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ZAZY - mon blogue de lecture

Absence

28 Avril 2016, 21:26pm

Publié par zazy

C'est la dernière ligne droite pour terminer la lecture et les commentaires des livres reçus en tant que jurée du prix Express BFMTV 2016.

Les 3 derniers sont à terminer pour le 10 mai.

Je serai moins présentes pour visiter vos blogues. J'ai quelques chroniques à écrire et publier de livres lus en dehors du cadre du prix

A très bientôt

Zazy

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Sarah Léon - Wanderer

25 Avril 2016, 09:13am

Publié par zazy

 

Wanderer

Sarah Léon

Editions Eloïse d’Ormesson

176 pages

mars 2016

ISBN : 9782350873572

 

4ème de couverture :

Compositeur et maître de musique, Hermin vit retiré dans les confins du Bourbonnais, absorbé par l’écriture d’un Hommage à Schubert. Mais par une rude soirée de janvier, sa studieuse quiétude est interrompue. Son ancien élève, Lenny, pianiste prodige, vient mystérieusement frapper à sa porte. Les deux hommes se retrouvent alors confrontés aux fantômes de leur passé – entre osmose musicale, aveuglement et attente d’une révélation.

Porté par une mélodie schubertienne, Wanderer est un roman d’une délicatesse rare, un adagio crépusculaire au cœur de l’hiver, une ode subtile au romantisme allemand.

 

L’auteur (site de l’éditeur) :

Née en 1995, Sarah Léon est élève à l’École normale supérieure de Paris où elle étudie les lettres et la musicologie. Elle est lauréate du Prix Clara en 2012 avec sa nouvelle « Mon Alban ».

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Hermin s’est retiré aux confins du Bourbonnais, vers Arfeuilles, pour composer une œuvre musicale hommage à Schubert. Nous sommes un soir de janvier, inhospitalier comme de juste en cette région, lorsque Lenny, pianiste prodige, débarque à l’improviste. Lenny ? oui, son protégé, celui a qui il a appris le piano une dizaine d’années auparavant, celui à qui il a presque tout sacrifié, celui qui a disparu du jour au lendemain. Pourquoi ce retour ?

Dans la petite maison, la cohabitation est difficile, l’atmosphère pesante, lourde, emplie de silences, de non-dits. Les souvenirs surgissent sans pour autant éclairer les raisons du retour de Lenny. La composition en miroir avec les dix années d’écart permet de comprendre petit à petit, pianissimo, l’histoire d’Hermin et Lenny, leur amitié si particulière.

Sarah Léon prend à pleine plume tous les poncifs du romantisme allemand : les éléments, les secrets, l’amour inavoué, les sentiments exacerbés, le lyrisme... pour servir son texte. La musique de Schubert omniprésente, les vers des poèmes lyriques ajoutent à la tragédie. Il a du Werther chez Lenny. L‘hiver, le vent, les tempêtes de neige, font écho aux tourments des deux amis. Un trio amoureux (dont la musique), une tragédie romantique servis par une écriture musicale, fine sensible. Un très bon premier roman lu qui se déguste et un auteur à suivre et m’a donné le goût de replonger dans Schubert.

Livre lu comme membre du jury du prix L'express BFMTV2016

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Sandrine Collette - Il reste la poussière

24 Avril 2016, 20:54pm

Publié par zazy

 

Il reste la poussière

Sandrine Collette

Editions Denoël

Collection Sueurs Froides

304 pages

Janvier 2016

ISBN : 9782207132562

 

4ème de couverture :

Patagonie. Dans la steppe balayée de vents glacés, un tout petit garçon est poursuivi par trois cavaliers. Rattrapé, lancé de l’un à l’autre dans une course folle, il est jeté dans un buisson d’épineux.

Cet enfant, c’est Rafael, et les bourreaux sont ses frères aînés. Leur mère ne dit rien, murée dans un silence hostile depuis cette terrible nuit où leur ivrogne de père l'a frappée une fois de trop. Elle mène ses fils et son élevage d’une main inflexible, écrasant ses garçons de son indifférence. Alors, incroyablement seul, Rafael se réfugie auprès de son cheval et de son chien.

Dans ce monde qui meurt, où les petits élevages sont remplacés par d’immenses domaines, l’espoir semble hors de portée. Et pourtant, un jour, quelque chose va changer. Rafael parviendra-t-il à desserrer l’étau de terreur et de violence qui l’enchaîne à cette famille?

