot de l’éditeur :

Soyez prudent, la lecture d’Atlas Obscura peut devenir addictive !

Installez vous confortablement dans votre fauteuil préféré avec Atlas Obscura entre les mains, vous venez d’embarquer pour un voyage extraordinaire grâce à ce guide unique de l'étrange, des mystères et des merveilles : celles qui sont juste à côté de chez vous, celles qui sont à l’autre bout du monde.

Au fil des continents, vous découvrirez : la porte de l'enfer du Turkménistan, les secrets des catacombes de Paris, les écorchés de Fragonard, les tunnels abandonnés de la petite ceinture de Paris, les cercueils suspendus sur une falaise aux Philippines, un hôtel monumental et défiant le ciel en Corée du Nord, la crypte des capucins de Rome décorée d’ossements humains, le premier télégraphe optique à Saverne, le pont suspendu le plus vertigineux du monde, l’île des chats au Japon, la ville fantôme de Tchernobyl…
Atlas Obscura révèle plus de 600 lieux les plus étranges et curieux du monde.

Laissez votre curiosité devenir votre boussole. Soyez curieux sans modération, tournez les pages, découvrez, relisez, re-découvrez. La vie est courte. Notre planète est remplie de merveilles et curiosités… Ce livre sera votre guide !

C’est un livre de « culture internet » à dévorer. Il est presque impossible de ne pas tourner la page suivante, et la suivante, et la suivante…

600 photographies et illustrations complètent l’ouvrage, des cartes pour toutes les régions du monde.

Atlas Obscura est une nouvelle façon de voyager, de chez soi.

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Assise à mon bureau, l’objet est trop lourd pour être tenu des deux mains, j’ouvre ce gros bouquin et là, je découvre, je fais des wouah, j’émets des borborygmes. Je ne peux m’empêcher de tourner une page, puis une autre, encore et encore.  Ouvrir le livre au hasard, découvrir, s’émerveiller  ou avoir  la moue de dégoût selon l’attraction proposée.

Vous comprendrez bien que, très française, je ne peux qu’avoir la lippe dégoûtée  page 164 en découvrant « Bozhou : le marché des plantes aux mille vertus »… Il s’agit plus du marché aux insectes (cafards, mille-pattes grands comme des crayons…) et autres barriques de placentas humains séchés, ou en lisant la fabrication des œufs de garçon

Heureusement, j’y trouve aussi El Ateneo Grand Spendid à Buenos Aires. Un ancien théâtre reconverti en librairie.

 

 

Vous pensiez que le saut à l'élastique était une invention de doux dingues modernes ? Que nenni. Pratiqué depuis des siècles sur l'île de Pentecôte pour garantir une bonne récolte.

 

Passer sous Le tunnel des glycines au Japon lorsqu’elles sont en fleurs, doit être un plaisir des sens.

 

Le village de Kijong-Dong en Corée du nord. Juste dessous il est question des ceintures vertes que furent les zones démilitarisées entre les deux Corée, entre les deux Allemagne… où prospèrent des animaux et plantes qui peuvent être en voie de disparition ailleurs.

Me voici en Bulgarie devant la photo du monument de Buzludzha, érigé en hommage au communisme bulgare sous Tito. D’autres monuments  dans le style brutaliste (je n’invente rien) sont visibles  sur la page suivante.

La Croatie nous offre son musée des relations rompues, relations amoureuses bien entendu.

Un livre surprenant, hétéroclite, où 650 lieux étranges et merveilleux sont à explorer, avec longitude et latitude pour s’y retrouver. J’imagine les photos que j’y ferais

Je pourrais continuer ainsi sur plusieurs pages, mais je préfère vous laisser le plaisir de découvrir ce livre très documenté, agréable à lire avec de belles photos étonnantes, diverses et variées. Ils parlent même de Sainte Bernadette à Nevers !

L’Atlas est sur la table du salon à portée de toutes les mains. Un ouvrage à consulter avant de partir en voyage, pour repérer les lieux, les œuvres d’art peu ordinaires.

Un superbe cadeau à faire ou a se faire pour un prix très raisonnable.

