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ZAZY - mon blogue de lecture

Edward Gorey - L'invité douteux

25 Mai 2016, 14:04pm

Publié par zazy

L’invité douteux

Edward Gorey

Traduction libre d’Oscar

Editions Le Tripode

48 pages

 23 octobre 2014

ISBN : 9782370550330

 

Quelle est cette étrange créature portant des baskets blanches et une écharpe qui fait irruption dans le manoir de ces aristocrates britanniques et rend leur vie impossible ? Dix-sept ans plus tard, elle est encore et toujours là ! Que représente-t-elle ? D’abord représente-t-elle quelque chose ?

Un album sur l’absurde où les textes résument les dessins. J’ai aimé le décalage entre la situation de cette espèce de pingouin en baskets et la douceur qui émanent des dessins, malgré la noirceur des traits de ces dessins à l’encre si précis qu’ils tirent vers l'eau-forte.

La couverture, elle, est très gaie

Livre lu dans le cadre de la voie des indés organisée par Libfly et les éditeurs indépendants. Merci à toi Lucie pour cette extravagante découverte.

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Frederik Forsyth - L'outsider

24 Mai 2016, 09:41am

Publié par zazy

L’outsider

Frédéric Forsyth

Editions Albin Michel

Traduit de l’anglais par Pierre Girard

mai 2016

400 pages

ISBN : 9782226320988

 

4ème de couverture :

« Au cours de mon existence, j’ai échappé de justesse à la fureur d’un trafiquant d’armes de Hambourg, j’ai été mitraillé par un Mig pendant la guerre civile au Nigeria, et j’ai atterri en Guinée-Bissau au beau milieu d’un sanglant coup d’État. La Stasi m’a arrêté, les Israéliens m’ont chouchouté, l’IRA m’a réexpédié en catastrophe d’Irlande en Angleterre, et une certaine Tchèque tout à fait charmante, agent de la police secrète… bref, ce qu’elle m’a fait était plus intime. Et tout cela n’était que prémices et amuse-gueules.
Ces divers événements furent vécus de l’intérieur. Mais aussi, et toujours, de l’extérieur. En outsider. »

Avant de devenir le maître du roman d’espionnage que l’on sait (Chacal, Les chiens de guerre, Le 4e Protocole…), Frederick Forsyth fut le plus jeune pilote de la Royal Air Force, puis l’un des meilleurs grands reporters de sa génération. Il revient dans cette autobiographie sur son parcours exceptionnel, une vie d’aventures passionnantes qui ont inspiré nombre de ses best-sellers.

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C’est écrit sur le bandeau : Mémoires aussi fascinantes qu’un James Bond et je dois reconnaître que c’est vrai.

Quelle vie que celle de Frederic Forsyth ! A 19 ans, il devient le plus jeune pilote de la RAF.

Devenu journaliste, il est également agent de sa Très Gracieuse Majesté, travaille pour Reuters puis la BBC. Il passe de Paris à l’Allemagne de l’Est. La réaction de la BBC et du gouvernement britannique sur la guerre entre le Biafra et le Nigeria le choque tellement qu’il démissionne. La nécessité de gagner de l’argent a réveillé l’écrivain qui sommeillait en lui. « Le Chacal » voit le jour.

Forsyth a toujours su aller au bout de ses ambitions, su s’entourer et frapper aux bonnes portes, saisir les opportunités.

L’homme ne s’embarrasse pas de fioritures, l’écriture est nerveuse, sèche ; les fait, rien que les faits, c’est l’effet que ce livre me fait (Ah bon, il y a un jeu de mots ?)

J’avoue que je n’ai lu aucun livre de ce maître de l’espionnage, John Le Carré a suffi à mon contentement. Pourtant, rien que pour l’écriture, je pense que je vais sauter le pas.

Es-ce une tradition britannique que les journalistes-espions deviennent auteurs de best-seller d’espionnage ? Toujours est-il que le journaliste qu’il est fait une enquête très approfondie avant l’écriture de chacun de ses livres.

Je pense que le bonhomme est plus complexe que ce qu’il raconte dans son livre. Il ne se livre pas intimement, pas de secret d’alcôve, je préfère. J’ai passé de très bons moments en compagnie de Frederik Forsyth et de sa vie de James Bond.