L’auteur :

Née en 1970, Sandrine Collette fut chargée de cours à l'université de Nanterre, restaure des maisons en Champagne puis dans le Morvan (belle région !).

Elle publie chez Denoël « Des nœuds d'acier » qui obtient le grand prix de littérature policière ainsi que le Prix littéraire des lycéens et apprentis de Bourgogne. « Un vent de cendres », son second roman revisite le conte La Belle et la Bête, puis « Six fourmis blanches »

Sandrine Collette est devenue un des grands noms du thriller français.

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Patagonie, les gros fermiers ont poussé les petits vers des lieux arides. C’est là que vit la mère et ses quatre fils dans une ferme en ruine. Le père, selon la rumeur, est parti ailleurs ou il est mort. La mère, avare en tout, passe sa journée à beugler ses ordres. Elle les déteste, si elle avait su, les aurait noyés à la naissance, s’est caparaçonnée pour survivre. Eux, ils sont quatre, les jumeaux, le demeuré, et Rafael. Il a un prénom d’ange, mais les trois autres lui font vivre un enfer sur terre. Ils ne l’ont jamais accepté. La mère se tait, laisse faire et lui sait qu’il ne peut attendre d’affection ailleurs qu’auprès des animaux. Pourtant, ils restent ensemble, soudés par la haine, le travail, la ferme. Pourtant « la mère est la femme sacrée », jusqu’au jour où elle fait sa virée mensuelle, perd au jeu l’un des jumeaux. Il doit partir chez un gros éleveur. Alors, tout se dérègle. L’équilibre est rompu, puis se délite complètement lorsque Rafael, qui espérait tout arranger, revient avec un sac en cuir.

Roman noir, western, ce livre m’a fait penser à « Avaler du sable » d’Antonio Xerxenesky, aridité, sable, vent… et à Faulkner pour la misère, la violence, le désespoir. Aux grands espaces répond le huis clos que l’auteur a installé dans la ferme sans espoir. L’écriture de Sandrine Collette est sèche, nerveuse, précise, sent la rage, la peur, la haine, le désespoir, le suint… puis folâtre, caresse lorsqu’elle raconte le voyage de Rafael (le seul à être humain), les paysages verdoyants, l’onde claire, la liberté, la tranquillité.

Un livre superbe

Livre lu dans le cadre du prix "Lexpress BFMTV 2016"

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François Morel -Martin Jarrie - La vie des gens

18 Avril 2016, 17:13pm

Publié par zazy

 

 

La vie des gens

François Morel – Martin Jarrie

Editions les Fourmis rouges

72 pages

Avril 2013

ISBN : 9782369020042

 

4ème de couverture :

En 2012, Martin Jarrie fut accueilli en banlieue parisienne pour faire un travail sur une ville et ses habitants. L’idée des portraits s’imposa. Il rencontra quinze personnes et demanda à chacune de choisir un objet qui lui était cher. Puis il envoya ces portraits, visages et objets, à François Morel. Les règles du jeu avaient été fixées : chacun savait qu’auteur et peintre auraient la liberté de tout réinventer.

Décider de donner la même importance à ces objets banals qu’aux visages de leur propriétaire, c’était déjà une manière de raconter une vie. Une manière qui est aussi celle de François Morel, dont on connaît le talent pour dire la beauté du quotidien et la grandeur de nos « vies minuscules ».

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François Morel, je vous aime. Je le dis sans ambages, n’en soyez pas offusqué.

Vous m’avez donné, avec votre ami Martin Jarre un vrai instant de bonheur. Je n’ai pas lu ce livre, vous me l’avez susurré à l’oreille, pendant que j’admirais les visages de Martin Jarrie. Oh, que vous les aimez tous les deux ces illustres inconnus, Assia, Maria, Bernard, Marie-Claire… Ils sont comme vous et moi et vous les magnifiez d’une très belle façon. Ce livre entre en écho avec Yacinthe et Rose. Ces portraits sonnent tellement justes que je crois en leur réalité. Superbe livre que je me surprends à feuilleter très souvent, histoire de dire bonjour à Michel, Christine, Maurice, Violaine…

Un coup de cœur que je dois à la voie des indés et aux éditions « les fourmis rouges ». Un très grand merci à eux.

François Morel, souvenez-vous que nous avons rendez-vous vendredi juste avant neuf heures. Je serai là.