 

 

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Eric Vuillard - 14 juillet

8 Mars 2017, 18:59pm

Publié par zazy

14 juillet

Eric Vuillard

Editions Acte Sud

Août, 2016

208 pages

ISBN 978-2-330-06651-2

 

4ème de couverture :

La prise de la Bastille est l'un des évènements les plus célèbres de tous les temps. On nous récite son histoire telle qu'elle fut écrite par les notables, depuis l'Hôtel de ville, du point de vue de ceux qui n'y étaient pas. 14 Juillet raconte l'histoire de ceux qui y étaient. Un livre ardent et épiphanique, où notre fête nationale retrouve sa grandeur tumultueuse.

L’auteur (site de l’éditeur)

Éric Vuillard, né en 1968 à Lyon, est écrivain et cinéaste. Il a réalisé deux films, L’homme qui marche et Mateo Falcone. Il est l’auteur de Conquistadors (Léo Scheer, 2009, Babel n°1330), récompensé par le Grand prix littéraire du Web - mention spéciale du jury 2009 et le prix Ignatius J. Reilly 2010. Il a reçu le prix Franz-Hessel 2012 et le prix Valery-Larbaud 2013 pour deux récits publiés chez Actes Sud, La bataille d'Occident et Congo ainsi que le prix Joseph-Kessel 2015 pour Tristesse de la terre (paru en 2014 dans la collection 'un endroit où aller').

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Nous sommes  en avril 1789, Jean-Baptiste Réveillon, roi du papier peint, a une idée lumineuse :

« Il emploie plus de trois cents personnes dans sa fabrique, rue de Montreuil. Dans un moment de décontraction et de franc-parler stupéfiant, il affirme que les ouvriers peuvent bien vivre avec quinze sol par jour au lieu de vingt, que certains ont déjà la montre dans le gousset et seront bientôt pus riches que lui Réveillon est le roi du papier peint, il en exporte dans le monde entier, mais la concurrence est vive ; il voudrait que sa main-d’œuvre lui coûte moins cher. »

Ce fut le début. La petite folie du sieur Réveillon sera  détruite

« Le soir, on parvient à forcer l’entrée de la folie Titon. C’est la revanche de la sueur sur la treille, la revanche du tringlot sur les anges joufflus. La voilà la folie, la folie Titon, là où le travail se change en or, là où la vie rincée mute en sucrerie, là où tout le turbin des hommes, quotidien, pénible, là où toute la saleté, les maladies, l’aboi, les enfants morts, les dents pourries, les cheveux filasses, les durillons, les inquiétudes de toute l’âme, le mutisme effrayant de l’humanité, tous les monotonies, les routines mortifiantes, les puces, les gales, les mains rôties sur les chaudières, les yeux qui suivent dans l’ombre, les peines, les écorchures, le nique de l’insomnie, le niaque de la crevure , se changent en miel, en chants, en tableautins. »

Tout au long du livre  Eric Vuillard prend fait et cause pour les insoumis, les pauvres, les travailleurs, les petites gens, ceux qui sont juste un cran au-dessus, mais si peu. Il prend soin de les nommer, de nous parler de leurs vies. Ces petites gens qui croulent sous le travail, les dettes, se soûlent de mauvais vin, il les magnifie, il leur enlève leur anonymat, à l’inverse d’un Michelet qui ne parle que des grands hommes.

« Michelet sépare le peuple, l’immense masse noire qui avance depuis le faubourg Saint-Antoine, de son représentant, qui devient le véritable protagoniste de l’Histoire. »

« Qu’est-ce qu’une foule ? Personne ne veut le dire. Une mauvaise liste, dressée plus tard, permet déjà d’affirmer ceci. Ce jour-là à la Bastille, il y a Adam né en Côte-d’Or, il y a Aumassip, marchand de bestiaux, né à Saint-Front-de-Périgueux, il y a Béchamp, cordonnier, Bersin, ouvrier du tabac, Bertheliez, journalier venu du Jura, Besou dont on ne sait rien, Bizon, charpentier, Mammès Blanchot, dont ne sais rien non plus, à part ce joli nom qu’il a et qui semble un mélange d’Egypte et de purin. »

L’auteur raconte l’exubérance, telle une liane de la ville de Paris dont chaque carte  est obsolète avant sa parution. Paris qui est à la fois une dame du monde et une gueuse, une royaliste et une révolutionnaire, bref, une ville très vivante.