Merci Aurore

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Eliane Serdan - La ville haute

23 Mai 2016, 16:10pm

Publié par zazy

 

La ville haute

Eliane Serdan

Editions Serge Safran

avril 2016

172 pages

ISBN : 9791090175471

 

4ème de couverture :

Hiver 1956. Dans une petite ville du sud de la France, Anna, une fillette arrivée du Liban, vit ses premiers mois d’exil.

Un soir de pluie, elle se réfugie sous le porche d’une maison. Un homme est là. Pierre. Lui aussi étranger. Seul, fragilisé par la perte de son métier de relieur à la suite d’une mutilation de la main. Resurgissent pour lui les fantômes d’un passé qu’il a cherché à oublier toute sa vie. À l’âge de neuf ans, en Turquie, il a assisté à l’enlèvement d’Anouche, la fille de sa nourrice arménienne, qui a sans nul doute subi les pires outrages. Elle avait l’âge et le visage d’Anna. Cette coïncidence inattendue lui donne l’impulsion d’enquêter sur la disparition d’Anouche pour enfin apprendre la vérité.

La rencontre de ces deux êtres en exil permet à l’enfant d’échapper à la solitude et offre à l’homme la possibilité de se libérer du passé.

Un superbe roman sur l’exil et la beauté du sud en hiver, avec la neige sur les oliviers et en toile de fond, le souvenir nostalgique de la mer Noire.

L’auteur (site de l’éditeur) :

Éliane Serdan est née en 1946 à Beyrouth, dans une famille installée depuis des siècles en Orient. De retour en France, elle passe son enfance à Draguignan, avant de faire des études de lettres à Aix-en-Provence et une maîtrise de cinéma à Montpellier. Aujourd’hui, Éliane Serdan vit à Castres, dans le Tarn, où elle se consacre à l’écriture.

Après La Fresque chez le même éditeur, qui a obtenu le prix Tortoni 2013, La Ville haute est son quatrième roman.

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Hiver 56, Anna est séparée de son enfance, arrachée à son Liban, le soleil, son alter ego Fabio et débarque dans une petite ville de Provence. Le père, français, se dit heureux de revenir dans son pays, pourtant, il ne sourit plus guère. Anna connait la solitude, « Les moqueries de la première année avaient cessé. Pourtant, elle sentait bien, même si on ne le lui disait plus, qu’il y avait une distance qu’elle s’était résignée à ne plus franchir ». Petit à petit, elle part à la découverte la ville haute et de ses passages secrets. Un jour, au retour de l’école, perdue, elle pénètre dans la maison d’un vieux monsieur, Pierre, dont la vie n’est plus qu’ennui et solitude. Cette rencontre fortuite va faire remonter le passé douloureux de Pierre. Ils ont beaucoup de points communs ces deux-là et ils le sentent confusément dès leur première rencontre, même si Anna a décelé dans les yeux du vieil homme la peur « Le plus étrange, dans ce regard, c’était la peur. De cela, elle était sûre. ». Par la grâce du roman, ces deux personnages vont se recroiser, se côtoyer.

Anna et Pierre partagent la perte de l’ami d’enfance, dont ils ont été séparés brutalement, Anouche pour le vieil homme et Fabio pour Anna. Pour Pierre, elle est la résurgence de sa tendre Anouche. Après cette rencontre, il ose regarder les papiers de son père et comprend ce qui s’est exactement passé alors qu’il n’était qu’un enfant.

Le passé, enfin, révélé d’Anouche montre l’horreur de ce qu’ont vécu les Arméniens (je crains de voir ressurgir cette barbarie dans un futur proche.)

Eliane Serdan parle avec des mots simples, des phrases délicates, touchantes, de l’exil, du génocide arménien de 1915. Petit à petit, elle passe d’un passé flou à l’écrasante vérité d’où jaillit l’espoir et la chaleur pour Anna, qui accepte que son exil soit définitif, et Pierre.

Les Editions Serge Safran est une maison d’édition indépendante qui fournit à la lectrice que je suis, de petits joyaux. Ce livre en est un.

Merci à Eliane Serdan pour sa gentille dédicace. Oui, les mots sont un refuge.