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Anna Dubosc - Koumiko

7 Avril 2016, 16:19pm

Publié par zazy

 

Koumiko

Anna Dubosc

Editions Rue des promenades

Avril 2016

204 pages

ISBN : 9782918804505

 

4ème de couverture :

A la fin d’une phrase, elle a déjà oublié le début, elle ne sait plus ce qu’elle raconte : « Oh zut, tout ce que je veux parler a disparu. C’est terrible, tu sais, je ne peux plus compter sur moi. Je ne me rappelle plus ce que c’est ma vie. C’est début terrible époque ».

Parfois, au contraire, elle rit d’oublier, de se perdre. « Tu sais, c’est formidable, tout est nouveau ! »

Au jour le jour, d’une écriture simple et directe, Anna Dubosc sauve la mémoire de sa mère, la poétesse Koumiko Muraoka, qui avait inspiré au cinéaste Chris Marker Le Mystère Koumiko.

 

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« J’ai la mémoire qui flanche, j’me souviens plus très bien… » Anna Dubosc ne nous rejoue la chanson chantée par Jeanne Moreau, mais raconte la lente décrépitude de sa mère, Koumiko Muraoka, poétesse. Elle note tout sur un carnet, histoire de ne pas oublier puis le retranscrit dans son livre. Est-ce pour mettre un « paravent » entre leurs deux désarrois qu’Anna note tout ce que sa mère dit et ou pour sauver la mémoire de sa mère ?

Encore un livre sur le rapport mère-fille-maladie. Oui mais avec la plume d’Anna Dubosc, son écriture nerveuse, directe qui ne fait pas de ronds de jambe. Et puis, c’est sans compter Koumiko et son sacré caractère, son appartement musée-capharnaüm-poubelle, ses apartés. Pas facile de devenir la gardienne, la mère de sa propre mère. Les rapports se trouvent inversés, Anna doit surveiller Koumiko tout en lui laissant la liberté qui est source de sa vie. Koumiko devient la petite fille qui ne supporte pas la solitude. « Elle qui était tellement autarcique, elle ne supporte plus d’être seule ». Anna note tous les petits bonheurs de sa mère, comme les querelles « -Mais qu’est-ce que tu racontes ? Je prends pas médicaments, idiote ! –Ben t’étonne pas de crever alors ! »

Koumiko a du caractère, beaucoup de caractère et le sas de la civilité est parti en même temps que sa mémoire. « Je peux quasiment tout supporter, sa connerie, sa méchanceté. Son désespoir, non, ça me terrasse. Je préfère quand elle m’emmerde. Au moins ça fait diversion, ça brouille mon amour ». S’ensuit des dialogues picaresques.

Malgré leurs querelles incessantes, je sens l’amour d’Anna pour sa mère. « Puis j’imagine le monde soudain vide d’elle. Non, impossible. Il faudrait qu’elle meure pour de faux, pas pour toujours »

J’aime l’écriture simple et directe d’Anna Dubosc. J’aime sa façon de traiter son rapport mère-fille sans mièvrerie, sans cacher les aspérités, avec les petites joies, les grosses peines, la lourdeur des situations, bref de nous décrire la relation exacerbée avec sa mère « Mois je me farcis ma mère comme d’habitude »

Un livre simple, vivant, gouailleur, humain. Une lecture tonique qui remet les pendules à l’heure où, quelque fois, je me suis reconnue dans mes relations avec ma mère de 94 ans, avec un peu beaucoup moins d’amour.

 

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Thierry Marignac - Cargo sobre

1 Avril 2016, 13:18pm

Publié par zazy

 

Cargo sobre

Thierry Marignac

Editions Vagabonde

février 2016

ISBN : 9782919067176

 

4ème de couverture :

Partir… Et échapper, « le temps d’une rêverie atlantique, à mon sort de civilisé ». Tel est l’un des enjeux de ce journal de voyage rédigé au cours d’une traversée sur un porte-conteneurs d’une compagnie maritime de fret entre Fos-sur-Mer et Port Elizabeth. Une retraite intime émaillée des souvenirs de rencontres et éclaboussée par les chocs visuels provoqués par les éléments naturels… Mais aussi un moment privilégié dont le luxe fut avant tout pour l’auteur de « perdre volontairement du temps, de perdre le temps ».

L’auteur

Grand voyageur, esprit cosmopolite, traducteur de l’anglais et du russe, Thierry Marignac est né en 1956. Il a publié une quinzaines de livres, dont les romans Fuyards, A quai, Renegade Boxing Club et Morphine Monojet

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Ce titre, pour moi, est un oxymore. Souvent les histoires qui se passent sur un cargo sont émaillées d’ivresses, pas seulement celle du large.