« Les rues se prolongent, les vieilles maisons sont démolies, et la ville continue de ‘étaler sans cesse, lascive, concupiscente. »

Eric Vuillard, est également cinéaste et cela se sent dans son écriture très visuelle. J’ai vu avancer, grossir la foule armée de peu, j’ai vu tomber les premiers corps, j’ai senti la peur, la grosse trouille mais aussi la folie qui s’est emparée de tous ces anonymes. J’ai vu les survivants chercher les corps, pleurer les femmes

La force de ce livre, outre l’écriture ?  faire réfléchir… Toute ressemblance avec les évènements actuels pourrait ne pas être fortuit, comme l’enrichissement brutal, pas toujours légal et ou décent, la morgue des « puissants »…

Eric Vuillard nous le dit :

« On devrait, lorsque le cœur nous soulève, lorsque l’ordre nous envenime, que le désarroi nous suffoque, forcer les portes de nos Elysées dérisoires, là où les derniers liens achèvent de pourrir et chouraver les maroquins, chatouiller les huissiers, mordre les pieds de chaise, et chercher, la nuit, sous les cuirasses, la lumière comme un souvenir. »

Coup de cœur

 

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Socorro Acioli - Sainte Caboche

6 Mars 2017, 09:19am

Publié par zazy

Sainte Caboche

Socorro Acioli

Traduction Régis de Sa Moreira

Dessins Alexis Snell

Editions Belleville

mars 2017

256 pages – 30 illustrations

ISBN : 9791095604013

 

4ème de couverture :

Après avoir parcouru pendant des jours et des nuits les paysages hostiles du Nordeste brésilien, Samuel trouve refuge dans une grotte à l’étrange forme de tête. L’endroit est parfait pour s’installer paisiblement à l’abri des regards. Mais Samuel se rend vite compte que, depuis son nouveau repaire, il entend les prières d’amour que les villageoises adressent à Saint Antoine. Voilà l’occasion de s’occuper un peu…
Les prédictions de Samuel à travers la voix du saint deviennent rapidement célèbres dans toute la région. Il a, paraît-il, apporté l’amour à de nombreuses femmes désespérées. Mais bien souvent gloire rime avec déboire. Samuel se retrouve bientôt au cœur d’histoires bien plus compliquées que ces simples prières ne le laissaient prévoir…

L’auteur :

Née en 1975 à Fortaleza, au Brésil Socorro Acioli  a entamé une carrière de journaliste, et a commencé à écrire à partir de 2001.Depuis, elle a publié 15 livres au Brésil, et est reconnue pour ses biographies, livres pour la jeunesse

En 2006, elle a participé à un atelier animé par Gabriel Garcia Marquez à Cuba, et a été désignée lauréate de l'atelier par le Prix Nobel colombien avec son roman Sainte Caboche.

Sainte caboche est  son premier livre paru en français, aux éditions Belleville.

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Juste avant de mourir, Mariinha, la mère de Samuel, lui confie quatre choses à faire.

« Je veux que tu allumes trois cierges pour le salut de mon âme. Le premier au sanctuaire de mon petit padre Cicero, le deuxième à la statue de saint François de Canindé, … Et le troisième à saint Antoine, parce que c’était le saint patron de ma mère. Les trois bougies à leurs pieds, mon fils. Posées sur leurs, c’est un détail important pour moi. Mais ma première requête, c’est que tu ailles à Candeia rencontrer ta grand-mère et ton père. »

Samuel, malgré sa haine d’avoir été abandonné, par son père, dans le ventre de sa mère, sait qu’il ira là-bas pour le repos de l’âme de sa mère.

Voyageant à pied, souffrant sous le soleil, de la faim, la soif, il arrive comme une loque humaine devant sa grand-mère qui… l’envoie se coucher dans la forêt.

« Toi, pars d’ici et va dans la forêt. Continue la rue, passe l’église Matriz et le cimetière, avant dans els bois, toujours tout droit sans tourner. Quand tu verras un goyavier, prends à droite, là tu trouveras un coin couvert où dormir. Hâte-toi d’y aller et repose-toi, il y a un gros orage qui arrive.
Puis elle claqua fermement la vieille porte en bois et elle disparut. »

Encore mieux que l’hôtel du Bon Accueil !

Samuel, obéit et après avoir été mordu par une meute de chiens,  arrive à l’entrée d’une grotte obscure et nauséabonde qui s’avère être l’intérieur d’une tête de saint dont le corps gît plus loin. Il dort dans la tête d’un saint décapité !