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Sophie Hénaff - Rester groupés

23 Mai 2016, 08:41am

Publié par zazy

 

Rester groupés

Sophie Hénaff

Editions Albin Michel

avril 2016

336 pages

ISBN : 9782226320926

 

4ème de couverture :

Ça bouge au 36 Quai des Orfèvres. De nouvelles recrues rejoignent les rangs de la brigade maudite du commissaire Anne Capestan, dont Saint-Lô, sorti de l’hôpital psychiatrique dans la peau de d’Artagnan et Ratafia, rat policier.
Sale affaire pour l’équipe de bras cassés : trois assassinats éparpillés sur le territoire. Un point commun : le tueur a prévenu ses victimes. Cerise sur le gâteau : l’ex beau-père de Capestan est l’une d’elles.
Humour, dérision, suspense… après le succès de Poulets grillés, prix Polar en séries, Sophie Hénaff récidive !

L’auteur (site de l’éditeur) :

Journaliste à Cosmopolitan où elle tient la fameuse « Cosmoliste », Sophie Hénaff est l'auteur de Poulets Grillés, un premier roman qui a obtenu le prix Polars en série (Quais du polar / Le Monde des livres), le prix Arsène Lupin 2015 et le prix du meilleur polar francophone.

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Une équipe de policiers ? Je dirai plutôt une famille de soi-disant branquignoles plutôt sympathiques. Ils traînent tous des casseroles policières. Entre un qui se prend pour d’Artagnan, un homo rejeté par ses collègues, une alcoolique repentie… Buron a réuni cette équipe dans un même appartement, à part du 36 et Anne Capestan en est la capitaine. Déjà très mal côtés par leurs supérieurs, les voici devenus l’opprobre du 36 pour avoir inculpé un policier pourri dans le précédent opus (qui m’attend).

« Un cador de la BRI » vient d’être assassiné en pleine rue. Chargée de cette enquête, l’équipe devra travailler avec la BRI. Peut-être l’occasion de redorer leur image.

Le mort ? Serge Rufus, ex beau-père de Capestan. La plaque de rue a été changée et devenue « Rue Serge-Rufus ; 1949-2012, commissaire aux enfoirés. ». Vengeance de collègues ? Vengeance d’un truand arrêté par Rufus ?

Sur une autre scène de crime, à peu près semblable, le nom du mort a été gravé sur la stèle du village. Le troisième a vu son nom dans les avis de décès. Intéressant, non ?

A eux de trouver et, surtout, de travailler en très bonne entente avec la Crim ! Bon courage les amis. Mais bon, notre équipe sait très bien jouer à ce petit jeu d’entente cordiale.

Quel plaisir, quelle récréation que ce livre ! Savoureux, captivant, rythmé. Les dialogues sont pétillants, pleins d’humour. Je me suis vite attachée à ces personnages plus que sympathiques. Et l’intrigue me direz-vous car, c’est un polar que diantre ! Et bien, elle est bien menée, crédible.

Un polar pas très orthodoxe vous tente ? Découvrez la Brigade Capestan. J’espère que vous y trouverez autant de plaisir que moi. Il ne me reste plus qu’à déguster une belle cuisse de poulet grillé.

Merci Aurore.

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Marc Victor - Le bout du monde

22 Mai 2016, 20:14pm

Publié par zazy

 

Le bout du monde

Marc Victor

Editions JC Lattès

400 pages

Janvier 2016

ISBN : 9782709647489

 

4ème de couverture :

Étais-je encore en Afghanistan parce que je n’avais pas la moindre idée de ce que j’allais devenir ? Comment mettre de la distance entre moi et moi-même, alors que je vivais déjà aux confins du monde.
Pascal a ouvert un restaurant, Le Bout du Monde, à Kaboul. Hommes, femmes, voyageurs aux grandes causes et aux bagages trop lourds s’y retrouvent pour comploter, rire, boire, aimer, oublier… Mais après l’excitation des premières années, ne faut-il pas s’en aller encore ? Pascal passe de plus en plus de temps dans son minuscule bureau, à écouter les rumeurs du monde et à se souvenir de ses vies passées.
La disparition de son ami d’enfance, Corto, compagnon de toutes ses aventures, pourrait l’obliger à sortir de sa léthargie pour tenter de le retrouver.
Un roman empreint d’un mélange unique d’humour et de mélancolie, du souffle des grands voyages et des rêveries immobiles.