Après des années d’errance et de destruction, Thierry Marignac entreprend la traversée de l’Atlantique sur un cargo « fer à repasser industriel aux dimensions d’immeuble de quatre étages » et relate ce voyage. Un cargo où, pour des raisons évidentes de sécurité, tout alcool est interdit. Un défi pour lui qui ne cache pas son attirance pour l’alcool « Il y avait plusieurs années que je n’avais pas passé une seule soirée sans boire, et trop, du reste, la plupart du temps. »

Thierry Marignac intellectualise beaucoup le voyage, pourtant il y a comme de la rage, derrière ses mots. Chaque moment, chaque paysage, l’état de la mer sont autant de moyens de se remémorer des auteurs lus, traduits, des films, ses propres écrits. Il s’égare dans ses souvenirs personnels et de lecture. Cela ne l’empêche pas, au détour d’une page, de brocarder le capitalisme à travers les marins philippins et les ingénieurs roumains, de parler de Notre Dame des Landes. Son bateau, il ne l’appelle plus que « cargo sobre » ; La terre, donc, la griserie, lui manque, le thème revient en boucle. Oui, il a le temps du voyage pour penser, il prend le temps de se souvenir, faire le point. « Je concevais donc ce voyage comme une étape utile vers un apaisement salutaire »

« Il se peut que je m’aveugle et que je vogue vers l’échec, à bord du cargo sobre. Mais j’aurais tenté quelque chose d’autre que la traduction au kilomètre pour payer mes factures. J’aurais échappé, bercé le temps d’une rêverie atlantique, à mon sort civilisé. » J’espère que vous avez trouvé cet apaisement.

Un livre à l’écriture exigeante, saccadée, comme l’état de la mer, avec de belles envolées poétiques (très belle description de la toundra russe). Un livre que je n’ai pu lire qu’au calme pour bien m’imprégner des mots de Thierry Marignac. Il y a l’ivresse des mots dans ce cargo sobre.

Une découverte très intéressante dans le cadre de la Voie des Indés orchestrée par Libfly et la participation des Editions Vagabondes dont j’aime la couverture et la pagination de ce livre, sobres comme le cargo.

 

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Bret Anthony Johnston - Souviens-toi de moi comme ça

31 Mars 2016, 09:46am

Publié par zazy

Souviens –toi de moi comme ça

Bret Anthony Johnston

Traduction France Camus-Pichon

Editions Albin Michel

mars 2016

448 pages

ISBN : 9782226319456

 

4ème de couverture :

« Je suis admiratif du talent de Bret Anthony Johnston et bouleversé par la force psychologique de ce portrait de parents en proie à leurs pires angoisses. Un roman prodigieux. » John Irving.

« Un livre fascinant, comme un roman de Dennis Lehane qui aurait été écrit par Jonathan Franzen. » Esquire.

Cela fait quatre ans que le jeune Justin Campbell a disparu sans laisser de trace. Fugue ? Kidnapping ? Accident ? C'est une véritable tragédie pour sa famille qui, faute de certitudes, cherche des échappatoires : sa mère s'est prise de passion pour la protection des dauphins ; son père a une liaison ; et son frère passe ses journées à faire du skateboard dans la piscine à sec d'un motel abandonné. Lorsque enfin Justin réapparaît, loin de retrouver un équilibre, sa famille se divise davantage, écrasée par la culpabilité et le désir de faire justice elle-même. Avec ce premier roman prochainement adapté au cinéma, Bret Anthony Johnston s'impose comme l'un des jeunes romanciers américains les plus talentueux.

L’auteur (site de l’éditeur):

Bret Anthony Johnston est professeur de Creative Writing à Harvard. Son premier livre, Corpus Christi, un recueil de nouvelles paru aux États-Unis en 2004 lui a valu d'être distingué par la National Book Foundation comme l'un des cinq meilleurs auteurs américains de moins de 35 ans. Avec Souviens-toi de moi comme ça, son premier roman qui sera prochainement adapté au cinéma, sélectionné parmi les meilleurs livres de l'année 2014 par le New York Times, Bret Anthony Johnston s'impose comme l'un des romanciers américains les plus talentueux de sa génération.

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La 4ème de couverture est un bon résumé du livre.