« Peut-être qu’un géant avait décapité le saint, pensa t-il. Lui avait tranché le cou avec une épée, après quoi e crâne avait dévalé la colline. Il ne voyait pas d’autre explication à une telle aberration : la caboche avait roulé comme un ballon et s’était arrêtée en bas. »

A cinq heures  du matin il est réveillé par des voix de femmes, alors qu’il n’y a personne. Est-ce la fièvre due à la morsure qui s’est infectée ? Pourtant, même guéri, il les entend, toujours aux mêmes horaires. Son comparse Francisco, lui, n’entend rien, seul Samuel peut les entendre et… il y a ce chant qui l’envoûte, ce chant qui l’empêche de partir, de quitter la tête.

 

S’ensuit un job lucratif de prédictions qui s’étend à la région, relayé par une radio locale. Le village quasi abandonné à son arrivée, renait, s’anime avec tous les marchands du Temple et les autochtones qui reviennent. C’est beau un village qui renait, même pour des raisons peu « catholiques »

Pourtant, il doit partir, sa vie est en danger. Il y a des intérêts financiers, des politicards véreux, des constructions que son commerce gêne

« Le projet du maire était de vendre le terrain de Candeia à une entreprise pour la construction d’une usine. Mais il ne pouvait le faire avant que toutes les maisons soient –illégalement- à son nom. »

Je n’en dirai pas plus pour ne pas divulgâcher.

Dans une très belle écriture, merci  à Régis de Sa Moreira pour la traduction, Socorro Acioli me conduit dans le Nordeste brésilien pays où tout peut être superstition.

Le récit passe du cocasse au poétique, des rires aux larmes. Un voyage onirique dans une très belle langue. Une lecture envoûtante, enfin qui m’a envoûtée et que je n’ai pu lâcher. Un très beau roman populaire entre conte et modernité.

Le petit plus ?  Une lecture connectée ; des balises avec un mot à copier sur le site des Editions Belleville pour écouter, voir… je n’en sais pas plus car ce livre n’étant pas encore paru, la connexion n’est pas active, à surveiller.

Sainte Caboche est le second livre des Editions Belleville toute nouvelle maison d’éditions. Je gage qu’avec de tels titres, elle se pérennise pour notre grand plaisir. La couverture de Fernando Chamarelli me plait beaucoup. Une jolie marque d’originalité.

« Chez Belleville, chaque livre est illustré par un artiste du pays de l’auteur. Pour le premier roman de la maison, Sainte Caboche, nous avons eu la chance de travailler avec Fernando Chamarelli, un street artist aux magnifiques œuvres colorées, remplies de créatures exotiques étranges. »

« En 2017, embarquez avec nous au Brésil, en Moldavie, en Turquie, en Egypte et en Iran. »

Préparons nos valises, les deux éditrices nous promettent de beaux voyages

Merci Liblfy pour cette belle découverte

 

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Marie Barraud -Nous, les passeurs

4 Mars 2017, 17:55pm

Publié par zazy

Nous les passeurs

Marie Barraud

Editions Robert Laffont

Janvier 2017

198 pages

ISBN : 2221197909

 

4ème de couverture :

« J'ai voulu raconter l'histoire de mon grand-père et, par ricochet, celle de ses deux fils. J'ai voulu dire ce qui ne l'avait jamais été, en espérant aider les vivants et libérer les morts. J'ai pensé que je devais le faire pour apaiser mon père. Ces mots, c'est moi qu'ils ont libérée. »

Qui est ce grand-père dont personne ne parle ? Marie, devenue une jeune femme, décide de mener l'enquête, de réconcilier son père avec cet homme disparu à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Albert Barraud, médecin, fut un résistant, arrêté par les Allemands. Marie découvrira son rôle protecteur auprès des autres prisonniers. Destin héroïque d'un homme qui consacra sa vie aux autres jusqu'à sa disparition en mai 1945, sur le paquebot Cap Arcona bombardé par l'aviation britannique... Au terme d'un voyage vers la mer Baltique avec son frère, Marie va défaire les nœuds qui entravaient les liens familiaux.