 

L’auteur (site de l’éditeur) :

Marc Victor est le co-créateur de la série Kaboul Kitchen inspirée par sa vie en Afghanistan dans les années 2000. Il a été le premier lauréat comme jeune journaliste de la bourse Lagardère en 1990 pour une enquête sur les traces de Pol Pot en Thaïlande et au Cambodge.

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Parti en Afghanistan pour faire de l’humanitaire, Pascal, ex journaliste-baroudeur, ouvre un restaurant à Kaboul, « Le bout du monde » où viennent s’échouer les expats, en manque d’alcool, de baignade -il a creusé une espèce de piscine- avec des fêtes inoubliables. Pascal est avant tout, un paumé, doux rêveur, usé par des années d’excès, d’ennui. Il passe la plupart de son temps sur un canapé à soi-disant réfléchir, plutôt, dormir, rêver, retrouver ses souvenirs, Cambodge, Vietnam... C’est là que son second, Enayat, vient le « récupérer » lorsque Pia, une intime, vient lui annoncer la disparition de Corto, son ami d’enfance et compagne de Pia. Partir à la recherche de Corto ? S’enfoncer encore un peu plus dans le canapé avec sa boulette d’opium ? Partir ? Rester ?

Entre Pascal qui, comme le décrit Corto « a plus le désir de partir… que d’arriver quelque part » et Corto, tête brûlée, l’amitié remonte à leur enfance dans les Pyrénées. Une histoire d’errances, d’amitié profonde jusqu’au moment où… Mais ne perdure t’elle pas encore et toujours ?

A travers les souvenirs de Pascal et Corto, Marc Victor dépeint un monde violent, dur, de guerre, où la faune des expatriés onusiens, humanitaires, journalistes, baroudeurs de tout poil, se conduisent comme des imbéciles, je suis polie, pour des buts quelques fois troubles.

Je suis restée au premier degré de lecture avec un sentiment mitigé, voire de malaise. Les afghans portent sur cette faune un regard non exempt de mépris et les voient comme des émigrés, lors qu’eux se baptisent du nom plus chic d’expatriés. Un monde décadent, en déliquescence.

Livre lu comme membre du jury du prix L'express BFMTV2016

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Catherine Poulain - Le grand marin

14 Mai 2016, 22:26pm

Publié par zazy

Le grand marin

Catherine Poulain

Editions de l’Olivier

février 2016

384 pages

ISBN : 9782823608632

 

4ème de couverture :

Une femme rêvait de partir.
De prendre le large.
Après un long voyage, elle arrive à Kodiak (Alaska). Tout de suite, elle sait :
à bord d’un de ces bateaux qui s’en vont pêcher la morue noire, le crabe et le flétan, il y a une place pour elle.
Dormir à même le pont dans le froid glacial, supporter l’humidité permanente
et le sel qui ronge la peau, la fatigue, la peur, les blessures...
C’est une vie terrible.
Et puis il y a les hommes. À terre, elle partage leur vie, en camarade.
Traîne dans les bars.
En attendant de repartir.
C’est alors qu’elle rencontre le Grand Marin.

L’auteur (site de l’éditeur) :

Catherine Poulain commence à voyager très jeune. Elle a été, au gré de ses voyages, employée dans une conserverie de poissons en Islande et sur les chantiers navals aux U.S.A., travailleuse agricole au Canada, barmaid à Hong-Kong, et a pêché pendant dix ans en Alaska. Elle vit aujourd’hui entre les Alpes de Haute-Provence et le Médoc, où elle est respectivement bergère et ouvrière viticole. Le Grand Marin est son premier roman.