Bret Anthony Johnston décrypte la vie des Campbell. Quatre ans de vie sans Justin, avec le poids de la disparition, de la culpabilité, du désespoir. On peut se dire que, lorsqu’il reparaît, tout redevient « normal », surtout avec l’arrestation du kidnappeur. Et bien, non. Il faut tout réapprendre, l’espace, la vie à quatre, le poids des années d’absence. Eric, Laura, Griffin doivent composer avec non plus l’absence, mais la présence de Justin. La culpabilité est toujours présente, même si elle a changé d’angle, la peur des mots, des actes, le regard des autres. L’auteur tourne autour des parents et du petit frère, peu de chose sur Justin. J’ai aimé la façon dont il décortique les affres, les tourments psychologiques des Campbell, la difficulté à dépasser le traumatisme, à oser aller de l’avant. Ces quatre années sont un boulet aux pieds de chacun. L’auteur ne s’étend pas sur ce qui est arrivé à Justin, parce que, je crois, ni lui, ni ses parents n’osent en parler à voix haute. Un livre pudique, mais beaucoup trop bavard à mon goût (ce que je reproche à beaucoup de romans étatsuniens actuels), surtout après la lecture de « Chasseurs de neige ». Ce que j’appelle du remplissage enlève de la force aux mots, aux situations. C’est bémol de ce livre qui, par ailleurs, me parait très juste psychologiquement.

 

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Paul Yoon - Chasseurs de neige

30 Mars 2016, 20:32pm

Publié par zazy

Chasseurs de neige

Paul Yoon

Traduction Marina Boraso

Editions Albin Michel

mars 2016

208 pages

ISBN : 9782226320766

 

4ème de couverture :

1954. À la fin de la guerre de Corée et au sortir des camps de prisonniers établis par les Américains, Yohan, un jeune soldat du Nord, se voit proposer, comme à des milliers de ses camarades d’infortune, de s’expatrier. Il choisit le Brésil, dont il ne sait rien et ne parle pas la langue, et s’installe, en vertu d’un accord passé avec les Nations unies, dans un village sur la côte où il trouve du travail. Bien qu’étranger sur cette terre, Yohan trouve un père en la personne de son employeur, Kiyoshi, un tailleur japonais établi là depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, puis une famille auprès de Peixe, fils de pêcheurs devenu gardien de l’église du quartier, et de deux jeunes orphelins. Mais vouloir se construire un présent n’efface pas un passé douloureux, et Yohan devra se battre pour chasser les démons qui le hantent...

À la manière d’Alessandro Baricco dans Soie, Paul Yoon, l’auteur d’Autrefois le rivage, saisit l’essence de la vie et sa beauté dans la résilience d’un être qui survit à l’horreur et se réinvente.

L’auteur (site de l'éditeur) :

Américain d'origine coréenne, Paul Yoon est l'auteur d'un recueil de nouvelles (Autrefois le rivage, Albin Michel, 2014), sélectionné par le New York Times comme l'un des meilleurs livres de l'année 2010. Distingué par la National Book Foundation comme l'un des meilleurs écrivains de sa génération, il signe avec Chasseurs de neige son premier roman.

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A la fin de la guerre de Corée, Yohan, dernier prisonnier du camp n’a pas voulu être rapatrié dans son pays, la Corée du Nord. Le camp américain va fermer et on lui propose de partir au Brésil où un travail l’attend. Nous sommes en 1954, Yohan part vers un pays qu’il ne connait pas dont il ignore la langue. Il débarque par une journée pluvieuse. Une fillette en vélo lui donne un parapluie, qu’il gardera toujours. Le voici devant la porte de son nouvel employeur, Kiyoshi, tailleur japonais exilé de la seconde guerre mondiale, la porte de sa destinée.

Une nouvelle vie débute pour Yohan en la compagnie silencieuse et attentive de Kiyoshi. L’intégration se fera doucement, sans heurts apparents presque par cercles concentriques, vous savez comme le caillou qui tombe dans l’eau. Il y a Peixe qui est devenu son ami et connait l’histoire de chacun ; Bia et Santi, ceux du parapluie, que Kiyoshi, puis Yohan, laissent entrer dans le magasin, sorte de refuge, havre de paix dans leur existence de vagabonds refoulés par les habitants. Avec cette famille reconstituée, Yohan a pu continuer sa vie sans pour autant exclure « les chasseurs de neige », la guerre, la mort, de ses cauchemards.

J’ai vraiment beaucoup aimé l’écriture minimaliste, épurée, poétique de Paul Yoon. Pas besoin de phrases longues, ampoulées… pour nous faire ressentir, nous faire comprendre les difficultés de Yohan. La vie quotidienne et ses difficultés est magnifiée par les mots de Paul Yoon La filiation, la transmission, la solidarité, l’amour, la résilience sont au cœur de ce très beau livre.