L’auteur (site de ‘éditeur)

Marie Barraud est comédienne. Avec Nous, les passeurs, elle livre un premier roman profondément émouvant

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« J'ai voulu raconter l'histoire de mon grand-père et, par ricochet, celle de ses deux fils. J'ai voulu dire ce qui ne l'avait jamais été, en espérant aider les vivants et libérer les morts. J'ai pensé que je devais le faire pour apaiser mon père. Ces mots, c'est moi qu'ils ont libérée. »

Oui, c’est un livre émouvant, très émouvant. Il est impossible de rester de glace devant les écrits de Marie Barraud, devant ses recherches sur son grand-père, sa vie dans le camp de Neuengamme, les dégâts que cela a causé…

Oui, mais voilà, cela ne suffit pas pour faire un livre qui me plaise. Je ne suis pas entrée dans le livre, j’ai cheminé à côté de ses mots. Cheminer est un euphémisme, je devrais dire, couru car j’y ai trouvé de l’urgence, enfin, je l’ai ressenti ainsi, une lecture au pas de charge. J’aurais aimé que le sujet soit plus approfondi car il y a de la matière.

Peut-être cette rapidité, cette urgence a fait que je n’ai pas pu voir autre chose, m’a gênée. Je pense que j’aurais aimé y trouver autre chose que l’émotion.

Ce livre est plus un cri vers  son père pour dire, Papa, je suis là, regarde moi, regarde ce que j’ai fait, je l’ai fait pour TOI, pour que tu me regardes enfin comme je le voudrais.

Livre lu dans le cadre des 68 premières fois - une association que je rejoins cette année avec grand plaisir.

 

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Collectif - Nouvelles d'ados

3 Mars 2017, 22:25pm

Publié par zazy

Nouvelles d’ados

Collectif

Editions Héloïse d’Ormesson

 

128 pages

novembre 2016

ISBN : 9782350873886

 

4ème de couverture :

Êtes-vous prêt(e) à embarquer pour des aventures qui vous transportent à travers les siècles et les continents ? Plongez dans ces nouvelles et découvrez la naissance d’un grand écrivain dans le San Francisco du XIXe, l’âme d’un violon exilé à New York, une famille fuyant les bombes en Syrie, ou encore un univers où les émotions sont des algorithmes.

D’une ville futuriste à un vol transatlantique, les histoires de Solène, Ysaline, Clara, Zoé, Irène et Estelle ouvrent une fenêtre sur les rêves et les préoccupations d’une génération qui a conscience des troubles du monde mais l’espoir chevillé au corps.

Le prix Clara, dont le jury, sous la présidence d’Eric Orsenna, est composé de douze personnalités du monde des lettres et de l’édition, a couronné cinq adolescentes, il n’y a aucun garçon pour leurs nouvelles.

J’étais à la fois curieuse et peureuse juste avant d’ouvrir ce livre. Curieuse de connaître le monde de ces jeunes filles et peur de leur, peut-être mièvrerie. Las !! La curiosité, en ce cas, n’est pas un vilain défaut. Quelle belle surprise !

Bien que différentes, les nouvelles ont en commun une belle écriture, une certaine maturité, de l’inventivité, de l’émotion, de l’espoir.

La maison de Clara Albert a une âme qu’elle nous dépeint dans « On n’entend que ce qu’on écoute ». Oui, une maison est pleine de l’âme de ses habitants, même lorsqu’ILS sont partis. Elle participe à la construction d’en enfant.

Zoé Baum a eu la riche idée  de la cascade dans sa nouvelle « Eclats de vie ». Chaque personnage passe le relais à un autre pour former l’histoire,  jusqu’à….

Ysaline Bortone-Bouvet met en scène des intelligences artificielles dont tout sentiment est banni de leurs capteurs. Nelly003 ne serait-elle pas en danger ? « Terre-happy » pour une thérapie ?

« La fuite » d’Estelle Desjardins m’émeut par son réalisme, sa connexion à la réalité actuelle. En peu de mots, elle parle du désespoir de ces familles fuyant la mort pour un espoir peut-être aléatoire.

« J’aimerais bien être un superbe météore ». Irène Rodriguez a fait beaucoup de recherches  sur Jack London (elle tient d’ailleurs un blogue sur cet écrivain) et nous romance ses débuts d’auteurs. Il écrit son premier livre en répondant à une petite annonce sur un journal, comme elle a répondu au concours de nouvelles.

Kolnidre où l’histoire d’un violon et d’une petite fille sauvée de la gueule de l’ogre hitlérien et leur renaissance aux USA.

Mesdemoiselles, chapeau bas.

Livre gagné lors d’un tirage au sort organisé par lecteurs.com que je remercie, tout comme Les Editions Héloïse d'Ormesson qui publient ces recueils de nouvelles depuis sa création. J’ai trouvé la couverture du recueil de cette année très élégante.

 

 

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