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Lili part pêcher en Alaska. Arrivée à Kodiak, sans carte verte, elle s’embarque sur le Rebel, un nom qui lui va comme un gant. Elle va connaître l’ivresse des grands larges, le frisson de la peur, de la pêche, bref être un vrai marin. Avant d’en arriver là, il faut qu’elle dépasse le stade de bleu que lui font payer les autres marins. Ils lui enlèvent ses affaires de la couchette, elle dort sur le plancher de la timonerie. L’apprentissage est dur, Lili courageuse, obstinée, bosse, trime et fait la nique à ceux qui pensent qu’elle ne fait pas le poids. La vie n’est pas plus tendre sur terre. Les estaminets regorgent de marins en escale qui repeignent la ville en rouge. L’alcool, la drogue circulent et détruisent ces boules de muscles. Lili préfère être sur le bateau, se mesurer aux flétans de deux mètres, manger leurs cœurs encore tout chaud. Elle se blesse, pleure de rage, souffre à en gueuler, mais comme le roseau, ne rompt jamais. L’amour n’est guère plus aisé, un rêve inaccessible. SON grand marin et elle ne sont pas différents des autres, peur de l’enfermement, de la routine. L’amitié, la fraternité prennent une grande place dans ce livre et j’ai aimé le respect que les marins témoignent au Moineau. Elle fait partie de la famille.

Un livre tripal, coup de poing avec des phrases simples, sobres, rageuses, rythmées par les tâches à accomplir. Les descriptions y sont superbes et très visuelles. Un grand changement de tons entre l’exaltation de la vie sur le bateau et la tristesse de celle sur terre décrit l’état de vacuité, le désarroi du marin à terre. Un très bon premier roman brutal et sensuel.

 Livre lu en qualité de membre du jury du prix des lecteurs 2016 l'Express BFMTV

 

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Olivier Norek - Surtensions

14 Mai 2016, 22:08pm

Publié par zazy

Surtensions

Olivier Norek

Editions Michel Lafond

Mars 2016

510 pages

ISBN : 9782749928166

 

4ème de couverture :

Cette sœur acceptera-t-elle le marché risqué qu’on lui propose pour faire évader son frère de la prison la plus dangereuse de France ? De quoi ce père sera-t-il capable pour sauver sa famille des quatre prédateurs qui ont fait irruption dans sa maison et qui comptent y rester ? Comment cinq criminels - un pédophile, un assassin, un ancien légionnaire serbe, un kidnappeur et un braqueur - se retrouvent-ils dans une même histoire et pourquoi Coste fonce-t-il dans ce nid de vipères, mettant en danger ceux qui comptent le plus pour lui ?

Des âmes perdues, des meurtres par amour, des flics en anges déchus : la rédemption passe parfois par la vengeance…

Pour cette nouvelle enquête du capitaine Coste, Olivier Norek pousse ses personnages jusqu’à leur point de rupture. Et lorsqu’on menace un membre de son équipe, Coste embrasse ses démons.

L’auteur (site de l’éditeur) :

Oliver Norek, lieutenant de police à la section enquêtes de recherches du SDPJ 93 depuis dix-sept ans, auteur de Code 93, Territoires et Surtensions, trois polars largement salués par la critique et le public. Surtensions a remporté Le Prix Le Point du polar européen en 2016.

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Je découvre le capitaine Victor Coste alors qu’il a déjà sévi dans plusieurs bouquins, mais cela n’a aucune importance pour la compréhension de l’histoire.

Nous voici de suite dans le bain carcéral, la prison de Marveil ; pas moussant le bain, plutôt rugueux, âpre. Le réalisme saute aux yeux. Humiliations, abus sexuels, chantage, pression, drogue, cachetons, poker, sous le regard des matons résignés. Nano s’est fait prendre pour une montre volée, numérotée et répertoriée. Il ne fait pas bon d’être voleur, quand on n’en a pas la carrure et aimer porter une partie du butin. Sa sœur Alex fera tout, vraiment tout pour le sortir de cette prison où il tourne au zombie après être passé entre les mains de la Machine.

Cela semble partir dans tous les sens, mais tout est millimétré, calculé. La toile à cinq fils n’est pas finie de tisser que Coste nous entoure du cocon de son équipe du SDPJ du 93. Plusieurs départs, plusieurs affaires, et, à la fin, un KO debout.

Olivier Norek me met en surtension, impossible de laisser tomber le livre avant la fin. Les dialogues sont nets, réalistes, humains, de l’émotion, juste le nécessaire pas de surenchère stylistique. Norek propose un kaléidoscope de meurtres, braquages, enlèvements…une équipe policière humaine, efficace, soudée, un avocat « honorablement » véreux. Ce livre percutant m’a emballée, le récit est vraisemblable, le capitaine Coste n’est pas loin d’Olivier Norek. Le plus, cette histoire est plausible et, cerise sur le gâteau, fort bien écrite.