Un coup de cœur.

 

 

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Je n'aurais pas dû - 1

28 Mars 2016, 17:37pm

Publié par zazy

Je n'aurais pas dû. C'est sous ce titre générique que, à l'instar d'Yves, je chroniquerai les livres qui ne m'ont pas plu, que je n'ai pu terminer, qui ne sont pas pour moi.

Il en va ainsi de :

Le piano dans l’éducation des jeunes filles

Stéphane Barsacq

Editions Albin Michel

janvier 2016

352 pages

ISBN : 9782226322746

 

4ème de couverture :

Peut-on trouver le grand amour dans une société vouée à la jouissance et à l'individualisme ?

Volodia, jeune professeur d'Histoire épris de littérature, de musique et d'absolu en a la certitude. Mais qui fera son éducation sentimentale ? Sonia, jeune pianiste ambitieuse et maîtresse insatiable ? Asma, férue de mystique et d'érotisme oriental ? Ou Sophie, artiste adulée à la troublante beauté ?

Pour nous entraîner dans ce voyage initiatique, Stéphane Barsacq trempe son encre d'humour, d'esprit et de verve. On rit et on pleure du tragi-comique des situations, et de ce que révèle son regard sur notre monde singulièrement déjanté.

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Volodia, jeune prof, écrit, sous la houlette d’Anténor, sont directeur de thèse, un ouvrage sur l’éducation des jeunes filles.

Pourquoi le piano ? Parce que ses deux premiers amours sont pianistes.

Volodia semble en proie au doute, à la lassitude, plus amoureux de l’amour qu’amoureux des femmes. Il intellectualise ses relations dans des conversations longues, trop longues avec sobn ami Julien et d’autres personnages intellos branchés

Oui, je me suis ennuyée à la lecture de ce livre. Je n’ai rien trouvé à quoi me raccrocher. La même impression de nombrilisme élitiste parisien que dans « la jouissance » de Florian Zeller. Je me suis arrêtée en cours de lecture.

Un premier roman qui ne m’a pas emballé du tout. Je pense que ce livre trouvera ses lecteurs.

 

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Mr Tan - Diane Le Feyer - Mortelle Adèle - La rentrée des claques

28 Mars 2016, 15:02pm

Publié par zazy

Mortelle Adèle

La rentrée des claques

Textes d'Antoine Dole, alias Mr Tan

Illustration de Diane Le Feyer

Editions Tourbillon

ISBN : 1027601065

 

4ème de couverture :

Les vacances, c’est terminé, mais Adèle n’en a pas fini de s’amuser ! Miranda, Jade et les autres feraient mieux de se méfier...

Dans ce 9ème tome, Adèle revient avec toujours plus de malice et d’humour noir, avec le club des bizarres, prête à tout pour que cette rentrée des claques soit MORTELLE !

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Chère Adèle, Mortelle Adèle,

Depuis le temps que j’entends parler de toi et de tes exploits, je suis très heureuse de faire ta connaissance.

Je confirme, tu es fidèle à ta légende, égocentrique, rancunière, excessive, peste, drôle

Ton amimaginaire est bien, mais vous n’y allez pas de main morte avec ta grand-mère. Je me sens un peu concernée. Tu me vois me repasser la figure tous les matins ? Les cloques que j’aurais !

Tu es monstrueusement atroce ou atrocement monstrueuse et je t’adore. Ton petit chat, Jade, la maîtresse et les autres ne sont certainement pas entièrement d’accord avec moi, mais je t’assume très bien… en bande dessinée.

J’adore ta frimousse créée par Diane Le Feyer et je ne parle même pas, si parlons en, des textes de Mr Tan, rigolo, impertinent, monstrueux. Qu’est-ce que ça fait du bien.

Tu sais, comme je suis très, très gentille (si, si, si !), j’ai offert ce tome 9 à Emilie, ma petite-fille. Lorsque j’irai chez elle, je lui piquerai les albums précédents, histoire de voir ce dont tu as été capable avant.

Euh, petit bémol. C’est encore maman qui cuisine, fait le ménage et papa qui lit le journal. Cela ne te dérange pas ? Tu ne pourrais pas le glisser à Mr Tan ?

J’ai pu faire ta connaissance grâce à l’opération Masse Critique de Babelio que je remercie pour ce moment de rigolade.

Mr Tan, Mme Le Feyer, j’ai bien rigolé, mais pensez à ma phrase juste au-dessus !

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