Un polar comme je les aime.

Livre lu comme membre du jury du prix L'express BFMTV2016

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Hwang Sok-Yong - L'étoile du chien qui attend son repas

29 Avril 2016, 21:49pm

Publié par zazy

L’étoile du chien qui attend son repas

Hwang Sok-Yong

Traduit du coréen par Jeong Eun-Jin et Jacques Batilliot

Editions Serge Safran

mars 2016

256 pages

ISBN : 9791090175457

 

4ème de couverture :

En Corée du Sud, dans les années soixante. Chun et son copain Inho abandonnent les cours pour vivre dans une grotte puis faire l’été une grande virée dans leur pays encore marqué par l’occupation japonaise et la guerre. De retour à Séoul, ils reprennent leurs études, forment un cénacle avec leur nouvel ami, le peintre Chang Mu, se retrouvent tous au café Mozart. Chun et Mia entament une relation amoureuse qui les entraîne vers l’île de Cheju. Mais Mu meurt de la tuberculose et Chun est arrêté pour avoir manifesté. En prison il rencontre « Lieutenant » avec qui il part travailler sur des chantiers et en mer. C’est alors qu’il découvre, par une belle nuit, l’« étoile du chien qui attend son repas », autrement dit Vénus. Enfin, après avoir voulu devenir moine et rescapé d’une tentative de suicide, il est appelé sous les drapeaux.
Ainsi ce beau périple initiatique à plusieurs voix, où s’entremêlent premières amitiés et amours, recherche spirituelle, aspiration à la liberté, se termine avec ironie par le départ pour le Viet Nam du principal narrateur, enrôlé pour cette guerre américaine qui n’est pas la sienne.

L’auteur (site de l’éditeur) :

Né en 1943 en Mandchourie, Hwang Sok-yong traverse l’histoire contemporaine de la Corée tant par sa personnalité qu’à travers son œuvre. Sa lutte contre la dictature et sa volonté de faire un pas vers la Corée du Nord le mènent en exil d’abord, puis en prison. Chacune de ses publications nous fait découvrir une page de l’histoire de la Corée et une vision d’ensemble sur l’évolution de la société sud-coréenne par l’intermédiaire d’un récit palpitant. Il est auteur de L’Invité, Chim-chong, fille vendue, L’Ombre des armes, ainsi que de recueils de nouvelles tels que La Route de Sampo ou Les Terres étrangères

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Nous sommes en 1960, Chun est sur le quai de la gare en partance pour le Vietnam, pour une guerre qui ne le concerne pas. Le livre est un retour sur sa jeunesse. « A ce moment-là, alors que je disais adieu à ma jeunesse, je me rendis compte à quel point je l’avais aimée. »

Les plaies de l’occupation japonaise et celles de la guerre (guerre entre les deux Corée) ne sont pas totalement refermées. Manifestant contre le sommet Corée-Japon, Chun sera jeté en prison, verra un de ses amis tomber sous les balles.

Chun sert de fil rouge dans ce livre chorale où chaque ami raconte une partie de son histoire. Les jeunes étudiants se retrouvent souvent au café Mozart pour boire du Soju et du Makkoli, qu’est-ce qu’ils picolent !! Chun avec d’autres prennent la décision d’arrêter leurs études pour parcourir la Corée. Il explique son choix dans une très belle lettre adressée à son professeur responsable « Je voudrais acquérir la capacité de créer, plutôt que d’apprendre par cœur ». Ils partent à la découverte d’un pays, d’une campagne encore éloignée d’une certaine modernité. Ces jeunes gens, férus de poésies, citent des extraits de Paul Valéry, Henri Michaux, des poètes et auteurs coréens…Chun, rencontre Chang, alias Lieutenant à la prison et décide de le suivre. Engagés comme manœuvre, il découvre le vrai prolétariat. «Il me fallut attendre l’âge de vingt ans pour sortir des livres et prendre conscience de toute l’énergie qu’exigeait la dure vie de travailleur.»

Dans ce récit largement autobiographique, Hwang Sok-yong fait le portrait de la jeunesse coréenne de l’époque, une jeunesse désenchantée qui refuse, entre autre, la discipline militaire des établissements scolaires (poches cousues pour ne pas y mettre les mains malgré le froid, mensuration de la chevelure…), le capitalisme forcené

J’ai aimé son écriture pleine, forte, avec de très belles descriptions. Ce n’est pas un livre que j’ai lu en une seule nuit, non ; il faut le temps d’écouter ces jeunes gens, de les regarder vivre, de comprendre leurs attentes, leurs aspirations qui ressemblent étrangement à celles de notre jeunesse, découvrir la vie coréenne.

Un livre très dense très bien écrit et traduit, un plaisir de lecture. Je n’ai pas pu, pas su en parler comme je l'aurais voulu tant ce livre est dense, parfait, alors...lisez-le.

Au fait, l’étoile du chien qui attend son repas, c’est Vénus.

Encore i, siêrbe livre des Editions Serge Safran

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Absence

28 Avril 2016, 21:26pm

Publié par zazy

C'est la dernière ligne droite pour terminer la lecture et les commentaires des livres reçus en tant que jurée du prix Express BFMTV 2016.

Les 3 derniers sont à terminer pour le 10 mai.

Je serai moins présentes pour visiter vos blogues. J'ai quelques chroniques à écrire et publier de livres lus en dehors du cadre du prix

A très bientôt

Zazy

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Sarah Léon - Wanderer

25 Avril 2016, 09:13am

Publié par zazy

 

Wanderer

Sarah Léon

Editions Eloïse d’Ormesson

176 pages

mars 2016

ISBN : 9782350873572

 

4ème de couverture :

Compositeur et maître de musique, Hermin vit retiré dans les confins du Bourbonnais, absorbé par l’écriture d’un Hommage à Schubert. Mais par une rude soirée de janvier, sa studieuse quiétude est interrompue. Son ancien élève, Lenny, pianiste prodige, vient mystérieusement frapper à sa porte. Les deux hommes se retrouvent alors confrontés aux fantômes de leur passé – entre osmose musicale, aveuglement et attente d’une révélation.

Porté par une mélodie schubertienne, Wanderer est un roman d’une délicatesse rare, un adagio crépusculaire au cœur de l’hiver, une ode subtile au romantisme allemand.

 

L’auteur (site de l’éditeur) :

Née en 1995, Sarah Léon est élève à l’École normale supérieure de Paris où elle étudie les lettres et la musicologie. Elle est lauréate du Prix Clara en 2012 avec sa nouvelle « Mon Alban ».

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Hermin s’est retiré aux confins du Bourbonnais, vers Arfeuilles, pour composer une œuvre musicale hommage à Schubert. Nous sommes un soir de janvier, inhospitalier comme de juste en cette région, lorsque Lenny, pianiste prodige, débarque à l’improviste. Lenny ? oui, son protégé, celui a qui il a appris le piano une dizaine d’années auparavant, celui à qui il a presque tout sacrifié, celui qui a disparu du jour au lendemain. Pourquoi ce retour ?

Dans la petite maison, la cohabitation est difficile, l’atmosphère pesante, lourde, emplie de silences, de non-dits. Les souvenirs surgissent sans pour autant éclairer les raisons du retour de Lenny. La composition en miroir avec les dix années d’écart permet de comprendre petit à petit, pianissimo, l’histoire d’Hermin et Lenny, leur amitié si particulière.

Sarah Léon prend à pleine plume tous les poncifs du romantisme allemand : les éléments, les secrets, l’amour inavoué, les sentiments exacerbés, le lyrisme... pour servir son texte. La musique de Schubert omniprésente, les vers des poèmes lyriques ajoutent à la tragédie. Il a du Werther chez Lenny. L‘hiver, le vent, les tempêtes de neige, font écho aux tourments des deux amis. Un trio amoureux (dont la musique), une tragédie romantique servis par une écriture musicale, fine sensible. Un très bon premier roman lu qui se déguste et un auteur à suivre et m’a donné le goût de replonger dans Schubert.

Livre lu comme membre du jury du prix L'express BFMTV2016

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